Action urgente (bonne nouvelle): Zimbabwe . des militantes en faveur de la justice sociale hors de danger

 

Informations complémentaires sur l’AU 86/11, AFR 46/010/2011, 10 mai 2011

Les dirigeantes de Femmes du Zimbabwe, debout ! (WOZA) sont sorties de la clandestinité depuis que la police a, semble-t-il, reçu l’ordre de ne plus les rechercher. Le 10 mai, une juridiction répressive de Bulawayo a abandonné l’ensemble des charges retenues contre 10 membres de WOZA, qui avaient été arrêtés dans trois contextes distincts entre le 28 février et le 7 mars,

Le 12 février, des membres de WOZA ont manifesté, comme tous les ans à l’occasion de la Saint-Valentin, à Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe. Des centaines de personnes ont défilé pacifiquement en distribuant des roses et des cartes. À la suite de ce rassemblement, la police a recherché Jenni Williams et Magodonga Mahlangu. Des agents se sont rendus à leurs domiciles respectifs et certains auraient déclaré à un avocat spécialiste des droits humains que les dirigeantes de WOZA devaient « se préparer à une longue détention ». La police n’ayant aucunement justifié sa démarche, ces deux femmes craignaient d’être arrêtées ou détenues arbitrairement.

Grâce à l’Action urgente publiée le 25 mars, la police a cessé ses recherches et aurait même refusé d’admettre qu’elle avait mené une telle opération lorsqu’un représentant du parquet s’est enquis de la situation après avoir reçu des copies du document d’Amnesty International.

Depuis le défilé de la Saint-Valentin, la police visait systématiquement des membres de WOZA, qui étaient alors arrêtés et détenus. Le 28 février, sept membres de WOZA et MOZA (Hommes du Zimbabwe, debout !) ont été arrêtés à Bulawayo et détenus pendant deux jours. Au cours de leur garde à vue à la section chargée de l’ordre public au poste de police central de Bulawayo, ils auraient été torturés selon une méthode appelée falanga, qui consiste à asséner des coups sur la plante des pieds. Ils ont été inculpés en vertu de la section 37-1-a-i de la Loi portant codification et réforme du Code pénal (chapitre 9:23) – qui concerne « toute personne qui agit avec une ou plusieurs autres, présentes ensemble à n’importe quel endroit ou rassemblement, avec l’intention de troubler la paix, la sécurité ou l’ordre public ou avec la conscience qu’il existe un risque ou une possibilité véritable de le faire. »

La décision du tribunal d’abandonner toutes les charges retenues contre les 10 militantes de WOZA arrêtées entre le 28 février et le 7 mars laisse penser que l’État agit dans le respect d’une décision rendue par la Cour suprême en novembre 2010. En effet, celle-ci a statué que Jenni Williams et Magodonga Mahlangu avaient été arrêtées et détenues à tort à la suite d’une manifestation pacifique en et que, par conséquent, leurs droits et libertés fondamentaux avaient été violés. Elle a estimé que l’État ne les avaient pas protégées de ces atteintes aux droits humains.

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels. Aucune action complémentaire n’est requise.

Ceci est la première mise à jour de l’AU 86/11. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR46/007/2011/fr.

INFORMATIONS GENERALES

Depuis février 2003, des membres de Femmes du Zimbabwe, debout ! (WOZA) – mouvement zimbabwéen en faveur de la justice sociale – ont été arrêtées à plusieurs reprises alors qu’elles participaient à des manifestations pacifiques dénonçant la détérioration de la situation en matière sociale, économique et de droits humains dans le pays. Ces femmes ont été détenues dans des conditions précaires et des lieux surpeuplés, généralement entre deux heures et plusieurs jours. Des militantes de WOZA ont été menacées et agressées par des policiers, qui ont les ont également empêchées de contacter des avocats.

Informations complémentaires sur l’AU 86/11, AFR 46/010/2011, 10 mai 2011


 

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