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Mis à jour : il y a 7 minutes 28 secondes

Mise à jour : Les femmes de Mansoura (Égypte) 27 janvier 2015

ven, 30/01/2015 - 13:46

Nouveaux destinataires de l'appel.

Dans le cadre du réexamen du cas des femmes de Mansoura le 12 avril 2015, nous encourageons nos participants à passer à la vitesse supérieure. Pour le permettre nous avons ajouté deux nouveaux destinataires de l'appel : Hesham Mohamed Zaki Barakat (Public Prosecutor) et Mahy Hassan Abdel Latif (Deputy Assistant Minister of Foreign Affairs for Human Rights).

Sierra Leone. Le pays doit libérer huit personnes détenues arbitrairement après une émeute liée à Ebola

ven, 30/01/2015 - 13:37

La Sierra Leone doit libérer immédiatement huit personnes détenues sans inculpation depuis plus de trois mois après une émeute liée à l'épidémie d'Ebola, à moins de faciliter le réexamen de leur détention par une autorité judiciaire, a déclaré Amnesty International vendredi 30 janvier.

Deux femmes et six hommes sont incarcérés dans les prisons de sécurité maximale de la capitale depuis leur arrestation en octobre 2014 dans la région de Kono (est du pays). Ils font partie des 34 personnes placées en détention sur ordre du président Ernest Bai Koroma au titre de l'état d'urgence. Vingt-six d'entre elles ont été libérées, mais huit sont restées détenues arbitrairement. Aucun mandat ni autre document n'autorise leur détention et aucune date n'est prévue pour leur libération.

Leurs arrestations sont liées à une émeute qui a eu lieu à Kono, déclenchée par un cas suspecté mais contesté d'Ebola chez une patiente de 90 ans qui était la grand-mère d'un responsable politique local. Sa famille était accusée d'avoir empêché les autorités sanitaires de l'emmener passer un test de dépistage du virus. Au moins deux personnes ont été abattues lors de ces événements. Des témoins ont indiqué que la police avait tiré à balles réelles pour disperser la foule.

« Détenir des personnes indéfiniment sans inculpation ni réexamen de leur détention est inacceptable et n'aide aucunement à régler la crise d'Ebola. Le président doit libérer immédiatement les huit détenus ou permettre le réexamen de leur situation par un tribunal indépendant, comme l'exige la Constitution de la Sierra Leone », a déclaré Sabrina Mahtani, chercheuse d'Amnesty International sur l'Afrique de l'Ouest qui s'est récemment rendue en Sierra Leone et entretenue avec les deux femmes incarcérées.

« Malgré les difficultés de l'épidémie d'Ebola, les restrictions de certains droits humains au titre de l'état d'urgence doivent respecter les normes internationales et il ne faut pas abuser de ces pouvoirs. »

Une organisation de défense des droits des femmes, AdvocAid, a écrit au président le 9 janvier pour demander la libération des deux femmes mais n'a pas encore reçu de réponse. Ces détentions arbitraires ont été dénoncées par plusieurs organisations locales de la société civile, dont le Centre pour l'obligation de rendre des comptes et l'état de droit, Amnesty International Sierra Leone et Prison Watch Sierra Leone, mais sans effet jusqu'à présent.

Amnesty International est également préoccupée par le fait qu'aucune enquête sérieuse n'ait encore été menée sur la mort de personnes au cours de l'émeute. L'organisation soulève depuis plusieurs années la question du respect de l'obligation de rendre des comptes de la police en Sierra Leone. Le gouvernement n'a pas pris les mesures nécessaires pour enquêter sur les policiers accusés de recours arbitraire ou abusif à la force par le passé, ni pour les amener à répondre de leurs actes.

Le président a décrété l'état d'urgence en juillet 2014 et promulgué la Loi de 2014 sur les pouvoirs exceptionnels. Des règlements relatifs à la prévention d'Ebola et d'autres maladies ont également été adoptés par le ministère de la Gouvernance locale. Ils prévoyaient notamment l'interdiction des rassemblements publics. Ces mesures visaient à permettre au gouvernement et à ses partenaires d'adopter une approche plus ferme pour faire face à cette épidémie.

La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, à laquelle la Sierra Leone est partie, n'autorise aucune limitation ou restriction des garanties relatives à l'équité des procès, quelles que soient les circonstances et même en cas d'urgence.

La flagellation de Raif Badawi de nouveau reportée

ven, 30/01/2015 - 13:21

Aujourd'hui, encore une fois, la flagellation de Raif Badawi a été reportée. 1 million de personnes ont déjà signé notre pétition dans le monde, vous êtes déjà plus de 24 000 en Belgique. Au regard de la situation critique de Raif et des droits de l'homme dans ce pays, il est plus qu'urgent de se mobiliser : http://bit.ly/1yr0yja

LA FEMME DE RAIF NOUS ECRIT

« Le début du mois de janvier est d'habitude une période de fête dans ma famille. C'est ce mois là que mon mari Raif célèbre son anniversaire. Cette année, au lieu de célébrations, le mois de janvier a été rempli de souffrances.

Le 9 janvier, quelques jours avant son anniversaire, mon mari a été flagellé en public et a reçu 50 coups de fouet devant une mosquée de Jeddah.

Raif purge une peine de 1 000 coups de fouet et de 10 ans de prison pour avoir ouvert un forum en ligne de débats publics sur des sujets tels que la religion et la politique et pour « insulte à l'islam ». Il doit encore recevoir 950 coups de fouet de plus.

950 coups de fouet de plus, divisés en séries de 50, infligés à mon mari innocent chaque vendredi.

Je suis extrêmement reconnaissante pour toutes les actions menées jusqu'à présent pour aider mon mari. Cependant, il est primordial de continuer à élever nos voix en son nom jusqu'à sa libération inconditionnelle.

Bien que, pour le moment, je sois soulagée de savoir que Raif n'a pas été flagellé vendredi dernier, ni la semaine précédente, je suis également terrifiée quand je pense à l'état d'agitation dans lequel il doit être, à se demander s'il sera flagellé à la fin de la semaine. Vendredi dernier déjà, un troisième examen par un autre médecin l'avait jugé apte à être flagellé, lui faisant encourir un risque.

Vos lettres, emails et appels aux autorités font la différence. (…)

La terreur que je ressens lorsque je pense à la prochaine série de coups de fouet, et à mon mari en prison, est indescriptible. Bien que mes enfants et moi-même soyons réfugiés à des milliers de kilomètres de mon mari, je garde l'espoir qu'il sache que nous pensons à lui, même d'aussi loin.

Et j'espère qu'avec nos voix élevées collectivement pour sa défense, il le saura. »

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION EN ARABIE SAOUDITE

Raif Badawi n'est pas un cas isolé en Arabie saoudite. La liberté d'expression a été réprimée de plus en plus sévèrement sous le règne du roi Abdallah. Tous les grands défenseurs des droits humains du pays ont soit été incarcérés, soit été contraints de se taire, soit fui à l'étranger.

Plusieurs centaines d'entre eux ont été jetés en prison pour des « crimes » tels que l'utilisation des réseaux sociaux afin de débattre de problèmes de droits humains, ou pour « crime de lèse-majesté ».

Pour en savoir plus sur les cas les plus récents de répression contre d'autres militants pacifiques en Arabie saoudite, lire notre document intitulé Saudi Arabia : the authorities continue to punish activists for speaking up.

L'AVOCAT DE RAIF BADAWI CONDAMNÉ POUR AVOIR DÉFENDU LA LIBERTÉ D'EXPRESSION

Le dernier exemple en date est l'avocat de Raif Badawi, l'éminent défenseur des droits humains Waleed Abu al Khair. Il est avocat spécialiste des droits humains de renom et préside l'Observatoire des droits humains en Arabie saoudite, organisation indépendante de défense des libertés fondamentales créée en 2008. Il a défendu de nombreuses personnes victimes de violations des droits humains.

Le 12 janvier, Waleed Abu al Khair a vu sa condamnation confirmée en appel. Initialement condamné à 15 ans d'emprisonnement, il ne devait en purger que 10. Cependant, le juge a ordonné lundi qu'il purge l'intégralité de sa peine car il a refusé de présenter des excuses pour les faits qu'on lui reproche. Le tribunal pénal spécial l'avait reconnu coupable de divers chefs d'accusation, notamment « déloyauté envers le souverain », « atteinte au pouvoir judiciaire » et « création d'une organisation non autorisée ».

Réunion du groupe 043 Uccle

ven, 30/01/2015 - 12:25

Le groupe 43 Uccle se réunit le 23 février 2015. N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager , avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre , débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date et lieu : 23/02/2015 à 19h30 chez Marie-Paule, 15 avenue de l'Aulne

Contact : respgr43 aibf.be

Tél : 02/345.11.22

Réunion du groupe 102 Nivelles

ven, 30/01/2015 - 12:00

Le groupe 102 Nivelles se réunit le 3 mars . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 3/03/2015 à 20 h30

Contact : respgr102 aibf.be
Tél : 02/672.24.33

Réunion du groupe 012 Marcinelle

ven, 30/01/2015 - 11:31

Le groupe 12 Marcinelle se réunit le 16 février . N'hésitez pas à les rejoindre et à vous engager, avec eux , pour les droits humains.

Sujet : Rencontre, débat et échange sur la question des droits humains à travers le monde et partage des actions pour les faire connaître.

Date : 16/02/2015 à 19 h

Lieu : Maison des Associations !

Contact : kievite live.fr
Tél : 071/43.34.60

Action urgente : Pakistan. Il faut empêcher les exécutions imminentes de Shoaib Sarwar, Attaullah (alias Qasim) et Mohammad Azam (alias Sharif).

ven, 30/01/2015 - 11:05

AU 19/15, ASA 33/001/2015, 28 janvier 2015

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 .

