Dossier individu en danger : Shi Tao (Chine)

 

Remarque importante :
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Introduction

Le journaliste et poète, Shi Tao, purge une peine de dix ans d'emprisonnement pour avoir envoyé un courrier électronique résumant un communiqué du Département central de la propagande chinoise sur la manière dont les journalistes devaient traiter le 15e anniversaire de la répression du mouvement pro-démocratique de 1989. Il a été arrêté à son domicile, dans la ville de Taiyuan, province du Shanxi, le 24 novembre 2004, puis inculpé de divulgation illégale de secrets d'État à l'étranger. Le tribunal populaire intermédiaire de Changsha, province du Hunan, l'a condamné en avril 2005 et son appel a été rejeté en juin 2005. Il est détenu à la prison de Chishan, située dans la ville de Yuanjiang, où il serait soumis à des travaux forcés et où il souffrirait de problèmes respiratoires et d'irritations cutanées provoquées par la poussière. Sa condamnation s'est appuyée en partie sur des informations fournies aux autorités chinoises par le fournisseur de services Internet Yahoo!.

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L'identité

   Sexe : Masculin
   Langue parlée : -
   Date de naissance : 25 juillet 1968
   Profession : Journaliste
   Localisation actuelle : Prison, Chine
   Situation familiale :



La présentation complète

Le journaliste et poète, Shi Tao, purge une peine de dix ans d'emprisonnement pour avoir envoyé un courrier électronique résumant un communiqué du Département central de la propagande chinoise sur la manière dont les journalistes devaient traiter le 15e anniversaire de la répression du mouvement pro-démocratique de 1989. Il a été arrêté à son domicile, dans la ville de Taiyuan, province du Shanxi, le 24 novembre 2004, puis inculpé de divulgation illégale de secrets d'État à l'étranger. Le tribunal populaire intermédiaire de Changsha, province du Hunan, l'a condamné en avril 2005 et son appel a été rejeté en juin 2005. Il est détenu à la prison de Chishan, située dans la ville de Yuanjiang, où il serait soumis à des travaux forcés et où il souffrirait de problèmes respiratoires et d'irritations cutanées provoquées par la poussière. Sa condamnation s'est appuyée en partie sur des informations fournies aux autorités chinoises par le fournisseur de services Internet Yahoo!.

Shi Tao est né le 25 juillet 1968 dans la ville de Yanchi, province de Ningxia, dans le Nord-Ouest de la Chine. Il a étudié l’économie et la politique à la East China Normal University de Shanghai. Journaliste, Shi Tao est également un poète remarquable qui a publié de nombreux textes exprimant ses préoccupations quant à son pays et à son peuple et reflétant sa foi dans la démocratie et la liberté d’expression. À l’université, il a été très actif au sein de sociétés de poètes ; il a fondé le groupe de poésie urbaine Woting et il a été membre du Comité directeur de l’Association des poètes de l’Université de Shanghai. Après avoir été obtenu son diplôme à l’université en 1991, il a travaillé comme journaliste et directeur de plusieurs journaux. Le 11 février 2004, il est devenu directeur du comité de rédaction du Dangdai Shangbao (Contemporary Trade News) à Changsha, province de Hunan, et il a été nommé assistant du rédacteur en chef de ce journal. Il a démissionné en mai 2004 et est devenu journaliste freelance et écrivain en s’établissant dans sa ville natale de Taiyuan où il a été arrêté en novembre 2004.

Le 20 avril 2004, Shi Tao a assisté à une rencontre au cours de laquelle le contenu du communiqué du Département central de la propagande relatif au 15e anniversaire du mouvement du 4 juin a été transmis aux journalistes. Ce communiqué a également été remis à toutes les grandes institutions publiques, y compris les organisations de médias et les organes gouvernementaux à tous les niveaux. Le communiqué mettait en garde contre le danger de troubles sociaux durant cette période anniversaire et contre ce que le gouvernement considérait comme le risque de devoir faire face, dans la période précédant le 4 juin 2005, notamment, à des infiltrations par des éléments démocratiques et autres éléments étrangers hostiles, basés hors de Chine, à des activités de sabotage menées par le Falun Gong et à des troubles provoqués par des foules.

Selon ce communiqué, des actions préventives devaient être prises à divers niveaux et départements. Les professionnels des médias ont reçu l’instruction d'orienter correctement l’opinion publique, de ne jamais publier des opinions contraires aux politiques centrales et de faire du combat contre ces tendances une priorité. Le communiqué concluait en appelant les journalistes à signaler aux autorités tout soupçon portant sur des collègues qui pourraient avoir des contacts avec des éléments démocratiques étrangers. Shi Tao a pris des notes, au cours de cette réunion, puis a envoyé un résumé de cette rencontre par courrier électronique à un de ses contacts aux USA responsable d’un site internet chinois très connu qui milite en faveur de la démocratie. Cet article a été publié, le jour même, sous le pseudonyme de 198964.

