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SPECTACLE : ET SI JE LES TUAIS TOUS MADAME ?

mer, 02/09/2015 - 15:12

THÉÂTRE DE POCHE
ET SI JE LES TUAIS TOUS MADAME ?

de Aristide Tarnagda

En exclusivité pour les membres d'Amnesty la place à 8€ (au lieu de 18€ !)
Réservation indispensable avec mot de passe « Amnesty » au 02/649.17.27.ou sur reservation poche.beFaire entendre toute une vie le temps d'un feu rouge…

Une ville dans le monde, une rue, un feu rouge, une femme dans sa voiture, qui attend.

Et puis, cet homme sur le trottoir et son envie irrépressible de s'emparer de cet instant pour raconter, avec force, les tourments de son exil. Commence alors une parole dense, rythmée et musicale, un flow fait d'espoir et de colère.

Dans le rythme effréné de nos vies, prendre le temps d'écouter l'histoire de cet homme avant que ses mots ne rebondissent sur le bitume et sur l'indifférence des gens.

Sur scène, comme un écho, d'autres voix complices : les textes engagés du groupe afro hip-hop Faso Kombat mêlés à la musique traditionnelle burkinabé.

Dès 16 ans
Durée 1h
À 20h30

« Un bel écho aux questions cruciales de l'exil, de l'engagement, de la richesse si diversement distribuée, de l'urgence, mais aussi de l'art. » La Libre Belgique

Succès Festival d'Avignon « In » 2013 !

AUTOUR DU SPECTACLE :

Jeudi 17 septembre : rencontre d'auteur à l'issue du spectacle
Samedi 19 septembre de 14h à 16h : Atelier d'écriture avec l'auteur autour des thématiques au choix des participants et/ou autour des thèmes du spectacle. Réservations auprès de Clarisse (12 personnes max) au 02/647.27.26.
Mardi 22 septembre à l'issue du spectacle : Rendez-vous du bar autour de l'exil.

Mexique. La découverte d'un nouveau charnier braque les projecteurs sur l'aggravation de la crise des droits humains

mer, 02/09/2015 - 10:09

La découverte macabre d'un charnier contenant les restes d'au moins 31 personnes dans le nord du Mexique souligne la nécessité de mener de toute urgence une action forte afin de combattre la crise des droits humains au Mexique, qui s'aggrave rapidement, a déclaré Amnesty International.

« Le Mexique est en train de lamentablement perdre le combat contre les disparitions. Près de 25 000 personnes manquent ainsi à l'appel depuis 2007. Cette dernière découverte en date doit être un avertissement et inciter les autorités mexicaines à prendre de véritables mesures afin de clore la liste semble-t-il sans fin d'atrocités commises à travers le pays », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d'Amnesty International.

« À titre de première étape, les autorités mexicaines doivent garantir que, contrairement à ce qui est souvent arrivé par le passé, les enquêtes médicolégales sur cette découverte choquante soient menées d'une manière qui protège l'ensemble des éléments de preuve, et débouche sur l'identification de ces restes humains et sur la justice pour les familles des victimes. »

Les autorités locales de l'État du Nuevo León, près de la frontière avec les États-Unis, ont confirmé mercredi 2 septembre qu'elles avaient trouvé un charnier contenant les restes d'au moins 31 personnes dans un ranch. Des tests sont en cours afin d'identifier ces personnes.

Plusieurs charniers ont été découverts ces dernières années dans cette zone, connue en raison de la présence de bandes criminelles.

L'Union européenne semble persister dans sa réponse inadaptée à l'afflux de réfugiés

mer, 02/09/2015 - 09:44

Des personnes souffrent et meurent à nos frontières, arrêtons ça !

Tandis que la position commune de l'Union européenne (UE) face à l'afflux de réfugiés en Europe continue de scandaliser en associant atteintes aux droits humains aux frontières, mauvaise coordination en matière de gestion de crise et des dirigeants absents, des porte-parole d'Amnesty International sont disponibles pour des entretiens dans des lieux clés.

Des équipes de chercheurs d'Amnesty International sont présentes en Hongrie et sur l'île de Kos, en Grèce, pour suivre l'évolution de la situation, et l'organisation dispose, à Londres et à Bruxelles, de spécialistes ayant une connaissance approfondie des facteurs de cette crise et disponibles pour des entretiens.

« Il s'agit du plus grand test d'humanité auquel l'UE ait été soumise depuis des décennies, et jusqu'ici les dirigeants européens ont lamentablement échoué. Ce n'est pas le fait que des gens viennent en Europe qui constitue une crise, c'est la réaction cruellement inadéquate de l'UE. Notre message aux dirigeants européens est clair et constant : respectez l'obligation qui vous incombe, au titre du droit international, de protéger les personnes qui en ont besoin », a déclaré Gauri van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe.

« Halte aux grillages et aux barbelés. Halte aux gaz lacrymogènes et aux grenades incapacitantes. Il faut cesser d'obliger les réfugiés à mourir entassés dans des conditions cauchemardesques lors de leur dangereux voyage. »

Parmi les sujets pouvant être abordés figurent :
• Les informations de dernière minute sur la situation en matière de droits humains sur le terrain en Grèce et en Hongrie
• Les atteintes aux droits humains et les violations commises lors de passages de frontières
• Les conditions de vie désastreuses des personnes obligées de séjourner dans des campements et d'autres sites d'installation informels en Grèce et en Hongrie
• Le manque de coordination, aux niveaux local, national et européen, qui empêche de prendre des mesures efficaces
• La nécessité d'ouvrir plus de voies sûres et légales vers l'Europe afin de limiter les risques que doivent prendre toutes ces personnes

Mozambique. Les autorités doivent diligenter une enquête exhaustive et impartiale sur l'homicide d'un journaliste

mar, 01/09/2015 - 10:17

Les autorités du Mozambique doivent mener dans les meilleurs délais une enquête rigoureuse, indépendante et impartiale sur l'homicide du journaliste mozambicain Paulo Machava, a déclaré Amnesty International mardi 1er septembre.

Paulo Machava, qui était le rédacteur en chef et le propriétaire du journal en ligne Diário de Notícias, a été abattu par des inconnus armés le 28 août 2015 lors de sa promenade matinale habituelle dans un quartier du centre de Maputo.

Le meurtre de Paulo Machava - qui pourrait constituer une exécution extrajudiciaire - a représenté un jour sombre pour le journalisme au Mozambique. Ce crime doit donner lieu dans les meilleurs délais à une enquête et ses auteurs présumés doivent être retrouvés.

Les autorités mozambicaines doivent faire toute la lumière sur l'homicide de Paulo Machava et veiller à ce que l'ensemble des personnes dont la responsabilité pénale est engagée dans cette affaire soient traduites en justice. Sa mort est inquiétante compte tenu des menaces pesant déjà sur la liberté de la presse et d'expression dans le pays.

Le meurtre de Paulo Machava s'est produit trois jours avant l'ouverture du procès de l'économiste Carlos Nuno Castel-Branco et du rédacteur en chef Fernando Mbanze, lundi 31 août 2015, au sujet d'un billet publié sur Facebook critiquant l'ancien président du Mozambique, Armando Guebuza. Cette publication sur Facebook date de novembre 2013.

Fernando Mbanze, rédacteur en chef du journal MediaFax, est accusé d'avoir bafoué la liberté de la presse en vertu de l'article 42 de la Loi sur la presse et de la Loi sur la sûreté de l'État, pour avoir publié sous forme de lettre ouverte dans MediaFax le billet posté sur Facebook par Carlos Nuno Castel-Branco.

Si Amnesty International se félicite de la rapidité avec laquelle la police mozambicaine a réagi au meurtre de Paulo Machava, annonçant notamment l'ouverture d'une enquête, l'organisation estime que cette dernière doit être rigoureuse et conduire sans délai devant la justice les auteurs présumés.

Paulo Machava était un journaliste connu et chevronné, qui avait précédemment travaillé pour la station de radio publique Rádio Moçambique et le journal Savana, un organe de presse privé.

Les autorités mozambicaines doivent réaffirmer leur engagement en faveur de la protection de tous les citoyens, en s'assurant que ceux qui ont tué Paulo Machava soient retrouvés et traduits en justice dans le cadre d'une procédure équitable.

Le Mozambique a été le théâtre de plusieurs meurtres commis par des hommes armés cette année, homicides susceptibles de s'apparenter à des exécutions extrajudiciaires et donc de constituer des crimes de droit international, en particulier l'homicide de Gilles Cistac, un spécialiste du droit constitutionnel tué le 3 mars 2015 par un groupe d'hommes armés à Maputo. Son meurtre n'a toujours pas été élucidé.

Thaïlande. L'acquittement de deux journalistes est un pas dans la bonne direction

mar, 01/09/2015 - 09:53

L'acquittement de deux journalistes en Thaïlande, jugés pour avoir publié une partie d'un article sur la traite d'êtres humains, est une décision encourageante pour la liberté d'expression, mais ces deux personnes n'auraient jamais dû faire l'objet d'un procès, a déclaré Amnesty International.

Alan Morison, rédacteur du journal en ligne Phuketwan, et la journaliste Chutima Sidasathian ont été déclarés non coupables des accusations de diffamation et de violation de la loi relative à la cybercriminalité dont ils faisaient l'objet. Cette loi sanctionne la diffusion d'informations falsifiées ou fausses, de source étrangère, recueillies en ligne, et qui pourraient nuire à une tierce partie ou au public.

