Dossier individu en danger : Hu Jia (胡佳) et Zeng Jinyan(曾金燕)(Chine)

 

Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications
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Introduction

Le militant des droits humains vivant à Pékin, Hu Jia, a été jugé, le 18 mars 2008, par le tribunal populaire intermédiaire numéro un de Pékin pour incitation à la subversion aux termes de l’article 105 du Code pénal chinois. Si sa mère a été autorisée à assister au procès, sa femme et son père en ont été empêchés. Plusieurs amis de Hu Jia, notamment d’autres militants, auraient également été empêchés d’assister au procès ou contraints par la force de quitter Pékin durant ce procès. Ses avocats n’ont eu que trois jours pour préparer sa défense. Hu Jia était détenu depuis le 27 décembre 2007 car il était soupçonné d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État. Il se trouve actuellement détenu au centre de détention de la police municipale de Pékin, dans le district de Chaoyang.

Dans cette page :

Pages complémentaires :



L'identité

   Hu Jia (胡佳)
   Sexe : Masculin
   Date de naissance : 25 juillet 1973
   Profession : activiste (défense de l’environnement et les questions relatives au SIDA)
   Localisation actuelle : Chine
   Situation familiale : marié, une fille Hu Qianci (胡谦慈) (née le 13 novembre 2007)

   Zeng Jinyan (曾金燕)
   Sexe : Féminin
   Date de naissance : 9 octobre 1983
   Profession : activiste et blogeuse
   Localisation actuelle : Chine
   Situation familiale : mariée, une fille Hu Qianci (胡谦慈) (née le 13 novembre 2007)



La présentation

Le militant des droits humains vivant à Pékin, Hu Jia, a été jugé, le 18 mars 2008, par le tribunal populaire intermédiaire numéro un de Pékin pour incitation à la subversion aux termes de l’article 105 du Code pénal chinois. Si sa mère a été autorisée à assister au procès, sa femme et son père en ont été empêchés. Plusieurs amis de Hu Jia, notamment d’autres militants, auraient également été empêchés d’assister au procès ou contraints par la force de quitter Pékin durant ce procès. Ses avocats n’ont eu que trois jours pour préparer sa défense. Hu Jia était détenu depuis le 27 décembre 2007 car il était soupçonné d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État. Il se trouve actuellement détenu au centre de détention de la police municipale de Pékin, dans le district de Chaoyang.

Après avoir été officiellement détenu, Hu Jia n’a pas été autorisé à rencontrer ses proches et ses avocats durant plusieurs semaines. Il a ensuite déclaré à ses avocats qu’il avait été soumis à 47 longs interrogatoires au cours de ses deux premiers mois de détention ; chaque interrogatoire durait entre 6 et 14 heures et avait généralement lieu la nuit. Il aurait indiqué que ces interrogatoires lui avaient paru insupportables et l’avaient laissé avec un sentiment d’isolement et de fatigue. Sa famille a également constaté avec inquiétude que, lors de ses visites, Hu Jia semblait très pâle, stressé et qu’il parlait comme s’il répétait un rôle.

Hu Jia qui souffre d'hépatite B et d'une sclérose hépatique au stade initial, a besoin d'un suivi médical quotidien dont il n’a pas pu bénéficier durant les premières semaines de sa détention. Avant d’être arrêté, Hu Jia et son épouse, Zeng Jinyan, avaient été assignés à résidence. Après l’arrestation de son mari, Zeng Jinyan et leur fille qui venait de naître ont été constamment assignées à résidence et leur maison a été encerclée la plupart du temps par une trentaine de policiers ; la police a également coupé les lignes téléphonique et Internet du couple et a gelé leurs comptes en banque.

Hu Jia est l’un des militants chinois les plus connus dans le domaine de la défense de l’environnement et des questions relatives au VIH/sida. Il est l’un des fondateurs de l’ONG, Loving Source, une association basée à Pékin qui vient en aide aux personnes atteintes du VIH/sida. Depuis 2004, il a été plusieurs fois détenu arbitrairement par la police chargée de la sûreté de l'État des districts de Chaoyang et de Tongzhou à Pékin. En 2006, il a été détenu en garde à vue durant quarante et un jours pour avoir, semble-t-il, participé à une campagne en faveur de la libération de Chen Guangcheng, un conseiller juridique non voyant spécialisé dans la défense des droits humains.

