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Mis à jour : il y a 2 heures 14 minutes

Réunion du groupe 78 Courcelles

ven, 03/07/2015 - 12:15

Le groupe 78 Courcelles se réunit le 7 septembre . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 7/09/2015 à 19 h 45

Lieu : Chez Marie-Christine

Contact : respgr78 amnestyinternational.be
Tél : 071/ 87.51.57

Réunion du groupe 26 Gembloux

ven, 03/07/2015 - 11:48

Le groupe 26 Gembloux se réunit le 17 août. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 17/08/2015 à 20h

Lieu : chez Colette, rue Emile Labarre, 45 à Ernage

Contact : respgr26 amnestyinternational.be
Tél : 081/61.22.64

Ma première semaine en liberté après 10 ans passés dans une prison au Nigeria

ven, 03/07/2015 - 09:41

Par Moses Akatugba

Lorsque j'ai appelé ma mère de la prison pour lui dire que j'avais été gracié après avoir passé 10 ans en prison, elle s'est évanouie. On m'a dit qu'il a fallu lui verser de l'eau dessus pour la réveiller. Lorsqu'elle m'a ensuite vu pour la première fois après toutes ces années en prison, elle m'a pris dans ses bras et m'a serré très fort. Pendant 15 minutes, elle ne m'a pas lâché. Pendant tout ce temps, des larmes de joie coulaient sur ses joues.

Du football et du jus : célébration avec mes camarades condamnés à mort

J'étais également bouleversé lorsque, le 28 mai à 16 heures, j'ai appris que j'avais été gracié. Au début, je ne pouvais même pas parler, j'étais tellement heureux. Le lendemain de cette annonce, j'ai fêté ma grâce en prison en organisant un match de football entre les condamnés à mort et d'autres prisonniers. J'étais l'entraîneur de l'équipe de football des prisonniers condamnés à mort pendant que j'étais en prison. Nous avons gagné le match 3-0 ! Tout le monde était très content de jouer.

Le samedi suivant, je suis allé à l'église de la prison. J'ai acheté des gâteaux et du jus de fruit que j'ai partagés avec les autres prisonniers à l'église et ma libération a été annoncée. Tout le monde était heureux. J'avais des amis en prison. J'enseignais l'anglais et les mathématiques aux autres prisonniers et ceux qui suivaient mes cours sont devenus mes amis.

Ma première nuit de sommeil en tant qu'homme libre

J'ai été libéré quelques jours plus tard. Pour ma première soirée à la maison, ma mère avait préparé un plat spécial : de la soupe d'Okra au bœuf. Toute la famille a diné ensemble à table. Après, une fête avait été organisée avec des amis de la famille et nous avons chanté des chansons, joué de la musique et prié. Nous avons prié pour tous les militants qui ont fait campagne pour ma libération, ceux d'Amnesty International ainsi que Justine Ijeomah, le directeur de la Fondation pour les droits humains, le développement social et l'environnement (HURSDEF) et sa femme. Pendant la fête, tout le monde a partagé un verre.

La première nuit que j'ai passée dans mon lit, j'ai tellement bien dormi. Ce qui m'a le plus marqué, c'est qu'à 5 heures du matin, je n'ai pas entendu la sonnerie de réveil de la prison. Je l'ai attendue, puis j'ai réalisé que ce n'était pas un rêve, que je suis réellement libre. Lorsque j'ai réalisé cela, je me suis senti libre au plus profond de moi-même. Les choses ont changé pour de bon. Je me suis rendormi et j'ai dormi jusqu'à 10 h du matin, profitant pleinement de mon sommeil d'homme libre. Ma famille est venue me réveiller, mais je leur ai demandé de me laisser dormir plus longtemps. J'ai tellement bien dormi.

« Je suis en vie, je ne suis pas un fantôme ! »

Pendant ces premiers jours en liberté, j'ai croisé un de mes camarades d'école. Il m'a regardé comme s'il avait vu un fantôme. Nous avons une croyance locale selon laquelle si l'on jette du sable sur un esprit, il disparaît. Il a donc commencé à ramasser du sable par terre et à me le jeter dessus. Je lui ai dit : « Ne me jette pas de sable dessus, je suis en vie, je ne suis pas un fantôme ! » Il m'a alors touché et m'a pris dans ses bras : il pensait que j'avais été exécuté. Il m'a dit qu'il n'oublierait jamais la dernière fois qu'il m'a vu avant que je sois arrêté il y a 10 ans.

À la maison, tout me paraissait étrange, même si j'étais très soulagé d'être libre. Beaucoup de choses ont changé depuis que j'ai été arrêté il y a 10 ans : de nouveaux ponts ont été construits et ordinateurs et téléphones portables sont maintenant régulièrement utilisés.

Je me joins à la lutte contre la torture.

Maintenant que je suis libre, j'ai pour projet de continuer mes études et aller aussi loin que j'en rêvais : je veux réaliser les souhaits de mon défunt père et devenir médecin. Mais je serai également militant des droits humains. Je veux aider ceux qui font face aux mêmes difficultés que moi. J'ai déjà rempli un formulaire de candidature et fait faire une photo de passeport : les documents requis pour être militant bénévole au sein de HURSDEF. Le directeur, Justine, m'a chaleureusement accueilli en m'appelant « Camarade Moses Akatugba ». Je lui ai dit : « Justine, je me joins à la lutte contre la torture pour que d'autres n'aient pas à subir la même souffrance moi ».

Raif Badawi : des tricots et du bruit en soutien au blogueur

jeu, 02/07/2015 - 13:28

Agir en faveur de Raif Badawi

Ce jeudi à 17 heures, près d'un mois après la décision de la Cour suprême saoudienne de confirmer la condamnation de Raif Badawi, Amnesty International a habillé les arbres situés face à l'ambassade d'Arabie saoudite de “tricots-graffitis” réalisés par ses militants.

« Nous sommes très reconnaissants envers nos militants qui continuent de se mobiliser de manière de plus en plus créative en faveur de la libération de Raif Badawi et de l'annulation de sa condamnation », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International.

Par ailleurs, des activistes d'Amnesty se mobiliseront comme chaque mois devant l'ambassade accompagnés de percussions sonores pour réclamer haut et fort la libération du blogueur et l'annulation de ses peines (notamment 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet).

« Nous appelons également le public à venir accrocher des cadenas à la chaîne placée devant l'ambassade depuis un mois, afin de démontrer son attachement à la cause de Raif Badawi et soutenir ainsi tous les activistes saoudiens emprisonnés et persécutés pour le simple fait d'avoir exprimé une opinion qui ne plaît pas aux autorités », rappelle Philippe Hensmans.

Le cas du blogueur saoudien continue d'entraîner une très forte mobilisation. Ainsi, ce sont plus de 1 100 000 signatures en sa faveur qui ont été récoltées à travers le monde, dont plus de 35 000 au niveau belge.

Cette mobilisation a commencé à porter ses fruits en Belgique puisque, le 16 juin dernier, suite à l'audition de l'épouse de Raif Badawi par Georges Dallemagne, la Commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé à l'unanimité une proposition de résolution de soutien au jeune Saoudien. Le texte demande notamment au gouvernement d'intervenir auprès des autorités saoudiennes afin que le blogueur soit libéré et sa condamnation annulée.

Complément d'information

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le Tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet, assortis d'une interdiction de voyager pendant 10 ans à l'issue de sa peine, d'une interdiction d'utiliser les médias et d'une amende de 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la Cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l'islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d'« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite.

Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d'appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre. Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d'une semaine. La première séance a eu lieu en public le 9 janvier dernier. Les flagellations qui devaient avoir lieu les 16 et 23 janvier derniers ont été reportées pour raisons médicales. Depuis lors, aucun autre coup n'a été porté au blogueur, mais les autorités se sont abstenues de motiver les quatorze derniers reports (6, 13, 20 et 27 février ; 6, 13, 20 et 27 mars ; 3, 10, 17 et 24 avril ; 1er, 8, 15, 22 et 29 mai ; 5, 12, 19 et 26 juin). Il est pour l'heure impossible de savoir si Raif Badawi sera flagellé ce vendredi 3 juillet.

De façon générale, les autorités saoudiennes continuent de mener une campagne de persécution de grande ampleur à l'encontre des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile, en engageant des poursuites judiciaires contre eux et en adoptant des mesures arbitraires telles que l'interdiction de voyager.

Brésil. Revirement choquant sur le vote contre l'abaissement de l'âge de la responsabilité pénale

jeu, 02/07/2015 - 11:48

Le revirement au sujet d'une décision du Parlement brésilien, qui rejetait l'abaissement de l'âge à partir duquel les mineurs peuvent être jugés en tant qu'adultes et envoyés dans des prisons pour adultes, dans des conditions très dures, risque de mettre en péril la sécurité et la vie de millions de jeunes à travers le pays, a déclaré Amnesty International.

