Dossier individu en danger : Trois dirigeants du syndicat Sinaltrainal (Colombie)

 

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Introduction

Javier Correa, José Domingo Florez et Luís Eduardo García, trois dirigeants du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Industria de Alimentos (SINALTRAINAL, Syndicat national des travailleurs de l'industrie agroalimentaire) ont été menacés de mort par des paramilitaires en raison de leurs activités syndicales. Leurs proches, comme d’autres membres de ce syndicat ont également été victimes de pressions et d'exactions. Ainsi, le 27 septembre 2007, le fils de José Domingo Florez a été enlevé et roué de coups avant d'être relâché.

Dans cette page :

Pages complémentaires :



L'identité

Javier Correa

   Sexe : Masculin
   Langue parlée : -
   Date de naissance : -
   Profession : Président National de Sinaltrainal
   Localisation actuelle : -
   Situation familiale : -

José Domingo Florez

   Sexe : Masculin
   Langue parlée : -
   Date de naissance : -
   Profession : Leader de la branche Santander de Sinaltrainal
   Localisation actuelle : -
   Situation familiale : -

Luis Eduardo García

   Sexe : Masculin
   Langue parlée : -
   Date de naissance : -
   Profession : Leader de la branche Santander de Sinaltrainal
   Localisation actuelle : -
   Situation familiale : -



La présentation

Javier Correa, José Domingo Florez et Luís Eduardo García, trois dirigeants du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Industria de Alimentos (SINALTRAINAL, Syndicat national des travailleurs de l'industrie agroalimentaire) ont été menacés de mort par des paramilitaires en raison de leurs activités syndicales. Leurs proches, comme d’autres membres de ce syndicat ont également été victimes de pressions et d'exactions. Ainsi, le 27 septembre 2007, le fils de José Domingo Florez a été enlevé et roué de coups avant d'être relâché.

Le 20 septembre 2007, une lettre de menaces de mort a été déposée chez José Domingo Flores, dans la ville de Bucaramanga (département de Santander). Ce message était signé par le groupe paramilitaire Aguilas Negras (Aigles noirs). Tel est le nom que se donnent de nombreuses structures paramilitaires à la suite de la démobilisation supposée d'Autodefensas Unidas de Colombia (AUC, Milices d'autodéfense unies de Colombie), l'organisation réunissant l'ensemble des groupes paramilitaires. Le 27 septembre 2007, le fils de José Domingo Flores, Andrés Damian Flores Rodríguez, âgé de seize ans, a été enlevé par trois hommes armés et masqués. D’après le témoignage de la victime, ces hommes l’ont roué de coups avant de recevoir l'ordre suivant via un émetteur-récepteur : Emmenez-le, frappez-le et laissez-lui le message ! (dénle un paseo, cásquenlo y déjenle el mensaje). Andrés Damian Flores Rodríguez a été relâché peu après. Avant de le libérer, ses ravisseurs lui ont déclaré : Dis à ton père que nous ne nous arrêterons pas tant que tu ne seras pas réduit en pièces. (dígale a su papa que no descansaremos hasta verlos descuartizados).

Le 25 septembre 2007, une autre lettre de menaces signéé par les Aguilas Negras et adressée à Javier Correa, a été trouvée dans les locaux du SINALTRAINAL à Bucaramanga. Elle contenait le message suivant : Tous les ordres sont exécutés – communistes guérilleros façade des syndicalistes – Javier Correa, arrêtez votre discours idéologique – quittez le département – sinon nous serons obligés d'accomplir l'objectif militaire et, à Noël, nous remettrons les cadavres de vos familles dans une fosse commune. (toda orden se cumple – comunistas guerrilleros fachadas de sindicalistas – Javier Correa, callen el discurso ideologico guerrillero – se van del departamento – de lo contrario nos veremos obligados a cumplir el ojectivo military y le entregamos en Navidad a sus familias los cadaveres en una fosa comun).