Après sa libération qui a mis un terme à sa détention au secret, fin mars 2006, Hu Jia a été presque constamment assigné à résidence jusqu’à son arrestation en décembre 2007. Son épouse, Zeng Jinyan, qui est devenue célèbre dans le monde entier grâce au blog qu’elle a tenu pendant que son mari était détenu en garde à vue, a été assignée à résidence en même temps que son époux. Bien que son blog soit bloqué en Chine, Zeng a continué à le mettre à jour en utilisant d’autres méthodes jusqu’à ce que sa connexion Internet ait été coupée.

Zeng et Hu ont régulièrement informé les journalistes étrangers et les organisations de défense des droits humains des atteintes aux droits fondamentaux commises en Chine et ils ont fourni des informations relatives aux défenseurs des droits humains emprisonnés ou harcelés par les autorités. En mars 2007, ils ont publié un film documentaire vidéo qui décrivait leur assignation à résidence. Le 18 mai 2008, le couple s’est vu interdire de se rendre en Europe afin de rencontrer des groupes de la société civile européenne et de raconter ce qu’ils avaient vécu en Chine.

La surveillance s’est resserrée autour du couple en septembre 2007, le mois précédant l’ouverture du 17ème congrès du parti communiste chinois. Lorsqu’elle a regagné son domicile, le 13 novembre 2007, deux jours après la naissance de sa fille Hu Qianci, Zeng Jinyan a immédiatement été assignée à résidence ; des amis ont, cependant, été autorisés à lui rendre visite. En novembre, Hu Jia était intervenu par webcam lors d'une audition devant le Parlement de l'Union européenne à Bruxelles ; il avait déclaré que la Chine n'avait pas respecté sa promesse d'améliorer la situation des droits humains à l'approche des Jeux olympiques.

Le 27 décembre 2007, vers 15 heures, une trentaine de policiers en civil du département de la sécurité intérieure du Bureau de la Sécurité publique de Pékin ont fait irruption chez Hu Jia et Zeng Jinyan. Hu Jia a été emmené tandis que plus d'une dizaine de policiers sont restés pour surveiller Zeng Jinyan. La police a bloqué les lignes téléphonique et de télécopie du couple ; elle a confisqué une caméra vidéo et gelé leurs comptes en banque. Zeng Jinyan n’a pu voir son mari en prison que le 13 février 2008. Personne n’a été autorisé à lui rendre visite chez elle et elle n’a donc pas pu se procurer le lait en poudre nécessaire pour nourrir son bébé. Elle n’a même pas été autorisée à sortir avec son bébé pour lui faire prendre un peu le soleil. La police l’a plusieurs fois avertie que si elle ne « coopérait » pas ou si elle tentait de parler aux médias ou à quiconque à propos de la détention de Hu Jia, elle serait alors arrêtée. Les policiers lui ont demandé de réfléchir à quel point cela pourrait nuire à son bébé.

Le 28 janvier 2008, Hu a été officiellement inculpé d’incitation à la subversion, une peine passible de dix ans d’emprisonnement. Les autorités ont limité de manière stricte ses contacts avec le monde extérieur. Les parents de Hu Jia n’ont été autorisés à le voir qu’une seule fois en prison, le 31 janvier 2008. L’un de ses deux avocats, Li Fangping, n’a pas été autorisé à voir son client pour discuter de son affaire avant le 12 mars 2008, soit une semaine avant le procès. Son autre avocat, Li Jingsong, a pu le rencontrer mais il est, lui aussi, étroitement surveillé par la police et les entrevues entre l’avocat et son client sont étroitement contrôlées. Fin janvier 2008, les avocats de Hu Jia ont formulé auprès de la police une demande de libération sous caution en faveur de leur client pour raisons médicales, mais celle-ci a été rejetée.



Les informations générales

Les autorités chinoises ont toujours sévèrement contrôlé la liberté d’expression afin d’étouffer toute forme d’opposition et elles ont brutalement réprimé toute contestation réelle ou présumée dans les médias. Des dizaines de journalistes ont été détenus pour avoir évoqué des sujets sensibles. Face à la popularité croissante de l’Internet et l’apparition du phénomène des blogs et du journalisme citoyen, les autorités ont imposé de nombreuses restrictions à l’accès à Internet.

La Chine a signé, mais pas encore ratifié, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et elle est maintenant membre du nouveau Conseil des droits de l’homme de l’ONU. L’article 19 du PIDCP précise que : Toute personne a droit à la liberté d'expression. La Chine a signé ce document sans réserve, elle ne l'a toujours pas ratifié et elle ne respecte pas les dispositions prévues par ce texte.

Les accusations de vol et divulgation de secrets d'État et de subversion, dont le Code pénal donne une définition vague et large, sont utilisées pour incarcérer et poursuivre arbitrairement des journalistes et, de plus en plus, des internautes. Ces accusations ont eu pour effet de dissuader l’évocation de sujets sensibles, tels que les préoccupations relatives aux droits humains ou les désaccords avec le gouvernement.

