Dossier individu en danger : Zarganar (Myanmar (Birmanie))
- Posté par : Benoit Priem le 11 mars 2009
Remarque importante :
La présentation du dossier correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
Introduction
Le 21 novembre 2008, Zarganar, un humoriste, acteur et réalisateur très populaire a été condamné à une peine de quarante-cinq ans d’emprisonnement par un tribunal spécial siégeant à la prison d’Insein (Rangoon). Il avait été arrêté le 4 juin 2008, pour avoir publiquement critiqué la façon dont le gouvernement avait géré la crise humanitaire provoquée par le passage du cyclone Nargis en mai 2008. Il doit encore répondre d’autres chefs d’inculpation pour lesquels il risque d’être condamné à d’autres peines d’emprisonnement.
Lorsque des informations ont indiqué que le gouvernement du Myanmar entravait l'aide internationale qui devait être distribuée à la région dévastée du delta de Ayeyarwady (Irrawaddy) et aux zones alentour, Zarganar a alors commencé à lancer des actions afin de réunir et de distribuer une aide fournie par des donateurs privés. Bien que les autorités aient assuré que les donateurs privés bénéficieraient d’un libre accès aux régions affectées par le cyclone, Zarganar et au moins 21 autres personnes ont été arrêtés pour avoir participé à cette action humanitaire bénévole.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les informations générales
- Le destinataire de l'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Les modèles de lettre
- Les actions de solidarité
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Sexe : masculin
Langue parlée : birman
Date de naissance : 27 janvier 1961
Profession : artiste, comédien, acteur, réalisateur, activiste social
Dernière localisation connue : Prison de Myitkyina dans l'Etat de Kachin (nord du Myanmar).
Situation familiale : marié. U Nan Nunt Swe (père), Daw Kyi Oo (mère)
Le 21 novembre 2008, Zarganar, un humoriste, acteur et réalisateur très populaire a été condamné à une peine de quarante-cinq ans d’emprisonnement par un tribunal spécial siégeant à la prison d’Insein (Rangoon). Il avait été arrêté le 4 juin 2008, pour avoir publiquement critiqué la façon dont le gouvernement avait géré la crise humanitaire provoquée par le passage du cyclone Nargis en mai 2008. Il doit encore répondre d’autres chefs d’inculpation pour lesquels il risque d’être condamné à d’autres peines d’emprisonnement.
Lorsque des informations ont indiqué que le gouvernement du Myanmar entravait l'aide internationale qui devait être distribuée à la région dévastée du delta de Ayeyarwady (Irrawaddy) et aux zones alentour, Zarganar a alors commencé à lancer des actions afin de réunir et de distribuer une aide fournie par des donateurs privés. Bien que les autorités aient assuré que les donateurs privés bénéficieraient d’un libre accès aux régions affectées par le cyclone, Zarganar et au moins 21 autres personnes ont été arrêtés pour avoir participé à cette action humanitaire bénévole.
Zarganar est actuellement détenu à la prison d’Insein. Il souffre de problèmes de santé et est un prisonnier d’opinion. Il risque d’être victime de torture et de mauvais traitements.
Zarganar a été à l’origine d’initiatives visant à collecter des fonds auprès de donateurs privés au Myanmar en réaction à l’obstruction de l’aide internationale par le gouvernement militaire du Myanmar suite au cyclone Nargis. Le groupe constitué par Zarganar comptait plus de 400 bénévoles, dont beaucoup avaient été recrutés par Zarganar lui-même. Ces personnes ont réussi à franchir des barrages routiers et des postes de contrôle mis en place par le gouvernement afin de fournir une aide d’urgence aux victimes du cyclone.