Dans la soirée du 1er juillet, le président de la Chambre des représentants, Eduardo Cunha, a sollicité un nouveau vote sur la proposition visant à abaisser l'âge minimum de la responsabilité pénale de 18 à 16 ans. Cette proposition avait déjà été rejetée par la Chambre basse du Parlement plus tôt dans la journée.

« Le Parlement brésilien s'engage sur un terrain glissant. Eduardo Cunha a malmené les procédures parlementaires en réintroduisant une proposition quasi identique moins de 24 heures après qu'elle a été rejetée. Cela établit un précédent très dangereux, a déclaré Atila Roque, directeur exécutif d'Amnesty International Brésil.

« En proposant de juger des milliers d'adolescents vulnérables comme des adultes, les autorités brésiliennes fragilisent les droits d'un groupe de la société déjà très marginalisé. Au lieu de chercher le moyen de juger des adolescents comme des adultes, le Congrès devrait s'attacher à faire respecter les droits des mineurs, notamment leurs droits à l'éducation et à la santé, et leur droit de vivre sans violence. »

Le système carcéral brésilien est l'un des plus dangereux de la planète, et se caractérise par des violences terribles et des atteintes aux droits humains. La proposition de loi bafoue toute une série de normes internationales qui prévoient des dispositions spéciales relatives au traitement des mineurs au sein du système judiciaire, notamment la séparation des mineurs et des adultes dans les prisons.

D'après le Service national de la sécurité publique, 0,9 % seulement des infractions au Brésil sont commises par des mineurs âgés de 16 à 18 ans. Parallèlement, les dernières données sur les homicides montrent que 10 adolescents âgés de 16 à 17 ans sont tués chaque jour.

République du Congo. Expulsions violentes de ressortissants de la RDC

jeu, 02/07/2015 - 00:05

Les violences policières, persécutions, détentions arbitraires et viols survenus dans le cadre d'une opération de sécurité visant à expulser hors de la République du Congo (ou Congo-Brazzaville) des dizaines de milliers de ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) l'an dernier relèvent d'attaques généralisées susceptibles de constituer des crimes contre l'humanité, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 2 juillet.

L'organisation demande la suspension de l'ensemble des projets d'expulsions collectives d'étrangers hors de la République du Congo, ainsi que l'autorisation pour toutes les personnes ayant fait l'objet d'une expulsion illégale de revenir si elles le souhaitent.

Le rapport, intitulé Opération Mbata ya Bakolo : expulsions collectives de ressortissants étrangers en République du Congo , fournit des informations sur tout un ensemble de violations des droits humains et d'infractions relevant du droit international commises entre avril et septembre l'an dernier, et imputables à des membres des forces de sécurité de la République du Congo, entre autres. Pendant cette période, au moins 179 000 ressortissants de la RDC, dont de nombreux réfugiés et demandeurs d'asile, ont été rassemblés, soumis à une arrestation arbitraire et forcés à quitter la République du Congo (ou Congo-Brazzaville).

« Mbata ya Bakolo a donné lieu à des attaques de grande ampleur susceptibles de constituer des crimes contre l'humanité », a déclaré Evie Francq, spécialiste de la RDC à Amnesty International.

« Les informations que nous avons recueillies incluent de nombreux témoignages montrant que dans leur empressement à appréhender des ressortissants de la RDC, les policiers ont fréquemment recouru à une force excessive, procédé à des arrestations arbitraires, extorqué des sommes d'argent et des effets personnels, détruit des biens et même, dans certains cas, violé des femmes et des filles. Ces agissements n'ont semble-t-il toujours pas donné lieu à l'ouverture d'enquêtes ni de poursuites. La République du Congo a l'obligation claire de traduire en justice les responsables présumés de crimes de droit international. »

L'opération Mbata ya Bakolo (qui signifie la « gifle des aînés », en lingala) est la réponse de grande ampleur adoptée par les forces de sécurité face à l'impression d'une hausse de la criminalité, que les autorités de la République du Congo ont attribuée aux membres de « koulouna », des groupes de délinquants originaires de la RDC voisine. Officiellement, l'opération visait les « étrangers en situation irrégulière », mais en pratique les ressortissants de la RDC ont rapidement été pris pour cibles, quel que soit leur statut migratoire.

Durant l'opération, entre avril et septembre 2014, les retours forcés de demandeurs d'asile et de réfugiés ont été monnaie courante, ce qui est contraire au droit international.

Ces expulsions ont eu lieu dans tout le pays. L'arrivée de ressortissants de la RDC a été enregistrée au niveau de 33 postes frontaliers. À Brazzaville, après avoir soumis des citoyens de la RDC à une arrestation arbitraire, la police les amenait au port communément appelé le Beach - principal point de départ des traversées en direction de Kinshasha, en RDC, située sur la rive opposée du fleuve Congo.

Jacqueline (le prénom a été changé), une ressortissante de la RDC qui vivait à Brazzaville depuis 2009, a expliqué à Amnesty International que les descentes de police étaient totalement arbitraires :

« Le vendredi 2 mai [2014], nous étions à la maison, dans le quartier de Moungali à Brazzaville, quand le chef de quartier et des policiers sont arrivés. Ils ont dit que tous les Zaïrois devaient partir. [...] On est en situation régulière à Brazzaville mais ils ont refusé de jeter un œil à nos papiers d'identité ! On a pris des vêtements et ils nous ont forcés à monter sur un bateau pour Kinshasa. Je suis donc ici maintenant, avec mes quatre enfants, et on vit dans la rue. On est abandonné. On est en danger ici. »

Près de la moitié des 112 personnes dont Amnesty International a recueilli les propos ont dit avoir fait l'objet d'une arrestation arbitraire, certaines à plusieurs reprises, au cours de l'opération.

La crainte des violences policières et la xénophobie croissante ont poussé de nombreuses personnes à retourner en RDC de leur propre chef. Marie (le prénom a été changé), 35 ans, ressortissante de la RDC, a parlé à Amnesty International des conditions inhumaines au Beach tandis que les expulsés, en très grand nombre, attendaient leur départ vers la RDC.

« Je suis restée au Beach deux jours avant de partir [en RDC]. Pendant ces deux jours, il y avait des enfants qui mouraient et même des femmes qui accouchaient sur place. J'ai moi-même assisté à un accouchement. L'enfant est mort d'étouffement. Je dormais dehors avec les enfants et il y avait beaucoup de gens. Les policiers les piétinaient, les poussaient, et [même si] le bateau était gratuit, ils demandaient de l'argent pour nous aider à [monter à bord]. J'ai donné 20 000 francs CFA au policier pour qu'il m'aide à entrer dans le bateau. »

Violences et viols

Outre les cas d'extorsion d'argent et de biens aux ressortissants de la RDC, les témoins ont également décrit comment les forces de sécurité de la République du Congo ont recouru à des violences physiques, notamment au viol, pour les humilier et les intimider.

Une jeune femme âgée de 21 ans a expliqué que six policiers sont entrés chez elle à 3 heures du matin et l'ont violée alors qu'elle était seule à son domicile avec sa fille de quatre ans :

« Ils m'ont déshabillée et m'ont violée à tour de rôle. Comme je me débattais et ne voulais pas me laisser faire, ils m'ont dit qu'ils allaient me montrer comment les Brazzavillois considéraient les Zaïrois : comme des chiens. L'un d'eux m'a tailladé le bras, il m'a blessée avec un instrument. »

Amnesty International a par ailleurs recueilli des informations sur le viol de quatre autres personnes, notamment une fillette de cinq ans.

Xénophobie à l'égard des ressortissants de la RDC

La police de la République du Congo s'est beaucoup servie des médias pour promouvoir l'opération « Mbata ya Bakolo », utilisant la radio, la télévision et des mégaphones pour encourager la population à identifier les « foyers criminogènes ». Des artistes ont composé des chansons incitant à la discrimination et contenant des paroles telles que « Les Ngala [étrangers ou ressortissants de la RDC] rentrent chez eux maintenant, sauvons nos emplois, laissons-les partir ».

La xénophobie s'est alors généralisée et des ressortissants de la RDC ont été victimes de menaces, de brimades et de harcèlement de la part de leurs voisins et de personnes dans la rue. Ils ont perdu leur emploi et leur capacité à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Certains ont été forcés à dormir dans la rue après avoir été expulsés de chez eux, la police ayant introduit une amende de 300 000 francs CFA (soit environ 450 euros) pour les propriétaires dont les locataires seraient « en situation irrégulière ».