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Trois hommes doivent être exécutés le 3 février au Pakistan. L'un d'eux, Shoaib Sarwar, serait alors le premier prisonnier exécuté pour des faits non liés au terrorisme depuis la levée du moratoire sur les exécutions.

L'exécution de Shoaib Sarwar a été fixée au 3 février, aux termes d'un nouveau mandat d'exécution décerné le 23 janvier par un tribunal de Rawalpindi (nord du Pendjab). Cet homme a été déclaré coupable de meurtre et condamné à mort en 1998. Il est dans le couloir de la mort de la prison d'Adiala depuis 18 ans. Il n'a pas bénéficié d'un procès équitable. Des témoins essentiels pour la défense n'ont jamais été entendus par les policiers chargés de l'enquête ni présentés par son avocat lors du procès.

Les autres prisonniers risquant une exécution imminente sont Attaullah alias Qasim et Mohammad Azam alias Sharif, qui doivent être pendus le 3 février à la prison centrale de Karachi pour des faits de terrorisme. Depuis que le moratoire sur les exécutions a été levé le 17 décembre 2014, 20 condamnés à mort ont déjà été exécutés et environ 500 autres risquent de l'être.

Amnesty International est opposée à la peine de mort en toutes circonstances, quelle que soit la nature du crime pour lequel cette sentence est prononcée. Le gouvernement pakistanais a déclaré publiquement que la levée du moratoire ne s'appliquait qu'aux prisonniers condamnés par des tribunaux antiterroristes pour les actes de terrorisme les plus odieux et ayant des liens avec des organisations terroristes proscrites.

Le cas de Shoaib Sarwar soulève des sujets de préoccupation supplémentaires qui pourraient avoir d'autres implications. Selon ses avocats, il n'a ni été reconnu coupable de faits liés au terrorisme, ni condamné par un tribunal antiterroriste en vertu de la législation antiterroriste du pays. Le directeur de la prison d'Adiala refuse de suivre l'ordre donné par le juge de l'exécuter, au motif qu'il n'a pas été reconnu coupable de faits de terrorisme. Si l'exécution de Shoaib Sarwar avait lieu, celui-ci serait le premier prisonnier exécuté pour des faits non liés au terrorisme depuis la levée du moratoire. Certains juristes craignent qu'elle n'ouvre la voie à l'exécution d'autres prisonniers qui n'ont pas été reconnus coupables de faits de terrorisme.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en ourdou, en anglais ou dans votre propre langue) :

- exhortez les autorités à renoncer immédiatement aux exécutions de Shoaib Sarwar, Attaullah et Mohammad Azam ainsi qu'à tout projet de procéder à d'autres mises à mort, et à réinstaurer le moratoire officiel sur l'ensemble des exécutions dans le pays en vue d'abolir la peine capitale, conformément à cinq résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies adoptées depuis 2007 ;

- appelez-les à veiller à ce que les mesures prises pour combattre la criminalité respectent les obligations du Pakistan au regard du droit international relatif aux droits humains, et à protéger toutes les garanties concernant les droits des personnes passibles de la peine de mort ;

- demandez-leur de commuer toutes les condamnations à mort prononcées.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 À :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Président du Pakistan

Mamnoon Hussain

President's Secretariat

Islamabad, Pakistan

Fax : +92 519 204 974

Courriel : dir_pp president.gov.pk

Twitter : @MamnonHussain

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,

Premier ministre

Nawaz Sharif

Prime Minister House, Pakistan

Secretariat, Constitution Avenue

Islamabad, Pakistan

Fax : +92 519 220 404 (secrétariat)

Courriel : info pmo.gov.pk

Twitter : @PMNawazSharif

Formule d'appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Pakistan dans votre pays

Ambassade de la République islamique du Pakistan

Avenue Delleur 57, 1170 Bruxelles

eMail : parepbrussels mofa.gov.pk

Fax 02.675.83.94

COMPLEMENT D'INFORMATION

Au Pakistan, plus de 8 000 prisonniers sont sous le coup d'une condamnation à mort, dont plus de 500 ont été déclarés coupables de charges liées au terrorisme et risquent d'être exécutés. Ce pays a réinstauré un moratoire sur les exécutions en octobre 2013 et, jusqu'à la récente levée de celui-ci, n'avait exécuté personne depuis la pendaison d'un soldat en novembre 2012 ; la dernière exécution par pendaison d'un civil remontait à fin 2008. Actuellement, des centaines de personnes sont condamnées à mort pour des faits liés au terrorisme.

Après plusieurs homicides et actes terroristes très médiatisés à travers le pays, notamment l'attentat du 16 décembre 2014 dans une école gérée par l'armée à Peshawar, et en raison des pressions subies pour améliorer la situation sécuritaire, le Premier ministre Nawaz Sharif s'est engagé à reprendre les exécutions. Depuis la levée du moratoire le 17 décembre 2014, le Pakistan menace d'exécuter quelque 500 prisonniers condamnés à mort pour des faits de terrorisme.

Amnesty International a dénoncé sans équivoque l'attentat perpétré par les talibans pakistanais à Peshawar, qui a fait au moins 149 morts dont 134 enfants. L'organisation a demandé que les attaques menées sans discrimination ou visant des civils, y compris celle de Peshawar, fassent l'objet d'enquêtes minutieuses et que leurs auteurs présumés soient jugés au cours de procédures judiciaires respectant les normes internationales d'équité et excluant le recours à la peine de mort. Au cours des dernières semaines, le Pakistan a modifié sa Constitution afin d'accélérer les procédures dans les affaires de terrorisme et de les transférer des juridictions civiles aux tribunaux militaires. La compétence des tribunaux militaires dans les affaires de terrorisme suscite de vives inquiétudes quant au respect des garanties relatives à l'équité des procès, car des droits pourraient être bafoués dans la hâte de prononcer rapidement des condamnations pour terrorisme.

Amnesty International s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quelles que soient la nature du crime commis, la personnalité de son auteur ou la méthode d'exécution utilisée par l'État. L'organisation considère que la peine capitale viole le droit à la vie tel que reconnu par la Déclaration universelle des droits de l'homme et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit. Par ailleurs, aucun élément convaincant n'a jamais permis de démontrer qu'elle était plus dissuasive que les autres châtiments. L'étude la plus complète sur le sujet, réalisée par les Nations unies en 1988 et actualisée en 2008, a conclu que rien ne prouvait que les exécutions permettaient de mieux prévenir les crimes que la réclusion à perpétuité.

Les craintes d'Amnesty International sont renforcées par le fait qu'au Pakistan, de nombreuses condamnations à mort sont prononcées à l'issue de procès non conformes aux normes internationales d'équité. Ces procédures sont caractérisées par l'absence d'assistance juridique et l'admission de preuves pourtant irrecevables au regard du droit international. Les « aveux » obtenus sous la torture continuent d'être retenus à titre de preuve par les tribunaux. Il est fréquent que les accusés rencontrent des difficultés à consulter un avocat ou que l'État leur en attribue un, généralement peu formé et mal payé. Ces avocats commis d'office ne représentent pas toujours leurs clients avec suffisamment de conviction, à moins que l'accusé ou sa famille ne leur offre une rémunération supplémentaire. En outre, le droit à un procès équitable est compromis par les juridictions inférieures qui continuent de prononcer des condamnations à mort. Ces tribunaux peuvent restreindre l'accès du public et être obligés de clore la procédure dans un délai de quelques jours ou quelques semaines. De ce fait, les juges subissent une pression extrême que les pousse à déclarer les accusés coupables. En 2012, le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires a conclu que les tribunaux militaires et autres juridictions d'exception ne devraient pas être habilités à prononcer la peine de mort.

Noms : Shoaib Sarwar, Attaullah alias Qasim et Mohammad Azam alias Sharif

Hommes

AU 19/15, ASA 33/001/2015, 28 janvier 2015

Action urgente : République Dominicaine. La République Dominicaine procède à une expulsion collective

ven, 30/01/2015 - 10:52

AU 20/15, AMR 27/002/2015 28 janvier 2015

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 . Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Mardi 27 janvier, 51 personnes, dont 30 mineurs nés en République dominicaine, les mères de certains d'entre eux et 14 autres adultes ont été expulsés vers Haïti par la République dominicaine en dehors de toute procédure légale. Il est à craindre que d'autres Dominicains d'origine haïtienne et migrants haïtiens ne fassent l'objet d'expulsions de masse.

Le matin du 27 janvier, deux minibus transportant 30 enfants âgés de sept à 13 ans tous nés en République dominicaine, certains d'entre eux accompagnés de leur mère (sept Haïtiennes), 14 autres migrants haïtiens, ainsi que plusieurs responsables religieux, roulaient en direction de San Juan de la Maguana dans l'est de la République dominicaine. En vertu d'un arrêt prononcé par la Cour constitutionnelle dominicaine en 2013, qui a rendu des dizaines de milliers de personnes d'ascendance étrangère apatrides, ces mères souhaitaient inscrire les enfants dans le cadre d'un programme mis sur pied par le gouvernement dominicain en mai 2014 afin de régulariser la situation des enfants dominicains de migrants arrivés dans le pays illégalement. Les 14 autres migrants haïtiens souhaitaient s'inscrire dans le cadre du Plan national de régularisation des étrangers en situation migratoire irrégulière, lancé en 2013 pour les sans papiers vivant en République dominicaine.