Les défenseurs des droits humains chinois se heurtent à de graves obstacles dans leur travail de dénonciation des atteintes aux droits humains. Les défenseurs qui dénoncent plus largement les atteintes aux droits fondamentaux, qui remettent en cause des pratiques jugées politiquement sensibles par les autorités ou qui tentent de rallier d'autres personnes à leur cause encourent des risques graves d’être victimes d’arrestations arbitraires, de harcèlement et de surveillance policière. Certains ont été emprisonnés, d’autres ont été soumis à une surveillance étroite ou assignés à résidence.

Les autorités chinoises ont affirmé que l’accueil par la Chine des Jeux Olympiques de 2008 améliorerait la situation des droits humains dans le pays. Cependant, les violations des droits humains se sont aggravées car les autorités cherchent à réprimer les défenseurs des droits humains qui critiquent ouvertement le gouvernement à l’approche des Jeux Olympiques.








Le destinataire de l'appel

Le Directeur du Bureau de la Sécurité de Beijing

   MA Zhenchuan Juzhang
   Beijinshi Gong’anju
   9 Qianmen Dongdajie
   Dongchengqu
   Beijingshi 100740
   People’s Republic of China
   Fax : +86 10 85222320
   E-mail : wbjc@sohu.com

Le Ministre de la Justice

   WU Aiying Buzhang
   Sifabu
   10 Chaoyangmen Nandajie
   Chaoyangqu
   Beijingshi 100020
   People’s Republic of China
   Fax : +86 10 65292345
   E-mail minister@legalinfo.cn ou MAILtopfmaster@legalinfo.gov.cn

Le Ministre de la Sécurité Publique

   MENG Jianzhu Buzhang
   Gong’anbu
   14 Dongchang’anjie
   Donchengqu
   Beijingshi 100741
   People’s Republic of China
   Fax : +86 10 63099216
   Formule d'appel : Excellence

Copie à l'ambassade

   Ambassade de la République populaire de Chine
   Avenue de Tervuren, 443-445
   1150 Bruxelles
   Fax : 02 779 28 95 ou 02 762 99 66
   Email : chinaemb_be@mfa.gov.cn



Les langues de l’appel

Ecrire en mandarin, français ou en anglais.



Les recommandations pour les appels

Dans les lettres adressées aux autorités chinoises, il est recommandé d’utiliser les caractères chinois pour retranscrire les noms des personnes mentionnées dans cette action.

Nouvelles recommandations Septembre 2009

- Appelez les autorités à remettre en liberté Hu Jia immédiatement et sans conditions.
- Exhortez les autorités à faire en sorte que Hu Jia bénéficie des services de l’avocat de son choix, qu’il puisse entrer en contact avec ses proches et recevoir tout traitement médical requis par sa santé ;
- Appelez à la levée de la surveillance et des restrictions imposées à la liberté de mouvement de Zeng Jinyan, l’épouse de Hu Jia ;
- Exhortez les autorités à prendre des mesures efficaces afin de veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains, y compris Hu Jia et Zeng Jinyan puissent mener leurs activités pacifiques sans craindre des obstacles, des manœuvres d’intimidation, des détentions ou des emprisonnements arbitraires, conformément à la Déclaration de l’ONU sur les défenseurs des droits humains.

Recommandations qui ne sont plus valables

- Dites-vous profondément préoccupé à l'idée que Hu Jia soit détenu uniquement pour ses activités pacifiques et légitimes en faveur des droits humains et au mépris de son droit fondamental à la liberté d'expression, et demandez sa libération immédiate et sans condition ;
- Demandez instamment qu'il soit autorisé sans délai à être en contact avec son avocat et ses proches, ainsi qu'à recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
- Exhortez les autorités à faire le nécessaire pour que la police cesse de surveiller et de harceler Zeng Jinyan, et demandez-leur de permettre à cette femme d'avoir des contacts avec le monde extérieur, conformément à ses droits fondamentaux à la liberté de mouvement, d'expression et d'association ;
- Appelez les autorités à veiller à ce que Hu Jia et Zeng Jinyan ne soient ni battus ni soumis à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements ;
- Déclarez-vous profondément préoccupé par le décalage entre le fait que des militants des droits humains soient détenus sans jugement et les promesses faites par de nombreux responsables chinois d'améliorer la situation des droits humains à l'approche des JO de Pékin en août 2008.

N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).

Signalez-nous également toute action que vous pourriez faire pour lui venir en aide en nous laissant un commentaire.