Une demandeuse d'asile de la RDC et mère de neuf enfants a dit à Amnesty International :

« J'ai été menacée au marché : « On va s'occuper de vous, vous allez voir », ils disaient. Les voisins disent « on est fatigué de vous », ils [nous] jettent des pierres et ils [nous] coupent le courant. Nos enfants ne vont plus à l'école car on a peur qu'ils [soient renvoyés] à Kinshasa. »

« Compte tenu de cette xénophobie galopante alimentée par les autorités, beaucoup de ressortissants de la RDC ont estimé qu'ils n'avaient d'autre choix que de quitter la République du Congo. Le gouvernement a qualifié ces retours de « volontaires », mais il s'agissait en réalité d'expulsions déguisées et d'une violation du droit international. Les autorités doivent mettre un terme à toutes les formes de discrimination qu'elles ont encouragées, et lutter de toute urgence contre les comportements xénophobes au sein de la société », a déclaré Evie Francq.

Les ressortissants d'Afrique de l'Ouest désormais visés
Amnesty International s'inquiète aussi des arrestations, des détentions et des expulsions du territoire visant désormais les personnes originaires d'Afrique de l'Ouest depuis le 14 mai 2015 dans la ville de Pointe-Noire.

« Le gouvernement de la République du Congo doit immédiatement mettre fin à cette nouvelle phase de l'opération, et garantir qu'il n'y ait pas de répétition des expulsions collectives de l'an dernier », a déclaré Evie Francq.

Libérez Fred Bauma et Yves Makwambala. Ne laissez pas mourir

mer, 01/07/2015 - 18:50

A qui de droit (English text)

Libérez Fred Bauma et Yves Makwambala. Ne laissez pas mourir les aspirations démocratiques de la jeunesse congolaise

Le 15 mars 2015, Fred Bauma et Yves Makwambala ont été arrêtés à Kinshasa. Ils appartiennent aux mouvements citoyens La Lucha (Fred) et Filimbi (Yves). Ces deux mouvements de jeunes mettent la bonne gouvernance au centre de leur action et souhaitent conscientiser la population sur les droits et les obligations de toutes les parties concernées dans une démocratie. Ils exigent des autorités qu'elles disent ce qu'elles font et fassent ce qu'elles disent. Ils encouragent la population à exiger ses droits. Ils mettent la redevabilité au centre et ils utilisent leur propre génération comme levier : une jeunesse qui est démographiquement importante mais qui est marginalisée dans le processus démocratique.

Le crime de Fred et Yves : se réunir avec une trentaine d'activistes pro-démocratie venus de différents pays d'Afrique pour un échange d'expériences sur le thème « Jeunesse et Citoyenneté ». La réunion avait pourtant été autorisée par les services étatiques compétents et bénéficiait du soutien de l'ETATS-UNISID, l'agence de développement américaine.
Aujourd'hui, plus de trois mois plus tard, Fred et Yves sont toujours en prison. Ils ont été transférés à la prison centrale de Makala à Kinshasa début mai, après avoir passé presque deux mois au secret dans des cachots de l'Agence Nationale de Renseignements (ANR). Durant cette période ils ne purent être visités par leurs avocats.

Leur procès devrait s'ouvrir dans les jours à venir. Ils sont inculpés d'appartenance à une association formée dans le but d'attenter aux personnes et aux biens ; d'avoir comploté contre la vie ou contre la personne du Chef de l'Etat ; et d'avoir tenté de détruire ou de changer le régime constitutionnel, ou d'avoir incité des personnes à s'armer contre l'autorité de l'Etat. Les autorités ont aussi accusé Fred d'avoir troublé l'ordre public, et Yves d'avoir publiquement offensé le chef de l'Etat.

Fred et Yves n'ont jamais comploté contre le président en place. Ils n'ont trahi personne, et certainement pas la nation congolaise, à laquelle ils sont profondément attachés. Fred et Yves sont des jeunes congolais engagés pour une citoyenneté active. Comme nous, ils sont profondément attachés aux valeurs démocratiques. Ils symbolisent les espoirs de changement vers plus de paix, de démocratie et de développement en RDC.

A ce titre, nous, citoyens congolais et non-congolais qui tenons la démocratie en RDC au cœur, considérons leur détention comme arbitraire, injuste et indigne. Elle constitue une violation grave de la liberté d'expression, d'association et de réunion prônée par la constitution de la RDC et la déclaration universelle des droits de l'homme dont la RDC est signataire. Nous soutenons dès lors l'Assemblée nationale de la RD Congo qui, selon des membres du parlement qui ont assisté au débat sur la question, a recommandé une « solution politique » pour libérer ces deux activistes. Nous demandons ainsi que Fred et Yves soient immédiatement libérés, sous aucune condition, et qu'ils soient autorisés à continuer leurs activités civiques dans le cadre de leur mouvement respectif, sans être inquiétés.

Signataires :
1. Arnaud Zacharie, Secrétaire Général du Centre National de Coopération au Développement (CNCD- 11.11.11) - Belgique
2. Bart Staes, Eurodéputé - Belgique
3. Bob Kazadi Kabamba, Professeur à l'Université de Liège (ULG) - RDCongo
4. Christiane Kayser, Consultante internationale spécialisé dans la Région des Grands Lacs - Allemagne
5. Christoph Vogel, Chercheur spécialisé dans la Région des Grands Lacs - Allemagne
6. Claudy Siar, Journaliste et panafricaniste - France
7. Clément Boursin, l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, ACAT/France - France
8. David Van Reybrouck, Chercheur et écrivain, auteur du livre « Congo une Histoire » - Belgique
9. Devon Curtis, Professeur en Politique Internationale à Cambridge University - Royaume Uni
10. Dirk Van der Maelen, Parlementaire Belge - Belgique
11. Dominic Johnson, Journaliste - Allemagne
12. Elizabeth Barad, New York City Bar Association - Etats-Unis
13. Emanuela Baio Dossi, Sénatrice italienne, Membre de la Commission spéciale pour la protection et la
promotion des droits de l'homme - Italie
14. Flaubert Djateng, Coordonateur de Zenü Network - Cameroun
15. Herbert Weiss, Professeur émérite à la City University of New York - Etats-Unis
16. Isabelle Durant, Députée bruxelloise - Belgique
17. Jason Stearns, Chercheur et écrivain, Directeur du Programme Oussalama - Etats-Unis
18. Jean Claude Willame, Professeur et écrivain, Spécialiste de l'Afrique centrale - Belgique
19. Juvénal Munubo Mubi, Député national RDCongo - RDCongo
20. Kris Berwouts, Consultant et analyste indépendant sur la sécurité, les conflits et la démocratie en Afrique Centrale - Belgique
21. Letieia de Torre, Parlementaire italienne, Chambre des députés - Italie
22. Mark Demesmaeker, Eurodéputé - Belgique
23. Maria Pia Garavaglia, Sénatrice italienne - Italie
24. Micheline Mwendike Kamate, Militante de la LUCHA - RDCongo
25. Muhindo Butondo Nzangi, Député National RDCongo - RDCongo
26. Mvemba Phezo Dizolele, Ecrivain, analyste sur la politique internationale et journaliste indépendant,
professeur à John Hopkins University SAIS de Washington DC - RDCongo
27. Paul Higate, Professeur à Bristol University - Royaume Uni
28. Paul Kirby, Professeur à Sussex University - Royaume Uni
29. Philippe Hensmans, Directeur de Amnesty International Belgique - Belgique
30. Philippe Lamberts, Eurodéputé - Belgique
31. Sabine de Bethune, Sénatrice et ex-présidente du Sénat belge - Belgique
32. Sharath Srinivasan, Directeur du Centre de Gouvernance et de Droits de l'Homme à Cambridge University - Royaume Uni
33. Teresio Delfino, Ancien Député, Sénateur et Ministre italien - Italie

Free Fred Bauma and Yves Makwambala. Don't let the democratic aspirations of the Congolese youth die.

mer, 01/07/2015 - 18:46

To whom it may concern

On March 15, 2015, Fred Bauma and Yves Makwambala were arrested in Kinshasa. They are affiliated with the respective civil movements : Lucha (Fred) and Filimbi (Yves). These two youth movements put good governance at the center of their action and work towards raising the consciousness of the population in regards to their democratic rights and obligations.

The organizations demand that the authorities openly disclaim what they are doing, follow through on what they say they will do, and that they are clear about their vision for the future. Lucha and Filimbi encourage the population to demand these rights. They put focus on accountability, and they use their own generation as a lever : a youth who is demographically important, yet marginalized within the democratic process.

Fred and Yves crime was to meet with 30 pro-democratic activists from various African countries in order to share their experiences concerning the theme “Youth and Citizenship”. Importantly, the meeting was authorized by the necessary state organizations, and was supported by USAID – an American development agency.

Today, more than three month later, Fred and Yves are in prison. They were transferred to the central prison “Makala” in Kinshasa at the beginning of May, after having spent nearly two months hidden in the Agence Nationale de Renseignements (ANR – Secret Police) dungeons. During that period no one knew where they were detained, and it was impossible for them to be visited by their lawyers.

