Dossier individu en danger : Groupe des Étudiants de la génération 88 (Myanmar (Birmanie))
- Posté par : Clarence le 8 septembre 2008
Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
Zaw Htet Ko Ko a été libéré par les autorités birmanes le 12 octobre 2011. Htay Kywe et Mie Mie ont été libérés, trois mois plus tard, le 13 janvier 2012.
Introduction
Des membres du Groupe des Étudiants de la Génération 88, un mouvement luttant pour la démocratie, sont en train de purger de longues peines d’emprisonnement pour avoir participé à des manifestations pacifiques en août et septembre 2007. En novembre 2008, Htay Kywe et Mie Mie ont tous deux été condamnés à une peine de soixante-cinq ans d’emprisonnement et Zaw Htet Ko Ko à une peine de onze ans d’emprisonnement. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion. Ces personnes risquent d’être soumises à des actes de torture.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les informations générales
- Les destinataires de l'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Le modèle de lettre
- La pétition
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Htay Kywe
Sexe : Masculin
Date de naissance : 12 juin 1968
Profession : Défenseur des droits humains
Localisation actuelle : Insein Prison
Thin Thin Aye connue aussi sous le pseudonyme nom de Mie Mie
Sexe : Féminin
Date de naissance : 1 janvier 1970
Profession : Défenseure des droits humains
Localisation actuelle : Insein Prison
Situation familialle: deux enfants
Zaw Htet Ko Ko
Sexe : Masculin
Date de naissance : 6 janvier 1981
Profession : Défenseur des droits humains
Localisation actuelle : Insein Prison
Situation familialle: un enfant
Des membres du Groupe des Étudiants de la Génération 88, un mouvement luttant pour la démocratie, sont en train de purger de longues peines d’emprisonnement pour avoir participé à des manifestations pacifiques en août et septembre 2007. En novembre 2008, Htay Kywe et Mie Mie ont tous deux été condamnés à une peine de soixante-cinq ans d’emprisonnement et Zaw Htet Ko Ko à une peine de onze ans d’emprisonnement. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion. Ces personnes risquent d’être soumises à des actes de torture.
Les militants, Htay Kywe, Mie Mie et Zaw Htet Ko Ko, ont été arrêtés dans le cadre de la chasse aux personnes qui étaient à l’origine des grandes manifestations de protestation antigouvernementales qui ont commencé en août 2007, et auxquelles les autorités ont mis un terme, fin septembre, en déclenchant une violente répression. Ces protestations étaient organisées en réaction à l’augmentation soudaine du prix de l’essence imposé par l’État. Ces trois militants ont été très vite contraints d’entrer dans la clandestinité et ont, ensuite, été arrêtés aux premières heures du 13 octobre 2007 dans une maison où ils se cachaient, à la périphérie de l’ancienne capitale, Yangon (ex-Rangoon). Le propriétaire de la maison ainsi que deux autres membres du Groupe des Étudiants de la Génération 88, ont été arrêtés avec eux. Le Groupe des Étudiants de la Génération 88 est principalement composé de dirigeants du soulèvement massif en faveur de la démocratie de 1988 alors que le Myanmar subissait un régime militaire depuis 26 ans et que l’économie du pays était en ruines. Trente-deux autres personnes, arrêtées lors de la répression de 2007, ont été jugées avec eux.
Htay Kywe et Mie Mie ont été condamnés à quatre peines de quinze ans d’emprisonnement chacune pour quatre chefs d’inculpation différents relevant de l’article 33 (A) de la loi sur les communications électroniques qui est formulée en des termes vagues ainsi qu’à une autre peine de cinq ans d’emprisonnement pour une infraction prévue par l’article 6 de la loi relative aux associations illégales. Les charges à l’encontre de Zaw Htet Ko Ko incluent trois chefs d’inculpation relatifs à l’incitation à commettre des infractions nuisant à la « tranquillité publique ». Ces lois sont utilisées systématiquement et arbitrairement pour ériger en infraction pénale le fait d'exprimer pacifiquement une opinion politique divergente.
Les audiences ont commencé le 28 septembre. Htay Kywe, Mie Mie and Zaw Htet Ko Ko et les 32 autres accusés ont exprimé trois requêtes devant le tribunal : qu’ils ne soient pas menottés lors de leur transfert devant le tribunal ; que les journalistes soient autorisés à assister aux audiences et que le procès soit public (pour le moment, seules les familles des détenus sont autorisées à assister aux audiences). Les autorités ont refusé ces requêtes.
