Dossier individu en danger : U Gambira (Myanmar (Birmanie))
- Posté par : Clarence le 18 juillet 2008
Remarque importante :
La présentation du dossier ci-dessous correspond à celle en vigueur au moment de sa création. Pour obtenir les informations ultérieures (mises à jour, actions focus, actions sms, …) veuillez consulter l’historique des publications.
U Gambira a été libéré par les autorités birmanes le 13 janvier 2012. Plus aucune action en sa faveur n'est requise pour le moment.
Introduction
Le militant et moine bouddhiste U Gambira est en train de purger une peine de soixante-huit ans d’emprisonnement après avoir été arrêté le 4 novembre 2007 par les autorités du Myanmar qui recherchaient les organisateurs des grandes manifestations anti-gouvernementales qui ont débuté en août 2007. Les autorités ont mis fin à ce mouvement de protestation en lançant une violente répression fin septembre 2007.
U Gambira a été condamné en novembre 2008 aux termes de plusieurs lois pour son implication dans les manifestations d’août et de septembre 2007. Ces textes comprennent des lois relatives à la sécurité qui ont été utilisées de manière arbitraire pour ériger en infraction pénale toute dissension politique pacifique.
Dans cette page :
- L'identité
- La présentation complète
- Les informations générales
- Les destinataires de l'appel
- Les langues de l’appel
- Les recommandations pour les appels
- Le modèle de lettre
Pages complémentaires :
- Informations à l'usage des groupes et coordinations (usage interne)
Sexe : Masculin
Date de naissance : 19 juin 1979
Profession : Moine bouddhiste
Localisation actuelle : Prison Insein
Situation familiale : U Min Lwin (son père) & Daw Yay (sa mère)
Le militant et moine bouddhiste U Gambira est en train de purger une peine de soixante-huit ans d’emprisonnement après avoir été arrêté le 4 novembre 2007 par les autorités du Myanmar qui recherchaient les organisateurs des grandes manifestations anti-gouvernementales qui ont débuté en août 2007. Les autorités ont mis fin à ce mouvement de protestation en lançant une violente répression fin septembre 2007.
U Gambira a été condamné en novembre 2008 aux termes de plusieurs lois pour son implication dans les manifestations d’août et de septembre 2007. Ces textes comprennent des lois relatives à la sécurité qui ont été utilisées de manière arbitraire pour ériger en infraction pénale toute dissension politique pacifique.
Aung Thein, l’avocat de U Gambira, s’est retiré de cette affaire le 1er octobre 2008 en affirmant que U Gambira ne bénéficiait pas d’un jugement équitable. Il a souligné que le tribunal ne lui avait pas permis de préparer sa défense et il s’est plaint du fait que le tribunal ne lui avait pas fourni avant le procès une copie de l’acte d’accusation dressé par le procureur. L’avocat avait également demandé à disposer de davantage de temps pour réfuter les allégations présentées dans l’acte d’accusation rédigé contre U Gambira mais le tribunal a rejeté cette requête.
U Gambira a d’abord été détenu dans la prison d’Insein à Yangon (ex-Rangoon), la plus grande ville du Myanmar. Il s’est vu enlever sa robe de moine. Selon des sources fiables, il a été torturé en détention. U Gambira a refusé, une fois, de comparaître devant le tribunal après avoir affirmé que le procès d’un moine à qui on a enlevé sa robe portait atteinte à la dignité du bouddhisme. Dans son rapport publié en octobre 2008, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'Homme au Myanmar a indiqué que le fait d’enlever leur robe aux moines placés en détention constitue une violation de l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui précise que : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.»
Lorsqu’il se trouvait détenu à la prison d’Insein, U Gambira, qui souffre d’asthme, n’a pas reçu de soins médicaux. On pense qu’il est très faible et en mauvaise santé. U Gambira est maintenant détenu à la prison de Kale, dans la Division de Sagaing, qui se trouve à 1,200 miles (environ 1 900 km) de Yangon. La prison de Kale se trouve située dans une zone de paludisme et les prisonniers sont exposés à être infectés par cette maladie.
U Gambira est membre fondateur de l'Alliance panbirmane des bonzes (ABMA) qui a été créée en septembre 2007 afin de soutenir les grandes manifestations anti-gouvernementales qui ont débuté dans le pays le 19 août 2007. Les premières manifestations anti-gouvernementales ont été conduites par le Groupe des Étudiants de la génération 88 qui exigeaient une réduction des prix de première nécessité suite à l’annonce faite par le gouvernement d’une augmentation importante du prix de l’essence le 15 août 2007.
L’ABMA a dirigé et organisé les manifestations après que les militants du Groupe des Étudiants de la génération 88 eurent été arrêtés ou furent contraints d’entrer dans la clandestinité. U Gambira a été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-gouvernementales qui ont eu lieu dans l’ensemble du Myanmar en août et septembre 2007.
Les manifestants de septembre 2007 ont lancé des appels à la libération de tous les prisonniers politiques et ont exigé qu’il soit mis fin, grâce à un processus de réconciliation nationale, à l’impasse politique persistante que connaissait le pays.
Craignant pour sa sécurité, U Gambira s’est réfugié dans la clandestinité lorsque le gouvernement a publié une liste de militants recherchés à la suite de la répression violente des manifestations qui ont duré du 25 au 29 septembre 2007. Alors qu’il se trouvait dans la clandestinité, U Gambira a accordé des entretiens à des médias appelant au soutien de la communauté internationale et exprimant sa solidarité avec les autres manifestants.
