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Site officiel de la section belge d'Amnesty International. Agir et réfléchir. Droits humains, droits de l'homme, droits des femmes. Torture, peine de mort, viol, violences conjugales.
Mis à jour : il y a 16 minutes 1 seconde

Irresponsable et meurtrier. L'étendue du commerce mondial des armes

il y a 7 heures 22 minutes

Armes et munitions en circulation

• Total des stocks militaires actuels de la Chine, des États-Unis, de la Russie, de l'Inde, de la France et du Royaume-Uni :
15 730 chars de combat
18 175 véhicules blindés de combat
37 219 systèmes d'artillerie de gros calibre
8 930 avions de combat
1 904 hélicoptères d'attaque
270 navires de guerre
[Source : The Military Balance]

• 875 millions d'armes légères et de petit calibre seraient en circulation dans le monde. [Source : Small Arms Survey]

• 12 milliards de balles sont produites chaque année. [Source : P. Batchelor (2003), “Workshops and Factories : Products and Producers”, Small Arms Survey 2003 : Development Denied, Oxford : Oxford University Press, p. 13.]

Valeur des transferts
• Il est difficile de calculer avec précision un chiffre définitif pour la valeur des transferts internationaux d'armes classiques. En 2010, d'après les statistiques nationales, leur montant total s'élevait à environ 72 milliards de dollars américains. Depuis, on estime qu'il a atteint près de 100 milliards de dollars par an.

• Plus de 1 000 entreprises réparties dans une centaine de pays produisent des armes légères et de petit calibre. Le commerce autorisé annuel des armes légères et de petit calibre dépasse les 8,5 milliards de dollars. [Source : Small Arms Survey]

Les 10 principaux importateurs et exportateurs d'armes classiques, 2009-2013

Violence armée

Mondialement, la violence armée tue environ 526 000 personnes par an, la plupart en dehors des situations de conflit. [Source : Geneva Declaration on Armed Violence and Development]

Dénoncer la torture ne suffit pas : il faut juger les responsables

il y a 7 heures 48 minutes

Le directeur d'Amnesty USA revient sur le rapport du Sénat dénonçant les actes de torture auxquels se sont livrés des agents de la CIA, protégés par l'administration Bush. Pour Steven W.Hawkins, la torture n'est pas une erreur, c'est un crime : elle demande à ce que justice soit faite. Et ce n'est pas gagné.

La semaine dernière, Jose Rodriguez, l'administrateur autoproclamé du programme de torture et de disparitions forcées de la CIA, qualifiait le rapport sur la torture publié par la commission du Sénat sur le renseignement de « coup de poing dans le ventre » pour tous ceux qui ont mené à bien le programme. « Ils n'ont pas négocié le fait d'être exposés et évalués pour ce qu'ils ont fait et pour ce qu'on leur a affirmé être légal », rapporte Rodriguez au Daily Beast.

Mettons de côté la perversité des termes « coup de poing dans le ventre » utilisés pour témoigner de la peur d'un tortionnaire qui doit rendre des comptes pour ses actes de torture. Finalement, la question que se pose Rodriguez est de savoir si les avocats de l'administration Bush pouvaient légitimement donner la permission de torturer à la CIA et aux officiers sur le terrain. La réponse est non.

Sous l'administration Bush, les avocats désignés du Bureau du Conseil Juridique du Ministère de la Justice avaient rédigé un document autorisant les agents de la CIA à utiliser des techniques d'interrogation équivalentes à de la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Les avis juridiques qui figuraient dans ce document étaient fondés sur une telle gymnastique légale qu'ils furent par après désavoués, y compris par les autres avocats formant l'administration Bush.


©Amnesty International

Dès son entrée en fonction, le Président Barack Obama ferma les sites de détention secrets de la CIA et ordonna le retrait de ces avis juridiques indéfendables. Il échoua cependant à obliger les responsables à rendre des comptes. Sous l'égide de l'Avocat général Eric Holder, le Ministère de la Justice conduisit et conclut des recherches et enquêtes limitées sur le programme de la CIA, sans que personne ne soit inculpé. De même, la destruction par la CIA d'enregistrements vidéo d'interrogatoires empêcha certaines inculpations. Ces vidéos auraient en effet contenu des preuves de violations graves du droit international.

Les enquêtes furent clôturées en partie parce que Holder, du Ministère de la Justice, refusa de « poursuivre quiconque ayant agi de bonne foi et dans le respect des conseils juridiques qui lui avaient été donnés » — quand bien même ces « conseils juridiques » étaient assurément fournis pour couvrir des actes de torture et autres mauvais traitements. Aujourd'hui encore, malgré la sortie du rapport du Sénat sur la torture, le Ministère de la Justice refuse de rouvrir ces enquêtes.

Pourtant, le rapport du Sénat témoigne de plusieurs abus graves, tels que l'alimentation et la réhydratation rectale, alors que ces méthodes n'étaient même pas autorisées par les douteux conseils juridiques et ne pouvaient donc même pas être couvertes par le Ministère de la Justice. Alberto Gonzales, Avocat général pendant la présidence de George W. Bush, avait à l'époque déjà avoué être troublé par les signes suggérant que la CIA allait au-delà de ce qui lui était autorisé. Le rapport conclut également que la CIA « a régulièrement fourni des informations inexactes » au Ministère de la Justice.


En application de la Convention des Nations Unies contre la torture, aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, ne peut être invoquée pour justifier la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ils ne sont jamais légaux

S'il s'avère que le Ministère de la Justice avait déjà connaissance des abus dont il est question dans ce rapport, il est de son devoir d'expliquer et de justifier pourquoi personne n'a été poursuivi. Et si le Ministère n'avait pas accès à ces informations, comment peut-il d'emblée évincer les nouvelles preuves présentées dans le rapport du Sénat sur la torture ?

Le Ministère de la Justice ne peut pas se limiter à invoquer la « bonne foi » des agents pour clôturer ces enquêtes. Les États-Unis sont liés par le droit international lorsqu'il s'agit de rendre des comptes pour des actes de torture. En application de la Convention des Nations Unies contre la torture, aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, ne peut être invoquée pour justifier la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants. Ils ne sont jamais légaux. Même en situation d'urgence, aucune dispense n'existe à cette obligation.

Le droit international est aussi très clair en ce qui concerne les devoirs d'un gouvernement lorsque cette interdiction est violée. Il doit alors s'assurer que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées et que les personnes responsables soient jugées. Les victimes du programme de la CIA méritent de la reconnaissance, des excuses et la réparation de leur dommage.

Malgré cela, certaines personnes suggèrent que la publication du rapport marque la fin de cette affaire. Tout comme Obama, ils préféreraient « aller de l'avant » et éviter des querelles politiques internes. Mais la responsabilité n'est pas un choix à faire en fonction de la politique du moment. Tant qu'il n'existe pas de voies de recours contre la torture, les disparitions forcées et les autres violations des droits humains, les États-Unis continuent de commettre de graves violations de leurs obligations découlant du droit international.

De nombreux membres du gouvernement ont évoqué la publication du rapport la semaine dernière. Cependant, ils continuent à ne pas assumer la responsabilité de ce qui s'est passé, ou à éviter de l'attribuer à d'autres. L'héritage américain en ce qui concerne la torture ne peut pas se régler par la discussion et par des conférences de presse. La torture n'est pas une erreur : c'est un crime. Nous avons besoin de voir des enquêtes complètes, des poursuites lorsqu'il y a suffisamment de preuves, la justice et des réparations accordées aux victimes. Un individu, qu'il soit haut placé ou non, n'est jamais au-dessus de la loi.

ENSEMBLE, NOUS AVONS FAIT AVANCER LES CHOSES EN 2014

il y a 9 heures 49 minutes

JANVIER

MODIFICATION DE LA LOI SUR LE VIOL AU MAROC
Le Parlement marocain a voté à l'unanimité la modification de la loi sur le viol, afin que les violeurs ne puissent plus se soustraire à la justice en contraignant leurs victimes à les épouser. Ce vote a fait écho à la campagne menée sans répit en faveur de la famille d'Amina Filali (sur la photo), qui s'est suicidée en mars 2012 après avoir été contrainte par la loi d'épouser un homme qui, selon elle, l'avait violée. Des lois analogues sont toujours en vigueur en Tunisie et en Algérie, et nous poursuivons notre lutte pour les faire changer dans le cadre de notre campagne Mon corps, mes droits.
FÉVRIER

LES DROITS HUMAINS ET LES JEUX OLYMPIQUES EN RUSSIE
À l'approche des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, le 7 février, plus de 336 000 sympathisants d'Amnesty International de 112 pays se sont exprimés en faveur des droits humains en Russie. Ensemble, nous avons demandé au président Vladimir Poutine de mettre un terme à la répression de la liberté de parole et d'expression dans le pays.

NON AU PROJET DE LOI CONTRE L'HOMOSEXUALITÉ EN OUGANDA
Les militants d'Amnesty International ont pris part à une journée mondiale d'action afin de protester contre un projet de loi discriminatoire contre l'homosexualité en Ouganda. Plus de 86 000 personnes ont signé une pétition appelant le président Yoweri Museveni à opposer son veto à ce projet de loi. Il a été déclaré nul et non avenu en août – une grande victoire pour les militants. Nous espérons que cette avancée se traduira par de réelles améliorations dans la vie des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI) en Ouganda. Depuis trop longtemps, ils sont pris au piège d'un cercle vicieux marqué par la discrimination, les menaces, les atteintes aux droits humains et l'injustice.