Their legal process should be opened in the days that come. They have been accused of the following : of belonging to an association formed with the goal of attacking both persons and property ; of having plotted against the life and position of the Head of State ; of having attempted to destroy or change the constitutional system, and of having incited others to arm themselves against the State. The authorities also have accused Fred of causing civil disorder, and Yves of having publicly offended the Head of State.

Fred and Yves never plotted against the current president. They never betrayed anyone, and certainly not the Congolese nation, to which they are profoundly attached. Fred and Yves are young Congolese activists engaged in inspiring people to be active in their citizenship. Like us, they are profoundly attached to democratic values. They symbolize the hopes for change towards peace, democracy and development in the DRC.

In that capacity, Congolese and non-Congolese citizens who hold democracy in the DRC close to their hearts, consider their detention to be arbitrary, unjust, and undignified. Their detention constitutes a serious violation of the freedom of speech and expression, freedom of association and meeting as promoted by the constitution of the DRC and the Universal Declaration of Human Rights - to which the DRC is a signatory. We support the DRCongo's National Assembly, whose members have, after participating in a debate on the subject, recommended a “political solution” in order to free the two activists. We demand therefore, that Fred and Yves be freed immediately, with no binding conditions, and that they be authorized to continue their civil activities within their respective movements without worry of further persecution.

Signatures :
1. Arnaud Zacharie, Secretary General of the Centre National de Coopération au Développement, (CNCD- 11.11.11) - Belgium
2. Bart Staes, Member of European Parliament - Belgium
3. Bob Kazadi Kabamba, Professor at the Université de Liège (ULG) - DRCongo
4. Christiane Kayser, International consultant specialized in the Great Lakes region – Germany
5. Christoph Vogel, Researcher specialized in the Great Lakes region - Germany
6. Claudy Siar, Journalist and panafricanist - France
7. Clément Boursin, Christian Action for the Abolition of Torture, ACAT/France - France
8. David Van Reybrouck, Researcher and writer, author of the book « Congo une Histoire » - Belgium
9. Devon Curtis, International Politics Professor at Cambridge University - United Kingdom
10. Dirk Van der Maelen, Member of Belgian Parliament - Belgium
11. Dominic Johnson, Journalist - Germany
12. Elizabeth Barad, New York City Bar Association - United States
13. Emanuela Baio Dossi, Italian Senator, member of the Special Commission for Protection and Human
Rights - Italy
14. Flaubert Djateng, Coodinator of the Zenü Network - Cameroon
15. Herbert Weiss, Emeritius professor at City University of New York - United States
16. Isabelle Durant, Member of Brussels Parliament - Belgium
17. Jason Stearns, Researcher and writer, Director of the Usalama Program - United States
18. Jean Claude Willame, Professor and writer, Central Africa Specialist - Belgium
19. Juvénal Munubo Mubi, Member of DRCongo National Assembly - DRCongo
20. Kris Berwouts, Independent analyst on security, conflict and democracy in Central Africa - Belgium
21. Letieia de Torre, Member of Italian Parliament - Italy
22. Mark Demesmaeker, Member of European Parliament - Belgium
23. Maria Pia Garavaglia, Member of Italian Parliament – Italy
24. Micheline Mwendike Kamate, LUCHA Activist - DRCongo
25. Muhindo Butondo Nzangi, Member of DRCongo National Assembly – DRCongo
26. Mvemba Phezo Dizolele, Writer, analyst on International Politics and independent journalist, lecturer at
John Hopkins University SAIS de Washington DC - DRCongo
27. Paul Higate, Professor at Bristol University - United Kingdom
28. Paul Kirby, Professor at Sussex University - United Kingdom
29. Philippe Hensmans, Director of Amnesty International Belgium - Belgium
30. Philippe Lamberts, Member of European Parliament - Belgium
31. Sabine de Bethune, Member and former President of Belgium Parliament - Belgium
32. Sharath Srinivasan, Director of Governance and Human Rights Center at Cambridge University - United
Kingdom
33. Teresio Delfino, Former member of Italian Parliament and former Minister - Italy

Chine. La nouvelle loi draconienne sur la sécurité nationale doit être abrogée

mer, 01/07/2015 - 09:50

L'État chinois doit abroger immédiatement la nouvelle loi relative à la sécurité nationale, qui confère aux autorités des pouvoirs étendus pour réprimer les droits humains, a déclaré Amnesty International.

Le 1er juillet, les législateurs chinois ont adopté une loi donnant une définition large et floue de la « sécurité nationale », qui concerne notamment la politique, la culture, la finance et Internet.

« La sécurité nationale telle que définie aux termes de cette nouvelle loi est pratiquement sans limite. Le texte donne un blanc-seing à l'État pour punir et surveiller toutes les personnes qui lui déplaisent – défenseurs des droits humains, détracteurs du gouvernement et autres voix de l'opposition, a déclaré Nicholas Bequelin, directeur régional d'Amnesty International pour l'Asie de l'Est.

« De toute évidence, il s'agit davantage de préserver la mainmise du Parti communiste sur le pays que la sécurité nationale. La direction du Parti et le pouvoir monopolistique qu'elle exerce en matière politique sont explicitement mentionnés comme des éléments de la sécurité nationale.

« Les pouvoirs publics s'appuient de longue date sur des infractions liées à la sécurité nationale, comme l'“incitation à la subversion”, le “séparatisme” et la “communication de secrets d'État”, pour réprimer et emprisonner des militants et des détracteurs du gouvernement. Il est probable que la définition large inscrite dans la nouvelle loi accentue cette tendance.

« Les autorités chinoises doivent abroger immédiatement la nouvelle loi et revoir leur copie. Entre autres mesures essentielles visant à protéger les droits humains, il est nécessaire qu'elles mettent en place des garanties suffisantes pour trouver le juste équilibre entre la sécurité et ces droits. »

Royaume-Uni. Amnesty International espionné par le gouvernement

mer, 01/07/2015 - 09:28

Mercredi 1er juillet, l'Investigatory Powers Tribunal (IPT), juridiction chargée de juger les abus de pouvoirs en matière d'enquête, a fait une révélation choquante à Amnesty International : le gouvernement britannique a espionné l'organisation en interceptant ses communications, en y accédant et en les conservant.

Dans un courriel envoyé ce jour-là, l'IPT a informé Amnesty International que son jugement du 22 juin avait mal identifié l'une des deux ONG ayant fait l'objet d'une surveillance illégale par les autorités britanniques selon ses conclusions. Ce message indique clairement que c'est Amnesty International Ltd, et non l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), qui a été espionnée en plus du Legal Resources Centre d'Afrique du Sud.

Ces ONG figurent parmi 10 organisations qui ont formé un recours judiciaire contre la surveillance de masse présumée de leurs activités par les services de renseignement du Royaume-Uni.

« Après 18 mois de procédure et tous les démentis et subterfuges qui les ont accompagnés, nous avons maintenant confirmation que nous avons bien été soumis à une surveillance de masse par le gouvernement britannique. Il est inadmissible qu'une pratique souvent présentée comme réservée aux despotes ait été employée sur le sol britannique, par les autorités du Royaume-Uni, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

« Comment peut-on attendre que nous fassions notre travail indispensable à travers le monde si les défenseurs des droits humains et les victimes de violations peuvent maintenant supposer que leur correspondance privée avec nous risque de tomber entre les mains de gouvernements ?

« La révélation de l'espionnage d'Amnesty International par le gouvernement britannique fait ressortir les graves insuffisances de la législation du pays en matière de surveillance. Si les autorités n'avaient pas conservé nos communications plus longtemps qu'elles n'y étaient autorisées, nous ne l'aurions même jamais su. Pire encore, cela aurait été considéré comme parfaitement légal. »

Le courriel envoyé par l'IPT n'indique pas quand et pourquoi Amnesty International a été espionnée, ni ce qui a été fait des informations obtenues.

Cet épisode montre qu'il est urgent d'adopter une réforme juridique de taille comprenant notamment la mise en place d'une autorisation préalable à celle des autorités judiciaires et d'un véritable contrôle de l'utilisation des pouvoirs de surveillance par les services de sécurité du Royaume-Uni, ainsi que d'enquêter de façon indépendante sur le déroulement et les motifs de l'espionnage d'organisations de défense des droits humains par un service de renseignement britannique.

Il souligne en outre la demande d'Amnesty International en faveur de la fin de la surveillance de masse des communications par les États.

« J'ai été torturé. Je sais à quel point il est important que la CIA rende des comptes. »

mar, 30/06/2015 - 17:55

Juan E. Méndez est le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

« Plus d'une fois, j'ai imploré mes tortionnaires de me tuer. Des années plus tard, lorsque j'y repense, je me demande si c'est réellement ce que je souhaitais. À ce moment-là, oui, sans doute.

J'étais attaché, nu, les yeux bandés, soumis à des décharges électriques sur tout le corps. Par deux fois ils ont fait semblant de m'exécuter : ils m'ont mis un pistolet sur la tempe ou dans la bouche, et ont appuyé sur la détente.