Le gouvernement s’en est pris à la famille de U Gambira afin de le contraindre à sortir de la clandestinité. Son frère, Aung Kyaw Kyaw, a été arrêté le 17 octobre 2007 et son père, U Min Lwin, a été détenu le 4 novembre. Après avoir été détenu durant un mois dans la prison de Mandalay, ville située dans le centre du pays, U Min Lwin a été remis en liberté.
Chefs d’inculpation contre U Gambira
Les lois aux termes desquelles U Gambira a été inculpé comprennent trois lois relatives à la sécurité. Il s’agit de l’article 17/1 de la Loi relative aux associations illégales (Unlawful Associations Act), l’article 17/20 de la Loi de 1962 relative à l'enregistrement des imprimeurs et des éditeurs (Printers and Publishers Registration Act) et l’article 505(b) du Code pénal.
Certaines des charges auxquelles U Gambira doit faire face relèvent de lois relatives à la sécurité formulées en termes vagues et que les autorités utilisent systématiquement et arbitrairement pour ériger en infraction pénale le fait d'exprimer pacifiquement une opinion politique divergente. Ces lois laissent aux autorités une marge d'interprétation excessivement large de ce qui peut constituer une menace à la sécurité et elles limitent gravement la liberté d’expression.
Par exemple, l’article 17/20 de la Loi de 1962 relative à l'enregistrement des imprimeurs et des éditeurs permet de lancer des poursuites pénales à l’encontre de personnes qui ont diffusé toute information écrite sans la permission de l'organe officiel de censure. Ces personnes encourent une peine maximale de sept ans d’emprisonnement et une amende.
La terminologie vague employée dans l’article 505(b) du Code pénal permet l’arrestation de toute personne présumée avoir eu l’intention de susciter la peur ou l'inquiétude du public ou soupçonnée d’avoir incité à commettre des infractions portant atteinte à l’État ou nuisant à la «tranquillité publique» ; cette article prévoit une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et une amende.
L’article 17/1 de la Loi relative aux associations illégales permet aux autorités de considérer n’importe quelle association comme illégale en se fondant uniquement sur l’opinion du chef de l’État et de condamner les personnes jugées coupables de cette infraction à une peine maximale de trois ans d’emprisonnement et à une amende.
Persécution incessante de dissidents politiques
Avant la répression des manifestations pacifiques de septembre 2007, il y avait environ 1 150 prisonniers politiques au Myanmar. En dépit de la libération, le 23 septembre 2008, de prisonniers d’opinion très connus, U Win Tin, Dr Than Nyein et Daw May Win Myint, Amnesty International estime que le chiffre actuel des détenus dépasse 2 100 – le nombre des prisonniers politiques ayant ainsi doublé en un an.
Le 11 novembre 2008, au moins 14 dissidents ayant participé aux manifestations antigouvernementales de 2007 ont été condamnés chacun à une peine de soixante-cinq ans d’emprisonnement tandis que 16 autres militants ont été condamnés à des peines allant jusqu’à vingt-deux ans d’emprisonnement.
Ces condamnations sévères rappellent avec force que le gouvernement du Myanmar ignore les appels lancés par la communauté internationale afin qu’il améliore son bilan des droits humains.
Dans les semaines qui ont précédé le premier anniversaire de la répression de septembre 2007, les autorités ont arrêté des dizaines de personnes afin de prévenir toute protestation durant cette période politiquement sensible. Parmi les personnes arrêtées figuraient le jeune frère de U Gambira, Aung Ko Ko Lwin et son beau-frère Ko Moe Htet Hlyan. À la mi-novembre 2008, ces deux hommes étaient toujours détenus.
Depuis le 3 octobre 2008, les parents de tous les prisonniers politiques, qui sont en train d’être jugés, ne sont plus autorisés à assister aux audiences du tribunal qui ont lieu dans la prison d’Insein.
Le Ministre de l'Intérieur
Lt Gen Ko Ko
Minister of Home Affairs
Ministry of Home Affairs
Office No. 10
Nay Pyi Taw
Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Le Président de la Commission des droits de l'Homme du Myanmar
U Win Mra
Chairman of the Myanmar National Human Rights Commission
27 Pyay Road
Hline Township
Yangon,
Republic of the Union of Myanmar Formule d'appel : Dear Chairman
Le Ministre des Affaires étrangères
U Wunna Maung Lwin
Minister of Foreign Affairs
Ministry of Foreign Affairs
Building 19
Nay Pyi Taw
Republic of the Union of Myanmar
Formule d'appel : Dear Minister
Copie à l'ambassade
Ambassade de l'Union du Myanmar
Boulevard Général Wahis, 9
1030 Bruxelles
Fax : 02 705 50 48
Ecrire des lettres en anglais ou en français.
Les recommandations pour les appels
- U Gambira est remis en liberté de manière immédiate et inconditionnelle.
- U Gambira reçoit tous les soins médicaux requis par son état de santé.
- U Gambira a régulièrement accès aux avocats de son choix et à ses proches.
- U Gambira ne doit pas être soumis à la torture ni à d’autres mauvais traitements.
N'oubliez pas de nous envoyer une copie des lettres que vous auriez reçues des autorités (Isavelives.be / Rue Berckmans, 9 - 1060 Bruxelles).
Signalez-nous également toutes les actions que vous pourriez faire pour venir en aide à U Gambira et faites-nous part de nos commentaires.












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