MARS

NOUS SOMMES TOUS #AVECLESSYRIENS
Des milliers de militants se sont rassemblés dans plus de 40 pays afin de marquer le 3e anniversaire du conflit en Syrie. Nous avons allumé des bougies, lâché des ballons rouges et réclamé de l'aide pour tous les Syriens dans le besoin. En avril, Amnesty International a remis aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU plus de 140 000 signatures, pour demander qu'il soit mis fin sans attendre à la souffrance des populations assiégées en Syrie.

PLUS PRÈS DE LA VÉRITÈ AU SRI LANKA
L'ONU a voté la tenue d'une enquête indépendante sur les crimes commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à la fin de la guerre qui a déchiré le Sri Lanka. Cela faisait plusieurs années qu'Amnesty réclamait cette mesure, notamment via la campagne #DitesLaVérité. L'enquête de l'ONU relance l'espoir pour des milliers de victimes de torture, d'enlèvement et d'autres atteintes aux droits humains.

IWAO HAKAMADA LIBÉRÉ AU BOUT DE 45 ANS
Iwao Hakamada, 78 ans, a été libéré au Japon à la suite d'une campagne intense menée notamment par Amnesty International. Il avait passé la majeure partie de sa vie à attendre d'être exécuté, après avoir été déclaré coupable de meurtre en 1968. Au mois de mars, le tribunal a annulé sa condamnation à mort et ordonné la tenue d'un nouveau procès, laissant entendre que les preuves contre Iwao Hakamada avaient été falsifiées. Son affaire rappelle avec force la nécessité d'abolir la peine de mort partout dans le monde.

AVRIL

ZOOM SUR MON CORPS, MES DROITS
De par le monde, pas moins de 280 000 personnes ont demandé à leurs gouvernements de protéger les droits des jeunes en matière de sexualité et de reproduction dans le cadre de notre nouvelle campagne Mon corps, mes droits. Le secrétaire général d'Amnesty International Salil Shetty a remis vos signatures au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à la veille d'une session de l'ONU à New York.

MAI

UN « CARTON JAUNE » POUR LE BRÉSIL

Plus de 100 000 sympathisants d'Amnesty International ont donné au Brésil un carton jaune à l'approche de la Coupe du monde de football en juillet, pour rappeler au gouvernement que manifester n'est pas un crime. En effet, de grands rassemblements publics contre le coût de cette Coupe du monde se sont heurtés à la force excessive employée par la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

MAINTENIR LA PRESSION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
Plus de 67 000 personnes ont signé notre pétition afin de protéger les civils en République centrafricaine. Nous étions aux côtés de la famille de Constant Yaonomo (sur la photo que tient son père), qui a été tué lors d'une attaque à la grenade. Nous avons remis toutes vos signatures aux autorités américaines au mois de mai, leur demandant d'appuyer une mission solide de maintien de la paix de l'ONU. Tout au long de l'année, nous avons mis l'accent sur la crise des droits humains que traverse le pays, notamment sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

JUIN

LIBERTÉ POUR ALES BIALIATSKI
Ales Bialiatski, militant bélarussien des droits humains figurant dans l'édition 2013 de notre campagne Écrire pour les droits, a été libéré en juin après presque trois ans passés derrière les barreaux. Ales, qui attribue sa libération à la campagne des militants d'Amnesty, a déclaré : « Ce qui a vraiment pesé dans la balance, ce sont les lettres que m'écrivaient de simples citoyens, et je voudrais remercier tout particulièrement vos militants pour cela. »

LANCEMENT DE LA CAMPAGNE STOP TORTURE
Partout dans le monde, les militants d'Amnesty International sont descendus dans la rue lors de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, dans le cadre de notre campagne Stop Torture. Une enquête d'Amnesty International a révélé que 44 % des habitants de la planète ont peur d'être torturés en cas de détention. Lors du lancement, près de 350 000 personnes de 117 pays ont signé une pétition réclamant justice pour Claudia Medina, victime de torture au Mexique.

L'APPLICATION « BOUTON D'URGENCE » POUR AIDER LES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS
Amnesty a développé une nouvelle application, « Bouton d'urgence », afin d'aider les défenseurs des droits humains à obtenir de l'aide en cas d'agression, d'enlèvement ou de torture. L'application permet à l'utilisateur du téléphone portable d'émettre des signaux de détresse en secret ; cette alerte peut être activée rapidement en cas d'urgence, afin d'avertir des contacts préenregistrés et d'obtenir de l'aide.

VICTOIRE POUR UNE COMMUNAUTÉ INDIGÈNE AU PARAGUAY
Le 11 juin, le président paraguayen Cartes a promulgué un projet de loi qui prévoit la restitution de plus de 14 000 hectares de terres ancestrales à la communauté indigène des Sawhoyamaxas. Ce fut une immense victoire pour les familles qui se battent pour leurs droits depuis plus de 20 ans.

JUILLET

UN MILLION DE VOIX POUR MERIAM
Meriam Ibrahim, une femme chrétienne condamnée à mort au Soudan, a enfin été libérée en juin et a atterri en Europe en juillet. Plus d'un million de personnes dans le monde se sont associées à notre appel en faveur de sa libération. Meriam était accusée d'« apostasie » pour s'être déclarée chrétienne alors que son père était musulman et d'« adultère » pour avoir épousé un chrétien. Elle était enceinte de huit mois lorsqu'elle a été inculpée et a dû accoucher alors qu'elle était enchaînée.

RÉPRESSION CONTRE LES MANIFESTANTS À HONG KONG
Selon les estimations, 510 000 personnes ont pris part à un rassemblement le 1er juillet, pour célébrer le 17e anniversaire de la passation de Hong Kong à la Chine. Des centaines d'entre elles ont été arrêtées et 25 manifestants impliqués dans l'organisation du sit-in ont fait l'objet d'enquêtes. Les militants d'Amnesty International dans le monde font pression sur le gouvernement de Hong Kong pour qu'il cesse d'engager des poursuites contre les manifestants pacifiques.

UN MANIFESTANT DE LA PLACE BOLOTNAÏA LIBÉRÉ
Mikhaïl Kossenko a été libéré d'une unité psychiatrique fermée, deux ans après avoir été incarcéré pour son rôle dans les manifestations antigouvernementales largement pacifiques qui se sont déroulées à Moscou, en Russie. Les sympathisants d'Amnesty International ont mené une campagne vigoureuse en sa faveur. Cependant, la condamnation de Mikhaïl n'ayant pas été annulée, il risque d'être de nouveau enfermé pour une transgression réelle ou mensongère.

LA CONDAMNATION À MORT DE LI YAN ANNULÉE EN CHINE
Lors d'une décision historique, la Cour populaire suprême a annulé la condamnation à mort de Li Yan pour l'homicide de son époux violent, après des mois de graves violences conjugales. Cette décision a fait suite à une forte pression exercée par les militants du monde entier.


AOÛT

ACTION POUR ISRAËL ET LES TERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPÉS
Les habitants d'Israël et des territoires palestiniens occupés ont terriblement souffert durant le conflit à Gaza. Une grande partie des armes qui ont servi aux violences et aux destructions provenait de fournisseurs étrangers. C'est pourquoi nous avons demandé à l'ONU d'instaurer immédiatement un embargo sur les armes à destination d'Israël, du Hamas et des groupes armés palestiniens à Gaza. En 2015, nous mettrons l'accent sur la nécessité d'amener les deux camps à rendre des comptes pour les violations du droit international.

SEPTEMBRE

LUTTE CONTRE LA LOI ANTI-AVORTEMENT AU SALVADOR
Les femmes et les jeunes filles issues des campagnes salvadoriennes se sont associées aux militants d'Amnesty International dans le monde pour réclamer la fin de l'interdiction totale de l'avortement dans le pays. Des groupes de jeunes ont donné des pièces de théâtre, prononcé des discours passionnés et joué des morceaux de musique consacrés à 17 femmes emprisonnées pour des questions liées à la grossesse.

OCTOBRE

DÉFENDRE LES DROITS HUMAINS EN RUSSIE

Des militants d'Amnesty International ont organisé des actions dans la rue en compagnie de mannequins dans le cadre de notre semaine d'action mondiale pour la Russie, sous le mot-clé #SpeakOut, pour attirer l'attention sur la répression des droits humains en Russie, et notamment sur une mesure interdisant les rassemblements de plus d'une personne, même pacifiques.