Zarganar a publiquement critiqué la manière dont le gouvernement du Myanmar a géré les conséquences du cyclone qui ont rapidement transformé une catastrophe naturelle en une crise humanitaire. Les médias birmans en exil ont considéré Zarganar comme une source d'informations fiables provenant de l'intérieur du pays et celui-ci a régulièrement accordé des entretiens à des journalistes basés à l'étranger. Dans ces entretiens, il a souligné les conséquences dévastatrices du cyclone qui n’avaient pas été signalées par les médias birmans soumis à un contrôle très strict.
Zarganar et d'autres bénévoles ont recueilli des informations sur les effets dévastateurs du cyclone et sur les opérations de secours qui ont alors été menées par les bénévoles. Ils ont recueilli des images vidéo et des photos des régions affectées. Lorsque Zarganar a été arrêté, les policiers ont confisqué son ordinateur, des copies de plusieurs films interdits et des DVD, qui contiendraient les images des dégâts provoqués par le cyclone, ainsi que 1 000 dollars USD (environ 800 euros) qui avait été collectés en faveur des victimes du cyclone.
Deux jours après l’arrestation de Zarganar, des médias contrôlés par l’État ont publié des mises en garde contre la production d’images vidéo de l’action humanitaire à l’intention des agences de presse étrangères.
On possède peu d’informations relatives aux chefs d’inculpation à l’encontre de Zarganar, mais la peine de quarante-cinq ans d’emprisonnement à laquelle il a été condamné le 21 novembre 2008 était la confusion de trois condamnations différentes - chacune de quinze ans - soit la peine maximale prévue pour des crimes, définis en des termes vagues, par la loi sur l’électronique, texte qui régit les communications électroniques au Myanmar. Il doit encore répondre de quatre autres chefs d’inculpation aux termes d’autres lois relatives à la sécurité qui présentent de graves irrégularités et que les autorités utilisent régulièrement et arbitrairement pour ériger en infraction pénale l’expression pacifique de toute opinion politique divergente.
Le 20 octobre 2008, Zarganar a demandé à son avocat, Aung Thein, de cesser de le représenter afin de protester contre la conduite inéquitable de son procès et les mesures restrictives imposées par le tribunal. Ces restrictions comprenaient l’absence de temps suffisant pour préparer sa défense ainsi que l’impossibilité d’accès à des témoins importants et au dossier préparé par l’accusation avant le procès. En outre, les membres de la famille de Zarganar n’ont pas été autorisés à assister à son procès. Depuis le 3 octobre 2008, les familles de tous les prisonniers politiques qui sont en train d’être jugés à la prison d’Insein ne sont plus autorisées à assister aux procès de leurs proches. L'avocat Aung Thein a, depuis lors, été arrêté et condamné à une peine de quatre mois d’emprisonnement pour outrage au tribunal après que quatre autres détenus, des militants prodémocratiques qu’il défendait, lui eurent demandé de cesser de les représenter. Dans une lettre adressée au tribunal au nom de ses clients, Aung Thein a expliqué que ses clients ne coopéreraient plus avec la cour parce qu'ils n'avaient pas confiance dans le système judiciaire soumis, d’après eux, au contrôle des autorités.
Ce n'est pas la première fois que Zarganar est détenu par les autorités en raison de ses opinions et activités politiques. Célèbre pour ses satires politiques, Zarganar, dont le nom de scène signifie pinces en référence aux années où il a exercé en tant que dentiste, a été détenu pour la première fois, en 1988, durant plusieurs mois, pour avoir pris part au soulèvement prodémocratique contre la junte militaire. Le gouvernement a réprimé ces manifestations en tuant plus de 3 000 personnes. Zarganar a été arrêté de nouveau en 1990 après avoir participé à la campagne électorale de sa mère lors des élections législatives organisées cette année-là. Il a alors été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement. Il a également été ciblé lors des grandes campagnes de protestations antigouvernementales, organisées en août et septembre 2007, après qu'il eut fourni de la nourriture et de l’eau à des moines bouddhistes. Il a été détenu le 25 septembre 2007 et a été libéré quelques semaines plus tard, le 17 octobre 2007. Après sa libération, Zarganar a dit, dans des entretiens accordés aux médias, qu'il avait été détenu au secret durant environ une semaine dans une cellule gardée par une trentaine de chiens, dans des conditions dépourvues d’hygiène.