Les accusations, portées à la suite d'une plainte de la Marine royale thaïlandaise, concernent la copie d'un paragraphe d'un article publié par Reuters en 2013, lauréat du prix Pulitzer et analysant le rôle de la Thaïlande dans la traite de migrants rohingyas.

« L'acquittement de ces deux journalistes est une décision positive. Il n'en reste pas moins qu'ils n'auraient jamais dû faire l'objet d'un procès et encore moins risquer des années d'emprisonnement. Les autorités thaïlandaises ont encore une fois fait preuve d'un mépris total pour la liberté d'expression en amenant cette affaire devant la justice », a déclaré Josef Benedict, directeur des campagnes du programme Asie du Sud-Est d'Amnesty International.

« Les dispositions de la loi relative à la cybercriminalité sont formulées de manière très vague et sont utilisées de manière abusive pour harceler les médias indépendants. Cette loi comprend des dispositions qui bafouent les droits humains et qui devraient être abrogées immédiatement afin de respecter les obligations de la Thaïlande au regard du droit international. »

« Il ne s'agit là que de la dernière d'une longue série d'attaques contre la liberté d'expression et les médias depuis que l'armée a pris le pouvoir en 2014. Les autorités thaïlandaises doivent cesser de se contenter de beaux discours sur les droits humains : les restrictions illégales pesant sur la liberté d'expression doivent être levées immédiatement, et les charges ainsi que les condamnations dont font l'objet un nombre croissant de prisonniers d'opinion doivent être abandonnées. »

Azerbaïdjan. Le gouvernement emprisonne une journaliste récompensée tandis que la répression s'intensifie

mar, 01/09/2015 - 09:43

L'incarcération d'une journaliste lauréate de plusieurs prix prestigieux, à peine deux semaines après que deux militants en faveur des droits humains ont été condamnés à des peines de prison, est une nouvelle atteinte grave à la liberté d'expression, a déclaré Amnesty International mardi 1er septembre.

Khadija Ismayilova, journaliste d'investigation travaillant pour Radio Free Europe, a été condamnée à l'issue d'un procès à huis clos à une peine de sept ans et demi de prison sur la base de charges inventées de détournement de fonds, d'entreprenariat illégal, d'évasion fiscale et d'abus de pouvoir.

« Il s'agit d'un énième procès inique s'appuyant sur des charges forgées de toutes pièces. Le gouvernement a intensifié sa répression brutale visant les militants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains - en fait toute personne osant formuler des critiques publiquement », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« En adoptant des lois draconiennes et en les appliquant de manière agressive, les autorités azerbaïdjanaises ont dans les faits érigé en infraction la liberté d'expression et la liberté d'association. Elles utilisent le système de justice à mauvais escient pour persécuter les dissidents. »

Selon l'avocat de Khadija Ismayilova, le ministère public n'a présenté aucun élément concret pour étayer les charges retenues contre elles.

Des journalistes indépendants et les parents de Khadija Ismayilova ont régulièrement été empêchés d'assister aux audiences et seule une poignée de diplomates étaient présents.

« Le gouvernement veut répandre la peur parmi les opposants, et signifier à la société civile qu'elle ne peut se tourner vers la justice pour garantir le respect de ses droits », a déclaré Denis Krivosheev.

Soirée Amnesty à Mehagne - 10 octobre 2015

mar, 01/09/2015 - 09:25

Une organisation du groupe 9 de Chënée

Soirée Amnesty à Mehagne

mar, 01/09/2015 - 09:20

Un événement organisé par le groupe Amnesty de Chênée

Inde — condamnation de deux jeunes filles au viol — Pétition

lun, 31/08/2015 - 11:30

Le 30 juillet, dans le district de Baghpat de l'État d'Uttar Pradesh, dans le nord de l'Inde, un conseil de village composé uniquement d'hommes et ne résultant pas d'élections a ordonné qu'une femme dalit et sa sœur mineure soient violées et exhibées nues. Les deux sœurs et leur famille ont fui le village et sont maintenant à Delhi.

Le 24 mai, Meenakshi Kumari, une femme de 23 ans, et sa sœur de 15 ans ont fui leur village dans le district de Baghpat avec leur famille. Elles craignaient d'être victimes de violences depuis que leur frère s'est enfui avec une femme mariée d'une famille jat, une caste dominante. Le 30 mai, leur maison dans le village a été totalement mise à sac. Le 30 juillet, les membres d'un khap panchayat, un conseil de village composé uniquement d'hommes et ne résultant pas d'élections, ont ordonné que Meenakshi Kumari et sa sœur soient violées et exhibées nues, avec le visage noirci, à titre de châtiment pour les actions de leur frère.

La famille craint toujours pour sa sécurité. Un autre de leurs frères, Sumit Kumar, a dit : « Dans le panchayat, la décision des Jats est définitive. Ils ne nous écoutent pas. La police ne nous écoute pas. La police a dit que n'importe qui pouvait être assassiné maintenant ».
Le 5 août, Meenakshi Kumari a déposé une requête devant la Cour suprême pour demander que les membres de sa famille soient protégés et puissent rentrer chez eux. La famille se dit également inquiète pour la sécurité de la femme jat qui s'est enfuie avec le frère des jeunes filles et qui serait enceinte de lui. Le père de Meenakshi Kumari a déposé une plainte devant la Commission nationale des droits humains et la Commission nationale pour les castes et tribus répertoriées, affirmant qu'ils ont été harcelés par la police et la famille de la caste dominante.
Le 18 août, la Cour suprême a ordonné aux autorités d'Uttar Pradesh de répondre à la requête avant le 15 septembre. « Depuis la requête devant la Cour suprême, les villageois sont encore plus agressifs », a déclaré Sumit Kumar.

Complément d'information

Les conseils de village ne résultant pas d'élections, les khap panchayats, sont très répandus dans certaines régions de l'Inde et sont généralement composés d'hommes relativement âgés appartenant aux castes dominantes. Ceux-ci établissent des règles régissant le comportement et les interactions sociales dans les villages. Ils sont connus pour infliger aux femmes des châtiments sexuels violents. En 2011, dans l'affaire Arumugam Servai contre l'État du Tamil Nadu, la Cour suprême de l'Inde a décrit ces panchayats comme des « tribunaux de pacotille » et a déclaré que leurs décrets étaient illégaux. Cependant, dans certains États ces organisations fonctionnent toujours et leurs ordres continuent d'être exécutés. En avril 2014, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences a exprimé son inquiétude quant à l'influence persistante des khap panchayats.

Un autre cas de viol avait déjà eu lieu dans le même état : http://www.amnesty.be/doc/s-informer/actualites-2/article/inde-les-autorites-doivent

Mozambique. Le procès d'un universitaire et d'un journaliste pour un billet publié sur Facebook est une parodie de justice

lun, 31/08/2015 - 01:05

Le procès, qui s'ouvre aujourd'hui, de l'économiste Carlos Nuno Castel-Branco et du rédacteur en chef Fernando Mbanze déférés devant un tribunal en raison d'un billet publié sur Facebook critiquant l'ancien président du Mozambique constitue une parodie de justice et une violation de la liberté d'expression, a déclaré Amnesty International.

Carlos Nuno Castel-Branco est accusé de crime contre la sûreté de l'État pour avoir publié un billet sur Facebook en novembre 2013. S'il est déclaré coupable il risque d'être condamné à une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Fernando Mbanze est accusé d'avoir bafoué la liberté de la presse pour avoir reproduit ce billet dans son journal.

« Ces accusations violent leur droit à la liberté d'expression et il s'agit manifestement d'une manœuvre du gouvernement pour faire taire les voix dissidentes », a déclaré Muleya Mwananyanda, directrice adjointe du programme Afrique australe d'Amnesty International.

« Carlos Nuno Castel-Branco n'a fait qu'exprimer son opinion au sujet de l'état du pays. Fernando Mbanze n'a fait que son travail en publiant ce billet dans son journal. Les autorités mozambicaines doivent cesser de prendre pour cible des personnes qui n'ont fait qu'exprimer leurs opinions. »

Carlos Nuno Castel-Branco est accusé de diffamation envers l'ancien président mozambicain Armando Guebuza pour avoir publié sur Facebook un billet dans lequel il remettait en cause la façon dont ce dernier avait dirigé le pays. Il est accusé de crime contre la sûreté de l'État aux termes de l'article 22 de la Loi sur la sûreté de l'État et est passible d'une peine de deux ans d'emprisonnement et d'une amende.

Fernando Mbanze est le rédacteur en chef du journal MediaFax. Il est accusé d'avoir bafoué la liberté de la presse en vertu de l'article 42 de la Loi sur la presse et de la Loi sur la sûreté de l'État, pour avoir publié sous forme de lettre ouverte dans MediaFax le billet posté sur Facebook de Carlos Nuno Castel-Branco.

« Les charges retenues contre ces deux hommes violent les droits humains et les obligations du Mozambique au titre du droit international. Le fait de critiquer un ancien président n'a rien à voir avec la sûreté nationale, c'est un exercice légitime de la liberté d'expression. Les autorités mozambicaines doivent abandonner immédiatement et sans condition les charges retenues contre les deux hommes », a déclaré Muleya Mwananyanda.