Les modèles de lettre




La pétition



 

L'Europe honore le dissident Hu Jia malgré les menaces de Pékin

Le Parlement européen a décerné jeudi son Prix Sakharov pour la liberté de pensée au dissident chinois Hu Jia, à la veille d'un sommet Asie-Europe à Pékin et malgré des mises en garde de la Chine sur une détérioration des relations avec l'UE.

Le Prix est décerné à "Hu Jia au nom de tous les sans-voix de Chine et du Tibet", a souligné à Strasbourg le président du Parlement, Hans-Gert Pöttering.

Hu, 35 ans, a été condamné en avril, à l'issue d'une journée de procès, à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion pour des propos publiés sur internet et des entretiens accordés à la presse étrangère.

Il avait été arrêté après avoir participé en novembre 2007, via une téléconférence depuis sa résidence surveillée, à une réunion du Parlement sur les droits de l'Homme en Chine, en amont des Jeux Olympiques de Pékin, a précisé à l'AFP l'eurodéputée écologiste Hélène Flautre, qui l'avait présidée.

Hu est aujourd'hui, selon M. Pöttering, malade en prison où il lutte "seul" notamment contre une cirrhose du foie.

L'organisation Human Rights Watch a réagi en appelant Pékin à libérer immédiatement le dissident et à mettre un terme au "harcèlement et à la surveillance de sa femme Zeng Jinyan et de leur fille Qianci".

L'honneur fait à Hu jette de l'huile sur le feu des relations déjà tendues entre la Chine et l'UE, après les protestations à l'occasion de la sévère répression des émeutes de mars au Tibet, et la campagne des organisations non gouvernementales à l'occasion des JO de Pékin.

Le prix est en outre décerné à la veille de l'ouverture du sommet Asie-Europe (Asem) à Pékin, où sont attendus 43 chefs d'Etat et de gouvernement des deux continents.

Sur place, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a d'ailleurs assuré jeudi que "tous les sujets, y compris ceux qui sont parfois sensibles" comme les droits de l'Homme seraient discutés.

Peu avant l'annonce jeudi du Prix Sakharov, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a prévenu qu'"attribuer un prix à un tel criminel serait une ingérence dans la souveraineté judiciaire chinoise". Un avertissement similaire avait été déjà lancé à Pékin début octobre lorsque le nom de Hu Jia avait été cité parmi les possibles Prix nobel de la Paix.

La Chine a multiplié les pressions sur le Parlement européen, mais elles se sont avérées "contre-productives", a estimé une porte-parole de M. Pöttering.

Dans une lettre du 16 octobre dont l'AFP a obtenu copie, l'ambassadeur de Chine auprès de l'UE, Song Zhe, avait averti M. Pöttering que faire de Hu Jia le lauréat 2008 "heurterait inévitablement le peuple chinois et détériorerait sérieusement les relations entre la Chine et l'UE".

Les pressions chinoises ont été exercées "par lettre, par email, et ils ont même essayé par téléphone", a indiqué de son côté le chef du groupe libéral du Parlement européen, Graham Watson, l'un des nombreux destinataires de lettres.

Outre Hu Jia, l'opposant bélarusse Alexandre Kozouline et l'abbé congolais Abbot Apollinaire Malu Malu étaient en lice pour le prix Sakharov 2008.

Décerné par le Parlement européen, le Prix récompense depuis 20 ans des personnalités ayant marqué de leur empreinte le combat en faveur des droits de l'Homme.

La récompense sera solennellement remise à Strasbourg le 17 décembre lors de la session du Parlement, qui sera également l'occasion de célébrer les 20 ans de ce prix, qui a honoré notamment l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, la militante birmane Aung San Suu Kyi, et l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Le prix est doté d'une somme de 50.000 euros.

Clarence Jameson
Responsable Programme Individus en Danger et e-Activisme
Amnesty International Belgique Francophone
Rue Berckmans, 9
1060 Bruxelles

Le prix Nobel de la paix

Le prix Nobel de la paix pourrait consacrer un militant des droits de l'Homme en Chine ou en Russie pour mettre en lumière les manquements de ces deux pays en la matière, estiment des experts à quelques jours de l'annonce officielle, le 10 octobre.

Au jeu forcément aléatoire des pronostics - les noms des 197 candidats demeurent secrets -, le dissident chinois Hu Jia et l'avocate tchétchène Lidia Ioussoupova sont considérés comme de solides prétendants en cette année où l'on fête le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

"Le prix ira enfin cette année à un dissident chinois", s'avance Stein Toennesson, directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo (PRIO), qui donne Hu Jia, et peut-être son épouse Zeng Jinyan, favori.

