Sanjiv Kumar Karna (Népal) : mise à jour du 21 juillet 2010

 

Des représentants d’Amnesty International ont rencontré les trois frères de Jai Kishore Labh et de son épouse, Bhimala, à sa résidence située à Janakpur en juin 2010. Les membres de cette famille (Jai Kishore, Bhimila et leur plus jeune fils, Rajiv) avaient été forcés de déménager à Katmandou durant un certain temps en 2009-2010 en raison de craintes pour leur sécurité. Une évaluation de la situation en matière de sécurité effectuée par les Brigades de paix internationales a permis à Bhimila de rentrer chez elle récemment, mais Rajiv est resté à Katmandou. Ils ont tous deux déclaré leur engagement à poursuivre leurs démarches afin de connaître le sort de leur proche disparu.

Le père de Sanjiv et le père d’une des autres familles des disparus ont déposé un First Information Report (FIR, procès-verbal introductif) auprès de la police népalaise le 10 juillet 2006. (La police a enregistré deux FIR en juillet 2006. L’arrestation et la disparition de Sanjeev, Jitendra, Durgesh, et de Shailendra ont été enregistrées dans un FIR et le FIR relatif à la disparition de Pramod Narayan a été enregistré séparément). Bien que les policiers soient juridiquement tenus de procéder à une enquête suite au dépôt d’un FIR, lorsque Amnesty a rencontré le bureau régional du HCDH au Népal à Janakpur en juin 2010, on ignorait toujours ce qu’il était advenu de Sanjiv. L’enquête de la police demeure en cours ce qui signifie qu’elle n’a pas encore été présentée à un tribunal afin que celui-ci examine s’il existe des éléments de preuve suffisants pour engager des poursuites judiciaires.

En juillet 2010, la CNDH a demandé une mise à jour de ce dossier au Sous-inspecteur général. Amnesty International demande que le résultat des enquêtes menées par la police et l’armée soient rendus publics et que ce processus soit conduit de manière indépendante et dans les délais prévus. Amnesty International demande également l’exhumation d’un site où selon certaines informations, un certain nombre de cadavres pourraient y avoir été enterrés à peu près à la même époque que la disparition forcée des cinq hommes.

Le décès de Jai Kishore Labh le 17 avril 2010 suite à une crise cardiaque, fait craindre que la campagne en faveur de la justice pour ces disparus ne perde de son élan. En effet, le père de Sanjiv s’était beaucoup impliqué dans ce dossier et son décès risque d’avoir des répercussions négatives sur la procédure judiciaire. Le site soupçonné de contenir les cadavres des cinq hommes ne bénéficie pas de la protection de la police en dépit d’assurances données en ce sens au bureau du HCDH au Népal. Bien que les autorités centrales de la police aient autorisé l’exhumation de ce site, la police locale semble freiner ce processus.

Certains des policiers qui seraient impliqués dans cette affaire ont actuellement des postes de haut rang au sein de la police. Cela présente plusieurs difficultés, dues notamment au fait qu’il n’existe pas, au Népal, d’organe indépendant habilité à enquêter sur les actions de la police. Les exemples d’ingérence politique dans des enquêtes sont fréquents et cela permet à la police et aux autres forces chargées de la sécurité de l’État d’agir avec impunité. Les bureaux régionaux du HCDH, y compris celui de Janakpur, vont progressivement cesser leurs activités dans les six à douze mois qui viennent et il est à craindre que cela n’ait des répercussions négatives sur tout engagement de poursuites judiciaires à l’encontre des responsables présumés de ces actes.


 

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