Action : Un projet de loi déposé à la Knesset met les demandeurs d’asile et les émigrés en danger

 

Amnesty International s’inquiète du projet de loi (Loi de prévention de l’infiltration – 2008) déposé par le gouvernement, qui contient des clauses incompatibles avec les traités internationaux relatifs aux droits humains, traités auxquels Israël est partie. En particulier, ce projet, s'il est approuvé, contrevient à l'obligation de non-refoulement reprise dans la Convention relative au statut des réfugiés, ainsi que la Convention contre la torture, et les autres traitements cruels, inhumains et dégradants, la Convention internationale pour l'élimination de toute forme de discrimination, et la Convention internationale relative aux droits civils et politiques.

Amnesty demande à la Knesset ( le parlement israélien) de rejeter ce projet de loi, et de veiller à ce que toute clause relative à l'immigration ou à la sécurité nationale qui serait introduite dans la loi respecte les obligations d'Israël vis-à-vis de la législation internationale des droits humains, et veille à ce que les individus sous sa juridiction soient protégés, indépendamment de leur statut d'immigré, et qu'ils ne soient pas refoulés vers un pays où ils risqueraient des violations de leurs droits humains.

Timing

Ce projet de loi sera débattu au sein de la Commission des affaires intérieures et de l'environnement le 3 février, des amendements peuvent être déposés, avant que le projet soit adopté en commission et transmis en session plénière de la Knesset.
Il est essentiel de continuer à mettre la pression.



Le problème

La loi proposée restreindrait gravement la capacité des individus qui sont entrés en Israël de manière irrégulièrede demander l'asile, et ceux qu'il devrait criminaliser comprendrait ceux qui cherchent protection contre la persécution. Ce projet de loi viole le droit de chercher asile et le principe de non-refoulement.

Le projet de loi prévoit des peines de prison pour demandeurs d'asile et migrants en situation irrégulière, au mépris de leurs raisons pour entrer dans le pays, et permettrait leur expulsion immédiate, sans égard aux risques de torture ou autres mauvais traitements ou les persécutions qu'ils pourraient rencontrer dans les pays où ils seraient renvoyés de force. Les personnes à risque d'expulsion de ce genre n'aurait pas de moyens suffisants pour contester leur expulsion, et les autorités de l'Etat ne serait pas tenu de fournir un accès suffisant à un avocat. Cela porte gravement atteinte aux obligations d'Israël de respecter le principe fondamental de non-refoulement en vertu de la Convention sur les réfugiés, le PIDCP et la CCT.

Le projet de loi prévoit le placement automatique en détention en attendant son expulsion dans les 72 heures de toute personne qui pénètre dans le pays à tout point autre qu'un passage frontalier autorisé. Les personnes qui n'ont pas pu être immédiatement expulsées seraient condamnées à un emprisonnement de cinq ans », sans distinction de leur identité ou leur intention en s’infiltrant." Les résidents et citoyens des 10 états ou territoires déterminés, y compris des états “générateurs” de réfugiés comme le Soudan et l'IraK, risquent jusqu'à sept ans d'emprisonnement. Le projet de loi ne prévoit pas qu’il existe des personnes qui demandent asile parce qu’ils quittent leur pays par crainte de violences ou de persécutions.
Le projet de loi « Prévention de l’infiltration – 2008 » doit remplacer une loi de 1954 adoptée au titre de la législation d’urgence d’Israël. Le projet de loi a été présenté en première lecture à la Knesset par le vice-ministre de la défense Matan Vilnaï au nom du gouvernement, le 19 mai 2008. Il a ensuite été soumis le 3 juin 2008 à la commission des affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset en préparation d’une seconde et d’une troisième lecture.( Les lois sont adoptées en troisième lecture. ) Il n’y a plus eu de lecture en 2008. Au début de 2009 les élections législatives ont eu lieu et, par conséquent, le projet de loi a donné une lecture technique en session plénière de la Knesset nouvellement élue afin de décider si ce projet serait transféré de l'ordre du jour de la Knesset précedente pour le nouveau. Cinquante-neuf votes ont été exprimés en faveur de la poursuite du processus législatif, avec un seul contre.

Ce projet de loi va être soumis à une 2e lecture en commission, oùil subira éventuellement des amendements. Après, il ira à sa troisième et dernière lecture en session plénière, où il peut être adopté et promulgue. Comme le projet de loi est proposé par le gouvernement, il est probable que tous les parlementaires qui sont membres des partis de la coalition gouvernementale se prononceront en faveur du projet de loi.

Stratégie

Le projet de loi pose le problème de l'immigration comme un problème de sécurité - en supposant que toutes les personnes qui entrent en Israël à un évitement des points de passage frontaliers ont l'intention de mettre en danger la sécurité de l'État. Le défi consiste à réorienter le débat à considérer les droits de l'homme. Apparemment, cet aspect du problème est peu connu des représentants israéliens et simplement les informer de celui-ci, et en indiquant que les observateurs du monde entier sont conscients des dangers dans ce projet de loi, pourrait changer leur attitude.
Ceci peut être réalisé à la fois en faisant directement appel aux parlementaires israéliens (voir objectifs ci-dessous, mais s'il vous plaît notez que deux membres du parlement, Dov Khenin et Nitzan Horowitz sont déjà opposés à ce projet), et au ministre qui a parrainé ce projet de loi.




 

Information complémentaire

Il semble que les actions menées aient eu quelque effet; il est nécessaire toutefois de continuer l'action.
Nancy, campaigner du SI à Londres, communique :
"Chers amis,

Merci à toutes les sections et aux membres qui ont pris part au “lobbying” auprès des ambassades israéliennes ainsi qu’aux actions en ligne et l’envoi de lettres aux parlementaires israéliens dans la perspective du débat à la Commission de l'Intérieur et de l'Environnement à la Knesset le 3 Février 2010 sur le projet de loi "Prévention de l'infiltration» qui menace les droits des demandeurs d'asile et des réfugiés si elle est adoptée.

D’après les réactions que nous avons pu remarquer, il semble que les interventions de militants des droits de l'homme ont servi à resituer la question des droits des réfugiés et le profil des demandeurs d'asile dans ce débat en Israël, où la question des migrants dans ce projet de loi n’a plus été considéré seulement comme un problème de sécurité. Suite à cette pression, notamment celle d'Amnesty International, David
Azoulay président de cette commission de l'Intérieur et de l'environnement, a reconnu que la distinction entre les réfugiés et les "infiltrés" doit être clarifiée.

Grâce à un grand intérêt dans le débat en commission, la session s’est prolongée et aucune conclusion n'a été tirée.
Cependant, du commentaires des membres du Comité, il était clair que la majorité d'entre eux appuient la loi dans sa forme actuelle.
Le débat se poursuivra dans une autre session. Beaucoup de travail reste à faire pour contrer les promoteurs de la loi (le gouvernement et l'armée): en dépit de vagues assurances que la loi n'aura aucune incidence sur le droit d’asile des demandeurs et les droits des réfugiés , ce n'est pas reflété dans la loi proposée.
Cordialement,

Nancy"

JJ Docquir
Coordinateur ITOP

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