ANGEL COLON LIBÉRÉ

Ángel Colón a été remis en liberté en octobre, presque six ans après avoir été torturé et emprisonné à tort au Mexique. Des milliers de sympathisants d'Amnesty International ont demandé sa libération dans le cadre de notre campagne Stop Torture. Ángel Colón a déclaré : « Je souhaite faire passer un message à tous ceux qui se montrent solidaires avec moi, et se positionnent contre la torture et la discrimination : ne baissez pas la garde. Un nouvel horizon se profile. Je me réjouis de ce qui arrive. »

MALALA RÉCOMPENSÉE PAR LE PRIX NOBEL DE LA PAIX
Le prix Nobel de la paix 2014 a été décerné à Malala Yousafzai, défenseure du droit à l'éducation et lauréate du prix Ambassadeur de la conscience d'Amnesty International, et à Kailash Satyarthi, un Indien qui défend les droits des enfants. « Le travail que mènent Kailash Satyarthi et Malala Yousafzai incarne le combat de millions d'enfants dans le monde, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International. C'est une récompense pour les militants des droits humains qui se consacrent entièrement à la défense de l'éducation et des droits des enfants les plus vulnérables du monde. »

NOVEMBRE

UN PAS DE GÉANT POUR LE CONTRÔLE DES ARMES
En novembre, 53 pays avaient ratifié le Traité sur le commerce des armes. Ces règles sur les ventes internationales d'armes, qui vont permettre de sauver des vies humaines, vont donc entrer en vigueur le 24 décembre 2014. Cela récompense les efforts de militants comme vous qui font campagne sans relâche depuis plus de 10 ans pour ce traité.

DÉCEMBRE

JUSTICE POUR LES VICTIMES DE LA FUITE DE GAZ TOXIQUE À BHOPAL
Il y a 30 ans, en décembre, 10 000 personnes sont mortes en trois jours en raison de la fuite de gaz toxique d'une usine de pesticides de Bhopal, en Inde. Les militants d'Amnesty International du monde entier ont exprimé leur solidarité avec les habitants de Bhopal, qui ont défilé pour réclamer justice le jour de l'anniversaire. Le gouvernement indien doit encore dépolluer le site et s'assurer que les entreprises responsables rendent des comptes.

NOS MOTS CHANGENT DES VIES
Jeunes ou vieux, les militants d'Amnesty International ont écrit plus d'un million de messages, de courriels et de lettres dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits, notre marathon international de lettres. Des militants dans plus de 100 pays ont organisé toutes sortes d'actions – écriture de lettres aux Pays-Bas (photo), soirée pyjama de 24 heures au Chili, évènement pour les droits humains qui a duré toute la nuit au Burkina Faso, et interview en direct d'Edward Snowden en France. Ensemble, ces actions vont favoriser le changement en termes de droits humains.

METTRE FIN À LA TORTURE AUX PHILIPPINES
Notre rapport a révélé que toute personne ou presque arrêtée par la police aux Philippines risque d'être torturée. Les militants d'Amnesty International ont financé quatre panneaux d'affichage dans différentes villes à travers le pays, afin de mettre en lumière le fait que la torture peut arriver à tout le monde et n'est pas sanctionnée. Peu de temps après, le Sénat des Philippines a annoncé l'ouverture d'une enquête sur la « torture généralisée pratiquée par la police ». Une première mesure bienvenue dans la campagne Stop Torture.

Ferguson — Que le monde sache que la vie des noirs compte

il y a 10 heures 48 minutes

Alors qu'Amnesty USA a dépêché sur place, à Ferguson, des bénévoles pour surveiller les manifestations et la manière dont les autorités les encadrent, Larry Fellows, jeune leader de la société civile et des groupes jeunes d'Amnesty, nous raconte son combat au quotidien.

Par : Larry Fellows III, organisateur et leader à Ferguson

La fumée suffocante remplit le ciel de la nuit ; des explosions sonores font trembler les rues en béton noir pendant que des cris intenses d'hommes, de femmes et d'enfants résonnent dans l'air comme dans une superproduction hollywoodienne. Mais nous ne sommes pas dans un film de Michael Bay. Nous sommes dans la vraie vie, un lundi soir, le 18 août 2014, à Ferguson. C'est ma vie. La fumée des gaz lacrymogènes remplit l'air, les explosions sonores proviennent des véhicules blindés qui s'approchent des manifestants et envoient les bombes lacrymogènes. Les hommes, les femmes et les enfants ici présents sont mes amis, mes voisins, des résidents de Saint Louis, dans le Missouri. Nous sommes tous dans les rues depuis plus d'une semaine pour exiger des comptes.


©Scott Olson/Getty Images

Une voix grave résonne depuis le toit de l'une des voitures blindées : « s'il vous plaît, retournez chez vous. » Mais C'EST CHEZ MOI. C'est ici que je suis né, que j'ai pêché avec mon grand-père au parc January-Wabash quand j'étais petit, ici que j'ai été diplômé de Hazelwood East, que j'ai porté fièrement mon chapeau à l'effigie des Cardinals de St. Louis. Alors, quand on me dit de rentrer chez moi, qu'est ce que cela signifie exactement ?

Lorsque les émeutes ont été réprimées par l'intimidation et que des armes militaires ont été pointées vers les manifestants non-violents, j'ai commencé à me demander pourquoi ils ne voulaient pas que nos voix soient entendues. Quand des Noirs périssent par la main de la police à un rythme alarmant, nos voix ne devraient-elles pas compter ? Dans un premier temps, le 10 août, je suis allé présenter mes condoléances à la famille de Mike Brown et leur montrer que nous sommes tous dans le même bateau. Ce dimanche soir m'a ouvert les yeux sur la façon dont la vie des Noirs est considérée par le système et sur l'importance de notre droit, en tant qu'être humain, à manifester pacifiquement dans les rues. C'est pourquoi j'ai continué de protester. Malgré l'agressivité dont ont fait preuve les forces de l'ordre, nos vies comptent assez pour moi et d'autres personnes que pour descendre dans les rues et dire « ça suffit, assez c'est assez ».


C'est quand Amnesty est arrivée à QuikTrip, notre QG, que la gravité de la façon dont nous étions traités m'a vraiment frappé. Le fait qu'Amnesty doive être là pour observer et protéger le droit de manifester de manière pacifique m'a montré à quel point notre lutte est connectée à d'autres, et ce, partout dans le monde.


Depuis plus de 50 ans, Amnesty International se bat pour s'assurer que chaque être humain puisse jouir de ses droits et être ce qu'il veut, peut et devrait être. Mes parents m'ont inculqué le respect de moi-même mais aussi celui des autres, quelle que soit leur origine. C'est pourquoi je défends les droits de tout le monde et je suis très heureux de devenir l'un des jeunes leaders.

Pendant plus de 120 jours, j'ai travaillé activement à rendre justice à Mike Brown et à d'autres Afro-américains qui ont péri par la main des forces de l'ordre. J'ai commencé par une simple présence à une veillée tenue par la famille de Mike Brown pour évoluer vers d'infatigables heures de protestation avec des gens qui sont maintenant devenus des amis pour la vie, ma « famille du mouvement ». Que se soit pour distribuer des vivres comme l'eau et la nourriture, du matériel de protection contre les gaz lacrymogènes, ou encore me soulever contre les forces de l'ordre pour notre droit à élever notre voix pacifiquement, je me suis nourri de l'injustice qui a frappé les Noirs. J'ai continué jour après jour, oubliant de manger ou dormant très peu voire pas du tout. Je dois me battre, je dois élever ma voix, je dois protester contre tout ça.

À chaque instant, je suis conscient que je proteste contre ces fonctionnaires qui sont censés nous protéger et nous servir, et ce, parce qu'ils ont échoué dans leur travail au service de la communauté. Je proteste parce que je veux voir des officiers qui s'identifient aux collectivités qu'ils servent, et qui respectent les droits humains de ceux qu'ils sont censés protéger. La couleur de ma peau ne devrait pas être considérée comme une menace ou justifier l'usage des armes ; le sang qui coule dans mes veines n'est pas différent de celui d'un d'autre. Les enfants devraient pouvoir marcher dans les rues ou jouer au ballon dans leurs quartiers sans être harcelés. La voix de la communauté devrait prévaloir sur la manière dont elle est contrôlée.

Ma lutte personnelle à Ferguson et dans la région de St. Louis a suscité ma passion et mon respect pour toute vie humaine et droit humain. J'ai acquis des connaissances et des compétences dont je n'aurais jamais cru avoir besoin. Maintenant, je veux aider en informant le monde de ces problèmes et de la signification réelle de cette lutte. En tant que jeune leader, je tiens à encourager les communautés, petites et grandes, à s'organiser et à faire pression en vue d'un changement au niveau local, national et international, à s'engager viscéralement et à vouloir systématiquement changer les choses. Je veux que les gens de ces communautés, dont les revendications sont tombées aux oubliettes, m'apprennent à m'assurer que leur présence compte et que leurs voies soient entendues. Je veux que notre travail compte.

Je veux que le monde sache que la vie des Noirs compte (#BlackLivesMatter) et je veux que vous nous aidiez à faire passer ce message. Je veux que vous ayez des discussions difficiles et inconfortables avec vos amis, votre famille et votre communauté sur la race et les droits humains. Je veux que le clergé parle à ses communautés religieuses et que les enseignants discutent avec leurs élèves du profilage racial et de la brutalité policière. Je veux que vous preniez part aux actions sur les réseaux sociaux et en ligne. Je veux que vous manifestiez votre colère et votre solidarité dans les rues et dans les allées du pouvoir.

Je veux que vous nous rejoigniez, ce mouvement et moi, pour construire un monde juste et équitable où les jeunes Noirs n'ont pas à craindre pour leur vie. Un monde où la justice n'est pas reléguée à un signe, mais imprégnée des expériences vécues par tous. Je veux que vous vous leviez avec moi pour prendre position pour les droits humains et la dignité pour tous.

(Article traduit de l'anglais par Lola Smets. Tiré du blog Livewire Amnesty : http://blog.amnestyusa.org/us/this-...