Selon une source fiable, Htay Kywe a été placé à l’isolement durant le premier trimestre de l’année 2008. Il souffrait d’hypertension artérielle et connaissait des problèmes de santé. Htay Kywe a été transféré le 15 novembre à la prison de Buthidaung, dans l’État de Rakhine. En tant que membre fondateur du Groupe des Étudiants de la Génération 88, il a été spécialement soumis à des mauvais traitements. Des informations indiquent qu’il a été victime de tortures depuis son transfert dans cette prison. Il a été détenu dans une cellule mesurant 2,5 mètres sur 3 mètres et il a été autorisé à quitter sa cellule moins souvent que d’autres prisonniers. Il n’a pas pu se laver de manière régulière et a contracté la gale.
Mie Mie a des problèmes cardiaques et on ne sait pas si elle reçoit les soins médicaux requis par son état de santé. En novembre 2009, Mie Mie a été transférée de la prison de Myaungmay (située dans la Division d’Ayerwaddy) vers la prison de Katha (située dans la Division de Sagaing, dans le nord-ouest du Myanmar). Son nouveau lieu de détention se trouve situé à 1 290 km de son domicile à Yangon et il est beaucoup plus difficile pour sa famille de lui rendre visite. La décision de transférer Mie Mie a été prise en dépit de ses problèmes de santé persistants. Au début du mois de novembre, son mari a signalé à des médias en exil qu’elle souffrait de spondylose et d’arthrite.
Zaw Htet Ko Ko a été détenu dans la prison d’Insein, à Yangon, jusqu’à son transfert, le 6 février 2009, à la prison de Kyaukpyu, située dans l’État de Rahkine, à l’ouest du pays. Une partie de la prison d’Insein a été endommagée par le cyclone Nargis, qui a frappé le Myanmar les 2 et 3 mai 2008. Zaw Htet Ko Ko a inhalé de la fumée au cours d’un incendie qui a éclaté dans la prison lors du passage de ce cyclone. Bien que cela n’ait pas eu de graves conséquences sur son état de santé, il souffre depuis lors d’un problème aux amygdales.
Des informations indiquent que ces trois militants ont subi des interrogatoires répétés. Les prisonniers sont systématiquement torturés ou maltraités durant ces interrogatoires, mais nous n’avons pas d’autres informations sur le traitement qui est réservé à ces trois détenus.
Emprisonnement et harcèlements subis dans le passé
Htay Kywe et Mie Mie ont été emprisonnés, dans le passé, en raison de leurs activités, pourtant pacifiques, en faveur des droits humains et de la démocratie. Htay Kywe était l'un des leaders du mouvement national de protestation contre le régime militaire en 1988. En 1991, il a été condamné à une peine de quinze années d'emprisonnement au titre de dispositions relatives à la sécurité nationale formulées en termes vagues, comme la Législation d'exception de 1950. Ces dispositions ont fréquemment été invoquées pour ériger en infraction pénale l’expression pacifique de toute opinion politique divergente. Bien que sa peine ait, par la suite, été commuée en une peine de dix ans d'emprisonnement, il est resté en prison pendant plus de trois ans après l'expiration de sa peine en 2001 au titre de la Loi relative à la protection de l'État de 1975. En février 2004, il a été opéré d’urgence pour des douleurs graves à l’estomac. Il a été libéré de la prison de Tharawaddy en octobre 2004.
Le 6 septembre 2005, il a fondé le groupe des Étudiants de la génération 88 avec d’autres militants de premier plan ayant participé au soulèvement de 1988. Le 27 septembre 2006, il a, de nouveau, été arrêté avec deux autres dirigeants de l’opposition. Tous trois ont été arrêtés en raison de leurs activités en faveur de la démocratie. Ils ont été libérés le 11 janvier 2007, la veille du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution sur le Myanmar rédigée par les USA.
Htay Kywe a été contraint d’entrer dans la clandestinité à la suite des premières marches de protestation contre l’augmentation soudaine du prix de l’essence imposée par l’État en août 2007. En dépit des grands risques encourus, il a continué dans la clandestinité à agir en faveur de la démocratie, en encourageant d’autres manifestants par le biais de documents et d’entretiens, y compris un entretien accordé à Amnesty International, qui a été publié dans des journaux et des médias internationaux.
Mie Mie était au lycée lorsqu’elle a participé au soulèvement de 1988. Elle a été détenue pendant quatre mois en 1989 en raison de ses activités politiques. En 1996, lors des grandes manifestations étudiantes en faveur de la démocratie, Mie Mie a été arrêtée et condamnée à sept ans d'emprisonnement. Elle a conduit une marche de protestation de femmes le 22 août 2007, le lendemain de l’arrestation de nombreux militants de renom qui ont été incarcérés en raison de leur implication dans les manifestations contre la hausse du prix de l’essence. Suite à cela, elle est entrée dans la clandestinité mais, à l’instar de Htay Kywe, elle a continué, en prenant de grands risques, à soutenir les manifestants.
Zaw Thet Ko Ko est un jeune membre du groupe des Étudiants de la génération 88. En août et septembre 2007, les autorités ont fait une descente dans son domicile à quatre ou cinq reprises. Sa famille a été menacée et harcelée durant ces raids.