Égypte. Le verdict de culpabilité prononcé contre des journalistes d'Al Jazira est un affront à la justice

sam, 29/08/2015 - 14:12

Les verdicts de culpabilité rendus contre les journalistes d'Al Jazira Mohamed Fahmy et Baher Mohamed sont un affront à la justice et ils sonnent le glas de la liberté d'expression en Égypte, a déclaré Amnesty International.


Le tribunal pénal du Caire, jugeant qu'ils avaient diffusé de « fausses nouvelles » et travaillé sans accréditation, a condamné Mohamed Fahmy à trois ans d'emprisonnement et Baher Mohamed à trois ans et demi d'emprisonnement. Leur coaccusé, le journaliste d'Al Jazira Peter Greste, a été condamné par contumace à trois ans d'emprisonnement.

« Ce verdict est grotesque et il porte un coup terrible à la liberté d'expression en Égypte. Les charges retenues contre Mohamed Fahmy, Peter Greste et Baher Mohamed ont toujours été sans fondement et motivées par des considérations politiques. Ils n'auraient en premier lieu jamais dû être arrêtés et jugés », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

« Le fait que deux de ces journalistes doivent purger une peine d'emprisonnement à l'issue de deux procès manifestement iniques ridiculise la justice en Égypte. Le verdict rendu aujourd'hui doit être immédiatement annulé ; Mohamed Fahmy et Baher Mohamed devraient recouvrer la liberté sans aucune condition. Nous considérons qu'ils sont des prisonniers d'opinion car ils sont détenus uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. »

Amnesty International exhorte également les autorités égyptiennes à faciliter la requête de Mohamed Fahmy d'expulsion de l'Égypte vers le Canada.

Mohamed Fahmy et Baher Mohamed étaient en liberté sous caution depuis l'annulation de leur précédente condamnation par la plus haute instance d'appel égyptienne le 1er janvier 2015. Ils avaient précédemment été condamnés à des peines de 7 et 10 ans d'emprisonnement respectivement. Les deux hommes peuvent à présent déposer un nouveau recours devant la Cour de cassation.

Un groupe d'Égyptiens jugés en leur présence pour des charges similaires ont également été condamnés à trois ans d'emprisonnement. Parmi eux figuraient des étudiants qui ont dit avoir été battus par les forces de sécurité après leur arrestation l'an dernier. L'un de ces étudiants a déclaré devant le tribunal lors d'une audience récente que les forces de sécurité l'avaient torturé après l'avoir de nouveau arrêté début juin.

Les autorités devraient veiller à ce qu'une enquête indépendante et impartiale soit menée dans les plus brefs délais sur les allégations de torture et d'autres mauvais traitements formulés par les accusés.

« Le jugement rendu aujourd'hui ne représente malheureusement que la partie émergée de l'iceberg. Les autorités égyptiennes répriment sans relâche à travers le pays, afin d'étouffer la dissidence, les médias qui sont indépendants et qui formulent des critiques, y compris les journalistes étrangers. De très nombreux journalistes ont été arrêtés au cours des deux dernières années, et plus de 20 sont actuellement détenus », a déclaré Philip Luther.

Amnesty International demande instamment la libération de trois journalistes travaillant pour VICE News en Turquie

sam, 29/08/2015 - 10:45

« Les trois journalistes travaillant pour VICE News qui ont été arrêtés en Turquie doivent être immédiatement remis en liberté à moins que les autorités ne soient en mesure de produire des éléments de preuve crédibles d'agissements délictueux », a déclaré Amnesty International.

Jake Hanrahan et Philip Pendlebury, deux journalistes basés au Royaume-Uni, ainsi qu'un troisième journaliste ont été arrêtés par des agents de la police antiterroriste jeudi soir dans la ville de Diyarbakır, dont la population est majoritairement kurde, dans le sud-est de la Turquie.

VICE News a indiqué à Amnesty International que les journalistes ont été arrêtés alors qu'ils filmaient des affrontements dans la ville entre la police et des jeunes soutenant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Andrew Gardner, chercheur sur la Turquie à Amnesty International, a déclaré :

« C'est encore un nouvel exemple du fait que les autorités turques veulent empêcher la diffusion d'informations qui les mettent dans l'embarras. Ces journalistes doivent être immédiatement libérés. »

« Il est parfaitement légitime que des journalistes couvrent cet important sujet. La décision de placer en détention ces journalistes était inappropriée et les allégations selon lesquelles ils ont soutenu l'État islamique sont sans fondement, intolérables et étranges. »

Des sources policières à Diyabakır ont confirmé à Amnesty International que les journalistes ont été arrêtés parce qu'ils étaient soupçonnés d'avoir aidé le groupe armé qui se fait appeler État islamique (généralement appelé Daech en Turquie). Amnesty International a parlé avec l'avocat des journalistes qui a dit que leurs chambres d'hôtel avaient été fouillées et que leur équipement vidéo et des séquences avaient été saisis par la police.

La Turquie recourt de manière abusive à sa législation antiterroriste pour étouffer les voix dissidentes, prenant souvent pour cible des journalistes. Frederike Geerdink, journaliste spécialisée dans l'international basée à Diyarbakir, a fait l'objet de poursuites sans fondement au début de l'année. Elle a été accusée d'avoir « fait de la propagande pour une organisation terroriste ». Elle a été acquittée par un tribunal local en avril, mais une procédure d'appel est toujours en cours.

En Turquie, les journalistes qui font des reportages filmés ou écrits dans cette région se heurtent à des obstacles de plus en plus importants, alors que les violences entre le PKK et les forces de sécurité s'intensifient depuis le 20 juillet 2015, ce qui a de fait mis fin à un cessez-le-feu de trois ans et à un fragile processus de paix.

Liban. Les forces de sécurité ayant fait usage d'une force excessive contre des manifestants doivent rendre des comptes

sam, 29/08/2015 - 09:59

Les autorités libanaises doivent enquêter sur les allégations selon lesquelles les forces de sécurité ont recouru à une force excessive pour disperser des habitants qui manifestaient à Beyrouth contre l'insuffisance des services publics, la crise de la gestion des déchets et la corruption, a déclaré Amnesty International alors que de nouvelles manifestations sont prévues samedi 29 août.

Selon la Croix-Rouge, au moins 343 personnes ont été soignées pour des blessures et 59 autres hospitalisées après les manifestations des 22 et 23 août, organisées par le mouvement local de la société civile You stink (« Vous puez »).

« Face à des manifestants majoritairement pacifiques rassemblés au centre de Beyrouth, les forces de l'ordre ont réagi en tirant en l'air des balles réelles, en tirant des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes, en utilisant des canons à eau, et parfois en jetant des pierres et en frappant les manifestants à coups de matraque et de fusil », a déclaré Lama Fakih, conseillère sur les situations de crise à Amnesty International.

« Chaque citoyen au Liban a le droit de manifester pacifiquement. Les responsables libanais doivent garantir ce droit et faire savoir clairement aux forces de sécurité que de telles attaques contre des manifestants pacifiques ne seront pas tolérées. Ils doivent veiller à ce que des enquêtes indépendantes soient menées dans les meilleurs délais et à ce que les policiers et les soldats soupçonnés d'avoir recouru à une force abusive ou excessive soient déférés à la justice. Il importe que les forces de sécurité ne fassent pas un usage injustifié ni excessif de la force contre des manifestants pacifiques lors du rassemblement prévu aujourd'hui. »

Les membres des forces de sécurité doivent respecter les normes internationales relatives au recours à la force et utiliser tous les moyens non violents avant d'user de la force. Si le recours à la force devient inévitable, ils doivent faire preuve de retenue, afin d'agir de manière proportionnée, en ne causant qu'un minimum de dommages.

Nohad Machnouk, ministre libanais de l'Intérieur, a demandé que des enquêtes soient menées sur les actes des Forces de sécurité intérieure (FSI) – forces de police locales – et de l'armée libanaise lors des manifestations qui ont eu lieu dans le centre de Beyrouth. Il a demandé que l'utilisation de balles réelles soit interdite immédiatement et a promis que ceux qui avaient tiré ou ordonné de tirer sur les manifestants auraient à rendre des comptes.

Le ministère de la Justice a ouvert une enquête, sous la supervision du juge Sakr Sakr. Le 28 août, le ministre de l'Intérieur a annoncé qu'il recevrait les conclusions de ces deux enquêtes en début de semaine prochaine.

Amnesty International demande que ces enquêtes soient indépendantes, efficaces et transparentes, et permettent d'amener les responsables présumés de ces attaques illégales à rendre compte de leurs actes.

La première manifestation organisée par le mouvement You Stink s'est déroulée le 21 juillet. Depuis, le mouvement recueille des photos et des vidéos dénonçant la mauvaise gestion de la crise des déchets par le gouvernement : des ordures ont notamment été déversées dans la mer, les rivières et les champs, après la fermeture de l'une des principales décharges du pays. You stink mène aussi des actions publiques, comme le déversement de tas d'ordures devant la résidence du ministre de l'Environnement, Mohammed Machnouk.

