Dossier individu en danger : Communauté garífuna de San Juan Tela (Honduras)
- Posté par : Clarence le 1 juin 2007
Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
Introduction
Des dirigeants et membres d’un groupe de Garífunas, peuple d’origine africaine, qui réside dans le village de San Juan Tela (département d’Atlántida, dans le nord du Honduras), ont été la cible d’une campagne de harcèlement. Cette dernière visait manifestement à les contraindre à céder à une société immobilière, les titres fonciers détenus par leur communauté, depuis plusieurs générations. Cette société envisage de construire une station touristique sur leurs terrains. La vie et l’intégrité physique et mentale des membres de ce groupe sont en danger.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les informations générales
- Les objectifs
- Le destinataire de l'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Le modèle de lettre
- La pétition
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Sexe : Féminin
Date de naissance : 18-02-1973
Langue parlée : Espagnol
Profession : Présidente du Patronato San Juan Tela (une organisation garífuna, un peuple d’origine africaine)
Localisation actuelle : Honduras
Situation familiale : quatre enfants de 19, 17, 15 et 14 ans
Des dirigeants et membres d’un groupe de Garífunas, peuple d’origine africaine, qui réside dans le village de San Juan Tela (département d’Atlántida, dans le nord du Honduras), ont été la cible d’une campagne de harcèlement. Cette dernière visait manifestement à les contraindre à céder à une société immobilière, les titres fonciers détenus par leur communauté, depuis plusieurs générations. Cette société envisage de construire une station touristique sur leurs terrains. La vie et l’intégrité physique et mentale des membres de ce groupe sont en danger.
Le 5 juin 2008, un membre de cette communauté, Santos Feliciano Aguilar Álvares a été enlevé, battu et menacé de mort par une dizaine d’hommes. Des informations indiquent que ses agresseurs seraient des agents de sécurité privés travaillant pour le compte de la société immobilière qui veut acheter les terres appartenant à cette communauté. Ses agresseurs l’ont encerclé alors qu’il marchait dans une rue de son village et ils l’ont conduit dans des locaux appartenant à la société immobilière, où ils l'ont battu. Ces hommes ont tenté d’intimider Santos Aguilar en déclarant entre eux : « On le tue et on l’enterre ici même » (matémoslo y enterrémoslo aquí mismo). Santos Aguilar a été relâché peu après mais il a dû se rendre à l’hôpital pour recevoir des soins. Quelques heures avant les faits, il avait participé à une réunion de sa communauté avec des représentants de la société immobilière. Au cours de cette réunion, Santos Aguilar a accusé la société immobilière d’exercer des pressions sur les Garífunas afin qu’ils vendent leurs terres. Aucun responsable présumé de cette agression n’a été traduit en justice.
Jessica García, l’une des dirigeantes de la communauté garífuna, a été, à plusieurs reprises, la cible de harcèlements visant manifestement à les contraindre à céder, à une société immobilière, des titres de propriété fonciers possédés par les Garífunas. En mars 2006, des agents de sécurité portant des cagoules et travaillant pour le compte de cette société ont cherché à l’intimider en ne cessant de rôder autour de son domicile. Craignant pour la sécurité de ses enfants, Jessica García a fini par les envoyer vivre ailleurs. Le 22 juin 2006, un inconnu l’a abordée et lui a proposé de l’argent en échange de sa signature sur un document attribuant la propriété de terres de sa communauté au propriétaire de la société immobilière. Face à son refus, l’homme a menacé de la tuer, elle et ses enfants, et a sorti une arme à feu ce qui a contraint Jessica García à signer ce document. Aucun responsable présumé de ces actes d’intimidation n’a été traduit en justice.
Wilfredo Guerrero, un autre dirigeant de cette communauté, a également été victime d’intimidations et de harcèlements. En 2002, Wilfredo Guerrero a été arrêté par la police ; il a été accusé de détenir illégalement des terres et d’avoir menacé des employés de la société immobilière. Des mesures restrictives ont été adoptées à son encontre à cette époque-là obligeant Wilfredo à se présenter une fois par semaine devant le magistrat local de San Juan Tela. Ces mesures restrictives sont toujours maintenues six ans plus tard. En novembre 2005, la maison de Wilfredo Guerrero a été détruite dans un incendie volontaire. Tous ses biens ont été détruits, de même que des documents relatifs aux titres de propriété fonciers revendiqués par la communauté. Aucun responsable présumé de cet acte n’a été traduit en justice.
Le 7 juillet 2006, suite aux attaques et aux menaces subies par les membres de la communauté garífuna, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIADH) a appelé les autorités honduriennes à mettre en place des mesures de protection en faveur des dirigeants de la communauté garífuna de San Juan Tela et, en particulier, en faveur de Jessica García et de Wilfredo Guerrero. Cette protection devait être mise en place conformément à leurs souhaits. À ce jour, les autorités n’ont pas mis en place aucune mesure significative.
Le 4 octobre 2007, Wilfredo Guerrero a été arrêté. La police n’a pas respecté la procédure normale et a utilisé le même mandat d’arrêt que celui délivré lors de son arrestation en 2002. Étant donné l’absence d’autorisation permettant de procéder à une arrestation de manière légale et en raison d’autres irrégularités dans la procédure suivie par les agents responsables de cette arrestation, le procureur a ordonné à la police de remettre en liberté Wilfredo.
