Dossier individu en danger : Myo Min Zaw et Ko Aye Aung (Myanmar (Birmanie))
- Posté par : Benoit Priem le 3 juin 2009
Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
Myo Min Zaw a été libéré par les autorités birmanes le 13 janvier 2012.
Introduction
Les militants étudiants, Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ont été arrêtés le 12 septembre 1998 pour avoir distribué des tracts et organisé des manifestations étudiantes à Yangon, la plus grande ville du Myanmar. Ces deux hommes étaient des membres dirigeants de l’organisation interdite, All Burma Federation of Student Unions (ABFSU, Fédération des syndicats étudiants de Birmanie). Myo Min Zaw et Ko Aye Aung purgent respectivement des peines de cinquante-deux et de cinquante-neuf années d’emprisonnement. Ils auraient été torturés durant leur interrogatoire. Tous deux sont des prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exprimé leurs convictions de manière non violente.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les informations générales
- Les destinataires d'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Les modèles de lettre
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Myo Min Zaw a.k.a Moe Hein Aung
Sexe : Masculin
Langue parlée : -
Date de naissance : 01 janvier 1976 (estimation)
Profession : Étudiant à l’université (2e année d’anglais à l’établissement d’enseignement supérieur de Hlaing, Université de Yangon); Membre dirigeant du All Burma Federation of Student Unions (ABFSU, Fédération des syndicats étudiants de Birmanie)
Localisation actuelle :
Situation familiale : U Soe Myint (son père)
Ko Aye Aung
Sexe : Masculin
Langue parlée : -
Date de naissance : 01 janvier 1975 (estimation)
Profession : Étudiant à l’université (2e année d’anglais à l’établissement d’enseignement supérieur de Hlaing, Université de Yangon); Membre dirigeant du All Burma Federation of Student Unions (ABFSU, Fédération des syndicats étudiants de Birmanie)
Localisation actuelle :
Situation familiale : U Thaung Sein (son père)
Les militants étudiants, Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ont été arrêtés le 12 septembre 1998 pour avoir distribué des tracts et organisé des manifestations étudiantes à Yangon, la plus grande ville du Myanmar. Ces deux hommes étaient des membres dirigeants de l’organisation interdite, All Burma Federation of Student Unions (ABFSU, Fédération des syndicats étudiants de Birmanie). Myo Min Zaw et Ko Aye Aung purgent respectivement des peines de cinquante-deux et de cinquante-neuf années d’emprisonnement. Ils auraient été torturés durant leur interrogatoire. Tous deux sont des prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exprimé leurs convictions de manière non violente.
Les militants étudiants, Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ont été arrêtés dans une boutique de thé, dans la commune de Kyanktada (Division de Yangon), le 12 septembre 1998. Ils auraient organisé ou pris part à des manifestations réunissant entre 150 et 500 étudiants, durant les mois d’août et de septembre 1998, et auraient distribué des tracts exposant les préoccupations des étudiants. Ils ont été appréhendés, en 1998, lors d’une vague d’arrestations qui a duré plusieurs mois et au cours de laquelle des centaines d’étudiants ont été arrêtés alors qu’ils revendiquaient, lors de manifestations, une amélioration du système éducatif au Myanmar et une libération des prisonniers politiques. Des lettres, signées par Myo Min Zaw, appelant à soutenir ces actions et destinées à la population, ont été largement diffusées avant ces rassemblements.
Au moment de l’arrestation de ces deux hommes, le principal parti d’opposition du Myanmar, la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), avait annoncé qu’il formerait un parlement de députés élus lors des élections de 1990, au cours desquelles ce parti a remporté la majorité des sièges. Cependant, les autorités militaires n’ont jamais accepté de remettre le pouvoir à la NLD. Lors d’une conférence de presse, le 8 octobre 1998, le gouvernement a déclaré qu’il était en mesure de révéler un complot organisé par Myo Min Zaw visant à créer des troubles pour soutenir l’exigence de la NLD de réunir le parlement et à s’opposer aux examens en cours à l’université et au lycée . Les autorités ont, en particulier, fait référence à une manifestation d’étudiants organisée par Myo Min Zaw, le 24 août 1998, au carrefour très animé de Hledan à Yangon. Myo Min Zaw a été accusé d’avoir distribué des pamphlets séditieux lors de ce rassemblement.
