Action : Aidez les demandeurs d'asile en Grèce

 

Le rapport d’Amnesty International intitulé The Dublin II trap. Transfers of asylum-seekers to Greece montre à quel point des réfugiés payent le prix des défaillances de la politique d’asile européenne et se retrouvent pris au piège en Grèce, sans protection.

Le transfert de demandeurs d’asile vers la Grèce depuis les États de l’Union européenne en application du règlement dit de Dublin doit cesser immédiatement.



Le rapport d’Amnesty International montre que les défaillances de la procédure d’asile en Grèce rendent difficiles le dépôt d’une demande d’asile, l’examen équitable de celle-ci ou la possibilité de former un recours en cas de refus. Les demandeurs d’asile peuvent en outre être soumis à des conditions de détention extrêmement précaires. Des éléments prouvent également que des expulsions forcées vers la Turquie ont lieu.

Les personnes renvoyées en Grèce par application du règlement sont exposées à de multiples violations de leurs droits fondamentaux et peuvent être renvoyées de force dans un pays où elles risquent de subir des persécutions, sans avoir pu bénéficier d’un examen satisfaisant de leur demande d’asile.


 

Action "demandeurs d’asil en Grèce": A tous les participants

Un grand merci à chacun d’entre vous pour votre intervention massive relative à l’action du mois d’avril en faveur les demandeurs d’asile en Grèce. Vous avez été très nombreux à montrer votre soutien à la situation actuelle en Grèce et à la position d’Amnesty International. Votre investissement pour combattre les défaillances de la procédure d’asile en Grèce, ainsi que celles de la politique d’asile européenne, qui font subir aux demandeurs d’asile de multiples violations de leurs droits, a eu un impact non négligeable sur l’avancée des décisions. La réponse du gouvernement grec à votre courrier est la preuve de l’intérêt que les autorités ont porté à votre appel, de l’importance de votre soutien.

A l’heure actuelle, la rédaction d’une nouvelle loi est en cours, en collaboration avec le HCR et plusieurs ONG. Le droit de faire appel à une décision de refus sera réintégré, l’intervention de la police dans la procédure sera remplacée par un organe spécial. Le ministre grec entend également mettre l’accent sur l’amélioration de la procédure d’asile.

Malheureusement, de grosses lacunes demeurent en ce qui concerne les conditions de détention en Grèce. En outre, le problème de l’hébergement reste entier et aucune mesure afin de créer de nouveaux centres d’accueil n’est efficacement mise en place. Les difficultés financières des ONG ne permettent pas d’aider correctement les demandeurs d’asile. On peut citer en ce sens le Centre grec pour la réhabilitation des victimes de la torture qui a cessé de fonctionner depuis un an en raison de financements insuffisants.

Toutefois, malgré la persistance de très sérieuses inquiétudes par rapport au traitement des demandeurs d’asile en Grèce, plusieurs pays européens dont la Belgique continuent de renvoyer des demandeurs d’asile vers la Grèce en application du règlement européen Dublin II. Or, le règlement Dublin II contient une provision qui permet aux États membres d’examiner une demande, même si ce n’est pas leur responsabilité selon les critères du règlement. La procédure d’asile européenne fait subir à la Grèce un fardeau insupportable car elle ne permet pas une répartition équitable des responsabilités entre les États membres de l’Union européenne.

Amnesty International Belgique et d’autres ONG et associations d’avocats ont tenu une conférence de presse le jeudi 29 avril sur les nombreuses violations des droits fondamentaux subies par les demandeurs d’asile renvoyés en Grèce en application du règlement Dublin II. Les ONG et associations d’avocats ont demandé à la Belgique et aux États membres de l’Union européenne de suspendre immédiatement les transferts de demandeurs d’asile vers la Grèce jusqu’à ce que la protection de leurs droits humains puisse être garantie. Il est urgent que l’Union européenne aide la Grèce à améliorer sa politique d’asile, fasse pression sur elle, et surtout se montre solidaire avec les pays situés à la frontière du territoire européen.

Lors de cette conférence de presse, la situation des droits humains des demandeurs d’asile en Grèce a notamment été présentée par Victoria Banti-Markouti, chercheuse pour Amnesty International Grèce et auteur du rapport d’Amnesty International intitulé The Dublin II trap, transfers of asylum-seekers to Greece. Elle a rappelé l’état des violences dont sont victimes les migrants, ainsi que les mauvaises conditions de détention, les obstacles administratifs tels que l’absence d’aide juridique gratuite, l’absence d’aide au logement, l’impossibilité de faire appel d’une décision de refus ou encore les expulsions forcées vers la Turquie. Bien que la Grèce ait entrepris de réformer sa politique d’asile et d’immigration, sa détermination n’a pas encore été traduite dans les faits.

Par ailleurs, le gouvernement grec ne fait pas mention dans sa réforme des conditions d’accueil. Rien n’est dit non plus sur l’accès aux soins médicaux, ni sur le soutien économique aux demandeurs d’asile. Il existe certes des dispositions en matière d’hébergement et d’accès aux soins médicaux mais ces textes ne sont pas suffisants pour garantir leurs droits aux demandeurs d’asile. À titre d’exemple, le centre de Thassalonique, qui accueillait des demandeurs d’asile, renvoyés en Grèce en application du règlement Dublin II, a été fermé et aucune possibilité d’hébergement n’a été offerte aux personnes qui y résidaient auparavant.

Il est évident que la Grèce ne se conforme pas encore suffisamment, voire même pas du tout, aux exigences de base en matière de protection des droits et besoins des demandeurs d’asile malgré son désir de réformer véritablement son système. En l’absence de changements réels et effectifs dans le droit et la pratique, il faut continuer à faire pression sur le gouvernement grec pour que les normes internationales soient respectées, et sur les États membres de l’Union européenne pour qu’ils ne contreviennent pas à leurs propres obligations en transférant des demandeurs d’asile vers la Grèce.

Votre intervention en ce sens est d’un grand soutien et nous vous en remercions.

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