Zarganar souffre, en détention, de problèmes de santé et il a demandé que ses proches lui apportent des médicaments contre des maux d’estomac et de foie. On ne sait pas si les autorités pénitentiaires lui fournissent des soins médicaux.
Poèmes de Zarganar
Deux poèmes écrits par Zarganar en prison dans les années 90.
Extrait de « This prison where I live » the PEN Anthology of Imprisoned Writers’. Siobhan Daud (ed.). London, Cassell. 1996. ISBN 0-304-33306-9 (paperback). Traducteur anonyme. Veuillez citer cette édition si vous utilisez ces poèmes.
MY BLOOD OATH - Zarganar
With row upon row of iron bars
they can cage me;
with the heat of seven suns
they can roast me;
with a battalion of ogres
they can guard me.
But if I took my scarlet blood
and sprayed it all across the sky,
the bars would melt,
the ogres kneel,
their suns kowtow before me.
OBLIVION - Zarganar
At night the moonbeams snap.
The stars are suffocated.
That malign, unhappy barn owl
screeches out its grief.
The old train on the tracks
hurtles to its destruction,
wheezing out its last breath.
And I? I send my thoughts beyond these walls
day in, day out, from dawn to night
(from dawn to night, day in day out).
I dream the endless daydream,
dream the endless journey
through the night, fretting,
champing at the bit:
the one I call for does not come,
the one I wait for never appears
Ah, if only I could stop the
thinking, seeing, hearing, dreaming ...
I wouldn't feel a thing.
Poème écrit par Zarganar en prison en 2010
Untitled
It’s lucky my forehead is flat
Since my arm must often rest there.
Beneath it shines a light I must invite
From a moon I cannot see
In Myitkyina.
Zargana, Myitkyina Jail, 2010
Poème illustré par Htein Lin, ex-prisonnier birman et artiste peintre et plasticien qui expose déjà un peu partout dans le monde et qui a connu Zarganar en prison lors d'un de ses emprisonnements précédent.
Le cyclone Nargis
Le cyclone Nargis, qui a dévasté le Delta de l’Irrawaddy au Myanmar et une grande partie des régions environnantes, a affecté quelque 2.4 millions de personnes, dont plus de 138 000 sont mortes ou portées disparues. Après le cyclone, le gouvernement a délibérément entravé l'aide et l’assistance d’urgence destinées aux victimes et n’a pas ouvert les frontières du pays afin de permettre la livraison de l’action humanitaire nécessaire. Les autorités ont également insisté pour que soit organisé, à peine quelques jours après ce cyclone, un référendum très controversé portant sur une constitution comportant de graves irrégularités. Les restrictions imposées à la fourniture de l’aide internationale ont eu pour conséquence que des bénévoles locaux, ayant peu de moyens, ont joué un rôle essentiel dans la fourniture de nourriture, de couvertures, de moustiquaires et d’autres biens aux victimes du cyclone. Cette action a été entravée par la mise en place de barrages routiers armés et par la confiscation ou le détournement de l’aide par l’armée. Vingt-deux travailleurs humanitaires bénévoles ont été arrêtés du fait de leur action humanitaire dans le delta de Ayeyarwady.
Répression de toute opinion politique dissidente
Avant la répression des manifestations pacifiques de septembre 2007, il y avait environ 1 150 prisonniers politiques au Myanmar. Toutefois, Amnesty International estime que le nombre actuel de ces prisonniers s’élève à plus de 2 100 – le nombre de prisonniers politiques ayant ainsi presque doublé en une année.