À une vingtaine de kilomètres de San Juan de la Maguana, où se trouvent les bureaux les plus proches traitant les demandes d'inscription pour les procédures de naturalisation et de régularisation, les minibus ont été arrêtés à un poste de contrôle militaire. Des soldats ont refusé de laisser le groupe se rendre dans la ville, au prétexte qu'il s'agissait de « migrants sans papiers ». À la suite de négociations avec les responsables religieux, il leur a été demandé d'obtenir un laissez-passer auprès du bureau de la Direction des migrations à Elias Piña, près de la frontière entre Haïti et la République dominicaine. Une fois arrivés sur place, ils ont été arrêtés et accusés de vagabondage illégal. Les autorités ont ordonné leur expulsion immédiate vers Haïti sans leur offrir la possibilité de faire examiner leur cas individuellement. Ils n'ont donc pas pu contester la légalité de leur détention ni la décision de les renvoyer en Haïti.

Sous l'effet de pressions, le ministère dominicain de l'Intérieur a dans la soirée donné l'autorisation au groupe tout entier de revenir sur le territoire dominicain. Ils se trouvaient encore en Haïti mercredi 28 janvier au matin. Les 30 enfants sont particulièrement vulnérables car ils n'ont pas la nationalité haïtienne et restent apatrides.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

- demandez aux autorités dominicaines de permettre au groupe de s'inscrire aux programmes de naturalisation et de régularisation conformément à leurs souhaits ;

- exhortez-les à ne pas utiliser les procédures de naturalisation et de régularisation pour détecter des migrants sans papiers présumés, et à mettre un terme à toutes les expulsions ou mesures similaires contre les personnes effectuant une demande de naturalisation ou de régularisation ;

- engagez-les à respecter leurs obligations en vertu du droit international, qui interdisent les expulsions arbitraires et collectives, et à faire en sorte que toutes les personnes risquant d'être expulsées de République dominicaine voient leur cas examiné individuellement dans le cadre d'une procédure équitable et transparente, qui leur permette de contester les décisions des autorités et de faire réexaminer leur dossier.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 À : Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Ministre de l'Intérieur et de la Police

José Ramón Fadul

Av. México esq. Leopoldo Navarro

Edificio de Oficinas Gubernamentales Juan Pablo Duarte

Santo Domingo,

République dominicaine

Courriel : info mip.gob.do

Formule d'appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,

Directeur des Migrations

Lic. Jose Ricardo Taveras

Dirección General de Migración

Avenida 30 de mai, Esquina Héroes de

Luperon,

Santo Domingo,

République dominicaine

Fax : +1 809 534 7118

Courriel : info migracion.gov.do

Formule d'appel : Señor Director, / Monsieur,

Ministre des Affaires étrangères

Andrés Navarro García

Ministerio de Relaciones Exteriores

Avda. Independencia No.752

Santo Domingo,

République dominicaine

Fax : +1 809 985 7551

Courriel : relexteriores mirex.gob.do

Formule d'appel : Señor Ministro, /Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ambassade de la République Dominicaine

Avenue Louise 251,

1050 Bruxelles

eMail : embajadombxl gmail.com

eMail : consudom.amberes skynet.be

Fax 02.346.51.52

COMPLEMENT D'INFORMATION

En septembre 2013, la Cour constitutionnelle dominicaine a statué que les personnes nées en République dominicaine entre 1929 et 2010 de parents étrangers ayant émigré illégalement dans le pays n'auraient jamais dû recevoir la nationalité dominicaine et que celle-ci devait leur être retirée (arrêt 168-13). La plupart des personnes concernées sont des Dominicains d'origine haïtienne.

Face à la vague d'indignation que cela a suscité sur la scène nationale et internationale, le Parlement dominicain a adopté la loi 169-14, qui a établi deux catégories de personnes : celles qui ont à un moment donné été inscrites à l'état-civil dominicain, et celles dont la naissance n'a jamais été déclarée. Aux termes de cette loi, les individus appartenant à la seconde catégorie sont tenus de faire enregistrer leur statut d'étranger, et ils seront alors en mesure de déposer une demande de naturalisation deux ans à peine après avoir été régularisés. Parallèlement, le gouvernement a créé une procédure pour la régularisation des migrants sans papiers. Après une étape préparatoire, la deuxième phase du Plan national de régularisation des étrangers en situation migratoire irrégulière a débuté le 1er juin 2014. Elle laissait 12 mois aux migrants pour demander leur régularisation. L'article 37 du décret présidentiel pour la mise en œuvre de ce plan indique clairement qu'aucun migrant ayant effectué une demande dans le cadre de celui-ci ne pouvait être expulsé avant que la procédure ne touche à son terme.

En octobre 2014, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a rendu un jugement engageant la République dominicaine à fournir réparation pour les atteintes aux droits humains infligées à des Haïtiens et à des Dominicains ayant des origines haïtiennes qui ont été illégalement expulsés du territoire, privés de papiers d'identité et arbitrairement déchus de la nationalité dominicaine, entre autres. Cependant, le gouvernement a officiellement rejeté le jugement prononcé par la juridiction régionale, le tenant pour « déplacé, partial et inopportun ».

À peine deux semaines plus tard, la Cour constitutionnelle dominicaine a rendu un autre arrêt qui pourrait mener au retrait du pays de la Cour interaméricaine des droits de l'homme et priver des centaines de milliers de victimes de violations des droits humains de tout espoir de justice.

Les expulsions arbitraires et collectives de migrants haïtiens sont monnaie courante en République dominicaine. Amnesty International a rassemblé des informations sur de nombreux cas d'individus expulsés de façon arbitraire de République dominicaine ces dernières années. Des organisations locales de défense des droits humains ont affirmé que la plupart des expulsions qui sont menées régulièrement sont arbitraires et contraires aux normes internationales relatives aux droits humains. À cause de cette pratique d'expulsions collectives, les Haïtiens et les Dominicains d'origine haïtienne qui résident en République dominicaine vivent dans la peur constante d'être chassés sans réelle possibilité de contester cette décision.

Début 2015, les autorités dominicaines ont lancé l'Opération Bouclier, un déploiement massif de membres des forces de sécurité dans les zones frontalières, dont le rôle est d'empêcher l'entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière. Depuis le début de l'année, les autorités ont annoncé avoir rapatrié plus de 22 000 personnes, des Haïtiens pour la plupart. Selon des organisations dominicaines de défense des droits humains, figuraient également parmi les personnes rapatriées des individus qui avaient déjà déposé une demande dans le cadre du Plan national de régularisation des étrangers en situation migratoire irrégulière.

Les expulsions collectives sont par ailleurs contraires au Protocole d'accord sur les mécanismes de rapatriement conclu entre les gouvernements dominicains et haïtiens en décembre 1999. En signant ce texte, la République dominicaine s'est engagée à améliorer ses mécanismes d'expulsion, et, plus spécifiquement, à éviter de séparer les familles nucléaires lors de rapatriements et à autoriser les personnes expulsées à récupérer leurs affaires ainsi qu'à garder leurs papiers d'identité.

Nom : 51 personnes, dont 30 enfants, 7 de leurs mères et 14 autres adultes.

Hommes et femmes

AU 20/15, AMR 27/002/2015 28 janvier 2015

Action urgente : Bahreïn. Les charges pesant sur Ali Salman, une figure de l'opposition, doivent être abandonnées

ven, 30/01/2015 - 10:34

AU 22/15, MDE 11/004/2015, 28 janvier 2015

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 .

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Une importante figure de l'opposition à Bahreïn s'est vu refuser la libération sous caution lors d'une première audience à laquelle assistait une délégation d'Amnesty International. Cet homme restera en détention jusqu'au 25 février prochain. Amnesty International réclame l'abandon des charges pesant sur lui, ainsi que sa libération immédiate.

Le procès d'Ali Salman – secrétaire général d'Al Wefaq, le principal parti d'opposition à Bahreïn – a commencé le 28 janvier 2015 devant la Haute cour criminelle à Manama, la capitale du pays. Une délégation d'Amnesty International a assisté à cette première audience, de même que des représentants des ambassades britannique et américaine, entre autres. Ali Salman a plaidé non coupable. Ses avocats ont demandé sa libération sous caution mais la cour a rejeté leur requête et décidé du maintien en détention de cet homme jusqu'à la prochaine audience, qui se déroulera le 25 février prochain.

Ali Salman a été arrêté le 28 décembre dernier après avoir subi un interrogatoire dans les locaux de la Direction des enquêtes criminelles, rattachée au ministère de l'Intérieur, en raison de discours qu'il a prononcés en 2012 et 2014. Cet homme est accusé d'avoir « incité à promouvoir la réforme du système politique par la force, des violences et d'autres moyens illégaux », « incité publiquement à la haine et au mépris envers une partie de la population dans le but de troubler l'ordre public », « appelé publiquement à enfreindre la loi » et « insulté le ministre de l'Intérieur ».

Certaines de ces charges semblent découler des déclarations que cet homme a faites lors l'assemblée générale de son parti, le 26 décembre dernier.