Assad Thebian, organisateur de You Stink, a déclaré à Amnesty International que le 19 août, des agents des forces de sécurité avaient utilisé des canons à eau pour disperser un petit groupe de manifestants pacifiques au centre de Beyrouth, près du Grand Sérail, siège du gouvernement. Lorsqu'il a tenté de s'approcher du Grand Sérail, périmètre bouclé, il a été frappé par les forces de l'ordre.

« Je courais vers le Grand Sérail. Je n'ai pas fait usage de la violence, mais ils se sont montrés très violents lorsqu'ils m'ont attrapé. Ils m'ont frappé au visage à coups de crosse. Ils étaient plus de 10 autour de moi. L'un me donnait des coups de pied, un autre me tenait les mains derrière le dos, en me faisant très mal. Je saignais de l'oreille et du front... Ils [m'ont retenu pendant une demi-heure], avant de me laisser partir... Ils m'ont donné de l'eau pour me laver le visage, mais je n'ai reçu aucun soin », a-t-il raconté.

Le 22 août, lors d'une deuxième manifestation organisée place Riad Solh, dans le centre de Beyrouth, les manifestants ont tenté de se rendre place Nijmeh, où se trouve le Parlement, et de s'approcher une nouvelle fois du Grand Sérail. Les forces de sécurité avaient bouclé le secteur.

D'après le témoignage d'Assad Thebian et George Ghali, membres de l'ONG libanaise de défense des droits humains Alef, ce jour-là, la manifestation était calme jusqu'à l'intervention des FSI, qui ont utilisé des canons à eau et des grenades lacrymogènes pour la disperser. Lorsque les manifestants ont tenté de rejoindre la place Nijmeh, l'armée libanaise a commencé à tirer des balles réelles en l'air ; presque en même temps, les FSI ont tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants place Riad Solh. Des gaz lacrymogènes et des canons à eau sont venus compléter le tableau.

George Ghali et Assad Thebian ont déclaré qu'un petit nombre de manifestants avaient jeté des bouteilles en plastique et des pierres sur les véhicules des FSI, et parfois sur les policiers eux-mêmes.

Selon Assad Thebian, lorsque des manifestants ont lancé des pierres sur les membres des forces de sécurité, ceux-ci les ont relancées sur les manifestants. Assad Thebian a été touché à la tête par l'une de ces pierres, et sa blessure a nécessité trois points de suture.

Des dizaines de manifestants ont été blessés par des balles en caoutchouc, des matraques et les gaz lacrymogènes. Au moins 10 d'entre eux ont été touchés directement par une balle en caoutchouc.

« Ils ont utilisé les gaz lacrymogènes de manière très dangereuse, a déclaré Assad Thebian, qui a vu les forces de sécurité lancer des grenades sur la foule qui s'enfuyait. Une personne touchée par une balle en caoutchouc est toujours hospitalisée. »

Le 23 août, les forces de sécurité ont de nouveau tiré à balles réelles en l'air et utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc contre les manifestants rassemblés à l'initiative de You stink. La manifestation a alors été infiltrée par un petit groupe armé de feux d'artifice, de pierres, de bâtons et même de cocktails Molotov.

Les organisateurs de You Stink ont été pris à parti par ce groupe, qui refusait de cesser d'utiliser la violence. Ils ont alors décidé de mettre fin à la manifestation vers 21h30, en raison de l'escalade de violence. Cependant, certains manifestants sont restés et ont saccagé des biens appartenant à la police et à la ville, jusqu'à ce que l'armée intervienne pour les disperser, juste après minuit.

Les FSI ont annoncé 99 blessés parmi leurs rangs, dont 30 graves.

« Même lorsqu'elles font face à la violence, les forces de sécurité ne doivent jamais tirer imprudemment des balles en caoutchouc ni d'autres projectiles sur des foules de manifestants. Elles doivent répondre de manière proportionnée et s'abstenir de faire usage d'armes à feu contre des personnes, sauf en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave », a déclaré Lama Fakih.

« Le fait que certains manifestants ont fait usage de la violence ne décharge pas les forces de sécurité de la responsabilité d'avoir pris pour cible globale un rassemblement largement pacifique. »

Complément d'information

Les manifestations dénonçant la mauvaise gestion de la crise du ramassage des ordures ont débuté après le 17 juillet, lorsque le gouvernement a fermé l'une des principales décharges du pays, située dans la ville d'al Naameh, au sud de Beyrouth. Ouverte en 1998, cette décharge devait initialement fermer en 2004, mais elle a continué à fonctionner en raison de l'absence de solution de remplacement. Malgré sa date de fermeture prévue de longue date, les responsables du gouvernement n'ont pas élaboré de plan de gestion des ordures pour la remplacer.

Depuis juillet, des manifestations ont eu lieu à travers tout le pays, notamment à Beyrouth et Tripoli, Amchit et Batroun, dans le nord du Liban, dans la région du Chouf, dans la région d'Akkar, dans le sud du pays, et dans la vallée de Bekaa.

Parmi ses revendications, le mouvement You Stink réclame l'obligation de rendre des comptes pour les membres des forces de sécurité responsables de violences contre les manifestants, la démission du ministre de l'Environnement, la mise en place d'un plan de gestion des déchets écologiquement durable et la tenue d'élections parlementaires. Les élections parlementaires prévues en juin 2013 avaient été reportées à juin 2017.

Un concours de photographies pour les jeunes

ven, 28/08/2015 - 16:49

Amnesty a lancé un grand concours de photographies pour les jeunes de 10 à 23 ans et vous propose de devenir reporters des droits humains. Tenez-vous prêts à dégainer vos appareils et vos Smartphones : vous aurez peut-être la chance d'être mis à l'honneur dans la presse belge et d'être exposés aux côtés de grands noms de la photographie !

PARTICIPEZ au concours !

Chaque jour, des violations des droits humains sont commises à travers le monde…le combat d'Amnesty International continue et a besoin de vous ! Pour la rentrée prochaine, nous vous proposons un projet inédit : mettre votre regard et votre créativité au service des droits humains !

Destiné aux écoles de Wallonie et de Bruxelles, le concours de photographies “Droits dans les yeux” vous propose de vous mobiliser en faveur des droits humains . Ce projet constitue une occasion unique de vous exprimer sur diverses thématiques :violations, victimes et défenseurs des droits humains.

Scène de vie ou mise en scène, portrait, situation vécue ou observée qui vous interpelle, votre photo peut soit exposer, voire célébrer les droits humains, soit montrer où et de quelle manière ils sont bafoués. Chacun à votre niveau, vous êtes tous témoins !

Pour participer, pas besoin d'être un pro de la photo ! Ce qui compte, ce n'est pas la qualité de l'appareil photographique utilisé, c'est votre message en faveur des droits humains.

Comment participer ?

Parlez-en à vos professeurs et à vos amis, et participez sur la Page Facebook Amnesty (individuellement ou en groupe). Les photos sélectionnées seront présentées devant un jury constitué de professionnels, et les photos gagnantes seront publiées dans notre journal partenaire “L'Avenir”. Elles seront également exposées à partir de février 2016 dans le cadre de l'exposition itinérante “Droits dans les yeux” aux côtés de grands noms de la photographie belge. Afin de préparer cette participation, vous trouverez un dossier pédagogique consacré aux droits humains et à celles et ceux qui les défendent ici.

Le règlement du concours
Téléchargez le règlement dans son intégralité ou consultez-le au format Flash sur ISSUU au bas de cet article.

Échéances

Inscription et enregistrement/envoi de votre photo : du 1er septembre au 30 novembre 2015.
Vote du public et présélection des photographies : du 1er décembre 2015 au 15 janvier 2016.
Annonce des résultats : février 2016.

Objet du concours : Que photographier ?

Les 3 thématiques du concours de photographies “Droits dans les yeux” sont les suivantes :
Les violations des droits humains.
Les victimes des violations des droits humains.
Les défenseurs des droits humains.

Pour autant que votre photo illustre l'une de ces thématiques, vous êtes libres de choisir votre sujet en fonction de vos intérêts !

Injustices, discriminations, torture, esclavage, liberté de pensée et d'expression, peine de mort, pauvreté, droits des femmes, enfants-soldats, droits des migrants et des réfugiés, travail des enfants, droit à l'éducation, à la justice, à la propriété, au travail … ou encore Qui sont les victimes dont les droits humains sont bafoués et de quelle manière le travail des défenseurs peut-il les aider ? Qui sont les défenseurs des droits humains ? Quels sont leurs motivations et les dangers qu'ils encourent ? En quoi consiste leur travail ? Etc.
Usez et abusez de notre dossier pédagogique !

Dossier Regards sur les droits humains (cliquez pour déplier)

Participants
Le concours est réservé aux jeunes de Wallonie et de Bruxelles âgés de 10 à 23 ans. La participation des jeunes de moins de 13 ans ne pourra se faire qu'en groupe-classe sous la supervision d'un enseignant responsable. Pour les participants de plus de 13 ans, la participation peut se faire seul ou en groupe, avec votre classe ou mouvement de jeunesse. Chaque participant (individu ou groupe) ne peut soumettre qu'une seule œuvre photographique. La participation au concours est gratuite.

