Action pétition : Les soins maternels doivent être gratuits pour toutes les femmes au Burkina Faso
- Posté par : Benoit Priem le 19 juillet 2010
Des efforts ont été entrepris au cours des dernières années pour améliorer la qualité et l'accès aux soins maternels. Cependant, la mortalité maternelle reste élevée, et en dépit de plusieurs politiques visant à abaisser le prix des accouchements et à améliorer la formation des infirmiers et des sages-femmes, les soins obstétricaux restent inabordables pour de nombreuses familles. La faible qualité du traitement, notamment en raison des pénuries récurrentes de personnel médical qualifié, du matériel médical, de médicaments et de sang, met en danger la vie de nombreuses femmes enceintes.
En 2006, le gouvernement du Burkina Faso a décidé de subventionner les soins obstétricaux et néonataux d'urgence, dans un contexte de volonté générale de réduire les obstacles financiers aux soins. En vertu de cette politique:
- les soins obstétricaux d'urgence sont subventionnés à hauteur de 80 pour cent. Ces subventions sont destinées à couvrir les coûts des services médicaux, les médicaments et les fournitures nécessaires à l’accouchement ;
- les transports entre un centre de santé et un hôpital de référence est gratuit pour toutes les femmes enceintes ;
- pour les femmes enceintes indigentes (les plus pauvres), toutes les dépenses de santé sont couvertes.
Quoique bien élaborée sur le papier, cette politique de subvention souffre de plusieurs lacunes graves : dans tous les cas étudiés par Amnesty International, les familles ont dit avoir payé plus que le montant prévu par cette politique. Cela est dû à de véritables pénuries de médicaments et de matériel, mais aussi en raison de la petite corruption du personnel médical qui demande des paiements informels pour des médicaments, des gants ou du détergent pour nettoyer la table d'accouchement, ce qui est normalement pris en charge par la politique de 2006. En ce qui concerne les femmes indigentes, de nombreux problèmes existent dans la mise en œuvre, et cet aspect de la politique n'est pas une réalité au Burkina Faso.
En outre, en raison d'une répartition inégale des centres de soins, le transport vers les centres de santé primaires demeure un problème pour de nombreuses familles rurales (qui représentent 80% de la population). La politique de subvention ne couvre que le transport entre deux établissements de santé, et les familles vivant dans des régions éloignées peuvent être confrontées à des défis insurmontables pour atteindre le centre de santé primaire. Il y a également un manque de moyens de communication adéquats entre les centres de santé primaires et les hôpitaux régionaux et universitaires, ce qui entraîne l’inefficacité du transfert à un centre de soins supérieur.
Durant la mission d'Amnesty International au Burkina Faso en février 2010, le Président Blaise Compaoré a accepté le principe de la levée des obstacles financiers aux soins obstétricaux. Toutefois, jusqu'à présent, il n'a pas pris de mesures concrètes pour faire de la gratuité des soins maternels une réalité.
Le personnel médical souffre également de très difficiles conditions de travail, et beaucoup choisissent de travailler dans le secteur privé en raison des bas salaires. La gratuité des soins permettrait d’améliorer considérablement l'accès des femmes à un traitement approprié lors de l'accouchement, et découragerait les membres du personnel médical de demander des paiements informels.












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