Shi Tao a été arrêté le 24 novembre 2004. Il a affirmé que des policiers l’ont accosté dans la rue près de son domicile et lui ont placé une cagoule sur la tête. Puis, les policiers ont perquisitionné son domicile et confisqué son ordinateur, ses carnets de notes et autres biens. Shi Tao a indiqué que les policiers n’ont présenté aucun mandat d’arrestation ni de perquisition. Se fondant sur son courrier électronique, les autorités chinoises l’ont formellement inculpé, le 14 décembre 2004, de divulgation illégale de secrets d'État à l'étranger. Il a été détenu au secret jusqu’au 25 janvier 2005 date à laquelle il a été autorisé à rencontrer son premier avocat, Guo Guoting.

À la fin du mois de février 2005, le bureau de Guo Guoting a été perquisitionné et son ordinateur ainsi que sa licence d’avocat ont été confisqués par la police. Le 11 mars 2005, Shi Tao a été jugé à huis clos au cours d’un procès qui a duré deux heures. Guo Guoting, s’étant vu retirer sa licence d’avocat, n’a pas pu assister au procès et a été averti ultérieurement que sa sécurité pouvait être menacée. L’avocat a alors quitté le pays pour étudier à l’étranger.

La mère et les deux frères de Shi Tao voulaient assister à son procès le 11 mars 2005 mais ils en ont été empêchés. Ils ont été autorisés à le rencontrer durant dix minutes après la fin du procès et c’était la première fois que sa famille le rencontrait depuis son arrestation en novembre 2004.

Shi Tao a été condamné, le 30 avril 2005, à une peine de dix ans d'emprisonnement. Cependant, le verdict est daté du 27 avril 2005. Lors de l’audience du jugement, le juge aurait dit à Shi Tao : Vos actions ont gravement nui aux intérêts de notre pays. Cette sentence est la plus légère possible.

Shi Tao a fait appel de sa condamnation. Son procès en appel a eu lieu en juin 2005 mais il s’est déroulé à huis clos et son deuxième avocat n’a même pas été informé à l’avance de la date du procès. Ce n’est que lorsque qu’ils ont rendu visite à Shi Tao en prison le 27 juin 2005 que ses proches ont appris que le procès en appel avait confirmé, le 3 juin 2005, la peine prononcée en première instance. Lors de ce procès en appel, Shi Tao a assuré lui-même sa défense.

D'après le jugement rendu par le tribunal, Yahoo! Holdings (Hong Kong) Ltd a indiqué aux autorités le serveur correspondant à l’adresse IP d’où Shi Tao a envoyé son courrier électronique à 23:32:17 le 20 avril 2004. C’était le bureau du Contemporary Business News (Dangdai Shangbao), le journal pour lequel Shi Tao travaillait. Des porte-parole de Yahoo ont affirmé que leur entreprise respectait simplement la législation locale.

Actuellement incarcéré dans la prison de Chishan, il serait contraint de travailler dans des conditions pénibles. Sa famille a, par ailleurs, été harcelée par les autorités. Selon certaines sources, l’épouse de Shi Tao a été interrogée tous les jours par des responsables du bureau de la Sécurité publique et a été soumise par son unité de travail à une pression constante pour l’inciter à divorcer ce qu’elle s’est finalement résolue à faire. L’oncle et le frère de Shi Tao ont également été placés sous surveillance et ont été victimes de harcèlements aussi bien dans leur lieu de travail qu’à leur domicile. La mère de Shi Tao aurait aussi été surveillée et harcelée car elle demandait la libération de son fils.

Les autorités chinoises ont intensifié leur contrôle sur les médias, notamment les journaux, les magazines et les sites Internet. Cette répression accrue fait naître des doutes sur l'engagement des autorités chinoises à garantir une liberté totale pour les médias pendant les Jeux olympiques de Pékin en août 2008. Les personnes qui couvrent des sujets sensibles ou qui remettent en cause le statu quo, notamment les défenseurs des droits humains, risquent d’être licenciés, arrêtés ou emprisonnés de façon arbitraire.

Un facteur essentiel de la facilité avec laquelle les défenseurs des droits humains peuvent être arrêtés ou emprisonnés est le Code pénal chinois lui-même, qui continue de servir d’outil politique dans des cas sensibles pour faire taire les dissidents. Amnesty International demeure profondément préoccupée par le grand nombre d’infractions que retient le Code pénal sans les définir précisément et qui ne respectent pas les normes internationales ; elles servent à arrêter et incarcérer des personnes pour la seule raison qu’elles se sont engagées dans des activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains. Citons notamment les articles 102, 103, 105, 106 et 107, relatifs aux crimes de séparatisme et de subversion, et les articles 110 et 111 qui sanctionnent les crimes d’ espionnage et le «vol de secrets d’État ».