Catégories

Pour chaque niveau d'enseignement, des prix seront attribués dans les catégories suivantes :

Enseignement primaire (10-13 ans) - Production collective uniquement : Prix du Jury
Enseignement secondaire (13-18 ans) – Production individuelle ou collective : Prix du Public Prix du Jury
Enseignement supérieur - Hautes Écoles et Universités (18-23 ans) – Production individuelle ou collective : Prix du Public Prix du Jury

Modalités de participation

Pour les participants de moins de 13 ans : l'inscription sera réalisée par l'enseignant responsable du groupe via l'introduction d'un formulaire et la photographie sera envoyée par e-mail.

Pour les participants de 13 à 23 ans : l'inscription et l'enregistrement de la photographie s'effectueront en ligne via la page Facebook du concours.

Notre prestigieux jury

Celui-ci sera notamment composé de :

Georges Vercheval, fondateur du Musée de la Photographie de la Communauté française de Charleroi – Président du jury.
Des journalistes de la RTBF.
Le Directeur du journal “L'Avenir“.
Des photographes professionnels belges de renom, à l'instar de Gaël Turine.
Deux membres d'Amnesty International Belgique francophone.

Les résultats du concours seront annoncés fin janvier 2016 et proclamés lors du vernissage de l'exposition en février 2016. Les candidats retenus seront avertis par e-mail et par un courrier postal.

Les prix

Prix du Public : présentation des photographies lauréates à la “Une” du site Internet et de la page Facebook d'Amnesty International.

Prix du Jury : intégration des photographies lauréates à l'exposition de photographies itinérante “Droits dans les yeux” qui voyagera à Bruxelles et à travers toute la Wallonie à partir de février 2016 & couverture par la presse belge (présentation des photos et interviews des lauréats).

Tous les lauréats remporteront également des livres et DVD sur les droits humains.

Responsabilités

Par votre participation, vous garantissez que :
La photographie présentée n'a fait l'objet d'aucune autre publication ou exposition.
Vous êtes l'auteur exclusif de la photographie.
S'il s'agit d'une œuvre collective, vous consentez tous à participer au concours et avez pris connaissance du règlement.
Si vous avez moins de 18 ans, vos représentants légaux ont pris connaissance du règlement et y adhèrent.
Vous acceptez que votre nom ou celui de votre établissement soit mentionné dans l'exposition de photographies “Droits dans les yeux”, ainsi que dans les communications et publications d'Amnesty International.

Amnesty International assure que les données à caractère personnel des participants seront traitées dans le strict respect de la loi relative à la protection de la vie privée.

Usage et exploitation des productions

Amnesty International se réserve le droit d'utiliser gratuitement, en l'absence de tout but lucratif et dans le contexte strict de ses missions, les photographies présentées dans le cadre du concours “Droits dans les yeux“, en vue de leur diffusion, sur tout support jugé utile, pour une durée illimitée dans le temps et l'espace. Dans ce cas, Amnesty International s'engage à faire apparaître les mentions légales (nom de l'auteur/établissement scolaire).

Contacts

Des questions sur le concours de photographies ? N'hésitez pas à nous contacter dès à présent, notre équipe est là pour vous soutenir !

France Wéry, Responsable Programme Jeunesse pour les aspects pédagogiques : fwery[at]amnesty.be - 02/543.79.08

Colin Gotovitch, Responsable Campagne “Droits dans les yeux“ pour les aspects techniques et pratiques : cgotovitch[at]amnesty.be - 02/543.79.05

Chasser les larmes des cours de récréation grâce au théâtre

ven, 28/08/2015 - 11:45

Par Camille Roch

Moqueries, insultes, rumeurs ... Les élèves de la ville de Bangalore disent stop. À travers un jeu de rôle, les jeunes d'une école d'Inde interprètent des personnages de théâtre pour dénoncer le harcèlement scolaire.

Lorsque Kala et Priya, deux jeunes élèves de 13 ans de l'École Publique de Delhi à Bangalore Nord, ont décidé de mettre en place un groupe de travail sur un réseau social, elles ne se doutaient pas de l'ampleur des conséquences que cela pouvait avoir. Rapidement, le groupe est devenu la cible de Rajan, la brute de l'école, et leur plateforme en ligne s'est transformée en cour de récréation virtuelle, où insultes et injures à répétition se multipliaient ...

Ces situations sont fréquentes à l'école, et les réseaux sociaux ont ajouté au danger que représente le harcèlement scolaire. Heureusement, Kala et Priya ainsi que leur histoire, bien que très réaliste, font partie d'un scénario imaginaire. Il s'agit de l'intrigue d'un jeu de rôle théâtral créé par un groupe d'élèves de 13 ans. Les adolescents ont écrit le script et imaginé une performance théâtrale autour du thème du harcèlement en ligne pour encourager les spectateurs à réfléchir aux situations de la vie réelle.


Des jeunes assistant à la séance sur le thème du harcèlement jouent et résolvent des énigmes pour comprendre la notion de harcèlement, Lightroom Bookstore, Bangalore, Inde, 30 mai 2015 © Amnesty International Inde

Arpita Mohapatra, professeure d'anglais à l'école de Bangalore, a encadré l'activité. « Nous utilisons le théâtre pour sensibiliser les enfants au problème du harcèlement. Qu'il s'agisse de harcèlement en ligne ou de harcèlement physique ou verbal, nous essayons de faire en sorte que les étudiants soient conscients qu'il s'agit là d'atteintes aux droits humains qui peuvent avoir de lourdes conséquences », explique-t-elle.

L'école est l'une des 80 écoles amies des droits humains en Inde. Cette approche globale, basée sur le principe d'égalité, de dignité, de respect, de non-discrimination et de participation, et visant à faire des droits humains une réalité dans les écoles, crée des espaces d'intégration où les droits humains sont intégrés à tous les aspects du quotidien de l'école. Selon les écoles d'Inde, le harcèlement est un grave problème et la gestion de tels actes dans la cour de récréation est devenue l'une des bases de l'approche globale.

L'école d'Arpita a totalement intégré la gestion du harcèlement dans les programmes et les manuels scolaires. « Comme toutes les écoles, nous avons été confrontés à ce type de violences, et en mettant en place la campagne Bully No More d'Amnesty Inde (« Stop harcèlement ») dans nos salles de classe, nous espérions résoudre ce problème », explique Arpita.

« Depuis, nous sommes devenus un espace sans harcèlement, où les enfants apprennent que le harcèlement est considéré comme une atteinte aux droits humains qui ne sera pas tolérée. »

Arpita enseigne dans cette école depuis six ans et a suivi une formation du programme d'éducation aux droits humains d'Amnesty International Inde. Elle dit qu'elle est maintenant plus consciente des conséquences et des origines du harcèlement : « Je me souviens d'un cas en particulier dans lequel j'ai engagé le dialogue avec un jeune garçon qui harcelait ses camarades. Au fur et à mesure de la conversation, j'ai découvert que ses parents étaient partis et que ses grands-parents ne lui apportaient aucun soutien. Cela m'a permis de réaliser l'importance de comprendre les raisons à la base du problème pour pouvoir le résoudre », déclare-t-elle.


« Le harcèlement laisse des marques comme une empreinte dans du ciment frais », slogan d'une affiche de l'École Publique de Delhi à Bangalore, Inde, mai 2015, © Amnesty International Inde.

Recréer des situations de la vie réelle à travers des performances théâtrales est l'une des méthodes employées par l'école d'Arpita pour que les élèves s'ouvrent et parlent du harcèlement. Arpita explique que faire participer les élèves à des activités telles que des débats ou la création d'un slogan contre le harcèlement permet de les encourager à parler plus librement. « Nous avons remarqué que les enfants responsables de ces actions ou qui en sont témoins ont de plus en plus tendance à venir vers nous et nous dire que ces actes étaient injustes. »

La campagne a eu beaucoup de succès auprès des élèves. « Je vois maintenant des élèves qui admettent leurs erreurs et me disent : « Je suis content que vous m'ayez dit qu'il s'agit d'atteintes aux droits humains » », dit-elle.


Des élèves et des parents parlent du harcèlement au Lightroom Bookstore, lors d'un évènement organisé par Amnesty International Inde, Bangalore, Inde, 30 mai 2015 © Amnesty International Inde

Comprendre le fond du problème en prenant connaissance des raisons du comportement des élèves qui commettent des actes de harcèlement fait maintenant partie de l'approche de l'école. « Nous traitons maintenant le problème tant du côté des victimes que du côté des responsables. Nous organisons également des séances d'accompagnement avec les parents des enfants impliqués dans des actes de harcèlement pour qu'ils nous aident à régler le problème à sa source », explique Arpita.


La campagne Bully No More a pour but de créer des structures et des espaces sans harcèlement, où les enfants traitent les autres avec respect et dignité, dans un esprit de non-discrimination et d'intégration © Amnesty International Inde

Des études ont montré que les violences entre camarades peuvent avoir de très lourdes conséquences, tant pour les victimes que pour les responsables de ces actes. En effet, ce type de violence peut affecter les performances des élèves, ainsi que leur capacité à créer des liens, et peut avoir des conséquences considérables sur leur développement physique, mental, moral et social. Placé dans un contexte de droits humains, le harcèlement prive les élèves de leur droit au respect et à la dignité, et bafoue les valeurs des droits humains telles que l'inclusion, la participation et la non-discrimination, déclare Inka Dama, responsable des médias pour l'éducation aux droits humains à Amnesty International Inde.


