Dossier individu en danger : Justine Masika Bihamba (République démocratique du Congo)
- Posté par : Clarence le 19 juillet 2008
Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
Introduction
Justine Masika Bihamba est la coordonnatrice d’une ONG de défense des droits des femmes, Synergie des femmes contre les violences sexuelles (SFVS). En raison de ses activités au sein de cette association, elle est, comme ses proches, menacée et harcelée par des membres de l’armée de la République démocratique du Congo (RDC). Le 18 septembre 2007, alors qu'elle était absente, des soldats se sont introduits de force chez elle. Ils ont ligoté ses six enfants en les menaçant d’une arme. L’un des soldats a agressé sa fille aînée, puis il a sexuellement agressé et tenté de violer une autre de ses filles. Dans le cadre de leur travail, les conseillers de la SFVS, ses collègues font eux aussi l’objet de menaces.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les objectifs
- Les destinataires de l'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Le modèle de lettre
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Sexe : Féminin
Langue parlée : Français
Date de naissance : Inconnue
Profession : Coordinatrice de l’ONG de défense des droits des femmes, Synergie des femmes contre les violences sexuelles (SFVS)
Localisation actuelle : Inconnue
Situation familiale : 6 enfants
Justine Masika Bihamba est la coordonnatrice d’une ONG de défense des droits des femmes, Synergie des femmes contre les violences sexuelles (SFVS). En raison de ses activités au sein de cette association, elle est, comme ses proches, menacée et harcelée par des membres de l’armée de la République démocratique du Congo (RDC). Le 18 septembre 2007, alors qu'elle était absente, des soldats se sont introduits de force chez elle. Ils ont ligoté ses six enfants en les menaçant d’une arme. L’un des soldats a agressé sa fille aînée, puis il a sexuellement agressé et tenté de violer une autre de ses filles. Dans le cadre de leur travail, les conseillers de la SFVS, ses collègues font eux aussi l’objet de menaces.
Dans la soirée du 18 septembre 2007, six soldats ont investi le domicile de Justine Masika Bihamba, à Goma (Est de la RDC). Justine était sortie mais ses six enfants, âgés de cinq à vingt-quatre ans, étaient présents. En les menaçant d’une arme, les soldats les ont ligoté. Ils ont ensuite exigé qu’ils leur révèlent l’endroit où se trouvait leur mère. L’une des filles, âgée de vingt et un ans, a expliqué que Justine était sortie. Elle a supplié les soldats de prendre ce qu’ils voulaient mais de ne faire de mal à personne. Un soldat a répondu que lui et ses camarades n’étaient pas venus pour voler mais pour accomplir une mission bien déterminée.
Quelques soldats ont fouillé la maison. Ils ont cassé la porte de la chambre à coucher de Justine et ont fouillé les documents. Un des soldats a donné un coup de pied en plein visage à la fille aînée de Justine, âgée de vingt-quatre ans, lui cassant une dent. Il a ensuite essayé de violer une autre fille de Justine, âgée de vingt-et-un ans. N'y parvenant pas, il l’a agressée sexuellement avec un couteau.
Justine est rentrée chez elle pendant cette attaque. À l’entrée de son domicile, elle a repéré un soldat, lui a demandé ce qu’il faisait là et elle a immédiatement téléphoné aux autorités. Pendant ce temps, les soldats ont fui. Lors des recherches menées ultérieurement dans le quartier par la police militaire, Justine, ses enfants et d’autres membres de sa famille, ont reconnu, parmi les soldats escortant un officier de l’armée qui vivait non loin de leur maison, les hommes ayant participé à leur agression. La police militaire a refusé de les arrêter car elle ne disposait pas de preuves les incriminant.
Le 27 septembre 2007, Justine Masika Bihamba a porté plainte contre ces soldats. Au cours des semaines et des mois qui ont suivi, plusieurs hauts gradés de l’armée, le gouverneur de la province et d’autres représentants des autorités lui ont promis que justice serait faite. En mars 2008, le vice-gouverneur a promis à Amnesty International qu’il allait suivre cette affaire de près en disant qu’il était inacceptable que les auteurs de ces actes demeurent impunis. Pourtant, un an après les faits, ces hommes n’ont toujours pas été arrêtés, ni jugés.
A de nombreuses reprises, Justine et ses enfants ont été menacés par des hommes en uniforme que Justine croise régulièrement dans les rues situées autour de son domicile. Par deux fois, des soldats ont investi sa maison. Ils ont menacé sa famille et se sont moqués de la plainte qu'elle a déposée contre eux. Aujourd'hui, chaque fois qu'il voit un soldat, le fils de Justine, âgé de cinq ans craint d’être tué. Ses deux filles ont fui à l’étranger. Tout ce que nous voulons c'est la fin de l’impunité, a dit Justine à Amnesty International.
Monsieur le Président de la République
Son Excellence Joseph Kabila
Cabinet du Président de la République
Palais de la Nation
Kinshasa/Gombe
République démocratique du Congo
E-mail : cabinet_president@yahoo.fr
Formule d'appel : Monsieur le Président de la République
Le Procureur Militaire en Chef
Général Joseph Ponde Isambwa
Auditorat Général des FARDC
Kinshasa/Ngaliema
République démocratique du Congo
E-mail : auditgeneral2007@yahoo.fr
Formule d'appel : Général
Le Ministre des Droits humains (mis à jour du 4 février 2009)
M. Upio KAKURA Wapol
Ministère de la Justice
228 Avenue de Lemera
BP 31 37
Kinshasa/Gombe
RD Congo
Email: upiokw@yahoo.fr
Copie à l'ambassade
Ambassade de la République démocratique du Congo
Rue Marie de Bourgogne, 30
1000 Bruxelles
Fax : 02 213 49 95
E-mail : secretariat@ambardc.be
Rédiger les lettres en français.
Les recommandations pour les appels
Dans les courriers envoyés, nous vous demandons de respecter les recommandations suivantes :
- Demandez qu’une enquête exhaustive et impartiale soit immédiatement ouverte sur les sévices qu’ont subis la famille de Justine Masika Bihamba, en particulier l'agression sexuelle et la tentative de viol dont sa fille a été victime, et que les auteurs présumés soient déférés à la justice dans les meilleurs délais.
- Appelez les autorités à accorder une protection immédiate à la défenseure des droits humains, Justine Masika Bihamba, et à sa famille.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide à Justine Masika Bihamba et faites-nous part de vos commentaires.















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