Action : Attaque xénophobe et carences de la police en Afrique du Sud

 

Le 4 janvier 2009, une foule armée hurlant des insultes xénophobes a pris d’assaut un immeuble occupé par des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants dans le centre de Durban (province du KwaZulu-Natal), en Afrique du Sud. Deux personnes ont été tuées et d’autres blessées.

Bien que le poste de police le plus proche, sur Broad Street, ne soit qu'à quelques minutes, la police n'est intervenue qu’après le départ des agresseurs.

Victor Zowa, venu du Zimbabwe, et Omar Said, originaire de Tanzanie, sont morts après avoir été défenestrés depuis le sixième étage. Un troisième homme, zimbabwéen lui aussi, a subi des lésions à la moelle épinière. Les résidents de l’immeuble, connu sous le nom de Venture Africa, se sont cachés dans des salles de bains et sous des lits afin d’échapper aux agresseurs.

Des témoins oculaires affirment que la foule armée est passée devant le poste de police en scandant des slogans racistes, toutes armes dehors. La police n’a pas cherché à stopper la progression de ces personnes, ni à les interroger. Des employés de Venture Africa ont déclaré avoir appelé la police à l’aide à plusieurs reprises durant l’attaque. Les policiers ne se sont pourtant pas déplacés.



Devant le tollé de l’opinion publique, quatre hommes, dont un conseiller municipal, ont été déférés à la justice pour troubles à l’ordre public. L’un d’eux a également été accusé de tentative de meurtre.

Des organisations de la société civile à Durban ont réclamé que les policiers de Broad Street soient tenus d’expliquer pourquoi ils ne sont pas intervenus, et ont déploré les discriminations systématiques dont les étrangers font l’objet.

Cette attaque s’est déroulée moins de huit mois après la vague de violence xénophobe qui a fait plus de 60 morts en mai 2008 et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de réfugiés et migrants, contraints de quitter leur domicile. Cependant, un porte-parole de la police a promptement annoncé que cet épisode n'était pas motivé par la xénophobie.

Un an plus tard, Amnesty International constate avec regret qu’il n’y a eu apparemment aucune enquête rigoureuse, indépendante et publique sur la manière dont les policiers se sont comportés durant cette attaque, malgré les promesses faites en ce sens.




 

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