Aux yeux de mes tortionnaires, qui s'interrompaient pour me poser toujours plus de questions, il s'agissait simplement d'un « interrogatoire approfondi ».

C'était en Argentine, il y a des dizaines d'années. Pourtant, aujourd'hui encore, des responsables politiques américains, dont le candidat à la présidence Rick Perry, utilisent cet euphémisme pour décrire les actes de torture et les mauvais traitements mis en œuvre par la CIA dans le cadre de ses opérations de détention secrète, de 2002 à 2008. Au mois de juin, dans son émission télévisée diffusée sur HBO, Last Week Tonight, John Oliver a affirmé que sur 14 candidats déclarés à l'élection présidentielle, quatre seulement avaient assuré qu'ils maintiendraient le décret publié par le président Barack Obama dès les premiers jours de son entrée en fonctions, qui vise à garantir que les États-Unis ne se livrent pas à la torture.

Lorsque les médias et les responsables politiques américains reprennent cet euphémisme d'« interrogatoire renforcé », ils recadrent le débat en minimisant de manière implicite la souffrance inhérente à la torture et son caractère inhumain. La torture devient une question de prise de décision rationnelle et de légalité ajustée.

Hélas, ce stratagème linguistique fonctionne. La torture est un crime au titre du droit américain et du droit international, mais aucune poursuite n'a été engagée aux États-Unis pour l'utilisation de techniques d'interrogatoire renforcé. Si Obama a abandonné l'argumentation juridique biaisée qu'invoquait le gouvernement de George W.Bush pour justifier la torture, personne n'a été inculpé pour avoir autorisé ou commis des actes de torture dans le cadre du programme de détention secrète mis en place par la CIA.

Le gouvernement des États-Unis a dans les faits permis à ceux qui ont autorisé la torture de se soustraire à toute poursuite, décision aux conséquences graves. Bon nombre de ces personnes ont écrit leurs mémoires ou ont participé à des débats télévisés, notamment depuis la publication du rapport historique du Sénat sur la torture il y a six mois, dans lesquels ils nient tout regret ou remords pour ce qu'ils continuent d'appeler les techniques d'interrogatoire approfondi.

« Je le referais sans hésiter », a déclaré Dick Cheney en décembre. L'impunité permet à ces personnes de se mobiliser en faveur du retour de la torture.

Elle enhardit également les tortionnaires du monde entier. Les États-Unis sont tenus au titre de la Convention contre la torture et d'autres traités d'enquêter sur les personnes contre lesquelles des preuves peuvent être recueillies et de les poursuivre en justice. En manquant à ces obligations, les États-Unis incitent d'autres nations à suivre leur exemple concernant l'impunité – et fournissent aux régimes autoritaires une excuse toute trouvée pour balayer les préoccupations de la communauté internationale quant à leurs bilans en la matière.

Cet euphémisme d'interrogatoire renforcé a détourné les États-Unis de l'obligation de rendre des comptes et de la nécessité de tirer les leçons du passé. En effet, le débat se centre sur le fait de savoir si la torture s'est avérée « efficace » pour obtenir des renseignements ou prévenir un attentat imminent. Même le rapport du Sénat, que les défenseurs de la torture dénigrent en raison de sa partialité, est tombé dans ce piège.

Ce stratagème n'est que trop courant dans l'histoire récente de la torture. En Argentine, les partisans de la « guerre sale » lancée par les militaires contre leurs opposants ont eux aussi utilisé l'idée d'une bombe à retardement pour justifier la torture.

Dans ce scénario, qui se joue fréquemment dans les émissions télévisées américaines depuis 10 ans, la torture est un mal nécessaire, dont quelqu'un doit se charger, ou est inévitable et donne des résultats, que cela nous plaise ou non. Ces arguments font de la torture une pratique exceptionnelle.

Or, la réalité est toute autre : la torture ne se limite jamais à quelques « techniques » soigneusement calibrées. Le rapport du Sénat le démontre dans toute sa crudité. On y apprend que des détenus auraient été soumis à des violences sexuelles, notamment à des touchers des parties génitales et à l'alimentation forcée par voie rectale sans nécessité médicale attestée – des comportements que n'avaient pas envisagés les mémorandums du ministère de la Justice, aujourd'hui notoirement inappropriés, qui justifiaient l'usage de la torture au lendemain du 11 septembre.

En outre, la torture ne se limite jamais à quelques individus. Le rapport du Sénat a conclu que sur 119 détenus connus, au moins 26 ne remplissaient pas les critères de rétention de la CIA, dont un homme « déficient intellectuellement » dont la détention avait pour seul but d'obtenir des informations d'un membre de sa famille. Et selon l'« estimation prudente » du rapport du Sénat, au moins 17 personnes ont été soumises aux techniques d'interrogatoire renforcé sans autorisation du siège de la CIA.

Peu après avoir été torturé, à la fin des années 1970, j'ai participé à une campagne mondiale d'Amnesty International contre la torture basée sur l'idée qu'une action cohérente et déterminée menée par des gouvernements démocratiques et des organisations internationales, avec le soutien d'hommes et de femmes du monde entier, pourrait permettre d'éradiquer la torture à notre époque, tout comme le commerce des esclaves africains avait été aboli en son temps.

Nous avons parcouru un long chemin. Aujourd'hui, des lois contre la torture sont en vigueur dans presque tous les pays du globe. Le Sénat a adopté la semaine dernière un amendement dans le cadre du projet de loi sur l'autorisation de programmes pour la Défense, dans le but exprès de renforcer l'interdiction de la torture aux États-Unis.

Cependant, force est de constater que les lois ne suffisent pas à éradiquer la torture. Tant que les responsables de tels actes n'auront pas de comptes à rendre, des tortionnaires en puissance se croiront à l'abri. Tant que la torture demeurera impunie, elle sera évoquée comme étant simplement – et honteusement – un interrogatoire approfondi. »

Juan E. Méndez est le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Égypte. Une génération de jeunes militants sous les verrous

mar, 30/06/2015 - 00:05

L'offensive des autorités égyptiennes contre la jeunesse militante est une manœuvre visant à écraser la pensée des jeunes esprits les plus courageux et les plus brillants du pays, et à tuer dans l'œuf toute menace future pour leur régime, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié mardi 30 juin.

Intitulé Generation Jail : Egypt's youth go from protest to prison, ce document présente les cas de 14 jeunes parmi les milliers qui sont arrêtés de manière arbitraire, détenus et emprisonnés en Égypte depuis deux ans, en lien avec les manifestations. Il montre que le pays est redevenu un État policier.

« Deux ans après la chute du président Mohamed Morsi, les manifestations massives ont laissé place aux arrestations massives. En ciblant sans relâche les jeunes militants, les autorités brisent les espoirs de toute une génération de construire un avenir meilleur, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

« Après le soulèvement de 2011, la jeunesse d'Égypte était portée aux nues comme étant l'espoir de la nation par les dirigeants militaires égyptiens et les partenaires internationaux du pays. Leur idéalisme et leur détermination à réclamer « pain, liberté et justice sociale » ont joué un rôle moteur pour le changement. Pourtant, aujourd'hui, bon nombre de ces jeunes militants croupissent derrière les barreaux, témoignant du fait que l'Égypte a régressé vers la répression tous azimuts. »

Amnesty International a une nouvelle fois dénoncé avec force l'homicide du procureur général Hisham Barakat lundi 29 juin lors d'un attentat à la bombe au Caire, que l'organisation a qualifié d'« acte meurtrier méprisable, lâche et impitoyable ». Si l'on souhaite que l'état de droit prévale en Égypte, les juges et les procureurs doivent être libres de faire leur travail sans avoir à craindre d'être victimes de violences.

L'organisation a exhorté les autorités à s'abstenir de réagir à cet attentat en durcissant encore le ton contre les manifestants et les militants pacifiques, en déplorant le nombre élevé de personnes actuellement incarcérées dans le cadre d'une vaste opération de répression contre la dissidence.

Plus d'un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement d'Abdel Fattah al Sissi ne montre aucun signe d'assouplissement de son régime répressif. Selon les dernières estimations de défenseurs égyptiens des droits humains, plus de 41 000 personnes ont été arrêtées, accusées ou inculpées d'une infraction pénale, ou condamnées à l'issue de procès iniques.

« L'ampleur de la répression est accablante. Le gouvernement égyptien a montré qu'il ne reculerait devant rien pour anéantir toute contestation de son autorité, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

« Parmi les prisonniers figurent des dirigeants de mouvements de jeunes internationalement reconnus, des défenseurs des droits humains et des mineurs arrêtés parce qu'ils portaient des tee-shirts avec des slogans contre la torture. »

Adoptée en novembre 2013, la Loi sur les manifestations permet aux autorités d'arrêter des manifestants pacifiques et de les poursuivre en justice de manière aléatoire, et érige en infraction le fait même de descendre dans les rues sans autorisation préalable. Elle donne carte blanche aux forces de sécurité pour faire usage d'une force excessive, y compris meurtrière, contre des manifestants pacifiques.