Il a ainsi fait référence au refus de l'opposition bahreïnite de suivre l'exemple syrien et de transformer le pays en un champ de bataille. À la même occasion, il a affirmé que l'opposition était toujours déterminée à prendre le pouvoir à Bahreïn afin de mettre en œuvre de façon pacifique les mesures réclamées par la population lors du soulèvement de 2011 et d'amener les responsables présumés de violences à rendre des comptes. Il a également souligné le besoin d'égalité pour tous les Bahreïnites, y compris pour la famille régnante.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :

- appelez les autorités à libérer Ali Salman immédiatement et sans condition et à abandonner les charges pesant sur lui car c'est un prisonnier d'opinion, détenu uniquement pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d'expression ;

- exhortez-les à protéger le droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion, et à abroger les lois érigeant en infraction l'exercice pacifique de ce droit.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 À :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Roi de Bahreïn

Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa

Office of His Majesty the King

P.O. Box 555,

Rifa'a Palace

al-Manama,

Bahreïn

Fax : +973 1766 4587

Formule d'appel : Your Majesty, / Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Ministre de l'Intérieur

Shaikh Rashid bin ‘Abdullah Al Khalifa

Ministry of Interior

P.O. Box 13, al-Manama, Bahreïn

Fax : +973 1723 2661

Twitter : @moi_Bahrain

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ministre de la Justice et des Affaires islamiques

Shaikh Khalid bin Ali Al Khalifa

Ministry of Justice and Islamic Affairs

P. O. Box 450, al-Manama, Bahreïn

Fax : +973 1753 1284

Courriel : via le site http://www.moj.gov.bh/en/

Twitter : @Khaled_Bin_Ali

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Bahreïn dans votre pays

Ambassade du Royaume de Bahrein

Avenue Louise 250

1050 Bruxelles

eMail : brussels.mission mofa.gov.bh

Fax 02-647.22.74

COMPLEMENT D'INFORMATION

Les charges retenues contre Ali Salman et les poursuites engagées contre d'autres militants s'exprimant ouvertement en raison de l'exercice pacifique de leur droit à la liberté d'expression montrent bien l'intolérance croissante envers toute critique des autorités bahreïnites, qui font leur possible pour taire les demandes légitimes de réformes et de respect des droits humains.

Depuis l'arrestation d'Ali Salman, plusieurs manifestations sont organisées dans plusieurs villes et villages en signe de protestation. Comme à leur habitude, les forces de sécurité utilisent du gaz lacrymogène et des fusils pour disperser les foules. Les autorités refuseraient d'autoriser la population à défiler, leur refusant ainsi le droit de se réunir pacifiquement.

Ali Salman a été appréhendé quelques jours après avoir été réélu pour un quatrième mandat au poste de secrétaire général d'Al Wefaq.

En octobre 2014, un tribunal a ordonné à ce parti d'interrompre ses activités pendant trois mois, mais le ministre de la Justice, qui est à l'origine de cette action en justice fondée sur des irrégularités supposées, a demandé que cette décision ne soit appliquée qu'à l'issue de l'assemblée générale du parti. Al Wefaq et plusieurs autres partis de l'opposition ont boycotté les élections parlementaires organisées en novembre dernier.

Nom : Ali Salman

Homme

AU 22/15, MDE 11/004/2015, 28 janvier 2015

Action urgente : Sierra Leone. Demande de libération de huit personnes détenues arbitrairement

ven, 30/01/2015 - 10:20

AU 18/15, AFR 51/001/2015, 28 janvier 2015

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 .

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Huit personnes sont détenues arbitrairement depuis plus de trois mois sur ordre du président au titre de l'état d'urgence instauré en Sierra Leone. En octobre 2014, elles auraient participé à des émeutes en relation avec un cas présumé d'Ebola.

Le 24 octobre 2014, le président Ernest Bai Koroma a signé une ordonnance de placement en détention concernant 34 habitants de Kono en vertu des pouvoirs qui lui étaient conférés au titre de l'état d'urgence. Ces personnes ont été arrêtées parce qu'elles étaient soupçonnées d'avoir participé à des émeutes dans le district de Kono. La grand-mère d'un homme politique de la région, âgée de 90 ans, refusait que les autorités sanitaires l'emmènent pour lui faire passer un test de dépistage d'Ebola. Selon les informations recueillies par Amnesty International, deux personnes auraient été abattues par la police pendant les émeutes mais, à ce jour, personne n'a été arrêté dans le cadre de cette affaire. Vingt-six des 34 détenus ont été relâchés.

Pendant plus de trois mois, deux femmes ont été détenues au centre correctionnel pour femmes de Freetown, la capitale, et six hommes ont été incarcérés à la prison à sécurité maximale de Pademba Road, située à environ huit heures de route de leurs domiciles. Ces personnes n'ont pas été informées du motif de leur arrestation et ont été privées du droit de contester la légalité de leur détention. Jusqu'à présent, elles n'ont pas été auditionnées par la police ni par une quelconque autorité judiciaire et n'ont reçu aucune indication concernant la date de leur libération.

La police a refusé d'enquêter sur leur détention ; elle prétend ne pas être habilitée à le faire au motif qu'il s'agit d'une ordonnance présidentielle. Le 9 janvier, AdvocAid, une organisation qui défend les droits des femmes, a écrit au président pour lui demander de faire libérer les deux femmes, tel que le prévoit la Constitution. Elle n'a cependant reçu aucune réponse. Aux termes de la Constitution, si le président rejette une demande de libération, un tribunal indépendant chargé d'examiner ce refus doit être établi dans les 30 jours.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :

- priez instamment le président de faire libérer immédiatement et sans condition les huit détenus concernés ou de confirmer sans délai son refus afin que la procédure de réexamen judiciaire par un tribunal indépendant puisse débuter, comme le prévoit la Constitution ;

- exhortez les autorités à diligenter rapidement une enquête minutieuse et impartiale sur les homicides dont sont soupçonnés des policiers, et à veiller à ce que les auteurs présumés soient traduits en justice dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d'équité des procès ;

- appelez-les à veiller à ce que les restrictions des droits humains au titre de l'état d'urgence soient en accord avec les normes internationales, en particulier à ce que le droit à un procès équitable soit respecté en permanence.

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Président de la République

Ernest Bai Koroma

The President

State House

Freetown,

Sierra Leone

Courriel : jkawusu-konte statehouse.gov.sl et jaramenajara yahoo.com

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,

Copies à :

Procureur général et ministre de la Justice

Frankly Bai Kargbo

Minister of Justice and Attorney General

Ministre de la Justice

3rd Floor, Guma Building

Lamina Sankoh Street

Freetown,

Sierra Leone

Fax : +232 22 22 93 66 / 22 49 40

Veuillez également adresser des copies à : Ambassade de la République de Sierra Leone

Avenue de Tervueren 410, 1150 Bruxelles

eMail : info sierraleoneembassy.be

eMail : sierraleoneembassy brutele.be

Fax +32 2 771 82 30

COMPLEMENT D'INFORMATION

Les huit personnes concernées ont été arrêtées alors que la Sierra Leone traverse une crise sanitaire sans précédent. Le 25 mai 2014, le gouvernement a déclaré une épidémie de fièvre hémorragique virale (FHV) liée au virus Ebola, après confirmation en laboratoire d'un cas présumé dans le district de Kailahun. Le président Ernest Bai Koroma a proclamé l'état d'urgence sanitaire lors d'une allocution à la nation prononcée le 30 juillet 2014, permettant ainsi au gouvernement et à ses partenaires d'adopter une approche plus ferme pour faire face à cette épidémie. Il a également créé une équipe spéciale présidentielle chargée de défendre la mise en œuvre de diverses mesures de lutte contre le virus. D'autres dispositions réglementaires sont entrées en vigueur le 7 août. La réaction du gouvernement face à l'épidémie d'Ebola s'est traduite par une restriction injustifiée des droits humains, notamment de la liberté d'expression, imposée par des règlements de prévention d'Ebola et d'autres maladies ainsi que par la Loi sur les pouvoirs exceptionnels.

Après l'arrestation et le placement en détention des huit personnes concernées, quatre organisations de la société civile (AdvocAid, Amnesty International Sierra Leone, le Centre pour l'obligation de rendre des comptes et l'état de droit et Prison Watch Sierra Leone) ont publié conjointement un communiqué de presse dénonçant leur détention. Malgré cela, ces personnes sont toujours derrière les barreaux.

Le journaliste sierra-léonais David Tam Baryoh est détenu depuis le 3 novembre 2014, à la suite d'une ordonnance signée par le président Ernest Bai Koroma. Deux jours avant, il s'était entretenu avec le porte-parole d'un parti de l'opposition sur Citizen FM, une station de radio indépendante. Celui-ci avait critiqué la réaction des autorités face à l'épidémie d'Ebola et se disait inquiet quant à leur façon de gérer les fonds affectés à la lutte contre ce virus. À la même occasion, David Tam Baryoh avait condamné l'intention qu'aurait le président sierra-léonais de se présenter pour un troisième mandat. Il a été libéré sous caution après 11 jours de détention sans inculpation à la prison à sécurité maximale de Pademba Road, à Freetown. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.

En vertu du droit international, quelle que soit la gravité de la situation, un État ne peut pas déroger à certains droits fondamentaux ; il doit notamment respecter l'interdiction de priver quelqu'un arbitrairement de la vie, la prohibition de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, l'interdiction de la privation arbitraire de liberté, y compris de la détention au secret, et le droit de contester la légalité de sa détention devant un tribunal.

La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples – à laquelle la Sierra Leone est partie – n'autorise aucune dérogation à ses dispositions, y compris celles qui garantissent un procès équitable, quelles que soient les circonstances.

Nom : Huit personnes détenues arbitrairement (dont les noms ne peuvent être publiés)

Six hommes et deux femmes

AU 18/15, AFR 51/001/2015, 28 janvier 2015

Action urgente : Emirats Arabes Unis. Les autorités doivent révéler le lieu où est détenu Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan, un ressortissant égyptien

ven, 30/01/2015 - 09:57

AU 21/15, MDE 25/003/2015, 28 janvier 2015

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 .

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan, ressortissant égyptien, a été arrêté le 21 octobre 2014 après avoir été convoqué par les Services de sécurité préventive à Sharjah, aux Émirats arabes unis. On ignore où il se trouve et il risque d'être victime de torture et de mauvais traitements.