Le 12 février 2008, José Domingo Florez, un des dirigeants de la section de SINALTRAINAL du département de Santander, a reçu à son domicile une lettre de menaces de mort du Frente Aguilas Negras (Front des Aigles noirs). Dans ce courrier, les syndicalistes de Santander étaient qualifiés de terroristes et informés que, parce qu'ils n'avaient pas obéi à un ordre qui leur avait été précédemment donné par les paramilitaires de quitter la ville, ils devraient désormais en subir les conséquences, qui seraient cruelles et commenceraient par toucher leurs familles ( terroristas hijueputas como no obedecieron nuestra orden de salir de Santander ahora atenganse a las consecuencias que van hacer muy infrahumanas empezaremos con sus familias). Il était également écrit que José Domingo Florez, Luis Eduardo García qui est un autre dirigeant syndical de SINALTRAINAL à Santander ainsi que le président de ce syndicat au niveau national, Javier Correa, avaient été placés sous surveillance par ce groupe paramilitaire.

Le même jour, Luis Eduardo García a été accosté dans la rue près du domicile de José Domingo Florez par deux hommes circulant à moto. Ces derniers lui ont déclaré : Maintenant, tu vas mourir, salaud de syndicaliste ! (ahora si que te vas a morir sindicalista hijoeputa).

Le 13 février 2008, José Domingo Florez a reçu de nouvelles menaces de mort. Cette fois, une lettre a été déposée dans une maison voisine par une personne qui a demandé qu'elle soit remise au propriétaire d'une Mitsubishi verte, le type de voiture qu'il possède justement. Ce courrier lui donnait huit heures pour quitter les environs. Il contenait en outre une menace visant sa fille : Votre fille est bien mignonne. On va l'emmener faire un tour. (tiene 8 días de plazo para que se vaya, su hija esta buenona y le vamos a hacer la vuelta).

Le 24 juin 2008, José Domingo Florez a reçu une menace de mort écrite signée par des paramilitaires lui indiquant qu’il était une cible militaire en raison de ses activités syndicales. Ce message l’accusait de ne pas croire à l’existence des groupes paramilitaires. Les paramilitaires lui précisaient que, pour confirmer leur existence, ils allaient tuer le fils de José Domingo Florez ( no creen que existimos pues lo verán con la muerte del cabrón del hijo de José Domingo).

Chaque fois qu’un membre de SINALTRAINAL est victime de menaces ou d’attaques, le syndicat le signale aux autorités et à l’entreprise au sein de laquelle le syndicaliste concerné travaille et appelle les autorités à enquêter sur ces faits et à prendre les mesures nécessaires pour protéger les personnes victimes de ces actes.

Le programme de protection des syndicalistes élaboré par le ministère de l’Intérieur prévoit des mesures assurant la sécurité physique des nombreux syndicalistes menacés. Ce programme de protection comprend la mise à disposition de gardes du corps et des mesures visant à renforcer la sécurité des bureaux dans lesquels travaillent de nombreux syndicalistes, y compris ceux de SINALTRAINAL. En dépit de la mise en place de ces mesures, la situation des syndicalistes en matière de droits humains ne s'améliorera pas de façon tangible tant qu'aucune mesure énergique n'aura été prise pour mettre fin à l'impunité.

Les appels lancés par SINALTRAINAL en faveur de l’ouverture d’enquêtes ont eu très peu d’échos et la plupart des menaces et des attaques contre ses membres demeurent impunies. Cette absence de réponse de la part du système judiciaire colombien a contraint SINALTRAINAL à chercher à obtenir justice au niveau international. Via des ONG de défense des droits humains et des organisations juridiques nationales, telles que la Corporación Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo (Collectif d’avocats José Alvear Restrepo), SINALTRAINAL a signalé les violations des droits humains subies par ses membres à des organisations internationales telles que les Nations unies et la Cour interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américaines (OEA) ainsi qu’à des organisations internationales de droits humains, y compris AI. Suite à ces appels lancés au niveau international, la Cour a, à plusieurs reprises, appelé le gouvernement colombien à prendre des mesures afin de protéger les membres de SINALTRAINAL.



Les informations générales

Le syndicat SINALTRAINAL a été créé en 1982 pour défendre et promouvoir les droits des travailleurs de l'industrie agroalimentaire. Depuis sa création, au moins 22 membres de ce syndicat ont été tués ou ont été victimes de disparitions forcées. Des dizaines d’autres ont fait l’objet d’attaques ou ont reçu des menaces et certains ont été contraints de quitter leur domicile.