Dix-neuf ans après celui accordé au dalaï lama, un tel prix serait une piqûre de rappel pour inviter le régime chinois à tenir ses engagements en matière de droits de l'Homme après les JO de Pékin.

Défenseur des droits de l'Homme, de l'environnement et des victimes du sida, Hu Jia purge une peine de trois ans et demi de prison pour tentative de subversion du pouvoir de l'Etat.

Comme il le fait à chaque fois qu'un dissident est évoqué pour un prix, le régime chinois s'est déjà prononcé contre un tel choix.

Parmi les autres dissidents cités figurent Wei Jingsheng, Gao Zhisheng et Rebiya Kadeer, représentante de la minorité musulmane ouïgoure.

"Le gouvernement chinois s'en est sorti un peu trop facilement. Si (le comité Nobel) ose, ce serait le bon moment pour le faire", estime, elle aussi, Janne Haaland Matlary, professeur de politique internationale à l'Université d'Oslo.

Les cinq membres du comité, totalement indépendants, pourraient aussi tourner leur attention vers la Russie en récompensant par exemple Lidia Ioussoupova, selon Mme Matlary.

"La politique intérieure russe est loin d'être démocratique, loin de respecter les droits de l'Homme", explique-t-elle, renforcée dans ses convictions par le recours à la force armée contre la Géorgie en août.

Ancienne responsable de l'ONG russe Memorial à Grozny, Lidia Ioussoupova a largement documenté les violations des droits de l'Homme commises de part et d'autre en Tchétchénie, contribuant ainsi à faire condamner la Russie par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Mais, Niels Butenschoen, chercheur au Centre norvégien des droits de l'Homme de l'Université d'Oslo, ne croit pas que le comité voudra stigmatiser la Russie ou la Chine.

"Ce serait trop ciblé géographiquement alors qu'il faudrait un lauréat qui reflète le caractère global de la Déclaration des droits de l'Homme", estime-t-il.

"Et cela pourrait avoir l'effet inverse que celui recherché dans ces deux pays sur fond de tensions déjà croissantes entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie", ajoute-t-il.

D'autres noms circulent tels le bonze Thich Quang Do, promoteur de la démocratie au Vietnam, l'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai qui a fait plier le président Robert Mugabe sans recourir à la violence, l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt ou le dissident cubain Oswaldo Paya.

La Coalition contre les armes à sous-munitions (CMC) pourrait aussi être distinguée après qu'une centaine de pays eurent trouvé un accord pour interdire les bombes à sous-munitions, particulièrement dévastatrices parmi les civils.

Sont également cités le juge pakistanais destitué Iftikhar Muhammad Chaudhry, Human Rights Watch (HRW), le médiateur finlandais Martti Ahtisaari, les rockers militants Bono et Bob Geldof ou encore l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en cette année marquée par l'envolée des prix alimentaires.

L'an dernier, le prix était allé à l'Américain Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC)./.GGD

Clarence Jameson
Responsable Programme Individus en Danger et e-Activisme
Amnesty International Belgique Francophone
Rue Berckmans, 9
1060 Bruxelles

Malu Malu, Hu Jia et Kozouline retenus pour le Prix Sakharov

L'abbé congolais Apollinaire Malu Malu, le dissident chinois Hu Jia et l'opposant bélarusse Alexandre Kozouline ont été retenus lundi soir par les eurodéputés pour l'obtention du prix Sakharov.

Ce prix doté de 50.000 euros récompense chaque année des personnalités qui se sont illustrées dans la défense des droits humains.

Dans un communiqué, l'eurodéputé belge Alain Hutchinson (PS) s'est félicité de la nomination de M. Malu Malu, qui permettra selon lui de "sensibiliser l'opinion publique internationale sur ce conflit (en RDC, ndlr) qui a déjà fait plus de 5 millions de victimes et en particulier des femmes".

Les trois candidats ont été préférés à d'autres personnalités envisagées pour l'obtention du prix cette année. Le dalaï lama, l'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai, le Centre européen des droits des Roms et le militant russe Mikhail Ivanovich Trepashkin ont ainsi été écartés.

La récompense sera remise au lauréat le 17 décembre prochain à Strasbourg.

Clarence Jameson
Responsable Programme Individus en Danger et e-Activisme
Amnesty International Belgique Francophone
Rue Berckmans, 9
1060 Bruxelles

Action pour Hu Jia lors des 20 Km de Bruxelles

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Clarence Jameson
Responsable Programme Individus en Danger et e-Activisme
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