Le directeur exécutif d'une entreprise du secteur de l'énergie de Doubaï, l'Égyptien Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan, est le fils du conseiller médias de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi et membre dirigeant des Frères musulmans. Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan a reçu un appel le 21 octobre 2014 vers 14 heures, le convoquant au siège des Services de sécurité préventive de la ville de Sharjah. Il a téléphoné à sa sœur pour l'informer de cette convocation pour laquelle aucun motif ne lui a été fourni. Il s'est rendu immédiatement au siège et a été arrêté. Sa sœur s'y est présentée le lendemain, et elle a appris que son frère avait été transféré au département de la Sûreté de l'État à Abou Dhabi, la capitale. Elle n'a pas été autorisée à lui rendre visite ni à lui remettre les vêtements qu'elle avait apportés pour lui. Dans la soirée du 24 octobre, Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan a appelé sa sœur pour lui dire qu'il se portait bien et qu'il allait être libéré sous peu. Depuis, la famille, qui vit en Turquie, a adressé au président et au prince héritier plusieurs lettres via l'ambassade des Émirats arabes unis à Istanbul, afin de demander des informations sur le lieu où il se trouve et sur les motifs de son arrestation. Ces lettres sont demeurées sans réponse.

La famille a contacté des avocats à Abou Dhabi, mais ceux-ci ont refusé d'apporter leur aide. Très peu d'avocats sont disposés à défendre les personnes perçues comme entretenant des liens avec les Frères musulmans et arrêtées par les services de la sûreté de l'État du pays, craignant d'être harcelés et intimidés par les autorités.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :

- exhortez les autorités des Émirats arabes unis à révéler immédiatement le lieu où est retenu Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan et à indiquer le fondement juridique de sa détention ;

- demandez-leur de veiller à ce qu'il soit protégé contre la torture et les mauvais traitements, et à ce qu'il puisse consulter rapidement un avocat de son choix et bénéficier des soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;

- demandez-leur de garantir qu'il soit inculpé sans délai d'une infraction pénale dûment reconnue par la loi, ou qu'il soit libéré.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 11 MARS 2015 À :

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Président

Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan

Ministry of Presidential Affairs

Corniche Road

Abu Dhabi, P.O. Box 280

Émirats arabes unis

Fax : +971 2 622 2228

Courriel : ihtimam mopa.ae

Formule d'appel : Your Highness, / Monseigneur (Votre Altesse, dans le corps du texte),

Prince héritier d'Abou Dhabi

Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan

Crown Prince Court Bainunah Street

Abu Dhabi, P.O. Box 124

Émirats arabes unis

Fax : +971 2 668 6622

Twitter : @MBZNews

Formule d'appel : Your Highness, / Monseigneur (Votre Altesse, dans le corps du texte),

Copies à :

Ministre de l'Intérieur

Lt General Sheikh Saif bin Zayed Al Nahyan

Zayed Sport City, Arab Gulf Street, Near to Shaikh Zayed Mosque

Abu Dhabi POB : 398

Fax : +971 2 4414938 / +971 2 4022762 / +971 2 4415780

Courriel : moi moi.gov.ae

Twitter : @SaifBZayed

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des Émirats arabes unis dans votre pays

Ambassade des Emirats Arabes Unis

Rue des Colonies 11

1000 Bruxelles

eMail : media.bruxelles mofa.gov.ae

Fax 02.646.24.73

COMPLEMENT D'INFORMATION

Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan est le fils du conseiller médias de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi. Sa sœur Habiba Ahmed Abdel Aziz, journaliste âgée d'une vingtaine d'années, est morte d'une balle réelle tirée dans la nuque par les forces de sécurité lorsqu'elles ont dispersé avec violence une manifestation place Rabaa Al Adaweya, en Égypte, le 14 août 2013. Au moins 500 manifestants ont été tués ce jour-là, place Rabaa Al Adaweya. Le procureur et la commission nationale d'enquête n'ont pas véritablement enquêté sur l'homicide des manifestants le 14 août et aucun membre des forces de sécurité n'a encore été déféré à la justice ni tenu pour responsable de ces actes. Depuis que l'ancien président Mohamed Morsi a été renversé le 3 juillet 2013, les forces de sécurité égyptiennes sévissent contre les membres et les partisans des Frères musulmans. Au moins 16 000 personnes sont en prison, la majorité étant des membres ou des partisans des Frères musulmans. Au moins 3 000 sont des membres de haut et de moyen niveau du mouvement. Ceux qui sont détenus dans les geôles égyptiennes sont en butte à des procès iniques qui ont dans de nombreux cas débouché sur des condamnations à mort à l'issue de procès ne respectant pas les normes minimales en matière d'équité. Parmi eux figurait le guide général des Frères musulmans qui a été condamné à mort au moins deux fois depuis la chute de Mohamed Morsi.

Les autorités des Émirats arabes unis ont arrêté des dizaines d'étrangers au cours des dernières années. Beaucoup ont été soumis à des disparitions forcées, détenus dans des lieux tenus secrets par des services qui refusaient de confirmer leur détention et de communiquer la moindre information à leurs familles – notamment le motif, le fondement juridique, le lieu et les conditions de leur détention. Les autorités leur ont aussi refusé la possibilité de consulter un avocat. Ces conditions enfreignent la législation des Émirats arabes unis, ainsi que le droit international. Nombre des personnes arrêtées ont été détenues à l'isolement et ont affirmé avoir été torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements pendant des interrogatoires.

Depuis 2012, des dizaines d'Égyptiens ont également été victimes de disparitions forcées aux Émirats arabes unis. En novembre 2013, 20 Égyptiens qui avaient été détenus pendant des mois dans des lieux indéterminés ont été sortis de leur détention secrète pour être jugés par la chambre de la Cour suprême fédérale chargée des affaires concernant la Sûreté de l'État, accusés notamment d'avoir créé une branche « internationale » des Frères musulmans (une organisation égyptienne) et d'avoir volé et diffusé des documents d'État classés secrets. Dans la salle d'audience, beaucoup de prévenus ont déclaré que des agents de la Sûreté de l'État les avaient soumis à des actes de torture et d'autres mauvais traitements au cours de leur détention prolongée avant le procès dans des lieux non divulgués, lorsqu'ils étaient détenus au secret. Ils les avaient soumis à ces actes afin de les contraindre à signer des « aveux », sur lesquels les prévenus sont revenus devant le tribunal. Cependant, malgré la gravité de leurs allégations, le juge présidant le tribunal n'a pas ordonné d'investigations et a retenu à titre de preuve les « aveux » rétractés qui leur avaient été extorqués sous la torture et la contrainte.

Amnesty International a recueilli des informations sur plusieurs cas d'Égyptiens détenus, dans son rapport de novembre 2014 intitulé “There is no freedom here” – Silencing dissent in the United Arab Emirates, que vous pouvez consulter en cliquant sur : http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE25/018/2014/en.

Nom : Mosab Ahmed Abdel Aziz Ramadan

Homme

AU 21/15, MDE 25/003/2015, 28 janvier 2015

Nigéria. Ce qu'il faut savoir sur Boko Haram

jeu, 29/01/2015 - 16:51

Le conflit au Nigeria a coûté la vie à des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, dont beaucoup ont été victimes de Boko Haram. Voici ce qu'il faut savoir sur ce groupe armé qui cause de tels ravages dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Qui est Boko Haram ?

Le groupe appelé Jama atu Ahlis Sunna Lidda a Waati Wal Jihad, plus connu sous le nom de Boko Haram (dont le nom peut se traduire par « L'éducation occidentale est un péché »,), est un groupe armé qui s'oppose à l'autorité laïque.

Ses membres luttent contre l'État nigérian depuis 2009 et mènent une campagne de plus en plus intensive d'attentats, de raids éclair contre des villes et des villages, et d'occupation de villes importantes dans le nord-est du pays.

Ils s'opposent à tout ce qu'ils considèrent comme étant « influencé par l'Occident », notamment les élections et l'éducation laïque.

Depuis 2013, ils ont mené pas moins de 330 raids et bombardements, tuant au moins 5 400 civils dans le nord du Nigeria. Le chiffre réel est sans doute bien plus élevé.

Quels sont les effectifs de Boko Haram et où sont–ils établis ?

On ignore le nombre exact des troupes de Boko Haram. Selon les estimations, le groupe compte au moins 15 000 hommes – même si le chiffre réel est sans doute bien plus élevé.

En janvier 2015, le groupe avait pris le contrôle total et occupait une quinzaine de zones de gouvernement local dans le nord-est du Nigeria. En outre, il contrôlait partiellement plus de 15 autres zones de gouvernement local.

Comment sont-ils organisés ? Qui est leur chef ?

Leur chef politique et spirituel est Abubakar Shekau. Il est à la tête du Conseil des anciens, appelé Shura, et s'est emparé du pouvoir lorsque l'ancien dirigeant, Mohammad Yusuf, a été tué en détention par la police nigériane en 2009.

Cependant, tous les partisans de Mohammad Yusuf n'ont pas rejoint Abubakar Shekau. Selon l'International Crisis Group, Boko Haram se compose de trois à six factions qui, selon les moments, collaborent ou entrent en conflit entre elles.

D'où proviennent les fonds de Boko Haram ?

Les spéculations vont bon train quant à l'origine des armes et de l'argent qui se trouvent aux mains de Boko Haram.

Certains affirment que le groupe entretient des liens avec des responsables politiques nigérians et des groupes djihadistes internationaux qui lui fournissent armes et financement. La majorité de ses fonds, toutefois, proviendrait des pillages des villes, des cambriolages de banques et des rançons. La majorité de ses fonds, toutefois, proviendrait des pillages des villes, des cambriolages de banques et des rançons.

Comment opère Boko Haram ?

Depuis quelques années, Boko Haram mène des attaques meurtrières devenues quasi quotidiennes. En 2014, ces attaques se sont multipliées : on a dénombré près de 230 raids et bombardements, qui ont fait au moins 4 000 victimes civiles. Le chiffre réel est sans doute plus élevé.