« La Loi sur les manifestations est devenue synonyme de prison pour les manifestants pacifiques, qui sont traités comme des criminels. Il faut l'abroger immédiatement », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

La répression qui a démarré avec l'arrestation de Mohamed Morsi et de ses partisans, notamment des hauts responsables du mouvement des Frères musulmans en juillet 2013, s'est rapidement étendue pour englober tout le spectre politique égyptien.

Parmi les jeunes incarcérés de manière arbitraire figurent Ahmed Maher et Mohamed Adel, militants bien connus du Mouvement des jeunes du 6 avril, Ahmed Douma, blogueur et manifestant bien connu, ainsi qu'Alaa Abd El Fattah, blogueur critique qui a passé du temps en prison sous le régime de Hosni Moubarak et sous le régime du Conseil suprême des Forces armées (CSFA).

Citons également Yara Sallam et Mahienour El Massry, éminentes défenseures des droits humains.

Par ailleurs, on recense des personnes détenues pour avoir manifesté contre le renversement du président Mohamed Morsi, comme le ressortissant irlandais Ibrahim Halawa, les étudiants universitaires Abrar Al Anany et Menatalla Moustafa, et l'enseignante Yousra Elkhateeb.
Tous sont incarcérés pour avoir bravé la loi draconienne sur les manifestations ou d'autres lois qui restreignent de manière arbitraire le droit à la liberté de réunion pacifique.
Mi-2015, une nouvelle vague d'arrestations a vu au moins 160 personnes détenues dans des conditions s'apparentant à des disparitions forcées, selon le groupe égyptien Freedom For the Brave. Le mouvement des Frères musulmans a signalé de son côté de nouvelles interpellations de ses membres.

Les autorités égyptiennes tentent bien souvent de justifier leurs méthodes brutales en invoquant le maintien de la stabilité et de la sécurité. Si certains manifestants ont recouru à la violence durant les rassemblements, la réponse des forces de sécurité s'est systématiquement avérée disproportionnée.

Un grand nombre de personnes arrêtées ont été traînées devant les tribunaux pour des accusations forgées de toutes pièces ou à caractère politique, ou condamnées lors de procès collectifs impliquant des centaines d'accusés, reconnus coupables au mieux sur la base de preuves bien minces, ou uniquement sur la base de témoignages des forces de sécurité ou d'enquêtes menées par la sûreté de l'État.

D'autres sont détenus pendant des périodes prolongées sans inculpation ni jugement. C'est le cas de l'étudiant Mahmoud Mohamed Ahmed Hussein, qui avait tout juste 18 ans lorsqu'il a été interpellé en raison du slogan sur son tee-shirt, alors qu'il rentrait d'une manifestation.

Selon sa famille et ses avocats, il a été torturé pour « avouer » ses activités liées au terrorisme. Il a passé son 19e anniversaire derrière les barreaux et languit depuis plus de 500 jours en prison sans avoir été inculpé ni jugé.

Les milliers de manifestants déclarés coupables de charges fallacieuses ou d'infractions à des lois qui restreignent de manière arbitraire la liberté d'expression et de réunion pacifique offrent un contraste saisissant avec le nombre dérisoire de membres des forces de sécurité poursuivis pour les violations des droits humains commises depuis janvier 2011. Pas un seul n'a été inculpé de charges pénales pour la mort des centaines de partisans de Mohamed Morsi sur les places Rabaa Adawiya et al Nadha le 14 août 2013.
Amnesty International demande aux partenaires internationaux de l'Égypte de ne pas sacrifier les droits humains lors de leurs discussions avec les autorités.

Des dirigeants de pays influents de l'Union européenne (UE), comme la France, l'Italie et l'Allemagne, ont rencontré le président Abdel Fattah al Sissi, alors que son gouvernement incarcérait des milliers d'opposants politiques. Rien ne semble indiquer que l'arrêt des violations flagrantes des droits humains en Égypte figurait à l'ordre du jour de ces discussions.

Le Royaume-Uni a également convié le président égyptien à une rencontre : un porte-parole du gouvernement a confirmé cette information, alors que la veille un tribunal avait condamné à mort le président déchu Mohamed Morsi à l'issue d'un procès inique.

Le gouvernement des États-Unis a annoncé en mars qu'il levait le gel des transferts d'armes à destination de l'Égypte et qu'il proposait une assistance durable, au niveau militaire et de la sécurité, à l'armée et aux forces de sécurité égyptiennes.

« L'hypocrisie des partenaires de l'Égypte a été dévoilée dans la course aux accords commerciaux lucratifs, à l'influence politique et aux renseignements. En témoignent également les nouvelles ventes et les transferts d'équipement de maintien de l'ordre susceptibles de favoriser des violations des droits humains, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

« Les dirigeants du monde ne tiennent pas leur promesse faite au moment de la chute de Hosni Moubarak en février 2011, de se tenir aux côtés de la jeunesse égyptienne. L'Égypte emprisonne des militants pacifiques tandis que la communauté internationale préfère détourner le regard. Le silence des États, des dirigeants du monde et du Conseil des droits de l'homme est assourdissant. »

Les autorités justifient la répression en pointant du doigt la hausse des violences politiques. L'Égypte fait face aux attaques de groupes armés, qui selon le gouvernement ont fait des centaines de morts parmi les forces de sécurité, notamment dans le nord de la péninsule du Sinaï, ainsi que des victimes parmi la population civile. Amnesty International condamne sans réserve les attaques contre des civils, mais demande aux autorités de ne pas se servir de ces menaces comme prétexte pour bafouer les droits fondamentaux.

Amnesty International Belgique francophone recrute pour son Secrétariat national situé à Bruxelles un responsable jeunesse (H/F)

lun, 29/06/2015 - 19:03

Statut ACS requis

OBJECTIFS DE LA FONCTION

Le/la responsable jeunesse et éducation aux droits humains est garant-e de l'implication des jeunes dans l'action d'Amnesty International en faveur des droits humains.

Il/Elle est notamment responsable des groupes dans les écoles et les lieux d'éducation, afin de s'assurer qu'ils sont sensibilisés aux valeurs incarnées par les droits humains et en mesure de maximiser leur contribution aux buts poursuivis par Amnesty International.

Vous désirez allier vos compétences d'animation, de communication, de gestion d'équipe et de gestion de projet à votre engagement pour les droits humains ? Vous avez toujours voulu mettre votre professionnalisme au service d'une organisation internationale de renom ?

Notre offre vous intéressera. Voici une description de cette fonction ainsi que les compétences requises pour ce poste.

RESPONSABILITÉS

Le/la responsable jeunesse conçoit et met en œuvre la stratégie d'AIBF pour l'éducation des droits humains.

Vous êtes chargé/e :

de créer, encadrer et soutenir des groupes-écoles et des jeunes isolés,
de rédiger et la publier des dossiers pédagogiques,
élaborer et mettre en œuvre des projets ponctuels proposés par le Secrétariat international ou le Secrétariat national,
manager et superviser le travail de l'animateur jeunesse,
s'allier d'une équipe de stagiaires et bénévoles permanente,
créer et mettre en œuvre des animations et des formations à destination des jeunes et des animateurs,
assurer les animations devant un public primaire et secondaire,
s'associer à d'autres organisations pour mener à bien vos projets communs.

PROFIL

Vous êtes un/e « people-manager » motivé/e et capable de donner des lignes directrices. Vous êtes capable de gérer une équipe / un réseau de bénévoles, de favoriser leur motivation et de soutenir leur implication dans la mise en application du projet pédagogique.

Vous pouvez planifier, réaliser et évaluer des projets, dont certains en collaboration avec d'autres organisations.

Vous pouvez élaborer, mettre en œuvre et évaluer la qualité des actions de formation, en fonction des besoins et des orientations de l'institution.
Vous communiquez aisément tant par écrit qu'oralement. Vous vous exprimez aisément en public. Vous êtes capable de vous adapter à différents types d'audience.

PRÉREQUIS

➢ Le/La candidat/e doit satisfaire aux conditions ACS.
➢ Diplôme post-secondaire dans le domaine social ou de l'éducation.
➢ Expérience dans une fonction similaire de minimum 3 ans dans le secteur social ou de l'enseignement.
➢ Bonne connaissance du système d'éducation en Belgique francophone
➢ Maîtrise des outils informatiques : tableur, traitement de textes, messagerie électronique, gestion de projets, logiciel de présentation (Power Point).
➢ Maîtrise orale et rédactionnelle du français et de l'anglais. La connaissance du néerlandais est un atout.