Après leur arrestation, Myo Min Zaw et Ko Aye Aung auraient été torturés durant leur interrogatoire. Ils n’ont pas pu bénéficier des services d’un avocat et n’ont pas pu se défendre eux-mêmes durant leur procès qui s’est tenu dans la prison d’Insein, à Yangon. De plus, les autorités ont donné une conférence de presse, peu après leur arrestation, au cours de laquelle elles ont affirmé que ces manifestations visaient à provoquer des troubles, portant ainsi atteinte à l’équité de la procédure judiciaire.
À la fin du procès, Myo Min Zaw a été condamné à trente-huit d’emprisonnement, une peine qui a, par la suite, été aggravée, en 1999 pour atteindre un total de cinquante-deux ans d’emprisonnement ; la première peine d’emprisonnement de Ko Aye Aung qui s’élevait à quatorze ans a, elle aussi, été aggravée, à la suite d’un deuxième interrogatoire, et est passée à vingt-quatre puis à cinquante-neuf ans d’emprisonnement.
Ces condamnations sévères se fondent sur plusieurs inculpations formulées dans des termes vagues et figurant dans des lois relatives à la sécurité qui ont été utilisées régulièrement et arbitrairement par les autorités pour réduire au silence toute dissension politique. Comme pour d’autres prisonniers politiques, les peines prononcées contre eux ont été cumulées, au lieu d’être confondues.
Myo Min Zaw était en deuxième année d’anglais dans l’établissement d’enseignement supérieur de Hlaing, à l’université de Yangon, lorsqu’il a commencé à participer activement à une série de manifestations étudiantes qui ont eu lieu en décembre 1996. Des centaines d’étudiants et de membres de la NLD ont été arrêtés suite à la répression brutale de ces actions de protestations. Les autorités ont cherché à arrêter Myo Min Zaw mais celui-ci a réussi à s’échapper. Lorsque, par la suite, les autorités ont fermé toutes les universités afin d’empêcher les manifestations étudiantes, Myo Min Zaw et d’autres étudiants ont continué à se réunir régulièrement pour débattre de questions relatives à la politique, l’économie, les droits des étudiants et l’éducation.
En 1997, il a rejoint le Comité d’organisation centrale de la All Burma Federation of Student Unions (ABFSU, Fédération des syndicats étudiants de Birmanie). L’ABFSU est depuis des décennies au premier plan du militantisme étudiant en faveur de changements politiques. Ses membres ont été contraints d’entrer dans la clandestinité en 1990 à la suite de la brutale répression du soulèvement pro-démocratique de 1998, au cours de laquelle les autorités ont tué plus de 3 000 personnes.
En juillet 1998, Myo Min Zaw a formé le Student and Youth Unity Front (SYUF, Front unitaire des étudiants et de la jeunesse) sous le pseudonyme de Moe Hein Aung. Il a pris ce pseudonyme parce qu’il distribuait des déclarations du SYUF et qu’il préparait de futures manifestations étudiantes.
Myo Min Zaw est détenu à la prison de Putao dans l’État Kachin, dans le nord du Myanmar. Ce lieu de détention est situé à plus d’une semaine de route du domicile de sa famille à Yangon. Au Myanmar, les prisonniers doivent systématiquement compter sur leurs familles pour obtenir des médicaments et de la nourriture, ce qui est très difficile lorsque les prisonniers sont détenus très loin du domicile de leurs proches.
Durant sa détention, Myo Min Zaw a souffert de douleurs gastriques et d’une maladie de la peau qui a affecté ses doigts et ses ongles.
Ko Aye Aung est détenu à la prison de Kale, située dans la Division de Sagaing, dans le nord du pays. Ce lieu de détention se trouve à quelque 950 km de Yangon, où réside sa famille. Des informations indiquent que la Prison de Kale est située dans une zone où la prévalence du paludisme et de la typhoïde est très importante ce qui expose les prisonniers au risque d’être infectés par ces maladies.
Les prisonniers politiques au Myanmar sont souvent envoyés dans des zones reculées du pays afin de les priver du contact avec leurs proches.
En 2002, Ko Aye Aung a entamé une grève de la faim pour protester contre le fait qu’il ne recevait pas de soins médicaux en prison.
Nous n’avons obtenu, depuis lors, aucune autre information concernant la situation de Ko Aye Aung.