Irlande. Des personnes transgenres sont lésées par un nouveau projet de loi

il y a 12 heures 16 minutes

L'Irlande doit permettre aux personnes transgenres de faire reconnaître leur genre de manière rapide, transparente et accessible, a déclaré Amnesty International après la publication, vendredi 19 décembre dans ce pays, du projet de loi pour la reconnaissance du genre.

L'organisation a exhorté les autorités irlandaises à lever les restrictions à la reconnaissance du genre des personnes transgenres mariées et des mineurs, et à faire le nécessaire pour que les personnes transgenres puissent légalement faire reconnaître leur genre sans avoir à fournir de certificat médical.

« L'Irlande a laissé passer la chance d'inscrire les droits de toutes les personnes transgenres dans le droit national. D'importantes modifications devront être apportées à ce projet de loi si on entend combattre les discriminations graves dont sont victimes les personnes transgenres », a déclaré Denis Krivosheev, directeur par intérim du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Au lieu de faciliter autant que possible pour l'ensemble des personnes transgenres la reconnaissance légale de leur identité, ce projet lèsera plusieurs groupes - en particulier les personnes qui sont mariées ou ont conclu un partenariat civil, les mineurs, et ceux qui ne souhaitent pas recevoir de traitement médical. »

Le projet de loi dispose que les personnes effectuant une demande afin de changer d'identité de genre ne sont pas autorisées à se marier ni à conclure un partenariat civil. Cela signifie que les personnes transgenres qui sont mariées seront contraintes à divorcer de leur conjoint si elles souhaitent changer leur identité de genre.

Divorcer en Irlande suppose cinq années de séparation préalable - ou deux ans pour les partenariats civils -, ce qui signifie que de nombreuses personnes ne pourront pas prétendre à la reconnaissance de leur identité de genre même si elles sont séparées.

« Ce projet de loi ignore complètement les besoins des personnes qui souhaitent rester mariées, ou qui ont entamé une procédure de divorce, tout en obtenant la reconnaissance de leur genre. C'est une violation de leurs droits fondamentaux », a déclaré Denis Krivosheev.

« Au lieu de cela, le projet de loi force avec cruauté les personnes transgenres à se séparer de leur conjoint - puis à passer des années dans les limbes sans compagnon ni reconnaissance légale de leur identité. Leur seule solution est de sacrifier leur identité de genre afin de rester en couple. »

Amnesty International déplore par ailleurs que le projet de loi exige qu'un certificat médical soit établi par le psychiatre ou l'endocrinologue de la personne effectuant une demande, comme preuve que celle-ci est en transition ou a terminé sa transition.

« Exiger l'obtention d'un « certificat » peut donner lieu non seulement à la stigmatisation des personnes transgenres, mais également à la nécessité de recevoir des traitements de santé que des personnes transgenres ne souhaitent peut-être pas subir et qui ne sont pas requises d'un point de vue médical », a déclaré Denis Krivosheev.

Le projet de loi dispose par ailleurs que les jeunes de 16 et 17 ans doivent obtenir une décision de justice afin de pouvoir faire légalement reconnaître leur genre.

« Plutôt que de fixer un âge minimum pour tous, il convient de privilégier une démarche au cas par cas en ce qui concerne les mineurs, dans le cadre de laquelle l'opinion de ceux-ci et leur intérêt supérieur sont pris en compte, ainsi que l'énonce le Comité des droits de l'enfant des Nations unies », a déclaré Denis Krivosheev.

« Le projet de loi irlandais sur la reconnaissance du genre est un texte bienvenu, mais des modifications doivent y être apportées pour qu'il puisse donner sa pleine mesure, et devienne une initiative réellement progressive de la part des autorités. »

Action urgente : Arabie Saoudite. Loujain al Hathloul et Mayssa al Amoudi, deux conductrices arrêtées

il y a 13 heures 7 minutes

AU 308/14, MDE 23/037/2014, 11 décembre 2014

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 JANVIER 2014.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Deux Saoudiennes ont été appréhendées pour avoir conduit. Loujain al Hathloul et Mayssa al Amoudi, deux sympathisantes en faveur de la campagne pour le droit des femmes à conduire en Arabie saoudite, ont été arrêtées au poste-frontière d'al Batha, non loin des Émirats arabes unis. Il s'agit de prisonnières d'opinion.

Le 30 novembre, Loujain al Hathloul, une Saoudienne de 25 ans, a été appréhendée à la frontière alors qu'elle tentait de rentrer en Arabie saoudite au volant de sa voiture depuis les Émirats arabes unis. Les membres des forces de sécurité d'al Batha, ville frontalière de l'est de l'Arabie saoudite, ont confisqué son passeport et l'ont forcée à passer la nuit à bord de sa voiture.

Le matin du 1er décembre, Maysaa al Amoudi, journaliste et présentatrice saoudienne, a elle aussi été arrêtée à al Batha alors qu'elle arrivait des Émirats arabes unis pour apporter à Loujain al Hathoul des produits de première nécessité. Elle avait pourtant précisé à la police saoudienne des frontières qu'elle n'avait pas l'intention de conduire sur le territoire saoudien.

Quelques heures plus tard, les deux femmes auraient été emmenées dans un poste de police d'al Batha où elles ont été soumises à un interrogatoire, avant d'être transférées au Bureau des enquêtes et des poursuites judiciaires de la ville d'al Hufuf, dans la province de l'Est, pour y être de nouveau interrogées. Plus tard ce même jour, Loujain al Hathloul a été conduite dans un établissement correctionnel pour femmes, et Maysaa al Amoudi a été emmenée à la prison centrale, toutes deux situées à al Ahsa dans la province de l'Est.

On ne connaît pas précisément le statut actuel de ces deux femmes au regard du droit. Leurs proches ont été informés, sans recevoir aucune explication, que leur détention avait été prolongée de 25 jours. Ces femmes ont été interrogées sans leurs avocats, ce qui constitue une atteinte au droit saoudien, bien que l'avocat de Maysaa al Amoudi ait demandé à plusieurs reprises à voir sa cliente.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :

- appelez les autorités à libérer Loujain al Hathloul et Maysaa al Amoudi immédiatement et sans condition, car elles sont des prisonnières d'opinion détenues uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d'expression et leur droit de circuler librement ;

- engagez-les à prendre les mesures nécessaires pour qu'elles puissent recevoir régulièrement la visite de leur famille et de leurs avocats.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 JANVIER 2014 À :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Roi Abdullah bin Abdul Aziz Al Saud

The Custodian of the two Holy Mosques

Office of His Majesty the King

Royal Court, Riyadh

Arabie saoudite

Fax : (via le ministère de l'Intérieur)

+966 11 403 3125 (merci de vous montrer persévérant-e)

Formule d'appel : Your Majesty, / Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Ministre de l'Intérieur

Prince Mohammed bin Naif bin Abdul Aziz Al Saud

Ministry of the Interior, P.O. Box 2933, Airport Road, Riyadh 11134

Arabie saoudite

Fax : +966 11 403 3125 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ministre de la Justice

Sheikh Mohammed bin Abdulkareem Al-Issa

Ministry of Justice

University Street

Riyadh 11137

Arabie saoudite

Fax : +966 11 401 1741

+966 11 402 0311

Veuillez également adresser des copies à :

Ambassade du Royaume d'Arabie saoudite

Avenue F.D.Roosevelt 45,

1050 Bruxelles

eMail : beemb mofa.gov.sa

Fax 02.647.24.92

Fax 02.646.85.38

COMPLEMENT D'INFORMATION

Des femmes se mobilisent depuis 1990 en Arabie saoudite afin de faire lever l'interdiction de conduire. Cette année-là, une quarantaine de femmes ont conduit leur voiture le long d'une artère importante de Riyadh. La police les a interpellées et plusieurs d'entre elles ont été exclues temporairement de leur emploi. Ces femmes ont fait l'objet d'une large condamnation dans les sermons religieux et dans différents milieux. Le grand mufti, la plus haute autorité religieuse saoudienne, a en outre pris une fatwa (décret religieux) interdisant aux femmes de conduire, qui a été suivie par une directive officielle du ministre de l'Intérieur allant dans le même sens.

En 2011, des militants en faveur des droits humains ont relancé une campagne sur Internet pour appeler les femmes détenant un permis de conduire international à prendre le volant en bravant l'interdiction. De très nombreuses femmes se sont mises au volant pour soutenir cette campagne. Certaines ont été arrêtées de ce fait et forcées de s'engager par écrit à ne plus chercher à conduire. Manal al Sharif a été arrêtée le 22 mai 2011 après avoir été contrôlée la veille par la police alors qu'elle conduisait, accompagnée de son frère, dans la ville d'Al Khubar. Elle a été forcée à signer un engagement à ne plus conduire et a été libérée au bout de 10 jours. Le 27 septembre 2011, Shaimaa Jastaniyah, une conductrice, a été jugée et condamnée à recevoir 10 coups de fouet. Ce jugement a finalement été annulé en avril 2012.

Des défenseurs saoudiens des droits des femmes ont par ailleurs contesté devant la justice l'interdiction de conduire. En 2012, plusieurs femmes se sont adressées au Tribunal des plaintes, un tribunal administratif compétent pour traiter les plaintes à l'encontre de l'État et des services publics. Ces femmes tentaient de protester contre le fait que les autorités responsables de la réglementation routière avaient refusé de leur délivrer un permis de conduire local bien que le droit saoudien n'empêche pas les femmes d'acquérir ce type de permis. Jusqu'ici, aucune décision n'a été prononcée.