Répression de toute dissidence politique pacifique
Une année après la violente répression des importantes manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu au Myanmar en août-septembre 2007, les généraux au pouvoir ne montrent aucun signe indiquant qu’ils vont relâcher leurs efforts visant à étouffer toute dissidence politique. Fin août 2008, près de 300 personnes ont été arrêtées en raison de leurs activités politiques, pourtant menées pacifiquement.
Depuis de nombreuses années, les autorités justifient l’emprisonnement de centaines de personnes en prétendant qu’elles tentaient de provoquer des troubles. Ces arrestations sont rendues possibles par la formulation pour le moins vague de certaines lois relatives à la sécurité, qui laisse aux autorités une marge d’interprétation excessivement large de ce qui peut constituer une menace à la sécurité, ainsi que par une législation qui érige en infraction la diffusion de toute information écrite – sous quelque forme que ce soit – sans la permission de l’organe officiel de censure.
La Loi de 1962 relative à l'enregistrement des imprimeurs et des éditeurs restreint les droits et libertés de manière totalement disproportionnée par rapport aux impératifs de sûreté nationale, d’ordre public ou de moralité.
La Loi relative aux associations illégales pose des problèmes similaires. Des associations dont les méthodes sont non violentes, telles que des syndicats, des partis politiques, des associations d’étudiants et des organisations religieuses, peuvent être déclarées illégales de manière arbitraire aux termes de cette loi.
La Loi 5/96 dispose que quiconque se rend coupable d’exprimer des opinions qui portent atteinte à la stabilité de l’État ou qui compromettent et dénigrent les travaux menés par la Convention nationale et trompent la population à ce sujet est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. Les dispositions de la Loi 5/96, rédigées en termes vagues et généraux, érigent en infraction l'expression pacifique de convictions politiques
Accès aux soins médicaux dans les prisons du Myanmar
Outre les cas de Mie Mie et de Zaw Thet Ko Ko, Amnesty International a recensé d’autres exemples, en 2008, dans lesquels les autorités pénitentiaires ont refusé à des prisonniers politiques l’accès à des soins médicaux ou à un traitement médical. Le Comité international de la Croix-Rouge n’a pas été autorisé à visiter les prisons au Myanmar depuis la fin de 2005. Les conditions de détention dans les prisons sont déplorables et les prisonniers n’ont pas accès à une nourriture suffisante et aux traitements médicaux requis par leur état de santé.
Aux termes des normes internationales, les autorités du Myanmar doivent faire en sorte que tout détenu ait accès à des soins médicaux appropriés. Les normes internationales prévoient que tout gouvernement est tenu de garantir un niveau décent de soins médicaux aux prisonniers et aux détenus. Ces normes comprennent l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement qui précise, en son principe 24 : Toute personne détenue ou emprisonnée se verra offrir un examen médical approprié dans un délai aussi bref que possible après son entrée dans le lieu de détention ou d'emprisonnement; par la suite, elle bénéficiera de soins et traitements médicaux chaque fois que le besoin s'en fera sentir. Ces soins et traitements seront gratuits. L’Ensemble de règles minimales pour le traitement des détenus précise également : Pour les malades qui ont besoin de soins spéciaux, il faut prévoir le transfert vers des établissements pénitentiaires spécialisés ou vers des hôpitaux civils (Règle 22).
Le Ministre de l'Intérieur
Lt Gen Ko Ko
Minister of Home Affairs
Ministry of Home Affairs
Office No. 10
Nay Pyi Taw
Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Le Président de la Commission des droits de l'Homme du Myanmar
U Win Mra
Chairman of the Myanmar National Human Rights Commission
27 Pyay Road
Hline Township
Yangon,
Republic of the Union of Myanmar Formule d'appel : Dear Chairman
Le Ministre des Affaires étrangères
U Wunna Maung Lwin
Minister of Foreign Affairs
Ministry of Foreign Affairs
Building 19
Nay Pyi Taw
Republic of the Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Copie à l'ambassade
Ambassade de l'Union du Myanmar
Boulevard Général Wahis, 9
1030 Bruxelles
Fax : 02 705 50 48
Ecrire des lettres en birman, en anglais ou en français.
Dans les courriers envoyés, nous vous demandons de respecter les recommandations suivantes :
- Htay Kywe, Mie Mie et Zaw Thet Ko Ko doivent être libérés immédiatement et inconditionnellement ;
- Ces trois personnes doivent recevoir sans délai tous les soins médicaux requis par leur état de santé ;
- Elles doivent avoir régulièrement accès aux avocats de leur choix et à leurs familles ;
- Elles ne doivent pas être soumises à la torture ou à d’autres mauvais traitements.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide au groupe des Étudiants de la génération 88 et faites-nous part de vos commentaires.
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