Si la majorité des attaques se sont déroulées dans les États de Borno et de Yobe, certaines ont également eu lieu dans les États d'Abuja, d'Adamawa, de Kaduna et de Kano, ainsi qu'au Cameroun.

Menant des attaques éclair, les combattants de Boko Haram entrent dans les villages sur des motos et à bord de voitures et de camions. Ils passent ensuite de maison en maison, et ordonnent aux habitants de se rassembler. Soit ils abattent tous les hommes en âge de combattre, soit ils s'en prennent uniquement à ceux qui, selon eux, ont des liens avec le gouvernement ou l'armée. Bien souvent, ils enlèvent les femmes et les jeunes filles non mariées, comme ils l'ont fait en avril 2014 lors de l'enlèvement de 276 lycéennes de l'internat public de Chibok. L'immense majorité d'entre elles sont toujours portées disparues.

Par ailleurs, les écoles sont la cible d'attaques dans le nord-est du pays : des bâtiments scolaires ont été incendiés ou gravement endommagés, et des enseignants et des élèves ont été tués. De nombreuses écoles ont été contraintes de fermer en raison de ces attaques.

Dans les villes occupées, les combattants de Boko Haram enferment parfois les civils dans certaines maisons et ordonnent à toute personne qui souhaite faire un déplacement de leur en demander la permission. Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles Boko Haram a fait usage de la torture pour faire appliquer ses règles, a marié de force des femmes et des jeunes filles à ses membres, et a recruté et utilisé des enfants soldats.

Qui sont les principales victimes ?

Quiconque est considéré comme un partisan des autorités est une cible potentielle, notamment les fonctionnaires, les responsables politiques et les chefs traditionnels. Les communautés qui ont mis sur pied la Force d'intervention conjointe civile, constituée de groupes armés ralliés au gouvernement, sont particulièrement exposées au risque d'être la cible d'attaques délibérées de la part de Boko Haram.

Les forces de Boko Haram s'en prennent aux musulmans et aux chrétiens, mais la plupart de leurs attaques ne sont pas motivées par la religion de leurs victimes.

Pourquoi agissent-ils ainsi ? La religion est-elle leur moteur ?

Boko Haram s'est constitué au départ comme un mouvement opposé à l'autorité du gouvernement laïc. Au fil du temps, ses membres ont commencé à prendre pour cible toutes les personnes associées au gouvernement qu'ils qualifient d'« infidèles », quelle que soit leur religion. Ils s'en prennent également aux leaders islamistes qui ne les soutiennent pas.

Boko Haram cherche à imposer sa règle à la population du nord-est du Nigeria, prétendument inspirée de son interprétation de l'islam. En août 2014, le leader de Boko Haram a proclamé l'établissement d'un « califat » sur son territoire.

Que fait le gouvernement nigérian pour stopper son expansion ?

Le gouvernement nigérian a décrété l'état d'urgence en mai 2013 dans trois États : Borno, Adamawa et Yobe. Il a lancé plusieurs opérations militaires contre Boko Haram. L'état d'urgence a été prolongé à deux reprises et le président a demandé une nouvelle prolongation en novembre 2014, qui doit être approuvée par l'Assemblée nationale. Cependant, Boko Haram ne montre aucun signe d'affaiblissement. Lors des opérations visant à le stopper, l'armée s'est rendue responsable d'une longue liste d'atteintes aux droits humains contre les membres présumés de ce groupe armé, actes de torture et homicides notamment. Des éléments attestent du caractère généralisé et systématique de ces violations imputables à l'armée.

Que fait la communauté internationale pour stopper Boko Haram ?

En mai 2014, le Comité des sanctions contre Al Qaïda du Conseil de sécurité de l'ONU a inscrit Boko Haram sur la liste des sanctions, pour des sanctions financières ciblées et un embargo sur les armes.

Plusieurs États, dont la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, se sont engagés à aider le Nigeria à la suite de l'enlèvement des lycéennes à Chibok en avril 2014 : partage de renseignements, formation des troupes nigérianes et efforts conjoints visant à élaborer une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme.

Depuis plusieurs années, le Tchad, le Niger et le Nigeria ont mis en place la Force multinationale conjointe (MNJTF) afin d'assurer la sécurité des frontières entre ces pays et en vue de combattre Boko Haram. Le 7 octobre 2014, les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad et le Bénin ont décidé la création d'une nouvelle force multinationale conjointe pour lutter contre Boko Haram. Si son fonctionnement reste à préciser, les États impliqués ont demandé l'autorisation de l'Union africaine et des Nations unies. Et cette force sera à l'ordre du jour des discussions de la réunion du Conseil Paix et sécurité de l'Union africaine (UA) le 29 janvier.

Bangladesh. Un recours excessif à la force n'est pas la bonne réponse face aux attaques au cocktail Molotov

jeu, 29/01/2015 - 15:18

Les autorités bangladaises risquent d'exacerber une situation déjà grave en donnant à la police toute latitude pour employer une force excessive en réaction à une vague récente d'attaques au cocktail Molotov, avec en toile de fond les violentes manifestations politiques actuelles, a déclaré Amnesty International jeudi 29 janvier.

Le 29 janvier, certains médias ont attribué les propos suivants à Sheikh Hasina, la Première ministre : « en ma qualité de chef du gouvernement, j'autorise [la police] à prendre toutes les mesures qui s'imposent, partout et à tout moment » afin de faire cesser ces incendies volontaires qui ont déjà fait plus de deux douzaines de morts.

« Les déclarations de ce type risquent fort d'être perçues comme une invitation à user d'une force injustifiée et excessive contre les manifestants ou même à procéder à des exécutions extrajudiciaires - ce dont les forces bangladaises de sécurité se sont rendues coupables à une fréquence choquante par le passé », a déclaré Abbas Faiz, spécialiste du Bangladesh à Amnesty International.

Plus d'une douzaine de personnes ont été tuées lors de récentes opérations de police, notamment menées par le Bataillon d'action rapide, une force d'élite accusée de nombreuses violations des droits humains par le passé. Dix de ces homicides récents sont survenus dans le cadre de ce que la police a qualifié de « fusillades » entre les 12 et 28 janvier.

« Les décès qui se sont produits durant des opérations de police - dont certains constituent peut-être des exécutions extrajudiciaires - doivent donner lieu à des enquêtes approfondies, et les responsables présumés doivent être traduits en justice. Les forces de sécurité ont le devoir de faire respecter la loi et de maintenir l'ordre, mais cela ne les place pas au-dessus des lois et ce n'est jamais une raison suffisante pour recourir à une force excessive », a déclaré Abbas Faiz.

« Aux termes du droit international et des normes associées, la police ne doit employer la force que lorsque cela est strictement nécessaire et proportionné à une situation donnée. Elle doit respecter le droit à la vie à tout moment et prendre des mesures pour réduire les risques de blessures et d'homicides. L'usage intentionnel d'armes à feu à des fins létales ne peut se justifier que lorsque cela est absolument inévitable pour protéger des vies »

Manifestations et cocktails Molotov

Ces dernières semaines, la situation des droits humains au Bangladesh s'est fortement détériorée, au fil des affrontements entre partisans du gouvernement et de l'opposition dans les rues de Dacca et d'autres grandes villes. Des milliers de manifestants ont été arrêtés. La plupart ont été relâchés mais des centaines d'autres se trouveraient toujours en détention.

Le 5 janvier, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a imposé un blocus des transports dans le pays. Depuis lors, plus de deux douzaines de personnes ont été tuées et des centaines d'autres ont été blessées, certaines grièvement, lorsque des partisans de l'opposition ont jeté des cocktails Molotov sur des bus et d'autres véhicules.

Le droit international relatif aux droits humains protège le droit à la liberté de réunion pacifique et le droit de manifester pacifiquement, mais la manière dont se déroulent les manifestations menées par le BNP met clairement en évidence un recours répété à la violence dans un objectif politique.

« Le Parti nationaliste du Bangladesh doit exhorter ses membres et sympathisants à mettre un terme à ces actes criminels motivés par des considérations politiques, qui doivent être jugés dans le cadre de procédures équitables conformément au droit pénal. Toutes les parties doivent publiquement condamner les actes de violence à caractère politique, et encourager leurs sympathisants à coopérer avec les enquêtes visant à traduire les responsables en justice », a déclaré Abbas Faiz.

Arabie Saoudite. Il est à craindre que les flagellations infligées à Raid Badawi lui causent des problèmes à long terme

jeu, 29/01/2015 - 13:29

Faire subir de nouvelles flagellations à Raif Badawi, un blogueur saoudien, pourrait avoir des effets débilitants à long terme sur sa santé physique et mentale, a prévenu un expert médical de l'organisation Freedom for Torture dans un rapport commandé par Amnesty International.

Les autorités saoudiennes ont provoqué une vague d'indignation internationale ce mois-ci lorsque Raif Badawi a été flagellé 50 fois pour avoir créé et géré un forum en ligne de débat public et « insulté l'islam ». Des experts médicaux affirment désormais que ses souffrances pourraient s'aggraver si sa peine - 1 000 coups de fouet - est appliquée dans sa totalité.

« Le fait de flageller Raif Badawi est incroyablement cruel et choquant de la part des autorités saoudiennes. Ce châtiment porte atteinte à l'interdiction de la torture et des autres formes de mauvais traitements en vertu du droit international, et ne doit être appliqué sous aucune circonstance ; le faire de manière répétée est susceptible d'accentuer les souffrances, tant mentales que physiques, infligées à la victime », a déclaré Philip Luther, directeur du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Raif Badawi risque d'être de nouveau fouetté vendredi 30 janvier.

Pour le Dr Juliet Cohen, responsable des médecins à Freedom from Torture, il est probable que l'impact de cette deuxième série de coups ne soit encore plus fort que la première fois.