Des jeunes parlent de ce que le harcèlement leur fait ressentir pendant une séance d'éducation aux droits humains organisée avec les parents, Lightroom Bookstore, Bangalore, Inde, 30 mai 2015 © Amnesty International Inde

En mettant en œuvre cette approche globale, Amnesty International Inde a pour but d'encourager les enseignants, les élèves et les parents à créer des politiques et des structures contre le harcèlement. « Si les écoles traitent le harcèlement uniquement de manière traditionnelle, à travers la sanction et la surveillance des responsables, le problème ne peut être réglé, surtout étant donné qu'il existe plusieurs endroits dans lesquels ces méthodes ne peuvent être appliquées », explique Inka Dama.

« Si, au contraire, les enfants sont sensibilisés aux relations humaines, à l'environnement scolaire et aux espaces sans harcèlement, ils commenceront à comprendre que le harcèlement va à l'encontre des droits des autres. L'école est le lieu où les enfants passent leurs journées, apprennent et vivent de nombreuses expériences. Ces éléments font partie de leur personnalité, et à terme, façonnent la personne qu'ils deviendront. »


L'affiche de la campagne Bully No More, © Amnesty International Inde.

Amnesty International Inde a pour but d'impliquer les parents dans la campagne de sensibilisation Bully No More. Ils viennent de lancer Shout Out, un espace participatif en ligne ayant pour but de briser le silence sur le harcèlement en téléchargeant une photo et un message qui seront ensuite partagés sur les réseaux sociaux. Cette initiative permet également de mettre en contact les personnes qui s'intéressent à la lutte contre le harcèlement.

Crise des réfugiés : il est temps que l'Europe mette un terme à cette situation honteuse

ven, 28/08/2015 - 11:02

Des personnes souffrent et meurent à nos frontières, arrêtons ça !

Par Gauri Van Gulik, directrice adjointe du programme Europe d'Amnesty International, @GaurivanGulik

Une minute de silence. Partout dans le monde, c'est la réponse traditionnelle aux catastrophes qui brisent des vies humaines.

C'est aussi une réponse courante aux tragédies qui ont coûté la vie à des milliers de réfugiés et de migrants en Europe et au large de ses côtes. Ils ont survécu aux bombes en Syrie, mais ils trouvent la mort lors d'un effroyable voyage à la recherche de la sécurité et d'une vie meilleure en Europe.

Toutefois, face à l'ampleur et à la multiplication de ces tragédies, il est temps de briser le silence.

En l'espace de quelques jours, comme de nombreuses autres personnes à travers le monde, j'ai été choquée par l'horreur de trois nouvelles tragédies venues s'ajouter à une liste de plus en plus longue de drames ayant déjà causé la mort prématurée d'un nombre record de réfugiés et de migrants cette année. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés, 2 500 personnes ont perdu la vie en tentant de gagner l'Europe depuis le 1er janvier 2015.

Mercredi 26 août 2015, 52 cadavres ont été retrouvés dans la coque d'un navire, à environ 30 miles nautiques des côtes libyennes.

Jeudi 27 août, des policiers autrichiens ont découvert les cadavres de 71 personnes, dont des enfants, entassés dans un camion abandonné le long de l'autoroute reliant Budapest à Vienne. Selon la police, les victimes étaient probablement syriennes et seraient mortes asphyxiées.

Et dans la nuit du 27 au 28 août est tombée la nouvelle d'un nouveau naufrage tragique au large de Zuwara, en Libye. Vendredi 28 août, les circonstances de ce naufrage n'étaient pas encore bien connues et l'on continuait de rechercher et de recenser les victimes, mais il était à craindre que leur nombre atteigne les 200 morts.

Par nature, les tragédies sont généralement rares et touchent, de façon imprévisible, des personnes ordinaires qui se retrouvent prises dans des circonstances exceptionnelles. Or, les horreurs de cette semaine n'étaient ni imprévisibles, ni exceptionnelles.

Ces dizaines de morts – entassés dans des camions ou des bateaux, à la recherche de la sécurité ou d'une vie meilleure – sont une conséquence tragique de l'incapacité des dirigeants européens à proposer des voies sûres d'entrée en Europe. Ces tragédies aujourd'hui quotidiennes sont la honte collective de l'Europe.

Jeudi 27 août 2015, à Vienne, non loin de l'endroit où la police a fait sa macabre découverte, les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont participé à un sommet entre les principaux États membres et les pays de l'ouest des Balkans. Bien que ne figurant pas à l'ordre du jour à l'origine, la question du traitement des réfugiés dans la région s'est rapidement imposée comme principal sujet de discussion.

Et non sans raison – quelques jours plus tôt, Amnesty International avait rendu compte de la situation à la frontière gréco-macédonienne, où jusqu'à 4 000 réfugiés se sont retrouvés piégés à la suite de la fermeture de la frontière par la Macédoine. Des unités de la police paramilitaire ont bloqué la frontière avec du fil barbelé et ont tiré des grenades incapacitantes sur des familles, sous le choc, qui avaient fui la guerre en Syrie.

Mes collègues ont rencontré une mère de quatre enfants originaire de Damas, qui serrait fermement son plus jeune fils dans ses bras, au milieu du bruit assourdissant des grenades incapacitantes explosant à proximité : « Cela me rappelle la Syrie. Les enfants ont peur, je n'aurais jamais imaginé me retrouver confrontée à cette situation en Europe. Jamais, jamais », a-t-elle déclaré.

Un peu plus haut sur la route migratoire des Balkans, en Hongrie, la police a récemment tiré des gaz lacrymogènes dans un centre d'accueil bondé, et les autorités hongroises sont en train d'ériger une clôture de fils barbelés le long de la frontière avec la Serbie afin d'empêcher les réfugiés et les migrants de passer.

Amnesty International vient également de rentrer de Lesbos, l'une des îles grecques qui sont en première ligne dans la crise des réfugiés en Europe. Les autorités, débordées et manquant de ressources, ne parviennent pas à faire face à la très forte hausse du nombre de personnes qui débarquent sur l'île – 33 000 depuis le 1er août. En conséquence, des milliers de personnes, dont de nombreux réfugiés syriens, vivent dans des conditions d'hygiène déplorables.

Toutes ces crises sont les symptômes d'un même problème : l'Europe n'assume pas sa responsabilité dans cette crise mondiale sans précédent. Elle ne crée pas de voies sûres respectant les droits et les besoins de protection des réfugiés et leur offrant la dignité à laquelle ils ont droit.

Alors, que faire ? Assez de minutes de silence ! Il est maintenant temps de faire preuve de volonté politique.

Les dirigeants européens – du moins certains d'entre eux – semblent en prendre conscience.

Dans les appels du sommet de Vienne, il a moins été question de la Forteresse Europe et de la nécessité d'empêcher les gens d'entrer que de solidarité et de responsabilité.

La vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, n'aurait pas pu être plus claire dans ses remarques à la fin de la réunion. L'Europe, a-t-elle déclaré, a le « devoir moral et juridique » de protéger les demandeurs d'asile.

Les mots sont les bons, sans aucun doute. Mais il faut maintenant joindre les actes à la parole.

Amnesty International réclame cette approche européenne depuis des années, mais les événements récents prouvent que sa mise en œuvre n'a jamais été aussi urgente. La situation serait-elle en train d'atteindre un point critique ?

Les dirigeants européens à tous les niveaux doivent redoubler d'efforts afin d'offrir une protection à davantage de gens, de mieux partager les responsabilités et de témoigner leur solidarité aux autres pays et aux personnes qui en ont le plus besoin.

Ces efforts doivent, au grand minimum, comprendre une augmentation significative du nombre de réinstallations de réfugiés – les propositions actuelles semblant bien faibles comparées aux 1,8 millions de réfugiés syriens accueillis par la Turquie –, ainsi qu'une augmentation du nombre de visas humanitaires accordés et des possibilités de rapprochement familial.

Faire moins serait un manquement moral et une défaillance en matière de droits humains, aux proportions tragiques – à propos desquels nous ne pourrions pas rester silencieux.

Émirats arabes unis. Un étranger, détenu sans inculpation depuis un an, a été torturé

ven, 28/08/2015 - 10:31

Le cas de Salim al Aradi, ressortissant canado-libyen détenu depuis un an sans inculpation, met en lumière la répression omniprésente mise en œuvre par les autorités aux Émirats arabes unis, a déclaré Amnesty International.
Salim al Aradi est détenu depuis le 29 août 2014. Après son arrestation, il a été placé en détention dans un lieu tenu secret pendant plusieurs mois. Il aurait alors été torturé et soumis à des mauvais traitements. Selon certaines informations, son état de santé se détériore rapidement et il n'est pas autorisé à recevoir les soins médicaux dont il a besoin.

« Le traitement illégal infligé à Salim al Aradi témoigne des mesures extrêmes auxquelles les autorités émiriennes ont recours au nom de la sécurité nationale », a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

« Maintenir quelqu'un en détention sans inculpation pendant toute une année est contraire aux règles d'équité les plus élémentaires et constitue une grave violation de ses droits. Salim al Aradi doit être inculpé sans délai d'une infraction reconnue par le droit international, ou libéré. »

Salim al Aradi a été interpellé à l'aube du 29 août 2014 à Doubaï. La police n'a fourni aucun motif pour son arrestation, mais on croit savoir que les autorités le soupçonnent d'entretenir des liens avec la confrérie des Frères musulmans. Sa famille a déclaré à Amnesty International qu'il n'a pas d'activité politique et n'est pas membre des Frères musulmans. Il vivait aux Émirats arabes unis depuis plusieurs années.