Des transferts de prison répétés
Myo Min Zaw a d’abord été détenu à la prison d’Insein, puis il a été transféré, en avril ou mai 1999, à la prison de Pathein, dans la Division d’Ayeyarwady (Irrawaddy), située au sud-ouest du pays. Alors que le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) tentait, en 1999, d’accroître son travail de surveillance des conditions de détention au Myanmar, les autorités militaires ont secrètement transféré des centaines de prisonniers politiques de la prison d’Insein vers des prisons éloignées, situées dans d’autres régions du pays. Les familles des prisonniers n’ont pas été informées de ces transferts.
En septembre 2003, Myo Min Zaw a été transféré de la prison de Pathein vers la prison de Mandalay, après qu’il eut entamé une grève de la faim afin de protester contre la détention continue d’autres prisonniers politiques, notamment de la dirigeante de la NLD, Daw Aung San Suu Kyi, et contre les conditions de détention déplorables auxquelles étaient soumis les prisonniers. À son arrivée à la prison de Mandalay, il a été enchaîné et placé à l’isolement durant plus d’un mois à titre de punition, suite à son action de protestation.
Oppression de toute dissidence politique
Dix ans après que Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement pour leur action pacifique en faveur du militantisme étudiant, les autorités du Myanmar s’efforcent toujours de réduire au silence toute opposition politique.
Un nombre croissant de militants politiques ont été condamnés à des peines d’emprisonnement à la suite de procès à huis clos. Avant que les autorités ne répriment, en septembre 2007, les manifestations pacifiques antigouvernementales, il y avait environ 1 150 prisonniers politiques au Myanmar. Fin 2008, ce chiffre s’était élevé à plus de 2 100 – le nombre de prisonniers politiques a donc presque doublé en un an.
Entre octobre 2008 et mi-janvier 2009, au moins 280 personnes ont été condamnées en raison de leurs activités politiques. Beaucoup d’entre elles ont été sévèrement punies suite à leur participation dans les mouvements de protestation de 2007. Depuis novembre 2008, plus de 100 prisonniers politiques ont été transférés, souvent vers des lieux de détention très éloignés, au Myanmar. Les familles des détenus doivent donc entreprendre de longs trajets - qui durent parfois six jours ou plus - pour rendre visite en prison à leurs proches et il arrive même parfois que les autorités ne permettent pas à ces familles de leur rendre visite en prison.
La sévérité de ces condamnations (le moine militant U Gambira a été condamné à un total de soixante-huit ans d’emprisonnement) contredit les affirmations du gouvernement du Myanmar selon lesquelles sa nouvelle constitution et son projet d’organiser des élections en 2010 constituent des efforts sincères en vue d’accroître la participation politique. En outre, ces condamnations rappellent avec force que le gouvernement du Myanmar continue d’ignorer les appels lancés par la communauté internationale afin qu’il améliore son bilan des droits humains.
Le Ministre de l'Intérieur
Lt Gen Ko Ko
Minister of Home Affairs
Ministry of Home Affairs
Office No. 10
Nay Pyi Taw
Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Le Président de la Commission des droits de l'Homme du Myanmar
U Win Mra
Chairman of the Myanmar National Human Rights Commission
27 Pyay Road
Hline Township
Yangon,
Republic of the Union of Myanmar Formule d'appel : Dear Chairman
Le Ministre des Affaires étrangères
U Wunna Maung Lwin
Minister of Foreign Affairs
Ministry of Foreign Affairs
Building 19
Nay Pyi Taw
Republic of the Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Copie à l'ambassade
Ambassade de l'Union du Myanmar
Boulevard Général Wahis, 9
1030 Bruxelles
Fax : 02 705 50 48
-
Les recommandations pour les appels
- Myo Min Zaw et Ko Aye Aung doivent être libérés immédiatement et de manière inconditionnelle ;
- Myo Min Zaw et Ko Aye Aung doivent recevoir tous les soins médicaux requis par leurs problèmes de santé ;
- Myo Min Zaw et Ko Aye Aung ne doivent pas être soumis à la torture ni à d’autres mauvais traitements ;
- Myo Min Zaw et Ko Aye Aung doivent pouvoir contacter régulièrement les avocats de leur choix et s’entretenir avec leur famille.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide à Myo Min Zaw et Ko Aye Aung et faites-nous part de vos commentaires.












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