COMPÉTENCES PROFESSIONNELLES REQUISES

• Capacité à collaborer et à travailler en équipe, ainsi que de façon autonome,
• capacité à communiquer de façon positive, directe et professionnelle,
• capacité à gérer des projets, avec un échéancier clair et réaliste et à identifier les priorités,
• capacité à former et gérer les équipes de bénévoles, les motiver et à déléguer,
• capacité de proposition de nouvelles idées et/ou application des idées innovantes pour améliorer son travail et les animations,
• capacité à identifier les problèmes et proposer des solutions constructives.

CONDITIONS

Statut ACS requis
Contrat à durée indéterminée.
Horaire : Temps plein - 36h/semaine
Salaire : barèmes liés à la CP 329.01 poste de niveau 4.2.

L'appel à candidatures se clôturera le 2 août 2015 à minuit.

Si vous vous reconnaissez dans cette annonce, nous vous invitons à postuler en complétant le formulaire ci-dessous.

Seules les candidatures répondant aux prérequis et soumises via le formulaire en ligne seront soumises au Comité de sélection.

Amnesty International lutte contre les discriminations et promeut l'égalité des chances dans l'accès à l'emploi.

Amnesty cherche des téléphonistes

lun, 29/06/2015 - 16:40

Dans le cadre de sa campagne bougies, Amnesty International recherche des téléphonistes en septembre et en octobre 2015.
Les valeurs d'Amnesty International vous tiennent à cœur ? Vous cherchez un job temporaire ou un job d'étudiant et vous êtes disponible tous les soirs de la semaine et le samedi ?

Rejoignez notre équipe !

Amnesty International vous engage afin de contacter par téléphone les membres et sympathisants de l'organisation pour leur proposer une action concrète dans le cadre de la Campagne bougies.

Profil
Un vif intérêt pour la défense des droits humains.
Parfaite aisance dans le contact téléphonique.
Une communication fluide et aisée et une maitrise parfaite du français.
Capacité à travailler en équipe
Enthousiaste, consciencieux (-se), flexible.

Conditions
Contrat à durée déterminée d'un mois ou deux.
Mi-temps (18h/semaine). En soirée de 17 à 21h et le samedi.
Salaire attractif et un chèque repas de 7 € par journée prestée.
Un travail qui allie défense des valeurs et rémunération.

Vous êtes intéressé(e) ? Envoyez votre cv accompagné d'une lettre de motivation à :

François Schmidt
fschmidtATamnestyPOINTbe (remplacez le AT par « @ » et le POINT par « . »)

Réunion du groupe 22 Namur

lun, 29/06/2015 - 12:00

Le groupe 22 Namur se réunit le 23 septembre . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 23/09/2015

Contact : respgr22 amnestyinternational.be

Tél : 081/22.08.95

réunion du groupe 45 Bastogne

lun, 29/06/2015 - 09:24

Le groupe 45 Bastogne se réunit le 11 décembre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 11/12/2015

Contact : respgr45 amnestyinternational.be
Tél : 061/21.21.71

réunion du groupe 45 Bastogne

lun, 29/06/2015 - 09:22

Le groupe 45 Bastogne se réunit le 13 novembre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 13/11/2015

Contact : respgr45 amnestyinternational.be
Tél : 061/21.21.71

réunion du groupe 45 Bastogne

lun, 29/06/2015 - 09:20

Le groupe 45 Bastogne se réunit le 10 octobre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 10/10/2015

Contact : respgr45 amnestyinternational.be
Tél : 061/21.21.71

réunion du groupe 45 Bastogne

lun, 29/06/2015 - 09:19

Le groupe 45 Bastogne se réunit le 11 septembre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 11/09/2015

Contact : respgr45 amnestyinternational.be
Tél : 061/21.21.71

Burundi — des défenseurs en danger

dim, 28/06/2015 - 14:27

L'annonce du 3ème mandat brigué par Ngurunziza pour les élections présidentielles prévues en juin 2015. Le 24 avril 2015, le Ministre de l'Intérieur a interdit toute forme de manifestation pacifique. Malgré cela, des manifestations ont eu lieu le 26 avril 2015 et continuent encore jusqu'à ce jour. Ces dernières semaines ont été caractérisées par une attaque sans précédent des libertés d'expression et de réunion pacifique. Depuis le début des manifestations, Bujumbura a été le témoin de meurtres de manifestants et de blessés. Ont également été signalé la fermeture forcée de sociétés médiatiques et des arrestations arbitraires et harcèlements à l'égard de journalistes et de défenseurs des droits humains.

Sommaire

Nous vous proposons d'agir de deux manières différentes :

Signez notre pétition

Envoyez un tweet pour chacun des défenseurs burundais ci-dessous : un exemple de tweet est présent au bas de chaque cas.

Innocent Muhozi

Activités
Journaliste de renom au Burundi, Innocent Muhozi dirige la première chaine de télévision privée duBurundi, Radio- Télé Renaissance depuis 2008. Il est aussi Président de l'Observatoire de la Presse duBurundi – OPB. Innocent s'est battu pendant des années pour l'ouverture de l'espace médiatique burundais aux acteurs privés. Au sein de l'OPB, il mène un double combat, celui de sécuriser et consolider un espace libre pour la presse burundaise, et aussi celui de renforcer les capacités des médias.
Critique sur les dossiers sensibles, notamment les allégations d'armement des jeunes, les détentions des journalistes, les, lois liberticides de la presse, Innocent Muhazi figure parmi les éminentes personnalités de la société civile dont le raisonnement et la sagesse informent et éclairent l'opinion du public. 


Restrictions
Le 13 mai 2015, un groupe d'officiers de l'armée et de la police burundaise tente de renverser le pouvoir du Président Pierre Nkurunziza. Innocent exerce alors son droit d'informer en donnant parole aux militaires putschistes sur les ondes de sa chaîne, Radio-Télé Renaissance. Ceci va lui coûter une convocation chez le substitut du procureur général de la République pour s'expliquer sur la diffusion du message des militaires putschistes sans en avertir le ministère de la sécurité publique.
La nuit du 13 au 14 mai 2015, les hommes en uniforme de police attaquent quatre stations de radio et de télévision privées, dont la Radio - Télé Renaissance qui était partiellement détruite. Depuis lors, son équipe et lui-même n'ont plus accès à leurs locaux pour continuer le travail.
Cependant, Innocent n'a rien perdu de sa passion d'informer le public. Presque chaque jour, sur la chaîne de la Radio - Télé Renaissance sur YouTube, son équipe poste des reportages sur la situation actuelle au Burundi.

Recommandations d'Amnesty
Le Gouvernement du Burundi doit :
Permettre et faciliter une enquête indépendante sur la destruction des stations de radio et de télévision.
Mettre fin à tout harcèlement judiciaire contre M. Innocent Muhozi

Tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité de M. Innocent Muhozi

Innocent Muhozi doit être libre d'exercer son droit de travailler comme DDH sans représailles #KomeraTurikumwe #WeStandwithBurundi

Pacifique Nininahazwe

Activités
Dès son adolescence, Pacifique Nininahazwe s'engage dans les mouvements de jeunesse. Soucieux de dépasser les clivages politiques et ethniques de l'époque, il initie en 1996 avec ses collègues de lycée, dans la province de Makamba, l'Organisation pour la Réconciliation et la Conscience – ORECO, avec pour vision prise de conscience des jeunes du processus de réconciliation nationale.

Il refait la même expérience à l'Université du Burundi, où il crée avec 26 collègues le Forum pour la Conscience et le Développement – FOCODE.

Pacifique Nininahazwe occupe par la suite d'importants postes au sein des diverses organisations de la société civile au Burundi. En 2011, il est élu Directeur Exécutif du Forum des Organisations de la Société Civile – FORSC, qu'il dirige jusqu'en 2014.

En 2011, il compte parmi les 5 lauréats du prestigieux Prix Martin Ennals pour son engagement dans la défense et la promotion des droits de l'homme au Burundi.

Restrictions
Son engagement lui vaut des menaces quotidiennes sur sa vie et celle de sa famille. En 2014, une campagne est lancée pour discréditer sa personne. Des tracts son distribués, le traitant d'assassin. Malgré l'insistance de Pacifique, aucune enquête n'a été menée pour établir la vérité et poursuivre les personnes responsables de ces graves accusations.

Depuis son opposition au 3e mandat du Président Pierre Nkurunziza, que plusieurs considèrent en violation des Accords d'Arusha et de la Constitution du Burundi, des menaces sérieuses portant atteinte à son intégrité physique, des intimidations et des accusations sans fondement contre sa personne ont sensiblement augmenté.

Recommandation de Amnesty International
Le Gouvernement du Burundi doit :
Enquêter sur les menaces qui portent atteinte à la vie de Mr. Pacifique Nininahazwe et traduire en justice ceux qui en sont responsables ;
Prendre des mesures adéquates pour mettre fin aux intimidations et des accusations gratuites contre la personne de Pacifique Nininahazwe ;
Garantir sa sécurité physique et son droit à mener son travail de défenseur.

