Action : Condamnez l’exécution de prisonniers atteints de maladie mentale au Japon (mise à jour ce 22 septembre 2009)
- Posté par : Benoit Priem le 10 septembre 2009
Amnesty International condamne l’exécution de prisonniers atteints de maladie mentale
Il y a actuellement au Japon 97 personnes qui attendent de savoir si et quand elles vont être exécutées. Les condamnés ayant épuisé tous les recours attendent dans leur cellule leur exécution, qui peut survenir à tout moment. Ils ne sont informés du moment de leur exécution que quelques heures avant.
Contraindre un prisonnier à vivre pendant une longue période avec la crainte quotidienne de l’imminence de sa mort est cruel, inhumain et dégradant, a déclaré James Welsh, spécialiste des questions de santé à Amnesty International et auteur du rapport Hanging by a thread: mental health and the death penalty in Japan. Les conditions auxquelles sont soumis les condamnés à mort au Japon peuvent provoquer de graves troubles mentaux.
L’organisation a découvert que les condamnés n’étaient pas autorisés à parler entre eux et qu’ils étaient de ce fait soumis à des conditions strictes d’isolement. Les contacts avec les proches, les avocats et les autres personnes sont parfois limités à cinq minutes par rencontre. Mis à part pour se rendre aux toilettes, les prisonniers ne sont pas autorisés à se déplacer dans leur cellule et doivent rester assis.
Bonne nouvelle (mise à jour de l'action)
Le nouveau Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a nommé mercredi un gouvernement majoritairement composé de membres de son Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche), mais qui comprend aussi des ministres issus du Parti Social-Démocrate (PSD, gauche) et du Nouveau Parti du Peuple (NPP, droite):
Le nouveau gouvernement japonais suspend dans les faits l’application de la peine de mort en nommant comme Ministre de la Justice une opposante déclarée de la peine de mort.
Keiko Chiba, 61 ans, avocate et anciennement membre du parti socialiste japonais, a le dernier mot en ce qui concerne la peine de mort en signant l’ordre d’exécution.
Bien qu’elle ait refusé de déclarer explicitement si elle autorisera ou non les exécutions, ses 20 ans d’opposition à la peine de mort laissent espérer une suspension de fait de la peine de mort.
Un moratoire est important, mais il importe aussi que se tienne un débat public, et Mme Chiba a aussi demandé ce débat déclare Makoto Teranaka, directeur exécutif d’Amnesty International Japon. Nous accueillons favorablement la nomination de Mme Chiba et espérons voir des progrès durant son mandat.
Il existe bien des parlementaires qui sont contre la peine de mort, mais ils gardent leurs noms secrets par peur d'une sanction électorale. Les différents sondages sur la question laissent apparaître un fervent soutien de l'opinion publique à la peine capitale. L'an dernier, le quotidien conservateur Yomiuri Shimbun, sous le titre Démasquer la peine capitale, avait publié une série d'articles sur le sujet. Mais son ton, parfois compassionnel à l'égard des condamnés, avait provoqué un tel courrier de lecteurs furieux que le journal s'était senti contraint de publier une nouvelle série d'articles clairement favorables à la peine de mort. La peine capitale pose la question du contrôle de l'État sur l'individu. C'est pour ça qu'elle n'est pas abordée chez nous, où l'État est très puissant, estime l'avocat Genichi Yamaguchi. Le Japon est pourtant peut-être le premier État abolitionniste de l'histoire : de 794 à 1185, sous l'ère Heian, selon une observance stricte du bouddhisme par l'Etat, la peine de mort fut interdite. Retenu par l'exemple américain, le Japon pourrait être influencé par celui de la Corée du Sud, qui observe un moratoire sur cette question depuis 1997.
Articles en rapport avec le sujet sur notre site Amnesty.be : Japon . Peine de mort












Les commentaires
il y a 1 année 27 semaines
il y a 1 année 27 semaines
il y a 1 année 38 semaines
il y a 1 année 51 semaines
il y a 2 années 28 semaines
il y a 2 années 29 semaines
il y a 2 années 45 semaines
il y a 2 années 47 semaines
il y a 3 années 9 semaines
il y a 3 années 9 semaines