« Plus on administre de coups les uns sur les autres, plus le risque que cela ne cause des blessures ouvertes est élevé. Cela est important parce que ces lésions sont susceptibles d'être plus douloureuses et de s'infecter, ce qui occasionne des souffrances accrues sur une période plus longue, l'infection retardant la cicatrisation », a-t-elle déclaré.

Le Dr Juliet Cohen a ensuite expliqué que la chemise que portait Raif Badawi lors de sa flagellation ne l'avait sans doute pas beaucoup protégé de la force des coups de baguette.

« Lorsque la baguette frappe, le sang est chassé des tissus situés sous la peau [...] Les lésions causées aux petits vaisseaux sanguins et cellules individuelles provoquent un écoulement de sang et de liquide tissulaire à l'intérieur de la peau et des tissus sous-jacents, ce qui augmente la tension dans ces zones », a-t-elle continué.

De nouveaux coups de baguette sur ces zones peuvent provoquer une déchirure cutanée, en particulier sur les parties osseuses du corps, et une blessure ouverte peut alors apparaître, a-t-elle expliqué.

Outre les graves conséquences physiques de la flagellation, les victimes endurent des souffrances mentales.

« Psychologiquement, la flagellation peut provoquer des sensations de peur, d'anxiété, d'humiliation et de honte. Il est probable que la perspective de nouvelles flagellations suscite des émotions intenses, en particulier de peur et d'anxiété, ainsi que des difficultés à dormir [...] Éprouver peur et douleur en même temps sur une période prolongée a un effet débilitant, et se remettre de ce type d'expérience peut prendre un temps considérable », a déclaré le Dr Juliet Cohen.

Les deux dernières fois qu'une série de flagellations a été programmée pour Raif Badawi - les deux vendredi ayant suivi la séance initiale du 9 janvier - la procédure a été reportée pour raisons médicales, après que des médecins ont déclaré qu'il n'était pas en état d'être flagellé.

Dans le cas de Raif Badawi, l'implication de médecins a débouché sur la suspension - au moins temporairement - de son châtiment. Mais impliquer des professionnels de la santé dans ce processus est en soi préoccupant, car ils pourraient être forcés à cautionner de telles pratiques. Cela serait contraire au principe le plus fondamental sous-tendant le travail effectué par les médecins : ne pas infliger de souffrances intentionnellement.

Le Dr Juliet Cohen a recommandé de soutenir Raif Badawi, afin qu'il sache qu'« il n'est pas seul dans sa souffrance mais que l'on parle de lui partout dans le monde ». Elle a aussi préconisé que les associations médicales, notamment l'Association médicale mondiale, soutiennent les médecins qui ont pour ordre de l'examiner, les exhortant à « prendre en considération la santé de leur patient avant tout ».

Amnesty International a organisé des rassemblements en faveur de Raif Badawi dans le monde entier ces dernières semaines, en demandant aux autorités saoudiennes de le libérer et d'annuler sa condamnation immédiatement et sans condition.

« Raif Badawi est un prisonnier d'opinion, dont le seul « crime » est d'avoir fondé un site Internet destiné à accueillir des discussions publiques, et les autorités saoudiennes doivent mettre fin à leur campagne malveillante à son égard », a déclaré Philip Luther.

« La flagellation est prohibée par le droit international, et appliquer un châtiment aussi cruel et inhumain de manière régulière est une honte pour le pays. »

Guinée équatoriale. Des personnes ayant protesté pacifiquement contre la Coupe d'Afrique des Nations doivent être libérées

jeu, 29/01/2015 - 11:29

La Guinée équatoriale doit libérer immédiatement et sans condition trois hommes arrêtés il y a deux semaines au seul motif qu'ils étaient soupçonnés d'avoir protesté contre le choix du pays pour accueillir la compétition de football la plus prestigieuse d'Afrique, a déclaré un groupe d'organisations internationales de défense des droits humains et de la transparence, jeudi 29 janvier.

Amnesty International, l'Asociación Pro Derechos Humanos de España (Association pro droits humains d'Espagne), EG Justice, l'Open Society Justice Initiative (Projet de justice Société ouverte) et la Plataforma Portuguesa das ONGD (Plateforme portugaise des organisations non gouvernementales pour le développement) demandent la libération immédiate et inconditionnelle de Celestino Okenve, Antonio Nguema et Miguel Mbomio.

« L'exercice du droit à la liberté d'expression ne devrait jamais être une raison d'emprisonner quelqu'un. Cela donne en outre une mauvaise image du rôle de la Guinée équatoriale en tant que pays hôte de la Coupe d'Afrique des Nations. Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition ces militants des droits humains, qu'Amnesty International considère comme des prisonniers d'opinion », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional adjoint pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale à Amnesty International.

« Les autorités doivent par ailleurs veiller à ce que ces militants soient véritablement protégées contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, et à ce qu'elles puissent régulièrement s'entretenir avec leurs proches et un avocat de leur choix, et recevoir des soins médicaux adaptés. »

Ces trois personnes ont été arrêtées à la veille du coup d'envoi de la Coupe d'Afrique des Nations, événement devant durer trois semaines.

Celestino Okenve a été appréhendé sans mandat d'arrêt le 14 janvier, alors qu'il distribuait des tracts à Bata, une ville de la province du Littoral. Les tracts appelaient au boycott de la compétition, qui s'est ouverte le 17 janvier. Lors de son arrestation, il a été frappé par un groupe de sept policiers. Selon les informations que nous avons recueillies, l'arrestation a été ordonnée par le gouverneur de la province du Wele-Nzas, qui a dit à Celestino Okenve que ce qu'il faisait était mal, et hostile à l'égard du président.

Des policiers ont également arrêté Antonio Nguema, un ancien étudiant de Celestino Okenve qui était présent lors de l'action de protestation. Il ne distribuait pas de tracts mais a été appréhendé après avoir demandé aux policiers pour quel motif ils arrêtaient Celestino Okenve. Les deux hommes ont été emmenés au poste de police central de Bata, où, à leur arrivée, Celestino Okenve a exigé qu'on lui donne la raison de son placement en détention. Il a alors de nouveau été frappé par un policier.

Le 16 janvier, un troisième homme, Miguel Mbomio, a été arrêté à Bata parce qu'il avait dans les mains le tract critiquant la tenue de la compétition de football dans le pays. Il ne connaissait pas Celestino Okenve et ignorait que celui-ci était en détention, mais s'était rendu au poste central de police de Bata pour y régler une affaire personnelle. Le policier en service a remarqué le tract qu'il tenait et l'a placé en détention.

Depuis leur arrestation, les trois hommes ont eu un accès très limité à leurs avocats, qui n'ont pas été autorisés à assister aux interrogatoires, et n'ont pas été informés des faits qu'on reproche à leurs clients.

Les registres de la police indiquent que Celestino Okenve a été accusé de « déstabilisation » contre la Coupe d'Afrique des Nations, bien qu'il n'ait pas comparu devant un juge. Les cinq organisations estiment que ces hommes font l'objet d'une détention arbitraire et ont été arrêtés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression et de réunion.

Celestino Okenve est un économiste, ingénieur et professeur à la retraire qui a enseigné la communication à l'université polytechnique de Madrid. Il est par ailleurs le coordonnateur du Forum de solidarité pour la Guinée équatoriale, un blogueur et militant politique connu.

« La Guinée équatoriale a besoin de mettre immédiatement fin à ces tactiques répressives et arbitraires visant à intimider et museler l'opposition », a déclaré Tutu Alicante, directeur exécutif d'EG Justice. « Si le président Obiang n'éprouve pas de gêne à arrêter de manière arbitraire et priver de justice des citoyens pendant que l'Afrique a les yeux braqués sur la Guinée, alors je tremble à l'idée de ce qui nous attend lors de l'élection présidentielle devant avoir lieu d'ici l'année prochaine. »

Nigeria. La protection des civils dans le nord-est du pays doit être la priorité de l'Union africaine

jeu, 29/01/2015 - 10:09

La protection des civils doit être au cœur des discussions du sommet de l'Union africaine, le 29 janvier, consacré à la manière de faire face à la menace croissante que représente Boko Haram, a déclaré Amnesty International.

La situation dans le nord-est du Nigeria, notamment l'éventuel déploiement d'une force régionale contre Boko Haram, sera à l'ordre du jour des discussions, ce soir, du Conseil Paix et sécurité de l'Union africaine (UA). Amnesty International demande aux dirigeants africains d'inscrire la protection des civils dans le nord-est du Nigeria au premier rang des priorités.

« Face aux attaques meurtrières de Boko Haram, la protection des civils est la première priorité. Les autorités nigérianes sont tenues de prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection de la population civile, notamment en aidant à évacuer les personnes qui souhaitent fuir et en les conduisant vers des zones plus sûres », a déclaré Netsanet Belay, directeur du programme Afrique d'Amnesty International.

« Il est vital que la protection des civils soit au cœur de toute décision de l'UA. Si une force régionale est déployée, elle doit respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. »

Manifestation Raif Badawi : vu l'interdiction, des cris sans haut-parleurs

mer, 28/01/2015 - 18:28

Malgré l'interdiction de diffuser des cris de douleur en direction de l'ambassade d'Arabie saoudite via de puissants haut-parleurs, des militants d'Amnesty ont néanmoins manifesté ce jeudi à 10h30. Chaque semaine, depuis le début de sa condamnation, Amnesty International manifeste en faveur de la libération de Raif Badawi en diffusant des bruits de flagellation en référence aux 1000 coups de fouet auxquels le blogueur saoudien a été condamné pour avoir suscité le débat sur son site Internet. L'organisation de défense des droits humains poursuivra ses actions hebdomadaires jusqu'à ce que ses revendications soient entendues.