Le 26 octobre 2013, des militants des droits des femmes ont lancé une action similaire pour faire annuler l'interdiction. Loujain al Hathloul, une sympathisante, a officiellement annoncé le lancement de la campagne dans une vidéo postée en ligne. Peu après cette annonce, certaines militantes ont reçu des menaces répétées des autorités, visant à les dissuader de poursuivre leur action. Le 25 octobre, le site de la campagne a été piraté. Des sources proches des autorités ont par ailleurs indiqué que celles qui défient l'interdiction seront jugées en vertu de lois se rapportant au terrorisme, car les rassemblements publics sont proscrits dans le royaume et considérés comme une tentative de renversement du système. Malgré les menaces et les actes d'intimidation, des dizaines de femmes se sont filmées au volant de leur voiture et ont publié les vidéos en ligne. Certaines ont été appréhendées, mais la plupart ont été relâchées après une courte période.

Le 23 octobre 2014, à quelque jours du premier anniversaire du lancement de la campagne, et dans le but de contrarier les efforts continus des défenseurs des droits des femmes visant à faire lever l'interdiction, le ministère de l'Intérieur a diffusé une déclaration soulignant qu'il appliquerait la loi avec fermeté contre quiconque participerait à une manifestation de soutien à cette campagne.

En Arabie saoudite, le seul pays au monde qui interdit aux femmes de conduire, les femmes sont en butte à des discriminations graves, dans la loi et dans la pratique, et ne sont pas suffisamment protégées contre les violences liées au genre, y compris les violences domestiques. L'interdiction de conduire n'est qu'un exemple des nombreux domaines dans lesquels les femmes sont privées de leurs droits fondamentaux en Arabie saoudite. Les femmes ne sont toujours pas en mesure de voyager, d'exercer un emploi rémunéré, de faire des études supérieures ni de se marier sans la permission d'un tuteur de sexe masculin.

Nom : Loujain al Hathloul et Maysaa al Amoudi

Femmes

AU 308/14, MDE 23/037/2014, 11 décembre 2014

Trois personnes que nous n'oublierons pas en 2015

il y a 13 heures 16 minutes

Anna Neistat , directrice générale chargée des recherches à Amnesty International, explique pourquoi nous devons nous souvenir des personnes derrière les gros titres dans l'année qui vient.

L'injustice, les abus et la liberté ne sont pas des concepts abstraits. Il y a des vies derrière ces mots, perdues et sauvées, vécues dans la dignité ou dans le désespoir ; il y a des larmes et des sourires.

Il y a des noms.

Certains de ces noms font les gros titres autour du monde. Il y en a d'autres que vous n'avez peut-être jamais entendus, mais permettez-moi de faire les présentations. Si nous voulons changer des vies, apprenons à connaître les personnes concernées.

« Le feu de la guerre, le feu de l'exil »


Photo : petites filles dans un camp de réfugiés syriens en Jordanie ©Amnesty (Richard Burton)

Maha est une fillette de huit ans, originaire de Syrie. Après qu'un tir de missile a détruit son domicile, à Alep, et tué ses deux parents, elle a fui en Turquie avec son oncle.

Leur nouvelle « maison », dans la ville turque d'Akçakale, est une coquille de béton - il y a trois murs mais pas de porte, pas de toilettes, pas de lits, et rien pour se laver ni cuisiner. L'eau qu'elle boit provient d'un tuyau, elle doit sa survie à la nourriture recueillie par des réfugiés d'un camp voisin, et souffre d'éruptions cutanées, de diarrhées et de rhumes. Traumatisée, Maha ne parle plus, et elle et son oncle ne bénéficient d'aucun soutien.

Maha fait partie des quelque 3,8 millions de réfugiés ayant fui la Syrie ces trois dernières années. Alors qu'aucune issue au conflit syrien n'est en vue, ce chiffre continue à augmenter.

La communauté internationale réagit de manière pitoyable. Les financements et les engagements en termes de réinstallation restent tout à fait insuffisants, et les voisins de la Syrie endossent de manière disproportionnée la responsabilité de l'accueil des réfugiés. En à peine trois jours, en septembre, la Turquie a vu entrer sur son territoire quelque 130 000 réfugiés - plus que dans l'Union européenne toute entière en trois ans.

Au cours de l'année à venir, nous militerons activement pour que les pays procèdent à la réinstallation d'un plus grand nombre de réfugiés syriens. Et nous exhorterons les États à respecter leurs promesses de financement d'une réponse humanitaire digne de ce nom. Si nous y parvenons, Maha aura un nouveau foyer et sourira peut-être de nouveau un jour.

45 ans à attendre la mort

Iwao Hakamada a 78 ans. Il a passé la majeure partie de sa vie - 45 ans - à attendre d'être exécuté, après qu'un tribunal japonais l'a déclaré coupable de meurtre en 1968. Il a principalement été détenu à l'isolement, et n'était pas autorisé à regarder la télévision ni à parler à d'autres prisonniers. À l'exception des sorties pour se rendre aux toilettes et de quelques rares promenades de courte durée, il devait rester assis dans sa cellule.

Au Japon, les exécutions étant nimbées de secret, et les prisonniers n'étant pas notifiés à l'avance de leur date d'exécution, Iwao a vécu en sachant qu'il était possible que les gardiens viennent le chercher à tout moment, chaque jour pendant 45 ans. Peu après son emprisonnement, il a commencé à présenter des signes de troubles mentaux.

Cette année, grâce à la très forte mobilisation d'Amnesty International et d'autres organisations, Iwao a été libéré. Laissant entendre que les éléments à charge contre lui avaient été falsifiés, le tribunal a annulé sa condamnation à mort et ordonné la tenue d'un nouveau procès.

Rien ne rendra à Iwao les années et la santé que lui a prises le système carcéral japonais. Pour ce qui est de l'avenir, son cas rappelle avec acuité à quel point il est urgent d'abolir la peine de mort dans le monde.

Emprisonnée pour une fausse couche

María Teresa Rivera est une jeune mère célibataire qui travaillait dans une usine de confection au Salvador. Un jour, elle a ressenti une douleur intense et s'est rendue aux toilettes. Sa belle-mère l'a découverte par terre baignant dans son sang et a fait le nécessaire pour qu'elle soit transportée d'urgence à l'hôpital.

L'hôpital l'a dénoncée à la police et la justice a finalement condamné María Teresa, qui ne savait même pas qu'elle était enceinte, à 40 ans d'emprisonnement pour homicide avec circonstances aggravantes. Elle a été déclarée coupable d'avoir délibérément interrompu sa grossesse, sans qu'aucun élément de preuve en ce sens ne soit produit.

La loi salvadorienne sur l'avortement est l'une des plus draconiennes au monde. Les femmes et les jeunes filles n'ont pas le droit d'avorter, même lorsque leur santé et leur vie sont en danger, et même si elles ont été violées, quel que soit leur âge. Désespérées, certaines subissent des avortements clandestins pratiqués dans des conditions dangereuses ; d'autres attentent à leurs jours. Cette interdiction est à l'origine d'un climat de paranoïa si généralisé que des femmes ayant fait une fausse couche ou accouché d'un enfant mort-né sont inculpées et emprisonnées pour meurtre, en particulier des femmes vivant dans la pauvreté.

Des sympathisants d'Amnesty dans plus de 30 pays se sont engagés dans notre action visant à en finir avec l'interdiction totale de l'avortement au Salvador. Nous nous mobilisons par ailleurs en faveur de la libération de María Teresa et de 16 autres femmes dont la demande de grâce est actuellement examinée. Le fils de María Teresa, qui a huit ans, a besoin qu'on lui rende sa mère.

Souvenez-vous de ces noms - Maha, Iwao, María Teresa.

Raconter ce qu'ils ont traversé me met incroyablement en colère parce qu'il n'y a aucune justification aux injustices qu'eux-mêmes, et les milliers d'autres connaissant le même sort, continuent à subir. Mais cela me remplit également de fierté et d'espoir - parce qu'ensemble, nous n'abandonnerons pas avant que ces injustices soient réparées. Et, alors que l'année 2015 s'annonce, nous ne laisserons pas le monde les oublier.

Traité sur le commerce des armes : avancée historique après une campagne de deux décennies

il y a 22 heures 13 minutes

L'entrée en vigueur du Traité sur le commerce des armes (TCA), le 24 décembre, constitue une avancée majeure pour les droits humains après deux décennies de travail de campagne mené par Amnesty International et d'autres ONG à travers le monde.

Pour la première fois, un traité intègre explicitement les répercussions en termes de droits humains de chaque vente d'armes dans tous les transferts.

Depuis le milieu des années 1990, Amnesty International et ses sympathisants ont mené sans relâche un travail de pression et de campagne en faveur du TCA. Étant le premier traité juridiquement contraignant de ce type, celui-ci endiguera le flux d'armes à destination de gouvernements qui les utiliseraient pour commettre des atrocités.

« Cette étape constitue une avancée vraiment historique. Elle montre ce qui est possible lorsque des militants des droits humains s'engagent dans un long combat et œuvrent sans relâche pour changer une bonne idée en réalité qui sauve des vies dans le monde entier, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International.