En novembre 2008, le gouvernement a condamné quelque 200 personnes en raison de leurs activités politiques. Beaucoup d'entre elles ont été sanctionnées pour leur participation dans les mouvements protestataires de 2007. Dans le même temps, outre Zarganar, cinq autres bénévoles ont été emprisonnés du fait de leur action visant à aider les victimes du cyclone Nargis.
Les personnes qui ont dirigé les protestations de 2007 ont été les plus lourdement condamnées : le moine militant U Gambira a été condamné à un total de soixante-huit ans d’emprisonnement et 23 membres du groupe d’étudiants de la Génération 88 ont été condamnés chacun à une peine de soixante-cinq ans d’emprisonnement.
La sévérité de ces condamnations contredisent les affirmations du gouvernement du Myanmar selon lesquelles sa nouvelle constitution et son projet d’organiser des élections en 2010 constituent des efforts sincères en vue d’accroître la participation politique. En outre, elles rappellent avec force que le gouvernement du Myanmar continue d’ignorer les appels lancés par la communauté internationale afin qu’il améliore son bilan des droits humains.
Amnesty International s’inquiète depuis longtemps de l’existence de lois relatives à la sécurité qui sont fréquemment utilisées pour criminaliser et réprimer l’expression pacifique d’opinions politiques dissidentes au Myanmar. Ces lois, formulées de manière très vague, laissent aux autorités une marge d'interprétation excessivement large de ce qui peut constituer une menace à la sécurité.
Zarganar doit encore répondre de quatre chefs d’inculpation pour avoir contribué à l’action humanitaire bénévole suite au cyclone Nargis. Ces inculpations se fondent notamment sur deux lois relatives à la sécurité qui suscitent des inquiétudes :
- l’article 505 (b) du Code pénal, qui permet l’emprisonnement de toute personne présumée avoir eu l’intention de susciter la peur ou l'inquiétude du public ou soupçonnée d’avoir incité à commettre des infractions portant atteinte à l’État ou nuisant à la tranquillité publique ; cet article prévoit une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et une amende.
- L’article 17/2 de la Loi relative aux associations illégales qui permet aux autorités de considérer de manière arbitraire n’importe quelle association comme illégale. De plus, les membres de groupe ainsi que ceux accusés d’avoir préparé, organisé ou encouragé les réunions de ces groupes risquent une peine allant de trois à cinq ans d’emprisonnement et une amende.
Chairman, State Peace and Development Council
Chairman, State Peace and Development Council
Senior General Than Shwe
c/o Ministry of Defence
Naypyitaw
Union of Myanmar
Formule d'appel :Dear General Than Shwe
Minister of Foreign Affairs
Nyan Win
Ministry of Foreign Affairs
Bldg. (19), Naypyitaw
Union of Myanmar
Tel : +95 67 41-2335
Fax : +95 67 41-2336/ +95 67 41-2395
Email : mofa.aung@mptmail.net.mm
Formule d'appel : Dear Minister
Minister of Information
Brigadier-General Kyaw Hsan
Ministry of Information
Bldg. (7), Naypyitaw
Union of Myanmar
Fax : +95 67 412 363
Email : Media.moi@mptmail.net.mm
Salutation : Dear General
Copie à l'ambassade
Ambassade du Myanmar
Boulevard Général Wahis, 9
1030 Bruxelles
Fax : 02 705 50 48
- birman, anglais ou votre propre langue
Les recommandations pour les appels
Appelez le gouvernement du Myanmar à :
- Libérer Zarganar immédiatement et de manière inconditionnelle ;
- Lui fournir tous les soins médicaux requis par son état de santé ;
- Lui permettre de rencontrer régulièrement les avocats de son choix ainsi que ses proches ;
- Ce qu’il ne soit soumis ni à la torture ni à d’autres mauvais traitements.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités ou de l'ambassade (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide à Zarganar et faites-nous part de vos commentaires.
Les actions de solidarité ne sont pas permises.















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