Ces dernières années, le syndicat de SINALTRAINAL a été impliqué dans plusieurs conflits sociaux, les opposant souvent à de grandes sociétés multinationales. Ces différends ont souvent coïncidé avec des informations indiquant que des membres de ce syndicat avaient été menacés ou attaqués le plus souvent par des membres des forces de sécurité ou des groupes paramilitaires.

Ces dernières années, les membres de SINALTRAINAL travaillant dans des usines d’embouteillage sous licence Coca-Cola ont reçu des menaces de mort écrites les visant directement ou visant leurs proches. Plusieurs membres de SINALTRAINAL, y compris Javier Correa, qui avaient participé activement à l'action en justice engagée devant des tribunaux des États-Unis contre les usines d'embouteillage opérant sous licence Coca Cola ont également reçu des menaces. Des membres de SINALTRAINAL travaillant pour des usines de Nestlé-CICOLAC en Colombie ont également été menacés de mort et ont été victimes de violences. Le 11 septembre 2005, Luciano Enrique Romero Molina a été retrouvé mort, les mains liées et le corps lardé de plus de 40 coups de couteau. Cet homme qui était un des dirigeants de la section du département de Cesar de SINALTRAINAL faisait partie des personnes travaillant à l’usine de Nestlé-CICOLAC dans la municipalité de Valledupar qui avaient participé à un conflit social ayant débouché sur une grève à l’usine. Il avait reçu des menaces de mort de la part de paramilitaires qui l’avaient contraint de quitter temporairement le pays avec sa famille. En octobre 2005, Luciano Romero devait se rendre en Suisse pour témoigner sur les menaces de mort adressées aux syndicalistes représentant les travailleurs des usines Nestlé en Colombie.

Au cours des deux dernières décennies, plus de 2 000 syndicalistes ont été tués et 138 ont été victimes de disparitions forcées en Colombie.

Dans le cadre du conflit armé qui touche la Colombie depuis une quarantaine d'années, les syndicalistes ont régulièrement été qualifiés de « subversifs » par les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires. Ces critiques sont souvent émises à l'occasion de conflits sociaux ou de négociations sur les conditions de travail. Les syndicalistes qualifiés de « subversifs » sont souvent victimes, par la suite, de violations des droits humains, notamment de menaces de mort et d'assassinats.

Bien que le nombre de syndicalistes tués ait baissé au cours des dernières années, ce nombre a connu une légère augmentation en 2008, année durant laquelle au moins 46 syndicalistes ont été tués (ce nombre s’était élevé à 39 l’année précédente).

À de nombreuses reprises, les cas de violations des droits humains à l’encontre de syndicalistes n’ont pas fait l’objet d’enquêtes exhaustives et indépendantes de la part des autorités colombiennes. Les représentants du gouvernement colombien se sont efforcés de ne pas lier ces violations aux activités menées par les syndicalistes en attribuant ces attaques à des différends familiaux ou à des crimes passionnels.

Une mission tripartite de haut niveau de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui s’est rendue en Colombie en octobre 2005 a recommandé la mise en place d’un Bureau permanent de l’OIT en Colombie afin de soutenir l’élaboration d’un programme de lutte contre l’impunité et de promouvoir et défendre les droits humains fondamentaux des travailleurs ainsi que la liberté d’association.
 
L’Accord tripartite pour la liberté d’association et la démocratie (Acuerdo Tripartito por el Derecho de Asociación y la Democracia – traduction non officielle), a été signé par le gouvernement colombien et des représentants d’employeurs et de travailleurs de Colombie le 1er juin 2006. 

Malgré cet accord officiel, le Bureau permanent de l’OIT en Colombie n’a pas bénéficié des ressources suffisantes afin de promouvoir et de défendre les droits fondamentaux des syndicalistes. Cette absence de ressources a gravement porté atteinte à la capacité de ce Bureau de développer son action.