« Quand un petit groupe de personnes comprenant des militants d'Amnesty International a proposé pour la première fois de réglementer le commerce irresponsable des armes au début des années 1990, certains se sont moqués de cette idée. Deux décennies après, le traité devient aujourd'hui une réalité juridiquement contraignante qui récompense leur travail, leur créativité et leur détermination. »

Au moins 500 000 personnes meurent chaque année, en moyenne, et plusieurs millions d'autres sont blessées, violées et forcées de partir de chez elles du fait de la faible réglementation du commerce mondial des armes et des munitions. Les détails de ce commerce sont souvent entourés de secret, mais la valeur officielle des transferts internationaux avoisine les 100 milliards de dollars annuels.

Le TCA contient un certain nombre de règles visant à arrêter la circulation d'armes à destination de pays où l'on sait qu'elles serviraient à commettre ou à faciliter un génocide, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre ou d'autres atteintes graves aux droits humains. Les États parties au TCA devront désormais réaliser des évaluations objectives de la situation dans les pays destinataires afin d'éviter tout risque majeur que des exportations d'armes ne contribuent à ces atrocités.

Sur les 10 principaux exportateurs d'armes, cinq font partie des 60 États qui ont déjà ratifié le TCA : l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Les États-Unis, de loin le premier producteur et exportateur d'armes au monde, figurent parmi 68 autres pays qui l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié. D'autres grands producteurs d'armes, comme la Chine, le Canada et la Russie, refusent de signer et de ratifier ce traité.

Amnesty International continuera de faire pression pour que tous les États adoptent le TCA et commencent à appliquer strictement ses dispositions qui peuvent sauver des vies. Les sympathisants de l'organisation appelleront les États-Unis, la Chine et d'autres pays dans toutes les régions du monde à ratifier le TCA au cours de l'année prochaine.

« Le travail ne s'arrête pas là, et nous ne nous reposerons pas sur nos lauriers. Bien que le TCA établisse des règles de base indispensables pour le commerce mondial des armes, ce n'est pas la panacée. Il faudra encore bien plus de soutien et de pression pour que les États respectent scrupuleusement ses principes, a déclaré Salil Shetty.

« Les États doivent clairement s'engager à faire changer la situation. Partout dans le monde, des gens ont suffisamment souffert à cause du commerce irresponsable des armes. Les gouvernements leur doivent de faire suivre leurs engagements par des actions. »

Complément d'information

Depuis le début des années 1990, Amnesty International fait campagne, avec d'autres ONG, pour obtenir des règles mondiales rigoureuses et juridiquement contraignantes sur les transferts d'armes internationaux, afin de limiter les livraisons d'armes classiques et de munitions qui alimentent les atrocités et les atteintes aux droits humains. Plus d'un million de personnes à travers le monde ont demandé aux gouvernements de négocier un TCA fort, comportant des règles rigoureuses, afin de sauver des vies.

Le 2 avril 2013, 155 États ont voté à l'Assemblée générale des Nations unies en faveur de l'adoption du TCA. Avant que ce texte ne puisse entrer en vigueur, 50 États devaient le ratifier afin de l'intégrer dans leur législation nationale. Cette étape a été franchie le 25 septembre 2014 – une progression très rapide pour un traité des Nations unies.

Amnesty International a continué à mettre en évidence des transferts irresponsables d'armes et à démontrer qu'ils contribuent à de graves atteintes aux droits humains.

Il s'agit notamment des cas suivants : des livraisons d'armes prévues depuis les États-Unis vers l'Irak, où l'organisation a relevé de graves atteintes aux droits humains commises au cours des derniers mois ; une importante livraison chinoise d'armes et de munitions au Soudan du Sud, pays en proie au conflit où Amnesty International a constaté des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ; et une série de pays fournissant des armes légères et de petit calibre au Honduras, État qui, selon les statistiques de l'ONU, présente le plus fort taux d'homicides au monde.

Pour voir la liste des États qui ont signé et ratifié le TCA, rendez-vous à l'adresse suivante :
http://www.un.org/disarmament/ATT/

Nos calendriers vous attendent !

ven, 19/12/2014 - 18:47

Nations unies. Une « avalanche » d'adhésions au Traité sur le commerce des armes

ven, 19/12/2014 - 18:06

Le débordement d'activité des États membres de l'ONU pour signer et ratifier le Traité sur le commerce des armes (TCA) avant son entrée en vigueur la semaine prochaine est un nouveau signe manifeste du très large soutien dont bénéficie cette mesure historique visant à réduire les transferts d'armes internationaux irresponsables, a déclaré Amnesty International.

Jeudi 18 décembre, Andorre, Israël et le Zimbabwe ont signé le TCA, tandis que la Lituanie et les Pays-Bas l'ont ratifié. Ces cinq États s'ajoutent à plusieurs autres qui ont signé et ratifié le traité depuis début décembre, portant le nombre total de signatures à 128, dont 60 suivies d'une ratification. L'Afrique du Sud devrait également ratifier le TCA sous peu. Les États qui l'ont ratifié deviennent partie au traité.

« Les dirigeants du monde envoient un message sans équivoque. Cette avalanche d'États supplémentaires adhérant au Traité sur le commerce des armes constitue un nouveau vote de confiance évident en faveur de cette mesure historique qui protégera les droits humains et sauvera des millions de vies », a déclaré Marek Marczynski, directeur du programme Armée, sécurité et police d'Amnesty International.

« Le fait que des pays comme Israël, grand exportateur et importateur d'armement, et l'Afrique du Sud, premier vendeur d'armes du continent africain, signent et ratifient encore avant même que le traité n'entre en vigueur renforcera son impact mondial. »

« Plus nombreux seront les États qui adoptent ce traité, plus il éclairera par la transparence les eaux troubles du commerce international des armes. La mise en œuvre rigoureuse de ce traité pourrait sauver des millions de vie et réduire le risque de graves atteintes aux droits humains à travers le monde. »

Sur les 10 principaux exportateurs d'armes, cinq ont déjà ratifié le TCA : l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni. Les États-Unis, de loin le premier producteur et exportateur d'armes au monde, figure parmi 68 autres pays qui l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié.

D'autres grands producteurs d'armes, comme la Chine, le Canada et la Russie, refusent de signer et de ratifier ce traité. La Corée du Nord, l'Iran et la Syrie sont les trois seuls États qui ont voté contre son adoption à l'Assemblée générale des Nations unies.

Depuis le milieu des années 1990, Amnesty International et ses sympathisants ont mené sans relâche un travail de pression et de campagne en faveur du TCA. Il deviendra un texte de droit international à caractère contraignant le 24 décembre. Dès lors, il obligera les États parties à appliquer des règles mondiales rigoureuses en matière de transferts d'armes internationaux afin d'endiguer le flux des armes classiques et des munitions qui alimentent les atrocités et la violence.

Pour voir la liste des États qui ont signé et ratifié le TCA, rendez-vous à l'adresse suivante :
http://www.un.org/disarmament/ATT/

Pakistan. Les exécutions ne sont pas la solution pour combattre le terrorisme

ven, 19/12/2014 - 13:40

Loin d'être la solution au terrorisme qui sévit au Pakistan, le fait de renouer avec la peine de mort ne fait que perpétuer le cycle de la violence, a déclaré Amnesty International après avoir appris que deux personnes ont été exécutées dans le pays vendredi 19 décembre. Il s'agit des premières exécutions depuis 2012.

Deux personnes, reconnues coupables d'avoir participé à deux attaques distinctes menées par les talibans, ont été pendues au Pakistan le 19 décembre. Il s'agit des premières mises à mort depuis que le gouvernement a levé le moratoire sur les exécutions pour les personnes accusées de crimes liés au terrorisme cette semaine, en réponse à l'attaque menée par les talibans contre une école à Peshawar, qui a fait au moins 142 victimes.

« Il est très décevant que le gouvernement ait cédé à la peur et à la colère et ait exécuté ces deux personnes. Aussi horrible que soit l'attaque de Peshawar, faire couler le sang – même s'il s'agit d'une exécution cautionnée par l'État – ne saurait être la réponse au terrorisme et au crime, a déclaré David Griffiths, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

« C'est une réaction cynique de la part du gouvernement, qui masque son incapacité à faire face à la question fondamentale soulevée par le drame de Peshawar, à savoir l'absence de protection efficace des civils dans le nord-ouest du Pakistan. »

Selon certaines informations, quatre autres prisonniers risquent d'être exécutés dans les prochaines 24 heures, Shahbaz Sharif, Chief minister (Premier ministre) de l'État du Pendjab ayant approuvé des modifications de la législation le 19 décembre.

« La peine de mort bafoue le droit à la vie et Amnesty International est vivement préoccupée par les multiples violations du droit international que les autorités s'apprêtent à commettre en mettant en application leurs projets d'exécution », a déclaré David Griffiths.

Au Pakistan, les condamnations à la peine capitale sont bien souvent prononcées à l'issue de procès qui ne respectent pas les normes internationales d'équité.

Des centaines de prisonniers risquent d'être exécutés de manière imminente : le ministère de l'Intérieur a récemment transmis au président 547 recours en grâce, qui seraient liés à des affaires de terrorisme ; 120 lui ont été soumis le 18 décembre.

Parmi les prisonniers qui risquent d'être exécutés figure Shafqat Siddiqui, âgé de 15 ans au moment où les crimes pour lesquels il a été reconnu coupable – enlèvement et homicide involontaire – ont été commis.