Quelques heures avant son arrestation, son frère Mohamed al Aradi avait été convoqué par la police pour être interrogé. Mohamed al Aradi a été placé en détention secrète avant d'être libéré près de quatre mois plus tard et expulsé vers la Turquie, sans aucune explication quant au motif de sa détention. Les deux frères comptaient parmi 10 Libyens au moins qui ont été arrêtés en l'espace d'un mois aux Émirats arabes unis.

D'après son témoignage, Mohamed al Aradi a été soumis à des actes de torture et à d'autres mauvais traitements en détention – frappé et privé de sommeil notamment. Cet homme n'a pas été autorisé à contacter sa famille ni un avocat. Il a raconté à Amnesty International ses conditions de détention :

« La torture était systématique. Il y avait beaucoup de pièces différentes et dans chaque pièce un interrogateur différent. Ils travaillaient en équipe : je passais deux heures avec un agent chargé de m'interroger, avant d'être conduit dans la pièce suivante où m'attendait un autre agent. »

« J'ai été roué de coups sur tout le corps. Chaque jour, ils concentraient leurs coups sur une partie différente... Ils m'ont fait asseoir sur une chaise électrique et voulaient m'administrer des décharges. La seule chose qui les a retenus, c'est une broche métallique placée à l'intérieur de mon genou : les décharges électriques m'auraient tué. En remplacement, ils m'ont soumis au « waterboarding » (simulacre de noyade). »

« La première question qu'ils m'ont posée fut : « Es-tu membre des Frères musulmans ? » Après plusieurs jours d'interrogatoire, de coups et de privation de sommeil, j'en suis venu à me demander si je n'étais pas fou. »

Un jour, pendant un interrogatoire, il a entendu son frère Salim al Aradi hurler dans une autre pièce. « Les agents qui m'interrogeaient m'ont demandé : « Tu entends ça ? C'est ton frère qui hurle », a-t-il raconté à Amnesty International.

« Lorsque j'ai réclamé mes droits, ils m'ont répondu que là où je me trouvais, les droits n'existent pas. »

Salim al Aradi souffre d'un problème à la colonne vertébrale, qui lui cause des douleurs chroniques dans le dos et s'est aggravé depuis sa détention. Il n'a pas été autorisé à recevoir des soins médicaux adaptés.

Son épouse n'a pu lui rendre visite qu'une seule fois depuis qu'il a été transféré à la prison d'al Wathba, à Abou Dhabi. Elle a déclaré qu'il avait beaucoup maigri et qu'il avait une marque de brûlure à la main, ce qui laisse à penser qu'il a pu être torturé ou soumis à d'autres mauvais traitements.

Salim al Aradi compte parmi des dizaines d'étrangers qui sont victimes de disparitions forcées pendant des mois et sont détenus sans inculpation aux Émirats arabes unis.

« Les autorités émiriennes ont arrêté des dizaines de personnes sur un coup de tête, même lorsqu'aucun élément ne laissait soupçonner des actes délictueux. Elles ont déchiré le règlement et piétinent allègrement les droits fondamentaux de ces personnes », a déclaré Said Boumedouha.

« Elles se contentent de nier toute faute de leur part. Elles ignorent les demandes des experts en droits humains de l'ONU concernant la tenue d'enquêtes indépendantes sur les allégations de torture et continuent d'afficher un mépris flagrant pour le respect de la légalité et l'état de droit lorsque des partisans de la réforme et des étrangers sont impliqués. »

La communauté internationale ferme les yeux sur le bilan déplorable des Émirats arabes unis en termes de droits humains, qui ne retient guère l'attention des médias internationaux.

Complément d'information

Salim al Aradi fait partie d'un groupe de 10 hommes d'affaires libyens placés en détention secrète pendant plusieurs mois. Quatre d'entre eux ont été libérés en décembre 2014 et expulsés vers la Turquie. Les autres sont maintenus en détention arbitraire, sans inculpation. C'est le cas de Kamal al Darat : ce ressortissant américano-libyen, qui est le plus âgé des six détenus, souffre de graves problèmes de santé.

Burkina Faso. Une occasion historique d'abolir la peine de mort

jeu, 27/08/2015 - 15:58

Le Burkina Faso doit saisir l'occasion d'abolir la peine de mort, a déclaré Amnesty International, à la veille de séances parlementaires qui devraient se conclure par un vote historique.

Vendredi 28 août, le Parlement national de transition entamera des débats sur l'abolition de la peine capitale avec des organisations et parties intéressées, avant de soumettre au vote un projet de loi le 6 septembre. Le gouvernement a déjà approuvé le texte du projet, qui a été renvoyé au Parlement.

« Le Burkina Faso a là une occasion historique de reconnaître l'inviolabilité du droit à la vie », a déclaré Alioune Tine, directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International.

« Le monde va observer les parlementaires de ce pays pour savoir si ce dernier suivra la tendance mondiale abolitionniste en supprimant ce châtiment cruel une fois pour toutes. »

La dernière exécution signalée au Burkina Faso remonte à 1988. Si la loi est adoptée, le Burkina Faso rejoindra les 17 pays d'Afrique subsaharienne ayant aboli la peine de mort.

On peut se féliciter des progrès de cette région. Au cours des 20 dernières années, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo en Afrique de l'Ouest, ainsi que le Burundi, le Gabon, Maurice et le Rwanda ont aboli la peine de mort pour tous les crimes. Plus tôt dans l'année, Madagascar était le dernier pays africain en date à abolir la peine de mort pour tous les crimes.

Amnesty International s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l'infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l'exécution.

La peine capitale viole le droit à la vie proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. Il n'existe aucune preuve convaincante que la peine capitale soit plus dissuasive ou efficace que les autres peines. De nombreuses études réalisées par les Nations unies, dans différents pays et différentes régions, ont confirmé ce constat.

Complément d'information

Les débats parlementaires vont commencer vendredi 28 août avec l'audition des organisations de défense des droits humains qui ont fait campagne contre la peine de mort au Burkina Faso. Cette étape sera suivie le 4 septembre par une audition de rapport. La séance plénière pour le vote du Parlement aura lieu le 6 septembre.

Le premier article du projet de loi confirme que le pays est abolitionniste en pratique, le second introduit une référence à la réclusion à perpétuité pour tous les textes applicables avant l'entrée en vigueur de la loi. Le troisième article prévoit que les condamnations à mort déjà prononcées soient commuées en emprisonnement à vie. Le quatrième article indique que la loi sera appliquée au niveau de l'État.

La législation du Burkina Faso prévoit actuellement l'utilisation de la peine de mort dans le Code pénal, le Code de justice militaire et l'article 4 de la Loi relative à la sécurité des chemins de fer.

La situation des réfugiés bloqués à la frontière de la Macédoine leur rappelle cruellement la Syrie

jeu, 27/08/2015 - 14:10

Par Giorgos Kosmopoulos, directeur d'Amnesty International Grèce

Lorsque j'arrive au village d'Idomeni, près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, ex-République yougoslave, je suis sidéré par ce que je vois.

Jusqu'à 4 000 réfugiés, dont beaucoup viennent de Syrie, notamment de nombreuses familles avec enfants, sont pris au piège depuis que le gouvernement de la Macédoine a déclaré « zone de crise » la frontière sud, juste à la sortie de la ville de Guevgueliya, a fermé le poste frontière et mobilisé des renforts militaires. Les réfugiés tentent tous de passer en Macédoine en vue de gagner les pays d'Europe du Nord.

Des personnes souffrent et meurent à nos frontières, arrêtons ça !

Je n'avais jamais rien vu de tel. À environ un kilomètre de la frontière, la minuscule gare d'Idomeni est bondée de réfugiés qui dorment là depuis plusieurs nuits déjà. Beaucoup d'autres dorment à même le sol dans les environs, en plein air, sous la chaleur et la pluie. Des familles, avec des nourrissons de quelques mois seulement, s'entassent dans de petites tentes qui parsèment le paysage recouvert par la boue. Trempés et épuisés, ils veulent savoir si la police les laissera franchir la frontière ce jour-là.

Marchant le long de la ligne de chemin de fer qui relie la gare d'Idomeni à la Macédoine, je ne peux manquer la frontière lorsqu'elle apparaît. Côté grec, une foule de réfugiés, dont des enfants, attendent derrière une clôture de barbelés érigée à la hâte. Côté macédonien, des groupes de policiers antiterroristes leur font face, en gilet pare-balles, épaulés par des véhicules militaires et antiémeutes.

À faible distance des barbelés, je rencontre Zaha*, la trentaine, originaire de Damas, en Syrie. Elle a fui avec ses quatre enfants et des membres de sa famille. Zaha observe la frontière, assise devant une tente minuscule qui s'enfonce dans la boue. Elle me raconte qu'elle est passée en Grèce avec sa famille via la Turquie, et qu'ils ont été secourus par des garde-côtes grecs lorsque leur embarcation a coulé en mer Égée. Ne pouvant pas franchir la frontière vers la Macédoine, ils sont bloqués dans des conditions sordides à Idomeni depuis quatre jours.