Le contrôle que les autorités chinoises exercent sur la liberté d'expression et d'information de leurs concitoyens met également en lumière le soutien apporté par les grandes sociétés de l’Internet, comme Yahoo!, Microsoft et Google, aux efforts de la Chine visant à exercer ce contrôle et à restreindre les libertés fondamentales. En satisfaisant aux demandes de censure de l'administration chinoise, ces entreprises facilitent ou cautionnent les efforts du gouvernement destinés à contrôler la circulation des informations, et bafouent dans le même temps les normes et les valeurs internationalement reconnues, ainsi que les principes dont elles se réclament.



Les informations générales

En Chine, des centaines de milliers de personnes sont détenues en violation de leurs droits fondamentaux. Le gouvernement fait preuve d’une tolérance zéro envers toutes les formes d’opposition politique ou religieuse. Les prisonniers d’opinion recensés proviennent de plusieurs groupes, y compris des militants qui luttent en faveur de la démocratie, des militants qui défendent les droits des travailleurs, des membres d’églises non reconnues ou de groupes spirituels, dénommés communément cultes hérétiques et des militants nationalistes au Tibet et ailleurs dans le pays.

Un grand nombre de ces personnes entrent dans la catégorie des cyber dissidents. Des dizaines de ces personnes sont détenues pour avoir commis des infractions liées à l’utilisation d’Internet, telles que la mise en ligne sur des sites de dialogue en direct (chatrooms) d’appels en faveur de la libération de dissidents ; la diffusion d’informations sur la pandémie du sida ou d’autres maladies ou la dénonciation du massacre de la place Tiananmen en juin 1989.

Le gouvernement chinois a imposé des restrictions, nombreuses et complexes, quant à l’utilisation d’Internet qui sont passibles, en cas d’infraction, de lourdes peines notamment la peine de mort. De grandes entreprises internationales comme Microsoft, Google et Yahoo ont aidé les autorités chinoises à maintenir l’ordre sur Internet en fournissant, par exemple, des logiciels pour repérer des mots tels que démocratie, liberté et droits humains. De plus, on sait maintenant que Yahoo a aidé les autorités chinoises à identifier des cyber dissidents.



Les destinataires de l'appel

Le Président

   HU Jintao Guojia Zhuxi
   The State Council General Office
   Yongneixijie
   Beijingshi 100017
   République Populaire de Chine
   Formule d'appel : Your Excellency, Monsieur le Président,

Le Vice-Président

   ZENG Qinghong Guojia Fuzhuxi
   The State Council General Office
   Yongneixijie
   Beijingshi 100017
   République Populaire de Chine
   Formule d'appel : Your Excellency, Monsieur le ministre,

Le Premier Ministre

   WEN Jiabao Zongli
   Guowuyuan
   9 Xihuangchenggenbeijie
   Beijingshi 100032
   République populaire de Chine
   Formule d'appel : Your Excellency, Monsieur le ministre,

Le Ministre des Affaires Etrangères

   LI Zhaoxing Buzhang
   Waijiaobu
   2 Chaoyangmen Nandajie
   Beijingshi 100701
   République Populaire de Chine
   Formule d'appel : Your Excellency, Monsieur le ministre,

Le Ministre de la Justice

   ZHANG Fusen Buzhang
   Sifabu
   10 Chaoyangmen Nandajie, Chaoyangqu
   Beijingshi 100020
   République Populaire de Chine
   Formule d'appel : Your Excellency, Monsieur le ministre.

Copie à l'ambassade

   Ambassade de la République populaire de Chine
   Avenue de Tervuren, 443-445
   1150 Bruxelles
   Fax : 02 779 28 95 ou 02 762 99 66 ou 02 779 28 95
   Email : chinaemb_be@mfa.gov.cn



Les langues de l’appel

Ecrire les lettres en mandarin, anglais ou en français.



Les actions recommandées

Prisonnier d’opinion :

- Appelez les autorités à libérer Shi Tao immédiatement et sans conditions.
- Exhortez-les à faire en sorte que Shi Tao puisse bénéficier des services de l’avocat de son choix, rencontrer ses proches et recevoir tout traitement médical requis par sa santé ;

- Appelez les autorités à prendre des mesures effectives afin que soit respectée la liberté d’expression conformément aux garanties constitutionnelles chinoises et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), texte que la Chine a signé et que, selon ses déclarations, elle a l’intention de ratifier dans un avenir proche.

- Exhortez les autorités à prendre des mesures efficaces afin de veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains, y compris Shi Tao, puissent mener leurs activités pacifiques sans craindre des obstacles, des manœuvres d’intimidation, des détentions ou des emprisonnements arbitraires, conformément à la Déclaration de l’ONU sur les défenseurs des droits humains.

N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).

Signalez-nous également toute action que vous pourriez faire pour leur venir en aide en nous laissant un commentaire.



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