« Le nombre de personnes qui risquent d'être exécutées et le climat qui règne actuellement au Pakistan rendent la situation d'autant plus inquiétante. Le gouvernement doit annuler tout projet d'exécution et instaurer un moratoire sur la peine de mort », a déclaré David Griffiths.

Réunion du groupe 004 Schaerbeek

ven, 19/12/2014 - 13:31

Le groupe 4 Schaerbeek se réunit le 12 janvier. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager , avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre , débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

A l'ordre du jour : Essentiellement Hamid et Cobra, préparation de Schaebeek ville-lumière, ITOP, Colombie et Campagne Bougies.

Date : 12/01/2014 à 19h chez Dominique

Contact : respgr4 aibf.be

Tél : 02/215.82.20

Réunion du groupe 96 Chimay

ven, 19/12/2014 - 13:17

Le groupe 96 Chimay se réunit le 20 janvier. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 20/01/2014 à 20h

Lieu : Chez Yves

Contact : y.cogneau gmail.com
Tél : 060/ 85.76.99

Réunion du groupe 004 Schaerbeek

ven, 19/12/2014 - 12:23

Le groupe 4 Schaerbeek se réunit le 8 décembre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager , avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre , débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

A l'ordre du jour : Essentiellement Hamid et Cobra, préparation de Schaebeek ville-lumière, ITOP, Colombie et Campagne Bougies.

Date : 8/12/2014

Contact : respgr4 aibf.be

Tél : 02/215.82.20

Des condamnés à mort malades ou handicapés mentaux menacés d'exécution en Floride

ven, 19/12/2014 - 12:01

Frank Walls et Michael Zack sont deux condamnés qui tentent d'obtenir la clémence du gouverneur de Floride et qui pourraient se voir notifier une date d'exécution si leurs demandes sont rejetées.

Frank Walls, âgé de 19 ans au moment du crime, a été reconnu comme ayant un âge mental de 12 ans, et comme souffrant de lésions cérébrales, d'un dysfonctionnement du cerveau et de troubles psychiatriques majeurs. Michael Zack a été victime d'abus physiques, sexuels et psychologiques graves étant enfant et adolescent. Des spécialistes de la santé mentale présents à son procès ont déclaré que, à leur avis, il souffrait du syndrome post-traumatique, de dépression chronique, et de dommages au cerveau, qu'il avait l'âge mental et émotionnel d'un jeune enfant, et que sa capacité à comprendre l'aspect criminel de sa conduite avait été considérablement réduite.

Réunion du groupe 21 Charleroi

ven, 19/12/2014 - 12:00

Le groupe 21 Charleroi se réunit le 18 décembre. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 18/12/2014 à 19 h 00

Lieu : au CACEAC, 7, rue Léon Bernus

Contact : respgr21 aibf.be

Tél : 071/51.90.21

Action urgente : Myanmar. Un homme , Shayam Brang Shawng, risque la prison pour avoir demandé justice

ven, 19/12/2014 - 11:32

AU 317/14, ASA 16/031/2014, 18 décembre 2014

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JANVIER 2015

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Shayam Brang Shawng (appelé Brang Shawng), un Birman de l'ethnie kachin, risque la prison parce qu'il a appelé les autorités à enquêter sur le rôle de l'armée birmane dans la mort de sa fille. Les charges retenues contre lui doivent être immédiatement abandonnées.

La fille de Brang Shawng, Ja Seng Ing, est décédée le 13 septembre 2012 au village de Sut Ngai Yang (commune de Hpakant, État kachin), dans le nord du Myanmar. Elle avait 14 ans. Selon des témoins oculaires, des militaires birmans l'ont abattue. Pourtant, l'armée affirme que cette adolescente a été tuée par une mine de l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA), qui a explosé à peu près au moment où les militaires ont tiré sur elle.

Le 25 septembre 2012, Brang Shawng a adressé une lettre au président, dans laquelle il l'appelait à prendre des mesures. Le 1er octobre 2012, il a envoyé une autre lettre à la Commission nationale des droits humains du Myanmar (MNHRC) pour lui demander de mener une enquête sur la mort de sa fille. Il n'a reçu aucune réponse à ses lettres. En revanche, le 25 février 2013, il a été inculpé en vertu de l'article 211 du Code pénal birman car il aurait formulé de fausses allégations à l'encontre de l'armée birmane dans sa lettre à la MNHRC. Un commandant de l'armée avait porté plainte auprès du poste de police de la commune de Hpakant. On ignore comment l'armée a eu accès à la lettre de Brang Shawng.

Le procès de Brang Shawng est en cours devant le tribunal communal de Hpakant ; cet homme encourt une peine de sept ans d'emprisonnement. Amnesty International estime que les charges retenues contre lui sont motivées par des considérations politiques et s'inscrivent dans une stratégie de représailles faisant suite à sa plainte contre l'armée birmane. S'il est reconnu coupable et emprisonné, l'organisation le considérera comme un prisonnier d'opinion.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en birman ou dans votre propre langue :

- appelez les autorités birmanes à abandonner immédiatement les charges pesant sur Brang Shawng ;

- demandez-leur de diligenter sans attendre une enquête sérieuse, impartiale et indépendante sur la mort de Ja Seng Ing et de traduire en justice les responsables présumés de ce décès devant des tribunaux civils indépendants, suivant une procédure conforme aux normes internationales relatives à l'équité des procès et n'infligeant pas la peine capitale ;

- priez-les instamment de veiller à ce que toutes les personnes qui portent plainte pour des violations des droits humains – y compris auprès de la MNHRC – ne soient pas victimes de manœuvres d'intimidation ni de représailles, et de mettre en place des mécanismes de protection adéquats à l'intention des victimes, des témoins et de leurs familles.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JANVIER 2015 À :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Président de la République

U Thein Sein

President's Office

Nay Pyi Taw

République de l'Union du Myanmar

Fax : +95 1 652 624

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,

Commandant en chef des forces armées du Myanmar

Senior General Min Aung Hlaing

Building 24

Nay Pyi Taw

République de l'Union du Myanmar

Formule d'appel : Dear General, / Monsieur,

Copies à :

Président de la Commission nationale

des droits humains du Myanmar

U Win Mra

27 Pyay Road, Hline Township

Yangon

République de l'Union du Myanmar

Fax : +95 1 659 668

Courriel : winmra mnhrc.org.mm

Veuillez également adresser des copies à :

Ambassade de l'Union du Myanmar

Boulevard Wahis 9,

1030 Bruxelles

Fax 02/705.50.48

eMail : mebrussels skynet.be

COMPLEMENT D'INFORMATION

Ja Seng In est décédée un an après la reprise des affrontements entre l'armée birmane et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) au sein de l'État kachin et de l'État chan, dans le nord du Myanmar, en juin 2011. Depuis ce regain de violence, Amnesty International reçoit des informations cohérentes au sujet de violations des droits humains commises par l'armée birmane. Il s'agit notamment d'homicides illégaux, d'actes de torture et d'autres mauvais traitements, de disparitions forcées, de viols et d'autres violences sexuelles. Il est rare que des investigations indépendantes et impartiales soient menées sur la base de ces allégations et les auteurs présumés de telles infractions ne sont quasiment jamais amenés à rendre des comptes, ce qui contribue à maintenir un climat d'impunité. Le Myanmar est pourtant tenu de se conformer au droit international coutumier, qui garantit le droit à un recours effectif en cas de violation des droits humains, l'égalité devant la loi et le droit à un procès équitable.

En tant que partie à la Convention relative aux droits de l'enfant, cet État a l'obligation juridique de protéger et de respecter le droit inhérent à la vie qui est reconnu à tous les enfants (article 6), notamment à Ja Seng Ing, ainsi que de protéger les mineurs contre toute forme de violence (article 19). Dans le cas de Ja Seng Ing, les pouvoirs publics étaient tenus d'enquêter dans les meilleurs délais et de manière indépendante, approfondie et impartiale sur la mort de cette adolescente, en vue de traduire en justice les auteurs présumés de cet acte. Comme l'a indiqué le Comité des droits de l'enfant : « Pour que les droits aient un sens, il faut qu'il existe des recours utiles en cas de violation ». La justice et un recours, c'est tout ce que Brang Shawng tentait d'obtenir.

Il est fondamentalement injuste que cet homme ait été inculpé parce qu'il avait porté plainte pour la mort de sa fille, cela n'aurait jamais dû se produire. Par ailleurs, Amnesty International est préoccupée par les informations indiquant que Brang Shawng fait l'objet d'un procès inique. Elle s'inquiète notamment de l'impossibilité de consulter des avocats, de la présence de militaires armés devant le tribunal, du dessaisissement de plusieurs juges et des interférences avec les témoins.

Les poursuites pénales engagées à l'encontre de Brang Shawng soulèvent de graves questions quant à l'indépendance opérationnelle de la Commission nationale des droits humains du Myanmar (MNHRC), ainsi qu'à sa capacité de protéger les personnes qui déposent des plaintes. Aux termes des Principes concernant le statut des institutions nationales ou Principes de Paris [Nations unies], qui établissent des normes internationales relatives au fonctionnement des institutions nationales pour le respect des droits humains, ces organes doivent être indépendants et exempts de toute ingérence gouvernementale. De plus, l'article 42 de la Loi relative à la Commission nationale des droits humains du Myanmar (n° 21/2014) dispose qu'il est interdit de « persécuter, intimider, menacer, harceler une personne ou de s'immiscer dans sa vie d'une autre manière au motif que cette personne, ou toute autre ayant un lien avec elle, a fourni des informations ou des éléments en relation avec une plainte, une enquête ou une procédure » de la MNHRC.