Tandis que Zaha me présente ses enfants et une parente âgée assise derrière elle, des explosions se font entendre le long de la frontière. Zaha attrape son fils et le serre fermement dans ses bras.

« Cela me rappelle la Syrie. Les enfants ont peur, je n'aurais jamais imaginé me retrouver confrontée à cette situation en Europe. Jamais, jamais », déclare-t-elle. Elle sursaute à chaque nouvelle explosion : ce sont les grenades assourdissantes que tire la police macédonienne pour repousser les réfugiés loin de la frontière. J'en compte plus d'une dizaine au cours de la journée.

Elle poursuit : « Avant la guerre, la vie en Syrie c'était le paradis… S'il n'y avait pas eu cette guerre, nous n'aurions pas été contraints de venir jusqu'ici… Nous avons essayé de continuer à vivre, mais les deux camps ont commencé à recruter nos enfants pour les emmener au combat et les bombes se sont mises à pleuvoir sur nos têtes. »

La femme âgée derrière elle me montre ses blessures aux pieds, meurtris durant le voyage qui l'a conduite de la Syrie jusqu'à Idomeni.

« Avec la guerre, nous avons tout perdu, nos maisons, nos enfants, tout. Tout ce qui nous reste, ce sont eux », me dit-elle en pointant du doigt Zaha et ses enfants.

À quelques mètres de là, une autre famille de réfugiés syriens se précipite vers la frontière : deux jeunes hommes, leur père et leur mère, enceinte de sept mois et visiblement épuisée. Elle a déjà été hospitalisée pendant quelques jours sur l'île grecque de Lesbos et tente maintenant de passer en Macédoine, pour aller plus loin.

Ils me racontent qu'ils ont quitté Damas il y a près de deux ans.

« J'ai perdu un parent dans la guerre et lorsque la famine s'est fait sentir, nous avons dû partir », m'explique la femme.

« Nous espérons que nos enfants pourront vivre dans la paix et aller à l'école, ajoute le père, qui travaillait comme décorateur en bâtiment à Damas. Nous avons de la famille en Allemagne et c'est là que nous voulons aller. »

Ils se hâtent maintenant vers la frontière, dans l'espoir de parvenir à franchir les barricades.

Quelques minutes plus tard, alors que je regagne la gare, me parvient le bruit des explosions de grenades assourdissantes. Je m'arrête net, pensant à la femme enceinte qui se dirigeait vers cet endroit. J'ai du mal à comprendre comment il est possible que l'on veuille envoyer une grenade assourdissante sur des personnes comme cette femme et sa famille.

Des militants avaient tiré la sonnette d'alarme il y a quelques temps, avertissant que les conditions désespérées aux abords de la frontière près d'Idomeni laissaient présager une crise de grande ampleur. Ils n'ont pas été entendus. Il y a peu, Amnesty International avait dénoncé le fait que les migrants et les réfugiés étaient régulièrement soumis à des renvois sommaires illégaux et à des mauvais traitements par la police des frontières en Macédoine.

Des employés de Médecins Sans Frontières et d'autres ONG, ainsi que des bénévoles, font de leur mieux pour venir en aide aux milliers de personnes qui s'y entassent dans des conditions sordides et insalubres. Ce qui m'a profondément touché, c'est la forte solidarité dont font preuve de nombreux habitants du secteur, qui a permis de soulager des souffrances et peut-être même de sauver des vies. Des habitants ont notamment conduit des réfugiés blessés ou malades jusqu'à l'hôpital. Cette solidarité offre un contraste saisissant avec l'absence notable d'aide apportée par l'État.

Le lendemain, le 23 août, les autorités macédoniennes ont fait volte-face et ont ouvert la frontière, laissant passer les réfugiés. La plupart ont embarqué à bord de bus et de trains pour poursuivre leur odyssée vers la frontière entre la Macédoine et la Serbie, et plus loin encore.

Je quitte Idomeni imprégné du sentiment que nous devrions tendre la main à ces gens frappés par la guerre, à ces gens dans le besoin. Le temps est à la solidarité, pas aux barbelés ni aux explosions – ils ont déjà suffisamment souffert.

*Son véritable nom n'est pas révélé pour des raisons de sécurité.

Les incendiaires

jeu, 27/08/2015 - 11:58

Il y a des hommes politiques qui soufflent sur les braises de la haine de l'autre. Qui attisent les tensions plutôt que de promouvoir le vivre ensemble. Bart De Wever est de ceux-là. En réclamant un statut spécial pour les réfugiés qui bénéficieraient de trop d'avantages, le président de la N-VA ne fait pas que proférer des contre-vérités sur antenne.

L'émission de la VRT « Ter Zake » est fort écoutée en Flandre et quand un polémiste comme Bart De Wever s'y présente, c'est l'audience assurée. Mercredi soir, le président de la N-VA a fait très fort en réclamant un « statut spécial » pour les réfugiés reconnus en Belgique. Passons sur le fait que ce statut spécial serait illégal en raison des réglementations européennes, De Wever a seulement mentionné cette idée pour faire entrer dans la tête des auditeurs une autre, essentielle celle-là : les réfugiés sont des profiteurs. De Wever dit : « Quelqu'un qui est reconnu réfugié reçoit un salaire, des allocations familiales. Il peut demander un logement social. Surtout il a une priorité sur les autres citoyens parce qu'il est sans abri ».
Un réfugié reconnu a les mêmes devoirs et les mêmes droits qu'un Belge. Ni plus ni moins et même plutôt moins pour tout ce qui concerne ses déplacements à l'étranger. Il a un salaire, à condition de trouver du travail et il ne reçoit aucun coup de pouce particulier pour en trouver. Il a droit aux allocations familiales pour ses enfants, aux mêmes conditions que les Belges. Il peut demander un logement social et avoir aussi peu de chances de l'obtenir que les autres citoyens. Pour le logement, De Wever mélange le vrai et le faux. En sortant des structures d'accueil, le réfugié et sa famille sont effectivement assimilés à des sans-abri. Depuis fin 2013, ils ont droit à une allocation de relogement qui est accordée à tous les Belges à faibles revenus qui quittent la rue ou tout simplement un logement de mauvaise qualité. L'allocation de déménagement versée une seule fois, varie entre 400 et 500 euros selon les Régions. Les allocations loyer, versées à tous les locataires en difficulté, sont versées pendant une période déterminée (entre deux et cinq ans) et tournent autour de 100 à 150 euros par mois. Une fois encore, les conditions de revenus pour bénéficier de ces aides sont les mêmes que pour les Belges. Pas plus, pas moins. On notera qu'en Flandre, les conditions d'accès à l'allocation loyer pour les bas revenus sont particulièrement sévères….
Bart De Wever a oublié de mentionner une chose importante, concernant les droits des réfugiés. Ils sont quasi équivalents à ceux des Belges. Quasi puisque, légalement, ils ne sont pas Belges. La plupart des réfugiés reconnus font la démarche pour le devenir. Or la N-VA est à l'origine d'une modification de la loi sur l'acquisition de la nationalité belge, bien plus restrictive et qui ne permet plus aux réfugiés reconnus de bénéficier de conditions particulières pour accéder à celle-ci. C'est contraire à la Convention de Genève et le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations-Unies a d'ailleurs tancé notre pays pour avoir adopté cette loi.

Schengen ? Oui mais non

Avant d'être reconnu réfugié, encore faut-il que le demandeur d'asile arrive sur le territoire belge et là, Bart De Wever reprend à sa manière le couplet sur Schengen-je-ne t-aime-plus, entamé par Charles Michel. En le modifiant un peu pour ne pas devoir lui payer de droits d'auteurs mais la tonalité est la même : Schengen d'accord, mais tout de même si on pouvait changer les règles de libre circulation pour empêcher tous ces demandeurs d'asile d'arriver « massivement » ( ???) en Belgique, en France ou en Allemagne et aux Pays-Bas, ce serait mieux. Et de plaider pour un partage équitable des migrants entre pays européens. Un partage équitable ? N'est-ce pas ce que la Commission européenne a tenté de faire en proposant des quotas qui bien entendu ont été refusés car jugés « inéquitables » par de nombreux Etats. Dont la Belgique par la voix de son Secrétaire d'Etat à l'Asile Théo Francken (N-VA) .
Mais, cette fois, on ne va pas accabler Theo Francken. Au contraire. Le Secrétaire d'Etat nous étonne positivement. Il a fait preuve d'un certain courage politique en appelant chaque commune à poser un geste fort en accueillant une famille de réfugiés et plus encore en démontant sur sa page Facebook les préjugés et les contre-vérités qui circulent, sur le réseau social, à propos des avantages indûs dont bénéficieraient les demandeurs d'asile. Il pourrait utilement répondre à son président sur ses allégations à propos des réfugiés reconnus...
On ne peut s'empêcher d'ailleurs de penser que la sortie de De Wever est aussi un message au Secrétaire d'Etat, une manière de lui rappeler que sur le terrain de l'immigration, on gagne des électeurs en soufflant sur les braises plutôt qu'en tentant d'apaiser les esprits. Quoique…


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