Pacifique Nininahazwe doit être libre d'exercer son droit de travailler comme DDH sans représailles #KomeraTurikumwe #WeStandwithBurundi

Pierre Claver Mbonimpa

Activités
Fondateur de l'organisation Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues – APROH. Pierre Claver Mbonimpa est un infatigable défenseur des droits de l'homme au Burundi.

Traitant des questions sensibles de violation et abus des droits de l'homme par les autorités et Imbonerakure, Pierre Claver est constamment sous pression et harcèlement pour son courage et détermination dans sa quête de la vérité et de la justice. Il a dû passé 4 mois en prison (de mai – septembre 2014) pour avoir demandé des enquêtes indépendantes sur l'existence des camps d'entraînement des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Opposé au troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza, il a été illégalement détenu pendant plus de 24 heures par les forces de sécurité le 27 avril 2015.

Restrictions
Pierre Claver Mbonimpa est sous restrictions judiciaires. Il a bénéficié d'une libération provisoire, le 19 septembre 2014, pour des raisons de santé. Il ne peut pas quitter Bujumbura. Dans cette période cruciale des élections, sa présence sur le terrain pour documenter les abus et violations des droits de l'homme est très affectée par cette restriction.

Recommandation de Amnesty International
Le Gouvernement de Burundi doit abandonner toutes les charges contre Pierre Claver Mbonimpa. Amnesty International estime qu'il est poursuivi à cause de son travail de défenseur des droits de l'homme.

Le Gouvernement doit cesser tout acte d'intimidation et de harcèlement contre Pierre Claver Mbonimpa.

Pierre Claver Mbonimpa doit être libre d'exercer son droit de travailler comme DDH sans représailles #KomeraTurikumwe #WeStandwithBurundi

Gabriel Rufyiri

Activités
En 2002, Gabriel Rufyiri crée l'organisation contre les malversations économiques – Observation de Lutte contre les malversations économiques OLUCOME. Son courage et attachement à la transparence de la gestion des affaires publiques lui valent des intimidations et menaces quotidiennes.

Sous son leadership, plus de 1500 dossiers de corruption ont été examinés, parmi lesquels figure le dossier de la vente illicite du jet présidentiel en 2006, la corruption dans l'approvisionnement des produits pétroliers au Burundi, les passassions des marchés, ainsi que la gestion du budget national.

Restrictions : En 2009, l'adjoint de Gabriel Rufyiri est assassiné. La police intérieure américaine apporte son assistance dans l'investigation de ce meurtre mais jamais aucun rapport ne fut publié. Au lieu de poursuivre les auteurs commanditaires de cet acte, Gabriel Rufyiri est accusé par les autorités d'être impliqué dans cet assassinat. Les autorités continuent de reporter ses auditions et la justice pour feu Ernest Manirumva se fait toujours attendre.

Il reçoit régulièrement des menaces de mort et d'intimidation. Il a dû amener sa famille hors du Burundi pour des raisons de sécurité.

Pendant ces élections, les menaces portant atteinte à la vie, sa vie ont poussé Gabriel Rufyiri à quitter le Burundi, momentanément.

Recommandation de Amnesty International
Le Gouvernement du Burundi doit :
rendre publique le rapport sur l'assassinat du feu Ernest Manirumva. Six ans sans décision de justice définitive sur cet assassinat est un déni de justice ;
assurer la sécurité de Mr. Gabriel Rufyiri et sa famille ;
faire les investigations sur les menaces qu'il reçoit et poursuivre les responsables ;
cesser toute action de harcèlement judiciaire contre Mr. Gabriel Rufyiri.

Solidaire avec #GabrielRufyiri. Gouv. du #Burundi doit garantir espace propice pour la société civile #WeStandWithBurundi #KomeraTurikumwe

Bob Rugurika

Directeur – RPA, Twitter : @RUGBOB78, Facebook : FACEBOOK.COM/BOB. RUGURIKA

Activités
Bob Rugurika a été porté à la tête de la Radio Publique africaine –RPA en mars 2014, après avoir passé quatre années comme Rédacteur en chef de cette radio de proximité. A sa nomination, Bob Rugurika confiait à un journal de la place que l'une de ses priorités était de « rétablir des bonnes relations avec les pouvoirs publics pour faciliter l'accès à l'information et diffuser une information de qualité, équilibrée et fiable » .

Cette radio qu'il dirige, et qui joue un rôle primordial pour informer et éduquer les masses, a toujours fait l'objet de menaces de la part des différents régimes depuis sa création. Ses journalistes sont souvent arrêtés et détenus arbitrairement à cause de la sensibilité des sujets qu'ils traitens concernant les violations et abus commis par les autorités.
Le 19 janvier 2015, Bob Rugurika a été arrêté et détenu pour avoir interviewé un individu affirmant avoir participé à l'assassinat des sœurs catholiques à Bujumbura, en Septembre 2014. Cet individu avait mis en cause certaines autorités du Service National de Renseignement.

L'annonce de la candidature du Président Pierre Nkurunziza le samedi 25 avril 2015 ayant entraînée des manifestations dans les rues de Bujumbura, la RPA s‘est vu menacée de fermeture et obligée de ne pas faire du reportage en direct, capital pour le monitoring des abus et violations des droits de l'homme, le lundi 26 avril. La Radio sera complètement fermée par les autorités le 27 avril.

Restrictions
Libéré sous une caution de 15 000 000 francs burundais (plus de 9000 $). Il ne peut pas quitter le territoire burundais, sans autorisation préalable d'un magistrat. La liberté de mouvement de Bob Rugurika est cruciale pour vie pendant cette période de tensions liées au contexte électoral.

La fermeture de la RPA par les autorités burundaises enfreigne aux droits de M. Rugurika et ses collègues de revoir et partager l'information.

Recommandations d'Amnesty International
Le Gouvernement du Burundi doit :
Garantir un procès équitable à Bob Rugurika et abandonner les restrictions lourdes de sa libération sous caution qui portent atteinte à son droit à la liberté de mouvement.
Rouvrir immédiatement et sans conditions les bureaux de la RPA et cesser toute action visant à intimider ses journalistes ou mettant leur vie en danger.

Gouv. du #Burundi doit mettre fin à l'intimidation et harcèlement contre les journalistes. #WeStandWithBurundi #KomeraTurikumwe

Armel Niyongere

Activités
Me Armel Niyongere a été élu à la présidence de l'Action des Chrétiens pour l'abolition de la Torture ACAT Burundi, en 2009. Militant pour les causes des droits de l'homme depuis les années 2000, il participe à la création de Association pour la Réconciliation et la Résolution Pacifique des conflits (ARREPAC) en 2004. En 2012, il fonde l'Association de la Recherche sur l'Environnement, la Démocratie et les Droits de l'Homme (AREDDHO).

En 2010, il attire l'attention des autorités locales lorsqu'il dénonce publiquement le mauvais traitement d'un gardien de l'Hôpital Prince Régent Charles gardé par le maire de Bujumbura de l'époque, Evrard Giswaswa.

En tant qu'Avocat au Barreau du Burundi, il est très impliqué dans les dossiers sensibles. Il représente aussi ses collègues de la société civile, dont le défenseur des droits humains, Pierre Claver Mbonimpa, Président de l'APRODH ; il a défendu le dossier des associations des professionnelles des médias sur la constitutionnalité de la loi draconienne sur la presse devant la Cour constitutionnelle et la Cour de la Communauté East Africaine.

Armel participe activement dans l'équipe de la société civile qui présente des rapports alternatifs devant les organes de traités des Nations Unies et de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples ; il a fait aussi partie de la délégation de plaidoyer de la société civile aux récents sommets extraordinaires de l'EAC sur le Burundi.

Restrictions
Visé pour son rôle actif dans les campagnes de la société civile, notamment celle contre le 3e mandat du Président Pierre Nkurunziza, ce 24 mars 2015, la police a voulu forcer une perquisition sans mandat à son domicile, celui-ci les en a empêchés. Me Armel a été contraint de se mettre en exile après la tentative de coup d'Etat du 13 mai au Burundi. Les discours de certains officiels accusent les responsables de la campagne de la société civile contre le 3e mandat d'avoir été en connivence avec les putschistes.

Recommandation de Amnesty International
Le Gouvernement du Burundi doit :
Mettre fin aux harcèlements et intimidations contre Mr Niyongere Armel ;
Enquêter et mettre fin aux discours inflammatoires qui font des défenseurs des droits humains des collaborateurs putschistes ;
Garantir et assurer sa protection et son droit à mener son travail en tant que défenseur des droits humains au Burundi ;
Garantir son droit à la liberté d'opinion et d'association.

Solidaire avec #ArmelNiyongere. Gouv. du #Burundi doit garantir espace propice pour la société civile #WeStandWithBurundi #KomeraTurikumwe


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