Les destinataires de l'appel

Président de la république

   Señor Presidente Juan Manuel Santos
   Palacio de Nariño
   Carrera 8 No.7-26
   Bogotá
   COLOMBIA
   Fax +57 1 337 5890
   Salutation Dear President Santos/Excmo. Sr. Presidente Santos

Ministre de la défence

   Jan Carlos Pinzón
   Ministerio de Defensa
   Carrera 54, no.26-29
   Centro Administrativo Nacional (CAN)
   Bogotá
   COLOMBIA

   Fax : +57 1 266 1003
   Formule d'appel : Dear Minister/Estimado Señor Ministro

Acting Attorney General

   Dr. Guillermo Mendoza Diago
   Fiscal General de la Nación (e)
   Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01) Bloque C
   Piso 4, Bogotá, Colombia
   Fax +57 1 414 9108
   Salutation Dear Attorney General/Estimado Sr. Fiscal General

Permanent representative of the ILO to Colombia

    Mr. Marcelo Castro Fox
   Avenida 82 N 12-18 Oficina 504
   Bogotá
   COLOMBIA
   Fax + 57 1 531 39 11
   Salutation Dear Mr. Castro/ Estimado Sr. Castro

Représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays, ainsi que votre Ministre des Affaires étrangères national ou vos parlementaires nationaux.

Copie à l'ambassade

   Ambassade de Colombie
   Avenue F. D. Roosevelt, 96A
   1050 Bruxelles
   Fax : 02 646 54 91
   Email : embcolombia@emcolbru.org



Les langues de l’appel

Espagnol ou votre propre langage



Les recommandations pour les appels

Buts globaux • Mettre fin à l’impunité des violations des droits humains commises à l’encontre des syndicalistes en Colombie ;
• Une politique gouvernementale est mise en œuvre de manière efficace afin de garantir que les syndicalistes colombiens bénéficient d’un niveau de protection nécessaire leur permettant de mener leur action dans un environnement sûr ;
• Les autorités colombiennes reconnaissent l’importance de l’action menée par les syndicalistes dans le pays et s’engagent à protéger leur droit à la liberté d’association ;
• Le nombre d’homicides et de menaces à l’encontre de syndicalistes en Colombie connaît une réduction réelle et durable ;
• L’OIT continue d’accorder une attention prioritaire à la situation des droits humains à laquelle sont confrontés les syndicalistes en Colombie.

Recommandations d’appel

- Appelez les autorités à protéger José Domingo Florez, Luis García, Javier Correa ainsi que leurs proches et d’autres membres de SINALTRAINAL, dans le plus strict respect de leurs souhaits ;
- Appelez les autorités à ordonner des enquêtes exhaustives et impartiales sur les menaces de mort proférées à l’encontre des membres de SINALTRAINAL, à rendre publics les résultats de ces enquêtes et à traduire en justice les auteurs présumés de ces actes ;
- Appelez les autorités à adopter des mesures énergiques pour combattre et démanteler les groupes paramilitaires qui continuent d'opérer dans la région et à rompre les liens unissant ces groupes aux forces de sécurité, conformément aux nombreuses recommandations des Nations unies ;
- Appelez le gouvernement à mettre pleinement en œuvre les recommandations de l'OIT pour garantir la sécurité des syndicalistes, à prendre des mesures décisives pour en finir avec l'impunité dans les cas d'atteintes aux droits fondamentaux des syndicalistes et à veiller à ce que l’OIT continue d’accorder une attention prioritaire à la situation des droits humains à laquelle sont confrontés les syndicalistes en Colombie ;
- Appelez les autorités à appliquer pleinement les dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, qui proclame la légitimité des activités des défenseurs des droits humains (dont font partie les syndicalistes) et qui garantit leur droit de mener ces actions sans restriction ni crainte de représailles.

- NOUVEAU – octobre 2009: - exhortez les autorités à ordonner une enquête exhaustive et impartiale sur l’assassinat de Gustavo Gómez et à traduire en justice les responsables de cet acte.
- Lorsque vous ciblez votre propre gouvernement : appelez votre gouvernement à exhorter les autorités colombiennes à mettre en œuvre les recommandations mentionnées plus haut.

N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).

Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide aux Trois dirigeants du syndicat Sinaltrainal et faites-nous part de vos commentaires.



Le modèle de lettre




 

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