Action : Huang Jinqiu, rédacteur d'articles sur internet et journaliste
- Posté par : Clarence le 4 juillet 2008
Huang Jinqiu a commencé à travailler en tant que journaliste à l’âge de dix-huit ans. En 2000, alors qu’il était âgé de vingt-six ans, il a obtenu une bourse pour étudier le journalisme en Malaisie.
Ayant accès à de nouvelles informations, il a commencé à avoir des activités politiques et a régulièrement rédigé des articles pour des sites web d’informations en chinois basés à l’étranger, comme Boxun.com.
En janvier 2003, il a annoncé sur Internet son intention de créer le Parti démocratique et patriotique chinois (CPDP).
Il a été placé sous stricte surveillance policière à son retour en Chine sept mois plus tard. Il a envoyé son dernier article – Moi et mes amis de la sécurité publique – à Boxun.com le 10 septembre 2003. Il a été emmené trois jours plus tard à Lianbyungang, dans la province du Jiangsu, où il a été maintenu au secret jusqu’en janvier 2004, date à laquelle sa famille, qui vit dans la province du Shandong, a été officiellement informée de son arrestation.
Huang Jinqiu, accusé d’être l’organisateur du CPDP, a été jugé en secret le 22 juin 2004 par le tribunal populaire intermédiaire de Changzhou, dans la province du Jiangsu. Bien que le CPDP n’ait jamais été créé, Huang Jinqiu a été condamné à une peine de douze ans d’emprisonnement assortie de quatre ans de privation des droits politiques pour subversion en raison de ses écrits réactionnaires sur Internet. Sa condamnation a été confirmée en appel.
Selon certaines sources, le tribunal n’était d’abord pas parvenu à prendre une décision faute de preuves à charge, et l’affaire avait été renvoyée au parquet pour supplément d’information. Les autorités auraient tenté, à la mi-décembre 2004, de transférer Huang Jinqiu dans un hôpital psychiatrique qui aurait refusé de l’accueillir.
Selon des sources fiables, Huang Jinqiu a été torturé et maltraité à plusieurs reprises en détention. C’est ainsi qu’à la fin de 2004, il aurait été privé de sommeil alors qu’il était incarcéré dans le centre de détention de Changzhou, province du Jiangsu, car il avait, semble-t-il, tenté d’interjeter appel de sa condamnation. Il aurait été obligé de courir tous les jours dans la cour de la prison pendant de longues périodes, et était battu s’il s’arrêtait.
Huang Jinqiu est actuellement détenu dans la prison de Pukou, où il aurait été battu par ses codétenus sur l’ordre des gardiens de la prison.
Sa situation se serait améliorée en 2006. Il est désormais autorisé à écouter la radio et est chargé de la rédaction et de la révision du journal de la prison. Ceci est peut-être lié à sa décision de renoncer à interjeter appel de sa condamnation ainsi qu’il en a informé son avocat en janvier 2005, et aux pressions exercées au niveau international en sa faveur. La peine de Huang Jinqiu a été réduite d’un an et dix mois. Il pourrait donc être libéré en 2013.
Amnesty International considère Huang Jinqiu comme un prisonnier d’opinion incarcéré en violation de ses droits fondamentaux à la liberté d’expression, d’association et de réunion. L’organisation demande sa libération immédiate et sans condition.
Contexte
Les autorités chinoises ont récemment renforcé leur contrôle sur les médias (journaux, magazines et sites web, entre autres). Les journalistes et les militants qui rédigent des articles sur des sujets sensibles ou contestent l’ordre éabli risquent de perdre leur emploi, voire d’être arrêtés de manière arbitraire et emprisonnés. Cette répression remet en cause l’engagement des autorités chinoises de garantir une liberté totale des médias durant les Jeux olympiques de 2008.
L’incarcération de dissidents politiques en Chine est favorisée par le Code pénal, qui continue d’être utilisé dans des cas sensibles comme moyen politique de répression de la dissidence.
Agissez
Dans des lettres polies que vous adresserez à Wen Jiabao, Premier ministre de la République populaire de Chine, exprimez votre préoccupation à propos du maintien en détention de Huang Jinqiu, en violation de ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et d’association, et réclamez sa libération immédiate et sans condition.
- Demandez au Premier ministre d’ordonner une enquête approfondie et impartiale sur les allégations selon lesquelles cet homme aurait été torturé et maltraité en détention, en vue de traduire en justice les responsables de ces agissements.
- Prenez acte de l’amélioration apparente des conditions de détention de Huang Jinqiu depuis 2006, mais priez le Premier ministre de donner l’assurance qu’il ne sera pas de nouveau torturé ou maltraité en détention.
- Demandez-lui également de veiller à ce que personne, notamment les défenseurs des droits humains et les journalistes, ne soit arrêté ou jugé en Chine pour avoir utilisé Internet de manière légitime.
Appels à :
Premier ministre de la République populaire de Chine
Wen Jiabao Guojia Zongli
The State Council General Office
2 Fuyoujie
Xichengqu
Beijingshi 100017
République populaire de Chine
Formule d’appel : Monsieur le Premier ministre,












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