« L'ambassade d'Arabie saoudite ne supporte manifestement pas ces bruits et a demandé à la police d'interdire la diffusion de ces cris, qui ne font pourtant que refléter l'horreur de ce châtiment », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. En réaction, des citoyens ont fait savoir à l'organisation qu'ils téléphoneraient à l'ambassade pour faire entendre ces hurlements par téléphone.

« Nous espérons que Raif ne sera pas fouetté vendredi, que cette torture sera suspendue et qu'il sera libéré », déclare encore Philippe Hensmans. « Malgré cette interdiction, nous restons déterminés et nous serons présents devant l'ambassade d'Arabie saoudite chaque jeudi précédant une nouvelle session de flagellations – comme de nombreuses sections d'Amnesty dans le monde - jusqu'à ce que nous soyons pleinement entendus. »

Le cas de Raif Badawi entraîne une très forte mobilisation aussi bien en Belgique que dans le monde. Depuis son lancement, la pétition demandant l'annulation de la condamnation et la libération de Raif Badawi a récolté plus d'un million de signatures à l'échelle mondiale et 23 200 au niveau de la section belge francophone d'Amnesty International.

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, assortis d'une interdiction de voyager pendant 10 ans à l'issue de sa peine, d'une interdiction d'utiliser les médias et d'une amende d'1 million de riyals saoudiens (environ 226.000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l'islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d'« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d'appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre.
Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d'une semaine. Il a été flagellé une première fois en public après la prière du vendredi le 9 janvier dernier, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda. Les flagellations du 16 et du 23 janvier ont été reportées pour « raisons médicales ».

Dans un rapport commandé par Amnesty International, un expert médical de l'organisation « Freedom of Torture » a indiqué que faire subir de nouvelles flagellations à Raif Badawi pourrait avoir des effets néfastes à long terme sur sa santé physique et mentale.

Manifestation d'Amnesty en faveur de Raif Badawi : l'ambassade exige l'arrêt des bruits de flagellation

mer, 28/01/2015 - 18:28

Malgré l'interdiction de diffuser des cris de douleur en direction de l'ambassade d'Arabie saoudite via de puissants haut-parleurs, des militants d'Amnesty manifesteront néanmoins ce jeudi à 10h30. Chaque semaine, depuis le début de sa condamnation, Amnesty International manifeste en faveur de la libération de Raif Badawi en diffusant des bruits de flagellation en référence aux 1000 coups de fouet auxquels Raif Badawi a été condamné pour avoir suscité le débat sur son site Internet. L'organisation de défense des droits humains poursuivra ses actions hebdomadaires jusqu'à ce que ses revendications soient entendues.

« L'ambassade d'Arabie saoudite ne supporte manifestement pas ces bruits et a demandé à la police d'interdire la diffusion de ces cris, qui ne font pourtant que refléter l'horreur de ce châtiment », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. En réaction, des citoyens ont fait savoir à l'organisation qu'ils téléphoneraient à l'ambassade pour faire entendre ces hurlements par téléphone.

« Nous espérons que Raif ne sera pas fouetté vendredi, que cette torture sera suspendue et qu'il sera libéré », déclare encore Philippe Hensmans. « Malgré cette interdiction, nous restons déterminés et nous serons présents devant l'ambassade d'Arabie saoudite chaque jeudi précédant une nouvelle session de flagellations – comme de nombreuses sections d'Amnesty dans le monde - jusqu'à ce que nous soyons pleinement entendus. »

Le cas de Raif Badawi entraîne une très forte mobilisation aussi bien en Belgique que dans le monde. Depuis son lancement, la pétition demandant l'annulation de la condamnation et la libération de Raif Badawi a récolté plus d'un million de signatures à l'échelle mondiale et 23 200 au niveau de la section belge francophone d'Amnesty International.

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, assortis d'une interdiction de voyager pendant 10 ans à l'issue de sa peine, d'une interdiction d'utiliser les médias et d'une amende d'1 million de riyals saoudiens (environ 226.000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l'islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d'« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d'appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre.
Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d'une semaine. Il a été flagellé une première fois en public après la prière du vendredi le 9 janvier dernier, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda. Les flagellations du 16 et du 23 janvier ont été reportées pour « raisons médicales ».

Notes aux rédactions :
La pétition à l'attention du roi d'Arabie saoudite et du Premier ministre saoudien est disponible à l'adresse suivante : http://www.isavelives.be/raifbadawi.
Pour information, le bruit diffusé les deux semaines précédentes peut être écouté ici.
La manifestation aura lieu ce jeudi 29 janvier à 10h30 devant l'ambassade d'Arabie saoudite : Avenue Louise 326 à 1050 Bruxelles.

Nigeria. Les autorités nigérianes avaient été prévenues que Boko Haram attaquerait Baga et Monguno

mer, 28/01/2015 - 17:46

De nouveaux éléments attestent que l'armée nigériane avait été avertie à plusieurs reprises de l'imminence des attaques de Boko Haram contre Baga et Monguno, qui ont fait des centaines de morts, et qu'elles n'ont pas pris les mesures qui s'imposaient pour protéger les civils, a déclaré Amnesty International.

Selon une source militaire de haut rang et d'autres informations recueillies par Amnesty International, des responsables de la base militaire de Baga ont régulièrement informé les quartiers généraux de l'armée, en novembre et décembre 2014, de la menace d'une attaque de Boko Haram et ont demandé des renforts à maintes reprises. D'autres sources militaires et des témoins ont indiqué à Amnesty International que les soldats stationnés à Monguno savaient à l'avance que Boko Haram mènerait une attaque dimanche 25 janvier.

« Ces informations indiquent clairement que les responsables militaires nigérians ont manqué de manière consternante et répétée à leur devoir de protection à l'égard des civils de Baga et de Monguno, malgré plusieurs mises en garde contre le danger imminent représenté par Boko Haram », a déclaré Netsanet Belay, directeur du programme Afrique d'Amnesty International.

« Ces attaques doivent servir d'électrochoc aux dirigeants nigérians, à l'Union africaine et à la communauté internationale. Il est essentiel de protéger des centaines de milliers de civils des assauts répétés de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. »

Selon une source militaire de haut rang, longtemps avant l'attaque contre Baga, la force multinationale conjointe stationnée dans cette ville a informé le quartier général de l'armée à Abuja que des patrouilles de Boko Haram avaient été aperçues et que le nombre de combattants de Boko Haram avait augmenté. Elle avait également indiqué aux quartiers généraux avant les attaques que de nombreux civils résidant dans les villes et villages environnants fuyaient la zone.

Concernant l'attaque contre Baga, Dogon Baga et plusieurs villes et villages voisins, une source militaire a déclaré à Amnesty International : « Ce n'était pas une surprise parce que des combattants de Boko Haram avaient averti les habitants de Baga et des villages voisins il y a près de deux mois qu'ils viendraient attaquer les troupes et la Force d'intervention conjointe civile. » Plusieurs sources ont indiqué à Amnesty International après l'attaque contre Baga, le 3 janvier, que des membres de Boko Haram avaient déclaré à des habitants que leur « prochaine cible [était] Monguno », et que ces civils en avait informé l'armée sur place.

Un résident de Monguno a déclaré à Amnesty International : « Il y a eu un avertissement. Tout le monde était au courant. Des combattants de Boko Haram sont venus mercredi de la semaine dernière [21 janvier] et ont demandé aux villageois [à Ngurno, non loin de là] de partir parce qu'ils allaient attaquer la caserne. Les villageois l'ont dit aux soldats. »

Les autorités nigérianes sont tenues de prendre toutes les mesures possibles afin de protéger la population civile, notamment en aidant à évacuer les personnes qui souhaitent fuir et en les transportant vers des zones plus sûres. Elles ont également le devoir d'informer les civils des risques et des dangers. Selon certains témoins, l'armée locale s'en est abstenue.

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine doit discuter jeudi 29 janvier du déploiement d'une possible force régionale contre Boko Haram.

« Si cette force devait être envoyée sur place, il est vital qu'elle soit dotée d'un mandat clair de protection des civils, et que toutes les parties engagées dans un éventuel déploiement militaire respectent le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains », a déclaré Netsanet Belay.

Mexique. Le procureur général de la République risque d'entraver l'enquête sur les étudiants disparus

mer, 28/01/2015 - 13:00

L'annonce du procureur général du Mexique, qui a affirmé que tous les étudiants disparus d'Ayotzinapa seraient morts, est prématurée et risque d'empêcher la tenue d'une enquête minutieuse et approfondie sur cette tragédie, a déclaré Amnesty International mercredi 28 janvier.

Le 27 janvier 2015, le procureur général de la République, Jesus Murillo Karam, a annoncé qu'il pouvait affirmer de façon certaine que les étudiants étaient morts, fondant principalement ses conclusions sur les aveux de suspects en détention. Il n'a toutefois pas été en mesure de présenter des preuves solides pour étayer ses déclarations.

« Si le procureur général espère que cette annonce va permettre de tourner la page après cette tragédie, il fait erreur. Il y a encore bien des questions en suspens, en particulier celle de la possible complicité, active ou passive, de l'armée et d'autres branches des autorités dans l'attaque de ces jeunes élèves enseignants », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques d'Amnesty International.

« J'ai rencontré les familles et les proches des jeunes disparus, j'ai vu leur douleur et ce n'est pas quelque chose que l'on peut pousser sous le tapis. Le passé troublé du Mexique en matière d'enquêtes policières est une raison supplémentaire pour que celle-ci se poursuive jusqu'à ce que soient découvertes des preuves solides permettant d'expliquer ce qu'il est arrivé à ces jeunes hommes. »

Mercredi 28 janvier, Amnesty International a adressé au procureur général une lettre ouverte faisant état des préoccupations de l'organisation concernant l'enquête.


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