En raison de cette arrestation illégale survenue en octobre 2007 et suite à des craintes relatives à sa sécurité, Wilfredo Guerrero a cessé de se présenter devant les autorités et s’est réfugié dans la clandestinité, en violation des mesures restrictives qui lui avaient été imposées. Comme il n’a plus respecté ces mesures restrictives, Wilfredo Guerrero a fait l’objet d’un nouveau mandat d’arrêt délivré le 22 janvier 2008. Ce mandat demeure en vigueur.
Le 24 octobre 2008, suite à une requête de la CIADH, les autorités et les membres de la communauté se sont rencontrés afin de sortir de l’impasse. Suite à cela, un nouveau cycle de négociations entre le gouvernement et cette communauté a été lancé.
Au Honduras, cela fait des années que les groupes indigènes comme la communauté garífuna, d'origine africaine, se battent pour le respect de leurs droits sur les terres qu'ils occupent depuis plusieurs générations. Les terres occupées par les Garífunas, situées dans les départements du nord-est du Honduras sont de plus en plus convoitées par des sociétés qui veulent en faire des complexes touristiques, ce qui, affirment certaines communautés, nuirait aux traditions, à la culture et au mode de vie des Garífunas, ainsi qu'à l'environnement dans lequel ils vivent, et risquerait de causer leur destruction.
Le projet de construction d'un complexe touristique doté d'un terrain de golf 18 trous dans la région de San Juan Tela est perçu par de nombreux Garífunas comme un danger pour l'environnement, et une menace pour leurs moyens de subsistance. Le 25 février, Epson Andrés Castillo et Gino Eligio López, deux jeunes membres de la communauté garífuna, auraient été arrêtés par des membres des forces de sécurité dans une ville voisine.
On a retrouvé leurs corps le lendemain. Trois représentants des forces de l'ordre ont été déclarés coupables de ce meurtre en décembre 2007. Quelque 7 000 personnes vivent dans le village de San Juan Tela. La grande majorité d’entre eux sont d’origine africaine.
Président de la République du Honduras
Presidente Porfirio Lobo Sosa
Despacho Presidencial,
Casa Presidencial,
Boulevard Juan Pablo Segundo
Tegucigalpa,
Honduras
Fax : (504) 232-1666
Formule d'appel : Dear President / Estimado Señor Presidente
Ministre de la Sécurité
Óscar Álvarez Guerrero
Ministerio de Seguridad Pública
Cuartel Casa Mata
Tegucigalpa,
Honduras
Fax : + 504 220 1756
Formule d'appel : Dear Minister / Estimado Señor Ministro
Procureur général
Lic. Luis Alberto Rubí Avila
Fiscal General del Estado
Ministerio Público,
Edificio Lomas Plaza II, subida a Las Lomas del Guijarro,
Avenida República Dominicana,
Tegucigalpa,
Honduras
Fax : + 504 221 5667
Formule d'appel : Dear Attorney General/Estimado Sr. Fiscal General
La Procureure Spéciale chargée des questions ethniques au sein du Ministère Public
Licda Jany del Cid
Fiscal Especial de las Etnias
Ministerio Público,
Edificio Lomas Plaza II, subida a Las Lomas del Guijarro,
Avenida República Dominicana,
Tegucigalpa,
Honduras
Fax : + 504 221 5667
Formule d'appel : Dear Special Prosecutor / Estimada Sra. Fiscal Especial
Copie à l'ambassade
Ambassade de la République du Honduras
Avenue des Gaulois, 3
1040 Bruxelles
Fax : 02 735 26 26
Email : ambassade.honduras@chello.be
Copie à l'organisation des droits de l'Homme locale
Organización Fraternal Negra Hondureña, OFRANEH
Apdo. Postal 341
La Ceiba, Atlántida
Honduras
Email : ofraneh@yahoo.com
Ecrire des lettres en espagnol ou en français.
Les recommandations pour les appels
Dans les courriers envoyés nous vous demandons de respecter les recommandations suivantes :
- Ecrivez aux autorités pour exprimer votre préoccupation quant à la sécurité des dirigeants et des membres de la communauté garífuna suite aux attaques, aux menaces de mort et aux intimidations dont beaucoup d’entre eux ont fait l’objet ;
- Exhortez le Président et le ministre de la Sécurité à prendre sans délais des mesures afin de mettre en œuvre les mesures de protection ordonnées par la Commission interaméricaine des droits de l’homme, le 7 juillet 2006, visant à garantir la sécurité des dirigeants de la communauté garífuna de San Juan Tela, conformément aux souhaits de cette communauté ;
- Appelez le Procureur général et le procureur spécial chargé des affaires ethniques à effectuer sans délai une enquête exhaustive et impartiale sur les menaces et harcèlements dont ont été victimes les dirigeants et les membres de la communauté de San Juan Tela, à publier les résultats de cette enquête et à traduire en justice les responsables présumés de ces actes.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide à la communauté garífuna de San Juan Tela et faites-nous part de vos commentaires.












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