Des organisations nationales et internationales ont fait part de leurs préoccupations quant à l'affaire de Brang Shwang et à la mort de sa fille, Ja Seng Ing. Le 18 décembre 2014, Amnesty International, Fortify Rights, la clinique Droits humains de la faculté de droit de Harvard, Human Rights Watch, la Commission internationale de juristes et Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) ont adressé une lettre au président birman pour lui demander l'abandon des charges retenues contre Brang Shwang. La lettre est disponible en anglais à l'adresse http://www.amnesty.org/en/library/info/ASA16/007/2014/en.

Noms : Brang Shawng (h), Ja Seng Ing (f)

Homme et fille

AU 317/14, ASA 16/031/2014, 18 décembre 2014

Réunion du groupe 36 Beauvechain

ven, 19/12/2014 - 11:24

Le groupe 36 Beauvechain se réunit le 29 janvier . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 29/01/2014

Contact : respgr36 aibf.be
Tél : 010/24.75.10

Réunion du groupe 36 Beauvechain

ven, 19/12/2014 - 11:23

Le groupe 36 Beauvechain se réunit le 11 décembre . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

A l'ordre du jour : Outre les résultats de la Campagne Bougies, ,ous parlerons des lettres pour Liu-Xiabo.

Date : 11/12/2014

Contact : respgr36 aibf.be
Tél : 010/24.75.10

Action urgente : Equateur. La communauté indigène de Yanua kim, en danger

ven, 19/12/2014 - 11:06

AU 314/14, AMR 28/004/2014, 18 décembre 2014

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JANVIER 2015 .

Les membres de la communauté indigène de Yanua kim, dans la province de Zamora Chinchipe, dans le sud-est de l'Équateur, craignent pour leur sécurité après l'assassinat de l'un de leurs dirigeants et l'opération menée par la police dans la maison de celui-ci.

Le corps de José Isidro Tendetza Antún a été découvert le 2 décembre flottant sur le fleuve Zamora, dans le sud-est de l'Équateur. On était sans nouvelles de ce responsable du peuple shuar depuis le 28 novembre. José Tendetza a été dans un premier temps inhumé sans que quiconque ait reconnu le corps ni que sa famille en soit informée. À la suite de plaintes de ses proches et d'autres membres de la communauté de Yanua kim, le cadavre a été exhumé et une deuxième autopsie a été pratiquée. Les conclusions officielles de l'examen n'ont pas encore été rendues publiques, mais selon toute apparence la mort est due à une asphyxie. Une enquête sur sa mort est actuellement conduite par un procureur local et par une commission mise en place par le ministère de l'Intérieur.

Bien connu pour son engagement contre les projets miniers dans la région, le responsable indigène devait se rendre à la conférence des Nations unies sur le changement climatique organisée dans la capitale péruvienne, Lima, afin d'exposer les problèmes soulevés par la construction du projet minier Mirador dans sa communauté. Selon l'organisation équatorienne de défense des droits humains INREDH, José Tendetza était harcelé et pris pour cible en permanence depuis 2009, en raison de son combat. Selon certaines informations, sa maison et ses récoltes avaient été incendiées et détruites en 2012. Bien que ces faits aient été signalés au poste de police du secteur, à Pangui (province de Zamora), personne n'a jamais été traduit en justice pour répondre de ces faits.

Dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de José Tendetza, la police a pénétré le 10 décembre dans la maison qu'il occupait dans la communauté de Yanua kim (province de Zamora Chinchipe). Les membres de la communauté se sont sentis menacés par le comportement des forces de police. Ces hommes et ces femmes, ainsi que d'autres responsables indigènes mobilisés contre les projets d'extraction minière sur leurs terres, pensent qu'ils sont en danger.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

- demandez aux autorités équatoriennes de prendre immédiatement des mesures pour protéger la famille de José Isidro Tendetza Antún, ainsi que la communauté de Yanua kim et ses dirigeants, en consultation avec eux ;

- engagez-les à mener une enquête indépendante et complète sur les circonstances de la mort du dirigeant shuar José Isidro Tendetza Antún, et à déférer devant la justice les responsables présumés ;

- demandez-leur de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher que d'autres dirigeants qui luttent contre des projets d'extraction ne soient assassinés ou blessés, en menant une enquête sur les menaces dont ils peuvent faire l'objet, en leur accordant une protection s'ils le demandent et conformément à leurs souhaits, et en garantissant aux populations indigènes l'exercice de leur droit à la terre et de leur droit à un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 JANVIER 2015 À :

Procureur général

Dr. Galo Chiriboga Zambrano

Fiscal General del Estado

Av. Eloy Alfaro N32 250 y República

Quito, Équateur

Courriel : chiribogag fiscalia.gob.ec / galoarnulfo hotmail.es

Formule d'appel : Estimado Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Ministre de l'Intérieur

Sr. José Serrano Salgado

Ministro del Interior

Benalcázar N4-24 y Espejo

Quito, Équateur

Courriel : jose.serrano ministeriodelinterior.gob.ec

Formule d'appel : Estimado Ministro, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

INREDH

Courriel : comunicación inredh.org

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Équateur dans votre pays.

Ambassade de la République de l'Equateur

Avenue Louise 363

1050 Bruxelles

eMail : amb.equateur skynet.be

Fax 02.644.28.13

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Dirigeant du peuple shuar, l'un des deux plus grands groupes indigènes de l'Équateur, et ancien vice-président de la Fédération shuar de la province de Zamora, José Isidro Tendetza Antún était au premier plan de la lutte contre la mine Mirador, un projet d'extraction d'or et de cuivre sur site à ciel ouvert qui avait été approuvé dans un secteur où vivent les Shuars.

Selon des informations diffusées par la presse, le projet Mirador est conduit par la société Ecuacorriente, qui appartient à un groupe d'entreprises chinoises. Un contrat pour un projet minier a été signé en mars 2012. Selon la Confédération des nationalités indigènes d'Équateur, le projet va endommager quelque 182 000 hectares de forêt.

José Tendetza avait travaillé pour Ecuacorriente jusqu'en 2006. Cette année-là, il avait assisté à une attaque violente contre une famille, dont la maison et les récoltes avaient été incendiées. Il s'agissait d'expulser ces personnes de terrains dont la compagnie affirmait être propriétaire. José Tendetza était depuis l'un des leaders du mouvement de lutte contre le projet d'extraction minière, et avait signalé à la police qu'il faisait l'objet de menaces de la part d'employés et d'agents de sécurité de l'entreprise.

Les membres de la communauté de Yanua kim revendiquent les terres sur lesquelles ils vivent – et sur lesquelles vivait José Tendetza – comme appartenant à leur territoire ancestral. Ils ont déposé en 2012 une requête officielle en vue d'obtenir un titre de propriété. Ecuacorriente avance toutefois qu'elle a des droits sur ce territoire car il leur a été attribué pour le projet Mirador.

En janvier 2013, José Tendetza et d'autres représentants de la communauté shuar ont co-signé une lettre adressée à la banque chinoise qui faisait une offre d'appui financier aux entreprises chinoises à qui appartient Ecuacorriente. Les dirigeants indigènes attiraient l'attention sur les conséquences négatives du projet Mirador sur l'écosystème, et sur les possibles violations des droits des peuples indigènes, de la législation équatorienne et du droit international. La lettre, dont Amnesty International a reçu une copie, mettait aussi en avant le fait que le projet Mirador aurait un impact direct sur huit communautés indigènes et 170 familles, qui n'avaient pas été consultées et n'avaient pas donné leur consentement.

Ce mois-là, José Tendetza et d'autres dirigeant indigènes avaient entamé une action (tutela) contre Ecuacorriente devant les tribunaux nationaux, afin d'obtenir la protection des droits de la nature, qui sont garantis par la constitution équatorienne. Le recours n'avait pas été accepté. La Commission interaméricaine des droits de l'homme a été saisie en mars 2014 d'une plainte contre l'État équatorien.

La mort de José Tendetza fait l'objet d'une enquête ouverte par un procureur local et d'investigations menées par une commission créée par le ministère de l'Intérieur. Le 9 décembre, ce ministère a en outre promis une récompense de 100 000 dollars des États-Unis à quiconque apporterait des informations fiables sur le meurtre de José Tendetza. Cet homicide et les menaces contre la communauté de Yanua kim témoignent de la violence et du harcèlement auxquels s'exposent les défenseurs des droits humains mobilisés contre les projets d'industrie extractive en Équateur et dans d'autres pays.

L'Équateur a ratifié la Convention 169 relative aux peuples indigènes et tribaux et soutenu la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît les droits des peuples indigènes à leurs terres et leurs ressources naturelles traditionnelles ainsi que leur droit d'être consultés afin de pouvoir éventuellement donner, librement et en connaissance de cause, leur consentement à un projet.

Nom : José Isidro Tendetza Antún, les membres de la communauté de Yanua kim

Hommes et femmes

AU 314/14, AMR 28/004/2014, 18 décembre 2014


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